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“Nous avons le pouvoir de changer la société”

“Nous avons le pouvoir de changer la société”

Rencontre entre l’actrice oscarisée et le paysan philosophe autour de l’écologie

Ils sont amis, s’indignent et militent côte à côte pour une éducation à l’écologie, un respect de la Terre, une sobriété heureuse… Entre l’actrice oscarisée et le paysan philosophe, l’échange est fertile et l’humanisme, essentiel. Leur moisson d’espoirs.

Madame Figaro. – Comment vous êtes-vous découverts ?
Marion Cotillard. –
Pierre est une de mes idoles. Ses livres m’accompagnent depuis des années : j’ai découvert un homme qui redonne tout son sens au mot « générosité », un paysan, un poète bouleversant dont l’engagement est admirable. Il voue sa vie à partager son savoir, et de la manière la plus simple du monde. J’ai grandi dans le Loiret, dans un village de 500 habitants. Ma grand-mère bretonne n’a jamais jeté un sac plastique, et mon grand-père recyclait jusqu’au dernier boulon de ses vieux vélos. Quand j’ai quitté la campagne pour m’installer à Paris, l’industrialisation à outrance et son impact m’ont grandement questionnée. Des inquiétudes se sont transformées en angoisses : le gaspillage, la déforestation, l’extinction des espèces animales, la dégradation de notre environnement au sens le plus large du terme. Lire les livres de Pierre apaise et inspire. J’ai eu la grande joie d’avoir un jour la chance de le rencontrer.

Pierre Rabhi. – De mon côté, j’ai vu Marion dans La Môme, en 2007. Enfant, j’aimais beaucoup Édith Piaf, son histoire cabossée et la puissance de ce qu’elle exprimait. Dans La Môme, j’ai été très touché par l’interprétation de Marion que je trouve d’une grande justesse et en totale résonance avec la réalité de cette grande dame, qui était aussi, pour moi, une grande âme.

Quand l’écologie a-t-elle surgi dans votre vie ?
M. C. –
Enfant, j’ai été éveillée par ma famille à ce qu’on n’appelait pas encore l’écologie, mais une forme de respect de soi, des autres, de l’endroit où l’on vit. Bien avant qu’on ne parle des gestes écolos, j’ai essayé de recycler mes journaux. Quand j’allais à la déchetterie, mes amis étaient sceptiques, certains me pensaient même un peu folle. Mais, intimement, je savais que j’avais raison.

P. R. – On m’a aussi traité de fou quand, ouvrier, j’ai quitté Paris pour m’installer en Ardèche dans les années 1960. Tout le monde me disait : « L’avenir n’est pas à la campagne ! » Je n’étais pas d’origine paysanne, mon père était forgeron puis mineur dans le Sud algérien. Mais comme toi, Marion, j’étais guidé par une certitude absolue, une protestation forte contre notre modèle de société. Avec Michèle, ma compagne, nous avons trouvé une ferme sur une terre rocailleuse, sans électricité ni téléphone. À l’époque, il n’existait qu’une seule méthode agricole : les engrais chimiques. Mais ces substances polluaient gravement les arbres et les sols. Un livre, La Fécondité de la Terre, d’Ehrenfried Pfeiffer, biodynamiste, m’a fait découvrir comment pratiquer l’agriculture sans détruire la Terre, mais au contraire en prendre soin et la régénérer. De l’Ardèche aux terres désertiques du Burkina Faso, où j’ai travaillé comme « paysan sans frontières » dans les années 1980, j’ai expérimenté les bases de l’agriculture écologique : elle intègre la gestion de l’eau, dure boisement, de la biodiversité, de la régénération des sols grâce au compostage aérobie, qui permet d’obtenir un engrais naturel de haute qualité…

M. C. – Ta ferme en Ardèche est tellement magnifique ! Dans ton jardin, on sent tout l’amour que tu portes à la terre, que tu mets merveilleusement en valeur. J’ai été aussi très touchée de rencontrer Michèle, ta femme, de voir la tendresse de vos liens.

L’écologie, pour vous, est-ce aussi se soucier de l’autre ?
M. C. –
Ce sont des questions sur l’humain qui ont nourri chez moi le besoin d’être proche de la nature, et logique avec elle. Parce que la nature nous survivra. Personne ne va sauver la planète : elle se sauvera toute seule.

P. R. – Je n’ai jamais admis qu’on dise : « La nature et nous. » Je suis la nature, car je suis un mammifère. Tu as raison, Marion : les lois de la nature domineront et la Terre nous balaiera si nous ne nous adaptons pas. Un ultimatum est lancé à l’humanité : elle doit changer pour ne pas disparaître.

Pour s’adapter, vous prônez le concept de sobriété heureuse. Que signifie-t-il ?
P. R. –
Il s’agit d’une délivrance par rapport au « toujours plus ». Nous vivons dans une société de la compulsion qui ne nous rend pas heureux. Cette surabondance crée en nous un état de manque permanent et nuit à la planète. Or nous sommes ligotés par l’avoir, au détriment de l’être. L’esprit de modération que je prône est un art de vivre dans une forme de simplicité, un dépouillement intérieur qui ouvre en soi un espace de liberté, qui laisse plus de place à l’esprit et à la conscience, qui invite à apprécier, à savourer, à rechercher la qualité plus que la quantité dans notre vie quotidienne. Il s’agit de retrouver une vraie liberté de décision par rapport au temps argent. Nos vies valent plus qu’un salaire. La modération est selon moi le paradigme des sociétés de demain. L’humanité a besoin d’apprendre à renoncer pour grandir.

M. C. – Dès qu’on entend les mots « modération » et « sobriété », on craint la morosité. Mais il s’agit simplement de remettre de la conscience et de l’éthique dans notre intelligence collective. Le système social mis en place fait tout pour déresponsabiliser l’homme au nom du progrès, du gain de temps. La loi du marché décide de ce dont nous avons besoin pour être heureux. Il est de la responsabilité de chacun de savoir que tel produit acheté, consommé, a tel impact sur l’homme, sur notre environnement, sur le monde. Nos actions individuelles construisent ou détruisent. Nous avons donc le pouvoir de changer la société.

Marion, la maternité a-t-elle changé votre approche de l’écologie ?
M. C.. –
Elle a renforcé mes convictions. Il y a de plus en plus de maladies, de scandales alimentaires et de microbes ingérables. Depuis la naissance de mon fils, ces questions-là sont bien sûr plus présentes. Cela a aussi changé mon rapport au temps. Immédiatement, j’ai pensé à moi en tant que grand-mère, c’était une sensation très forte. Au fond, les générations futures sont devenues de plus en plus réelles.

P. R. – On se demande souvent quelle planète nous laisserons à nos enfants. Demandons-nous aussi quels enfants nous laisserons à la planète ! L’école a un rôle essentiel à jouer pour les sensibiliser au respect de l’environnement.

La célébrité offre une formidable caisse de résonance. Quel rôle pensez-vous jouer dans ce combat ?
M. C. –
Plus j’échange avec Pierre, Maud Fontenoy ou Tristan Lecomte, qui luttent pour que l’on prenne plus soin de la Terre, des océans et des forêts, plus ma vision s’élargit. Quand ces acteurs essentiels de l’écologie me disent que mon soutien leur a été utile, cela m’encourage à continuer de prendre position. Mais le plus important est de leur donner à eux la parole car on gagnerait à les écouter beaucoup plus.

Et vous, Pierre ? Deux films ont été réalisés sur vous cette année (1), vos conférences font salle comble…
P. R. –
Je suis partagé vis-à-vis de la célébrité. D’un côté, je l’ai recherchée, désirée, car elle est utile pour la diffusion de mon message, à cette élévation des consciences que je souhaite. D’un autre côté, elle me pèse parfois, car mon espace d’intimité se restreint.

Face aux multiples défis, vos convictions ont-elles évolué ?
P. R. –
L’environnement est dégradé, mais l’humanité aussi est mal en point. Chaque jour sur la planète, environ 100 000 personnes meurent de faim et 826 millions d’individus sont gravement sous-alimentés. C’est une douleur absolue, un scandale insupportable. L’urgence, pour moi, c’est l’accès à toute communauté à l’autonomie alimentaire. Car on connaît les solutions. Selon un rapport de la FAO (2000), la Terre peut nourrir 12 milliards d’êtres humains. Je suis en train de créer un fonds de dotation, le Fonds Pierre Rabhi, pour diffuser le plus largement possible les pratiques de l’agro-écologie dans le monde pour combattre cette tragédie. Sa généralisation devient indispensable. Une agriculture naturelle, économe et respectueuse des écosystèmes, dédiée aux marchés locaux et nationaux, et non plus à l’exportation, fondée sur le seul profit financier, redonnera aux populations leur souveraineté alimentaire. Du Nord au Sud, cultiver soi-même son potager ou acheter des aliments locaux, biologiques et de saison : voilà des alternatives d’avenir.

M. C. – Ce qui me fascine dans ton action, c’est que son impact ébranle et détruit les arguments des grands semenciers. Ces multinationales qui prétendent éradiquer la faim dans le monde avec les OGM, alors que nous n’avons aucun recul et qu’il est logique de penser que ces organismes menacent l’humanité. Et toi, Pierre, tu trouves des solutions locales qui remettent l’homme dans un cercle vertueux.

P. R. – Oui, préserver la biodiversité nourricière est un acte de légitime résistance. Depuis 10 000 à 12 000 ans, 60 % de notre patrimoine semencier a déjà disparu. Des organisations comme Kokopelli luttent contre cette extinction. Je lance aussi un mouvement, que j’appelle Femmes semencières, et qui mobilise partout des femmes, jardinières ou non, à prendre en compte cet immense enjeu.

M. C. – J’aimerais avoir confiance en une possible transformation et me dire qu’on peut sortir du nucléaire, car ces grands groupes trouveront leurs profits ailleurs, dans des énergies propres.

P. R. – Il faut s’organiser pour ne pas être trop dépendants des firmes dont l’obsession est la domination par le profit. Quand j’ai travaillé au Burkina Faso, un de mes objectifs était d’aider la population à s’affranchir des produits chimiques importés, qui la rendent dépendante et appauvrissent ses terres. Cette nécessité s’applique à bien d’autres domaines ! L’introduction dans ces pays des OGM est un véritable désastre dont on ne mesurera les conséquences qu’a posteriori. Il s’agit bien à terme d’un véritable attentat contre l’humanité.

Qu’est-ce qui vous rend optimiste ?
M. C. –
La prise de conscience grandissante, ces dernières années. Car, bien que nous soyons désespérément lents face à une situation d’urgence, de plus en plus de monde s’engage au sens le plus noble du terme. Tous ces hommes et femmes qui vouent leur vie à ce combat noble qu’est la préservation du vivant et qui prônent un peu plus de logique humaine. Pierre, tu sèmes des graines dans nos consciences ! Elles finiront par germer.

P. R. – Ton soutien, Marion, m’est très cher, car le chemin est encore long. Je ne prétends pas tout changer. Mais j’aimerais tant accélérer les choses. Pourquoi l’écologie est-elle un parti politique ? Cela concerne tout le monde. Notre planète n’est pas un gisement de ressources qu’il faut épuiser, mais une oasis magnifique qu’il faut protéger.

(1) Un documentaire dans la collection Empreintes, France 5. Et actuellement en salles : Pierre Rabhi, au nom de la Terre, de Marie-Dominique Dhelsing.

Marion Cotillard : la vie en green

Marion Cotillard : la vie en green

de Madame Figaro (France) / par Richard Gianorio

L’actrice oscarisée tourne avec les frères Dardenne dans “Deux Jours, une nuit

Elle mène sa carrière avec passion et discrétion, et tourne cet été avec les frères Dardenne Deux Jours, une nuit. Notre invitée exceptionnelle, star à part, égérie magnétique de Dior, écologiste engagée, nous confie ses convictions.

Au dernier Festival de Cannes, le réalisateur James Gray, qui l’a dirigée dans The Immigrant, comparait Marion Cotillard à Renée Falconetti, Lillian Gish ou Louise Brooks, actrices du muet à l’expressivité exceptionnelle. C’est dire le compliment. À Hollywood, les Américains la voient telle qu’elle est : une star à l’éclat très particulier. Ses choix sont exemplaires et sa filmographie égrène les noms des meilleurs. Cette fois-ci, Marion Cotillard, qui a le goût des volte-face, s’est aventurée chez les frères Dardenne : dans la province de Liège – où elle s’est installée avec son fils Marcel, 2 ans, pour trois mois –, elle répète Deux Jours, une nuit, qu’elle tournera avant la fin de l’été. L’actrice fine, l’égérie Dior n’éclipsent pas un autre visage de Marion Cotillard : la militante écologiste. Son engagement n’est pas né de la dernière pluie, pour suivre une mode people : il préexistait à sa vie publique. Elle s’est investie auprès de Greenpeace, suit de près les actions de Maud Fontenoy et Tristan Lecomte, utilise son aura glamour pour prendre Pierre Rabhi par la main et lui offrir plus de visibilité encore. Interview autour de deux des axes de sa vie : les films et la protection environnementale.

Madame Figaro. – Vous voici du côté de Liège tout l’été, pour tourner Deux Jours, une nuit, le prochain film des frères Dardenne…
Marion Cotillard. – J’ai envie de leur dire merci à chaque instant. Je ne sais pas vraiment comment ils sont venus jusqu’à moi, je ne cherche jamais à savoir pourquoi les réalisateurs me choisissent. Ils avaient coproduit De rouille et d’os, c’est peut-être là qu’ils ont eu l’idée. C’est évidemment un film naturaliste, dans la veine de ce qu’ils font d’habitude, l’histoire d’une femme qui lutte pour ne pas perdre son emploi. Je ne suis ni maquillée ni coiffée, mais je ne fais pas du cinéma pour être glamour tout le temps : ce que j’aime, c’est aller dans la vie des gens, et avec les Dardenne, des humanistes, le voyage est particulièrement beau.

Faut-il du courage pour se remettre en question à chaque film ?
Dans ma vie, il m’est arrivé de faire preuve de courage : j’ai eu le courage de me relever quand j’étais à terre. C’est arrivé. Tout n’a pas été facile, j’ai fait face à des refus, des rejets ou des déceptions. Mais je trouve que le mot « courage » n’est pas vraiment approprié quand on parle des acteurs ; non, il faut relativiser. Ceux que je considère comme mes héros, eux, ont fait preuve de courage, que ce soit Wangari Maathai (activiste kenyane et prix Nobel de la paix en 2004, NDLR), qui a mené son combat écologiste et politique contre vents et marées, mettant à plusieurs reprises sa vie en danger, ou Aung San Suu Kyi, qui se bat pour son peuple au prix de sa liberté sans que jamais sa foi ne faiblisse. Au cinéma, les gens courageux sont ceux qui parlent et racontent des histoires alors que leur pays leur interdit de le faire. Golshifteh Farahani est pour moi une actrice courageuse, parce qu’elle se confronte au jugement de l’Iran qu’elle a été poussée à quitter pour continuer à témoigner, à travers le cinéma, du monde dans lequel on vit.

Vous êtes une des rarissimes Françaises à travailler beaucoup en amont. Les actrices françaises, contrairement aux américaines, ont la réputation d’être paresseuses…
Écoutez, c’est un vrai métier : plus on travaille, plus on prépare, plus on découvre et plus on s’enrichit. J’ai toujours respecté et valorisé le travail. Les acteurs que j’admire le plus sont de grands bosseurs. Nous avons en France des actrices magnifiques qui s’investissent corps et âme dans leur travail. Je pense par exemple à Léa Seydoux, qui me bouleverse et dont j’attends chaque film avec impatience ; aux États-Unis, Jennifer Lawrence est tellement inspirante, elle peut tout jouer. Sans travail, un acteur ne peut pas donner toute sa dimension à un personnage. C’est mon éducation qui m’a donné le goût du travail : mes parents étaient acteurs de théâtre. Mon père m’a toujours dit : « Le don ne suffit pas. Si on ne travaille pas, le jeu s’épuise… »

Comment choisissez-vous vos films ?
Je vais là où j’ai l’impression d’avoir ma place. Il n’y a aucun plan, aucune ligne tracée : je resterai toujours dans un ébahissement face à ce chemin d’actrice qui m’a été offert. Cependant, je n’accepte pas un film si le réalisateur est là parce qu’il en faut un. J’ai besoin d’une vraie relation avec un metteur en scène. Si c’est pour me débrouiller toute seule, avec personne aux commandes, cela ne m’intéresse pas. C’est la raison pour laquelle j’ai refusé quelques blockbusters américains. Les deux seules grosses machines auxquelles j’ai participé sont Inception et Batman, mais Christopher Nolan est un auteur qui n’a rien d’interchangeable. Et puis, il y a des films que j’ai refusés parce que la vie l’emportait et qu’elle sera toujours plus forte que les films… Longtemps j’ai cru que le cinéma était plus intéressant et plus important que ma vie, mais c’est faux, même si ma vie sans les films aurait moins de saveur.

Actrice oscarisée, chanteuse par intermittence, égérie Dior… et militante écologique engagée. Comment passe-t-on d’une conscience à un acte militant ?
J’ai rencontré les gens de Greenpeace et nous parlions la même langue. Puis je me suis passionnée pour Pierre Rabhi, Théodore Monod, Albert Jacquard, Jean-Marie Pelt, Wangari Maathai ou Hubert Reeves : leurs livres m’ont nourrie et éduquée. J’ai acquis un bagage de connaissances que je souhaite partager. Mais je ne suis pas aussi militante que j’aimerais l’être, je n’ai rien à voir avec les gens qui ont voué leur vie à la cause. Ce qui est sûr, c’est que je suis une vraie militante dans ma vie de tous les jours, une très bonne élève, et si j’ai parfois l’impression de négliger le navire, j’y reviens toujours. J’aimerais prendre plus de temps pour aller sur le terrain. Je me suis rendue au Congo avec Greenpeace, et un voyage au pôle Nord est prévu. J’aimerais aussi aller rapidement dans la forêt amazonienne avec Tristan Lecomte.

Que pensez-vous de la mode people du green ?
Tout le monde a récupéré le mouvement, et certaines célébrités se sont parfois exprimées sans rien connaître au sujet, s’en sont servies pour l’abandonner peu après. Les convictions de façade et les donneurs de leçons ne servent à rien. Mais il y a beaucoup de gens sincères qui accomplissent des choses formidables : ce que fait The Honest Company, par exemple, est vraiment bien.

Êtes-vous optimiste ?
J’ai envie de l’être, mais je suis consternée par la lenteur ambiante : on ne prend aucune mesure radicale alors que tant de choses sont en péril. On pourrait sans doute inverser la vapeur, mais la dictature de la rentabilité fait que personne ne fait rien pour que la population intègre l’urgence des décisions à prendre. On vit dans une société d’intérêts qui ne voit pas d’intérêt dans la préservation. Je pense à nos enfants : ce sont eux qui vont subir. J’ai peur qu’un jour ils n’aient à nous faire des reproches : « Pourquoi n’avoir rien fait quand il était temps ? »

La France est-elle à la traîne ?
Nous sommes très en retard. L’écologie est un sujet politique… puis cela ne l’est plus ! Cela varie suivant les opportunismes de chacun. La politique n’insuffle aucun élan et ne délivre aucun message clair. Des promesses sont faites, puis on n’en entend plus jamais parler. Il y a une sclérose. J’espère qu’un réveil citoyen se produira, car je crains qu’il ne faille rien attendre des politiques. Ou alors il faudrait peut-être qu’ils comprennent que l’écologie, cela peut aussi rapporter, c’est juste une autre façon de consommer. Pierre Rabhi ou Hubert Reeves parlent remarquablement de tout cela : il faut les écouter. Je comprends que les Français aient d’autres préoccupations, mais il est urgent de parler, de mettre en garde, d’alerter, et surtout d’éduquer. La perte de grandes richesses naturelles, l’uniformisation des goûts est terrible. S’éloigner de la Nature, c’est s’éloigner de nous et c’est vraiment dommageable…

Mes 6 écocommandements

S’éduquer. Et se tenir informé des avancées ou des hérésies en matière d’environnement. L’ignorance est impardonnable dans nos sociétés civilisées : l’information est un devoir.
Recycler. En France, rien n’est fait pour qu’on recycle convenablement. D’une ville à l’autre, c’est très flou. C’est même parfois le foutoir.
Ne pas gaspiller l’eau. Je ne prends jamais de bain.
Choisir une voiture moins polluante. Beaucoup de marques commencent à faire des efforts. Je conduis une Infiniti hybride.
Manger local et de saison. Je suis évidemment locavore, même si je consomme du quinoa qui vient du Pérou. Plus on se sert chez de petits producteurs, mieux c’est, même si les marchés bio sont parfois plus chers.
Pour le ménage, je suis irréprochable. Jamais de lingettes. Je peux tout faire avec du vinaigre blanc.

Pierre Rabhi – Les Clés du paradigme…

Earlier tonight the Pierre Rabhi documentary aired on France 5. Towards the end we could see Marion Cotillard travel across France to his base in beautiful rural Ardèche for a philosophical discussion. Among other things Marion Cotillard mentioned that when thinking about humility recently she thought that maybe humility means being part of something that you won’t see the result of (such as saving this planet).

I added some captures that I was able to take with my phone. Watch the full video on France 5’s replay site if you’re in France or Marion’s bit on YouTube.

Gallery:
029 TV Shows > Empreintes: Pierre Rabhi – Les Clés Du Paradigme… – 2013

Pierre Rabhi Documentaries

Tonight on French TV: ‘Pierre Rabhi – Les Clés du paradigme…‘ – a documentary about Pierre Rhabi, which will also talk about what he exchanges with Marion Cotillard.
France 5, March 15, 2013 9.30pm and March 17, 2013 7.45am

There’s also the documentary ‘Pierre Rabhi – au nom de la terre‘ (Official Facebook) coming to French theatres on March 27. No idea if it features Marion Cotillard or not.

French connection

French connection

Actress, mother, environmental campaigner – Marion Cotillard is a woman of many facets.

With her long legs curled under her on a couch, huge soft eyes and heart-shaped face, the film character Marion Cotillard most immediately resembles is Bambi. It’s not an impression that lasts long, however. Cotillard, whose riveting performance as a drug-addicted Edith Piaf in La Vie en Rose won her an Oscar in 2008 and paved her way to Hollywood, has steel underneath a faun-like sweetness.

Watching her new film Rust and Bone, in which she plays a marine-park trainer who loses her legs to a rampaging orca, a New York Times critic described her as “an actress of limitless bravery and supernatural poise, who is both beauty and beast”.

“I definitely have strength,” the 34-year-old said in response. “It would be a long conversation on how strength is manifested in yourself, but … I don’t think there’s one thing I can think about that could put me down.”

In the end, that’s what you remember about her, more than her beauty or glamour: the grit, determination and indomitable work ethic that have fuelled her career. Because although her role as Piaf put her in the limelight, she had already made her move on Hollywood; she had roles in Tim Burton’s Big Fish and in Ridley Scott’s A Good Year, opposite Russell Crowe.

After La Vie en Rose, she worked furiously on speaking English with a Chicago accent for Michael Mann’s Public Enemies (“I was more than nervous, every day”), on singing and dancing for Rob Marshall’s Nine and on the imaginative leaps and bounds required for Christopher Nolan’s Inception. She rejoined Nolan for The Dark Knight Rises, playing girlfriend to the Caped Crusader. From barely speaking English to Batman’s girl in five moves: it doesn’t get much more Hollywood than that.

At home, however, she is just as famous for being half of the couple dubbed “France’s Brangelina”. When La Vie en Rose took the world by storm, the cameras began to follow Cotillard, at least to the public venues allowed to them by the France’s strict privacy laws. She was eventually snapped at an airport kissing Guillaume Canet.

Canet was a director, actor, all-round heart-throb and her friend of at least seven years’ standing, who had been divorced just a year earlier from German actress Diane Kruger; audiences may remember him from his role in The Beach, where he became mates with Leonardo DiCaprio.

As it turned out, the pair had been seeing each other for several months, and nearly five years on they have a son, Marcel, who is almost two. Since that kiss-and-fly slip, however, they have avoided the cameras.

When Cotillard starred in a film directed by Canet called Little White Lies, they did joint interviews with the strict stipulation that there must be no questions about their domestic life. At red-carpet events, they would turn up separately. As for baby pictures, no chance. We know more about Cotillard’s bank account – she is said to be worth US$15 million – than we do about life chez Guillaume.

One thing that is fairly clear is that they don’t live the kind of life you might expect for stars of that calibre. Every now and then, they are snapped shopping or having a coffee in a bar, like any other Parisian.

It isn’t easy, she says, to keep things simple. “It’s a paradox to be an actress – living in the city, taking planes all the time, trying to find the right balance in life, which is not so eco-friendly, and still try to respect the environment.”

This is Cotillard’s second life: she is one of France’s most prominent eco-warriors. For more than a decade she has been closely associated with Greenpeace – not merely as a figurehead, but as a film-maker. In 2010 she went to the Congo to make a series of videos, distributed online, about the destruction of forests, and the lives of the people who live in them, by logging companies. She tramped through jungles, slept in village huts and addressed the camera with a face scrubbed clean of stardom.

“For a pack of smokes and a few beers you can gain the right to cut down the trees, so through the first days of my trip the problem seemed really dark,” she told Nicole Kidman in an exchange recorded for Interview magazine. “But when I started talking to people, I realised that they want to get their power back. That made me feel like there was hope to make things right.”

Kidman recalls that on the set of Nine, it was Cotillard who insisted that they set up a system for recycling, a commitment she traces to childhood holidays in Brittany at her grandmother’s house when her parents, who were both in the theatre, were working. “When my grandmother cooked, she wouldn’t waste anything. And my parents always raised me to believe the most important thing was respect. Respect the place you live, be aware of the impact you have on things.”

It is an awareness that was tested by her encounters with orcas for Rust and Bone. Her character Stephanie is a cold fish herself, prickly with her peers and living disagreeably with a man she doesn’t much like. The best part of her life is lived in water with the caged whales. When the director Jacques Audiard gave Cotillard the script, she says, she loved it immediately. The fact that her character worked in a marine park, however, was a real stumbling block.

“I thought, ‘Oh my God, this is something I cannot do,'” she says. “I cannot be in this environment. I’m not comfortable with captivity and the first day of the shoot, this came back to me, that the orcas were not like animals any more, they were like toys, like ducks in the bathtub.” The fact that a wild animal would flip over on command in return for a piece of fish appalled her.

Her opinion of performing animals hasn’t changed. But she was moved by the commitment of their trainers. “Those people are passionate about what they do. I can’t stand marine parks, but the people who work there love the animals.” Her own experience was transformed by an encounter with a killer whale. Rather than keep to the routine, she was encouraged to make her own gestures and the orca responded to her. “I decided to wave and she would wave back, I tickled her nose and she would make bubbles. She reacted to everything.”

In fact there were two orcas; the first one reacted badly to the lights and camera “and she went mad at me and screamed, with her jaws wide open. I got really scared.” But of course, says Cotillard, the orca was behaving as what she was: a wild animal.

The force of Cotillard’s performance in Rust and Bone is extraordinary. In the moment when Stephanie wakes up to discover she has had both legs amputated, we see a surge of emotions cascade across her face; then a period of something like catatonia sets in.

To prepare for the role, Cotillard watched footage of amputees to see how they moved. “Then I thought I didn’t need that. [I can] experience it with the character because it’s just happened to her and she doesn’t know, either. There was nothing more to do than be on the set and work. The complexity is in the emotional layers of the character.”

Rust and Bone is a romance, albeit a very spiky, difficult one; Stephanie becomes embroiled with Ali, a bouncer played by the Belgian actor Matthias Schoenaerts, who is trying to scrape together money in illegal bare-knuckle fights. Ali, she soon discovers, is the only person who is utterly unembarrassed by her mutilation. There is a lot of charged sex in Rust and Bone, something Cotillard usually finds uncomfortable.

“That was very different on this movie because it’s a very important part of the story. But it’s also something that happens in her life that made me so happy for her,” she says.

In general, she says, sex scenes are much harder than, say, dying. “I hate it. It’s very intimate and very hard to imagine how a person would have sex. Kissing is already something very powerful. You feel something; it’s already intense. It cannot be your way, otherwise it would be super-uncomfortable. But, you know, everyone has a way to make sex, so a character does, too.”

Marcel was only five months-old when the film was shot. “He was a tiny little baby who needed me entirely, not me and my work,” she recalls. Her way of working, which, on La Vie en Rose, meant living with Piaf every waking hour, had to change.

“I was wondering how it would be, because Stephanie is so intense and sometimes my son couldn’t be on set because it was too much. But most of the time he was there.

“I know I can go deep inside a character, but I know how to get out of it. When you have to go back, because there is someone who is more important than anything, it’s different. It’s crazy, it’s … ” – she fishes for an expression to cover motherhood – ” it’s rock and roll! But it’s amazing, too.”

Now, as someone who has been acting almost all her life – she was a child when she first trod the boards in one of her father’s plays – she wonders if she wants to give herself over to it for good.

Other things could claim her: the forest of the Congo as well as motherhood. “Nothing can ever be taken for granted in this métier,” she mused recently.” It makes you very exposed and that can be violent.

“I’m strong but also fragile, and sometimes it’s not easy to be exposed to judgment and to play with your emotions; to go searching inside yourself, to make yourself naked to the world.”

Rust and Bone is in cinemas on March 28.

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