Tag: The Immigrant

Acharnée

Acharnée

Héroïne de “Deux jours, une nuit”, des frères Dardenne, présenté en compétition, l’actrice revient sur les cinéastes (James Gray, Jacques Audiard) qui ont marqué sa carrière

Marion Cotillard est assise sur un canapé, dans le salon de son agent. « Ça ne vous dérange pas que je fume ? », demande-t-elle et la voilà qui plonge aussitôt dans son sac à la recherche de son tabac. Car elle roule elle-même ses cigarettes, non sans une certaine maladresse qui la fait sourire. « Ça ressemble à un pétard, vous ne trouvez pas ? Heureusement que vous ne filmez pas ! »

Elle accepte des rôles complexes, délicats, étranges. Des performances qui lui donnent souvent du fil à retordre. « Je sais, et ça ne s’arrange pas avec le temps. En début d’année, j’ai accepté de jouer Macbeth, sous la direction de Justin Kurzel (Les Crimes de Snowtown), avec Michael Fassbender. En anglais… Une pure folie ! Faudra que je me décide à comprendre, un jour, pourquoi je me pourris ainsi la vie. Mon problème, c’est d’obéir à des coups de cœur. Je choisis d’abord, je réfléchis après… »

Mais elle choisit bien. La revoilà à Cannes pour la troisième année consécutive. Après Jacques Audiard (De rouille et d’os, 2012) et James Gray (The Immigrant, 2013, superbe mélo incompris), elle a rejoint l’univers de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Dans Deux jours, une nuit, elle interprète une ouvrière qui cherche à convaincre ses collègues de la soutenir pour lui éviter le renvoi…

Les frères Dardenne

« Je peux me montrer combative pour tourner avec un ­cinéaste que j’aime, mais les Dardenne me paraissaient inaccessibles. Ils étaient trop loin de moi, de ma filmographie… Quand ils m’ont appelée, il m’a semblé, comme dans un conte, entrer dans un monde qui, en tant que spectatrice, me transportait. J’avais vu tous leurs films plusieurs fois et, au début, je leur ai posé un tas de questions de fan, au risque de les soûler ! Dans Le Fils, par exemple, mon préféré avec Le Gamin au vélo, j’avais été émerveillée par une scène où l’enfant passe à l’arrière de la voiture conduite par Olivier Gourmet. C’est simple, en apparence. En fait, le plan est d’une complexité technique incroyable. Et j’avais la chance qu’ils me l’expliquent en détail, à moi, leur spectatrice…

C’est ce que j’aime en eux : ils ne cessent de penser au spectateur, contrairement à tant de cinéastes qui le considèrent comme… peut-être pas inutile, mais surnuméraire. Attention, la question n’est pas, pour eux, de plaire au spectateur, de le séduire à tout prix, mais au contraire de le dérouter et de le surprendre. Il reste présent dans leurs pensées à chaque étape de leur travail… Jean-Pierre et Luc commencent par répéter, durant des semaines, seuls tous les deux. J’aurais vraiment aimé être une petite souris pour les observer, jouant ainsi tous les rôles et esquissant leurs futurs mouvements de caméra… Ensuite, un bon mois durant, se tiennent les vraies répétitions, dans les décors et avec les comédiens. Là, ils ne se préoccupent pas encore du jeu des acteurs, mais moi, dans l’énergie de leurs plans séquences, je choisissais déjà les attitudes et les intonations du personnage. Ils m’ont cependant demandé d’effacer mon accent parisien. “Pour en adopter un belge ?”, ai-je demandé. “Juste quelques résonances”, ont-ils répondu. Bon !…

Comme actrice, je n’ai pas de méthode. Mais pour certains rôles plus compliqués je commence, dès les répétitions, à travailler de mon côté avec les éléments que j’ai, et surtout avec ceux que je n’ai pas. Je m’isole dans ma chambre, des soirées entières, et je médite. Peu à peu, au cours de ces rêveries, des images m’apparaissent, des musiques aussi, des bouts de scènes qui me révèlent le personnage, ses ­secrets, ses manques, ses doutes. Ce qui le fait avancer, ce qui le bloque, ce qui le met en colère. Certaines trouvailles ne me plaisent pas forcément, mais je les garde. Et je les note sur un carnet. Certaines pistes disparaissent, d’autres persistent et je m’y accroche. Elles deviennent des évidences pour toute l’aventure du tournage.

Je suis sûre que beaucoup me trouveront bêtassonne, ridicule ou prétentieuse. Je m’en fous, ça m’aide… Sur le film des Dardenne par exemple, où tout est minutieusement écrit, moi, je me disais constamment : “A quoi pense-t-elle quand elle ne dit rien ? Pourquoi a-t-elle fait une dépression ? Comment s’en est-elle sortie ? A-t-elle conscience du mal qu’elle a pu causer à ses proches ?…” Et je me plongeais dans mon carnet. Tout ce que j’ai pu imaginer et y noter, personne ne le connaît, pas même les frères. Ça ne regarde que moi. C’est mon boulot.

Il m’a été utile, ce carnet ! Car les Dardenne sont d’une méti­culosité incroyable. A la fin d’un plan séquence de huit minutes, ils sont capables de me dire d’enfiler ma chaussure droite, de respirer trois secondes – pas quatre ! – et de verser deux larmes – pas une, deux – tout en enfilant ma chaussure gauche. Et on recommencera soixante fois le plan séquence s’ils n’en sont pas satisfaits. Moi, ça me ravit, ça m’excite. Mais quand, au bout de plusieurs heures, je me sentais moins sincère, hop ! je puisais dans mon carnet d’autres pistes, d’autres repères pour leur donner l’émotion qu’ils attendaient. »

James Gray

« Avec James Gray, j’ai moins eu besoin de mon petit carnet. Je n’avais pas à inventer le passé de mon personnage, parce que James le nourrissait lui-même en me parlant de ses origines, de sa famille. C’est un conteur extraordinaire ; il adore, à travers ce qu’il dit, vous aider à éprouver ce qu’il veut. Avec lui, l’inspiration vient de l’information.

Le plus dur, pour moi, c’était les accents. J’avais un coach pour me faire parler anglais avec un accent polonais. Et un autre pour me faire parler polonais sans accent du tout… Évidemment, dans ma pauvre tête, je voyais tous les Polonais de la Terre venir voir le film et hurler de rire. A la fin de chaque prise, au grand étonnement de James – ce qui me rendait folle de rage – je me ruais sur mes vingt-deux pages en polonais pour travailler la prononciation encore et encore. Stress total…

James ne dirige pas aussi précisément que les Dardenne – personne ne le peut ! Mais pour la scène de l’église, il s’est montré méticuleux. Avant d’émigrer en Amérique, Ewa, mon personnage, était infirmière. “Elle a donc le goût des autres”, m’expliquait-il et il voulait que, filmée de très près, j’exprime cette dévotion. Sa foi en Dieu, sa passion pour sa sœur et même son affection pour cet homme amoureux qui la prostituait. C’est un personnage de Dostoïevski, Ewa ; elle a la capacité d’entrevoir la lumière en chaque être, même le plus sombre. De déceler la beauté chez celui qui refuse de la voir en lui… 

On a beaucoup travaillé. De prise en prise, on a essayé de magnifier la scène, de faire naître des intensités différentes, jusqu’à l’hystérie pure – comme dans ces chaînes de télé américaines où les fidèles se perdent dans la démesure. James voulait que le spectateur sente le don total d’Ewa. Son sacrifice absolu. Je ne me souviens plus du détail de ses indications, mais le mot qui m’a accompagnée tout le temps était « incandescence ». Et c’est ce qu’est le film, je crois, pas forcément émouvant, mais incandescent. J’ai parlé à James du reproche de froideur qu’on allait lui faire. Il m’a répondu, étonné : “Mais je suis ainsi.” En fait, c’est un hypersensible qui prétend ne pas l’être, sans que l’on sache vraiment s’il croit lui-même à ce qu’il dit. »

Jacques Audiard

« J’aimerais parfois être Daniel Day-Lewis. Il va voir les décideurs : “Je veux six mois de répétition, sinon je ne fais pas le film”… Pour De rouille et d’os, j’ai fait exactement l’inverse. J’étais à Hollywood – je finissais Batman –, donc je ne pouvais pas assister aux répétitions prévues. Et comme je venais d’avoir un bébé, je n’étais pas très disponible le soir, après les prises. Je sentais Jacques frustré et ça m’angoissait. Je ne voulais pas qu’il me croie indifférente, je-m’en-foutiste, paresseuse. Au contraire, j’adorais le personnage. Aussi abîmée soit-elle, Stéphanie est le rôle le plus sexy que j’ai jamais joué. A tel point que j’ai adoré tourner ses scènes d’amour. Généralement pour moi, c’est une épreuve, une horreur… Là, j’étais heureuse qu’elle puisse, soudain, un peu grâce à moi, redécouvrir la sensualité, le sexe, le plaisir. Sa renaissance me bouleversait…

Jacques traîne toujours un « cahier B », parallèle au scénario officiel : il y écrit des scènes qu’il tournera ou non, mais qui, même tournées, ne se retrouveront pas forcément dans la version définitive. J’ai cru remarquer qu’il se montrait nettement plus directif quand il utilisait son « cahier B » : la scène où je répète les gestes de mon numéro avec les orques, il me l’a fait recommencer un nombre incalculable de fois… En fait, c’est après le tournage qu’il m’a, je crois, appréciée. Sans doute a-t-il compris que je regrettais de ne pas avoir pu lui apporter, aux répétitions, ce qu’il souhaitait. On doit se ressembler. Avec lui, on ne sait pas toujours où l’on va, mais quand on y arrive, on le sent… Je déteste décevoir mon réalisateur : mon rêve, à chaque fois, c’est de plonger dans son univers pour tenter d’y trouver, avec lui, des parcelles d’authenticité. Tout le reste, c’est de l’inutile. Du superflu… »

En compétition

Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne, en salles le 21 mai.

Latest Press

Latest Press

Sofia has added the missing scans of the Marion Cotillard feature in the March issue of Interview. Check out the great scans of this oversized magazine.

Then, we (well, mostly Sofia) have added scans of the latest magazine features, mostly to promote ‘Deux jours, une nuit‘ (Two Days, One Night) but there’s also one for ‘The Immigrant‘. I love USA Today’s article and the photoshoot of Marion Cotillard and Joaquin Phoenix. By the way, the pictures featured in the print version are slightly different from the ones featured online.

Also, I noticed that the Empire issue with the new ‘Macbeth‘ picture also has a great photo from the set of ‘Anchorman 2‘.

Additionally, more articles we’ve added scans of before are now as text versions in our press archive and we’ve also added some outtakes. Enjoy!

Press:
Marion Cotillard, pose combat, Ciné Télé Obs, May 10
Marion raconte Cotillard, L’Express Styles, May 14
Marion Cotillard : “Je suis une anthropologue des émotions”, Fémina, May 18
Marion Cotillard: «Elle joue le jeu», Libération, May 21
Cannes : éblouissante Marion Cotillard dans «Deux Jours, une nuit», Le Parisien, May 21
Phoenix, and Cotillard, loosen up to talk ‘Immigrant’, USA Today, May 22
Opening doors opened the door for Marion Cotillard and Two Days, One Night, National Post, May 22

Gallery:
012 Scans from 2014 > Interview (US) – March
006 Scans from 2014 > Gala Croisette (France) – May 21, thank you Luise!
001 Scans from 2014 > Le Parisien (France) – May 21
005 Scans from 2014 > Liberation (France) – May 21
002 Scans from 2014 > USA Today (US) – May 22
001 Scans from 2014 > Empire (UK) – June
007 Sessions from 2014 > Madame Figaro / Elle (also replaced existing with better quality)
006 Sessions from 2014 > L’Express Styles
002 Sessions from 2014 > Libération
003 Sessions from 2014 > USA Today

Phoenix, and Cotillard, loosen up to talk ‘Immigrant’

Phoenix, and Cotillard, loosen up to talk ‘Immigrant’

Many words can be drummed up to describe Joaquin Phoenix, that quirky four-time Oscar nominee who back in 2009 took performance art to new heights during a faux career switch to rapping, and who has famously bedeviled interviewers for years.

Difficult. Intense. Idiosyncratic. Odd.

But how about: sweet, self-effacing and actually quite lighthearted when the mood strikes?

“People often think he’s strange. He’s just very shy and that seems bizarre, but he’s uncomfortable being in the public unless it’s doing his thing,” promises James Gray, who’s directed four of Phoenix’s films. “He’s extremely sensitive and tender.”

So here Phoenix is, in the back room of the Bowery Hotel, greeting folks around him with full-body hugs. And there he is, happily watching a video that Marion Cotillard shows him of her son, Marcel, 3, playing with toys. “He’s amazing, really amazing,” he says.

Phoenix, 39, and Cotillard, 38, play a strangely co-dependent couple in Gray’s The Immigrant, now in theaters. Phoenix’s character preys on helpless women immigrating to New York City in the 1920s, and Cotillard’s is one of his apparent victims. When told he makes a compellingly creepy pimp in the film, Phoenix pauses and retorts, “You must not have known many pimps.”

Touché. And for someone who seems to never be at ease in the spotlight, who rarely banters with the media, Phoenix seems to be ready to let loose, a little. He doesn’t miss a beat when his 2012 drama The Master becomes confused with, of all things, 1999’s The Messenger, starring Milla Jovovich. “That’s my best work by far. You could say I’m probably the best thing in The Messenger. Most people don’t even know it’s me,” deadpans Phoenix.

Cotillard is a bit perplexed. “I should see it?” she wonders. “Did you play Joan of Arc?”

‘You just dive in and you don’t think about it’

In The Immigrant, Ewa (Cotillard) is a Polish newcomer who becomes the victim of a ruthless and manipulative yet often strangely kind hustler, Bruno (Phoenix). Cotillard, who is French and won a best-actress Oscar for playing “little sparrow” Edith Piaf in 2007’s La Vie en Rose, speaks English with a Polish accent in the film, and has absolutely no hint of her Gallic mother tongue.

“How did you do that?” wonders Phoenix.

Pas de problème, to hear how matter of factly Cotillard describes it. “The Polish accent was not as intense as the Polish itself. You never have enough to work. It was a very low-budget movie. In Paris, I’d see a Polish person, I’d try to work. So you just dive in and you don’t think about it. You just have to do your best. I listened to a lot of Polish,” she says.

Both are similar in that they’re not at ease, or at their best, glad-handing the media to sell their films. Cotillard just hides it better. “I’m so terrible at this. I think I’m a terrible actor,” says Phoenix.

Seriously, with four Academy Award nominations to his name? But Phoenix insists he’s not offered the crème de la crème of films, and chooses the best of what’s out there. “I’m not as selective as I should be. It’s so clichéd. It’s like falling in love. When you fall in love, you don’t ask a lot of questions. You have this desire to be with this person. I have to have this experience,” he says.

While other actors seem to clamor for and lap up approval, Phoenix appears to let commentary roll off his back, bad or good. “I would have to say he’s a wild animal. He’s like a cat,” says Cotillard. “Like a very big, nice cat. Like Garfield. I think he’s cool.”

“A little pudgy is what she’s getting at,” responds Phoenix.

Striking a balance

Cotillard is famously focused and ultra-prepared, but has being the mom of a toddler made her total immersion more difficult, or even impossible? “Honestly, it’s super-hard. I saw it on the last movie I did,” she says.

The actress just wrapped Macbeth, opposite Michael Fassbender. Playing the power-crazed wife of a Scottish general had a corrosive effect on Cotillard. “I’m really affected by the characters. I was playing Lady Macbeth and she’s really hard to live with. I had to send my son back to France. I don’t know exactly how to explain it, but it did not work with my son around. I didn’t want him to be affected by it,” she says. “Someone told me I had to protect myself more, but I can’t do that — protecting myself from my character is impossible. Sometimes it takes a long time to get into this person. You escape it when it’s done. Being a mum has changed everything.”

But you’d never know it from being with her in front of the camera. “You were affected by it and you were clearly in it,” Phoenix says to Cotillard of her ability to immerse herself on set. “Children actors are the best. They quickly enter into this land of make-believe. I like giving over to this world quickly. It’s just kids saying, ‘I’m Flash Gordon, I’m Superman,’ ” says Phoenix.

Or perhaps Joan of Arc. After apologizing to Phoenix about the earlier snafu, Phoenix starts laughing. “Are you kidding? That was the best part,” he says.

Phoenix, Cotillard team up for tiring ‘Immigrant’ shoot

It’s the day after the Met Ball and Marion Cotillard seems distracted. It was a long night, one filled with libations, and now she has a full day of press ahead of her, plus a premiere later tonight. So you wouldn’t fault her for being drained. But she’s not.

“I drank a bit. I just like to drink,” shrugs Cotillard. “It’s true.”

Joaquin Phoenix, who plays Cotillard’s pimp in the period drama The Immigrant, first laughs in appreciation of her honesty. Then he provides perspective.

“This is not tired. Making the movie was exhausting. You really had it tough,” he says. “We called her ‘cyborg.’ You could not stop her. She was like Terminator. She had this kid and she was tired, and I was exhausted, but it was nothing compared to what she had to do. She still showed up and was always on. It was very frustrating. She made the rest of us look very bad.”

Or, says director James Gray, upping the game for everyone else.

“You’re talking about two of the best actors in the world today. Marion has one of the greatest movie faces ever. She’s like a silent movie actress. She’s so expressive, so smart, so aware of human behavior,” says Gray. “And Joaquin is very observant. All of this resistance to talking to press is really about his very sincere fear of seeming phony. He doesn’t want to be that guy on TV. He doesn’t want to seem like a liar. I love him, obviously. He has the soul of an artist.”

For someone who famously doesn’t excel at doing press, Phoenix is at his most loquacious this afternoon.

“I know this is going to sound so stupid, but I feel like this is the first time I’ve met Marion. It was so strange,” he says, turning to her. “I can’t believe you’re a normal human being. You have such personality.”

Pause, as silence goes unfilled. “Great interview, thanks so much. I can’t stand this lull. I’m so uncomfortable,” announces Phoenix. “Well, this is great, that’s all I have to offer.”

But he gamely plays along. He and Cotillard met the first day of rehearsal. The pace of the film was so intense that they barely hung out together as actual people, as opposed to co-stars. Cotillard’s son Marcel, now 3, was a baby during the two-month shoot, which shifted from days to nights and back to days. Not exactly ideal for the mother of an infant. “I was feeding my son. I was not sleeping. I was (expletive) exhausted,” she says.

Charlie Rose – May 16, 2014

Charlie Rose – May 16, 2014

Marion Cotillard on Her New Role and the Pursuit of Happiness

Marion Cotillard on Her New Role and the Pursuit of Happiness

When Marion Cotillard is presented with the notion that after more than 40 films, an Oscar for Best Actress (for “La Vie en Rose”), and roles in some of the last decade’s defining blockbusters, she’s only now leading her first American film, even she seems surprised. Yes, that’s true,” she says with a laugh. “I didn’t even think about it.” But “The Immigrant,” an operatic melodrama directed by James Gray that opens today, hardly feels like it belongs in a 21st century American multiplex. It’s a grandiose throwback to an era when movies dealt with big emotions, not big explosions.

To play Ewa Cybulska, Cotillard shed her enduring Parisian glamour for the rags and sad eyes of a Polish woman who arrives with her sister on Ellis Island, in steely pursuit of the American Dream. After her sister is diagnosed with tuberculosis and kept on the island, she’s taken in by the crooked manager of a burlesque theater (Joaquin Phoenix) who falls in love with her character, even while pimping her out to his audience.

On the eve of the Met Gala, where she represented Dior (she’s been a face of the brand since 2008), the actress sat down to discuss her preparation for the role, working alongside Phoenix and the secret to her happiness.

Q. Why do you think that after all your success in Hollywood, it’s taken this long to lead your first American film?
A. I don’t know, to be honest. It might be because I’m French, and if I work for a year on a role, I can maybe get rid of my French accent. I just did “Macbeth” (opposite Michael Fassbender), and when I got to New York two days ago, my friends were like, “Oh my god, you sound like a British person.” I don’t really pay attention to which accent I have. I’m in a singular box as an actress.

How did you craft the character? Her dialogue is sparse, so it can’t all be on the page.

It’s kind of an investigation into someone’s life. You fall in love with someone, you don’t know this person yet, and you get to know this person. That’s what happens when I fall in love with a character and I want to be this person. Then starts the investigation: I need to understand her heart and soul and mind, and to allow in a way the character to create themselves inside of me, because I have found the space for the person to grow. And then I try to create a very strong base, so on set, I can just let it go because I don’t want to control what I do.

Meaning what?

Meaning I never know exactly how I’m going play this. I have an idea, but because I want to be surprised, I’m not rehearsing like I’m going to say this like this, and I’m going to pause here, and I’m going to breathe here. I need to surrender to the character, and it’s the character that’s going to take control of myself. But because I don’t want to control, I need to have a very strong base. I need to know this person and I need to know how she would react. For example if one day James said he rewrote a scene, I need to be able to be in any situation with my character and know how she would react.

Your co-star Joaquin Phoenix is one of the more enigmatic characters in American movies. Did you get that sense when you met him?

I felt very lucky to be able to watch his process as an actor. He and James know each other very well, but they welcomed me right away. We had two weeks of rehearsal to get to know each other. The thing is, these are very complex characters, and they have a very complex relationship, so we really needed to talk about it, because they don’t talk too much to each other. So we really needed to create this very singular bond between them. And Joaquin has a very strong instinct, like an animal. He’s a wild animal.

How does this wild animal behave on set?

This wild animal has a human brain that he has to deal with, and he doesn’t have really high self-esteem. So he’s fighting against this amazing and powerful instinct. Sometimes he thinks he’s going be wrong, when he’s never wrong. And those two weeks were very interesting, because very often he would not allow himself to say what he wanted to say, and James really wanted him to say what he wanted to say. And each time he’d say what he had retained, and it was amazing. I was like, “How could he question this?” Each time it was spot on right.

In interviews, you’ve outwardly told reporters how much you love your life. You don’t always hear people express that.

Well yeah, because when I was a teenager, I was not happy and I hated my life. And even later on, it took me a long time to try to love myself. That was something I thought would never happen. But thanks to my parents, I have the capacity to feel happy.

What is contributing to this happiness now?

It’s a combination of things. I’m living my dream, and I still dream about this dream, and I still have a lot of dreams within this dream. And also just my evolution as a human being, and the people I meet, and the connection I have with myself and others, is getting stronger and stronger.

This interview has been edited and condensed.

Post Archive:

Page 2 of 13 1 2 3 4 5 13