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4
Jul 2013
French Press  •  By  •  0 Comments

de Madame Figaro (France) / par Richard Gianorio

L’actrice oscarisée tourne avec les frères Dardenne dans “Deux Jours, une nuit

Elle mène sa carrière avec passion et discrétion, et tourne cet été avec les frères Dardenne Deux Jours, une nuit. Notre invitée exceptionnelle, star à part, égérie magnétique de Dior, écologiste engagée, nous confie ses convictions.

Au dernier Festival de Cannes, le réalisateur James Gray, qui l’a dirigée dans The Immigrant, comparait Marion Cotillard à Renée Falconetti, Lillian Gish ou Louise Brooks, actrices du muet à l’expressivité exceptionnelle. C’est dire le compliment. À Hollywood, les Américains la voient telle qu’elle est : une star à l’éclat très particulier. Ses choix sont exemplaires et sa filmographie égrène les noms des meilleurs. Cette fois-ci, Marion Cotillard, qui a le goût des volte-face, s’est aventurée chez les frères Dardenne : dans la province de Liège – où elle s’est installée avec son fils Marcel, 2 ans, pour trois mois –, elle répète Deux Jours, une nuit, qu’elle tournera avant la fin de l’été. L’actrice fine, l’égérie Dior n’éclipsent pas un autre visage de Marion Cotillard : la militante écologiste. Son engagement n’est pas né de la dernière pluie, pour suivre une mode people : il préexistait à sa vie publique. Elle s’est investie auprès de Greenpeace, suit de près les actions de Maud Fontenoy et Tristan Lecomte, utilise son aura glamour pour prendre Pierre Rabhi par la main et lui offrir plus de visibilité encore. Interview autour de deux des axes de sa vie : les films et la protection environnementale.

Madame Figaro. – Vous voici du côté de Liège tout l’été, pour tourner Deux Jours, une nuit, le prochain film des frères Dardenne…
Marion Cotillard. – J’ai envie de leur dire merci à chaque instant. Je ne sais pas vraiment comment ils sont venus jusqu’à moi, je ne cherche jamais à savoir pourquoi les réalisateurs me choisissent. Ils avaient coproduit De rouille et d’os, c’est peut-être là qu’ils ont eu l’idée. C’est évidemment un film naturaliste, dans la veine de ce qu’ils font d’habitude, l’histoire d’une femme qui lutte pour ne pas perdre son emploi. Je ne suis ni maquillée ni coiffée, mais je ne fais pas du cinéma pour être glamour tout le temps : ce que j’aime, c’est aller dans la vie des gens, et avec les Dardenne, des humanistes, le voyage est particulièrement beau.

Faut-il du courage pour se remettre en question à chaque film ?
Dans ma vie, il m’est arrivé de faire preuve de courage : j’ai eu le courage de me relever quand j’étais à terre. C’est arrivé. Tout n’a pas été facile, j’ai fait face à des refus, des rejets ou des déceptions. Mais je trouve que le mot « courage » n’est pas vraiment approprié quand on parle des acteurs ; non, il faut relativiser. Ceux que je considère comme mes héros, eux, ont fait preuve de courage, que ce soit Wangari Maathai (activiste kenyane et prix Nobel de la paix en 2004, NDLR), qui a mené son combat écologiste et politique contre vents et marées, mettant à plusieurs reprises sa vie en danger, ou Aung San Suu Kyi, qui se bat pour son peuple au prix de sa liberté sans que jamais sa foi ne faiblisse. Au cinéma, les gens courageux sont ceux qui parlent et racontent des histoires alors que leur pays leur interdit de le faire. Golshifteh Farahani est pour moi une actrice courageuse, parce qu’elle se confronte au jugement de l’Iran qu’elle a été poussée à quitter pour continuer à témoigner, à travers le cinéma, du monde dans lequel on vit.

Vous êtes une des rarissimes Françaises à travailler beaucoup en amont. Les actrices françaises, contrairement aux américaines, ont la réputation d’être paresseuses…
Écoutez, c’est un vrai métier : plus on travaille, plus on prépare, plus on découvre et plus on s’enrichit. J’ai toujours respecté et valorisé le travail. Les acteurs que j’admire le plus sont de grands bosseurs. Nous avons en France des actrices magnifiques qui s’investissent corps et âme dans leur travail. Je pense par exemple à Léa Seydoux, qui me bouleverse et dont j’attends chaque film avec impatience ; aux États-Unis, Jennifer Lawrence est tellement inspirante, elle peut tout jouer. Sans travail, un acteur ne peut pas donner toute sa dimension à un personnage. C’est mon éducation qui m’a donné le goût du travail : mes parents étaient acteurs de théâtre. Mon père m’a toujours dit : « Le don ne suffit pas. Si on ne travaille pas, le jeu s’épuise… »

Comment choisissez-vous vos films ?
Je vais là où j’ai l’impression d’avoir ma place. Il n’y a aucun plan, aucune ligne tracée : je resterai toujours dans un ébahissement face à ce chemin d’actrice qui m’a été offert. Cependant, je n’accepte pas un film si le réalisateur est là parce qu’il en faut un. J’ai besoin d’une vraie relation avec un metteur en scène. Si c’est pour me débrouiller toute seule, avec personne aux commandes, cela ne m’intéresse pas. C’est la raison pour laquelle j’ai refusé quelques blockbusters américains. Les deux seules grosses machines auxquelles j’ai participé sont Inception et Batman, mais Christopher Nolan est un auteur qui n’a rien d’interchangeable. Et puis, il y a des films que j’ai refusés parce que la vie l’emportait et qu’elle sera toujours plus forte que les films… Longtemps j’ai cru que le cinéma était plus intéressant et plus important que ma vie, mais c’est faux, même si ma vie sans les films aurait moins de saveur.

Actrice oscarisée, chanteuse par intermittence, égérie Dior… et militante écologique engagée. Comment passe-t-on d’une conscience à un acte militant ?
J’ai rencontré les gens de Greenpeace et nous parlions la même langue. Puis je me suis passionnée pour Pierre Rabhi, Théodore Monod, Albert Jacquard, Jean-Marie Pelt, Wangari Maathai ou Hubert Reeves : leurs livres m’ont nourrie et éduquée. J’ai acquis un bagage de connaissances que je souhaite partager. Mais je ne suis pas aussi militante que j’aimerais l’être, je n’ai rien à voir avec les gens qui ont voué leur vie à la cause. Ce qui est sûr, c’est que je suis une vraie militante dans ma vie de tous les jours, une très bonne élève, et si j’ai parfois l’impression de négliger le navire, j’y reviens toujours. J’aimerais prendre plus de temps pour aller sur le terrain. Je me suis rendue au Congo avec Greenpeace, et un voyage au pôle Nord est prévu. J’aimerais aussi aller rapidement dans la forêt amazonienne avec Tristan Lecomte.

Que pensez-vous de la mode people du green ?
Tout le monde a récupéré le mouvement, et certaines célébrités se sont parfois exprimées sans rien connaître au sujet, s’en sont servies pour l’abandonner peu après. Les convictions de façade et les donneurs de leçons ne servent à rien. Mais il y a beaucoup de gens sincères qui accomplissent des choses formidables : ce que fait The Honest Company, par exemple, est vraiment bien.

Êtes-vous optimiste ?
J’ai envie de l’être, mais je suis consternée par la lenteur ambiante : on ne prend aucune mesure radicale alors que tant de choses sont en péril. On pourrait sans doute inverser la vapeur, mais la dictature de la rentabilité fait que personne ne fait rien pour que la population intègre l’urgence des décisions à prendre. On vit dans une société d’intérêts qui ne voit pas d’intérêt dans la préservation. Je pense à nos enfants : ce sont eux qui vont subir. J’ai peur qu’un jour ils n’aient à nous faire des reproches : « Pourquoi n’avoir rien fait quand il était temps ? »

La France est-elle à la traîne ?
Nous sommes très en retard. L’écologie est un sujet politique… puis cela ne l’est plus ! Cela varie suivant les opportunismes de chacun. La politique n’insuffle aucun élan et ne délivre aucun message clair. Des promesses sont faites, puis on n’en entend plus jamais parler. Il y a une sclérose. J’espère qu’un réveil citoyen se produira, car je crains qu’il ne faille rien attendre des politiques. Ou alors il faudrait peut-être qu’ils comprennent que l’écologie, cela peut aussi rapporter, c’est juste une autre façon de consommer. Pierre Rabhi ou Hubert Reeves parlent remarquablement de tout cela : il faut les écouter. Je comprends que les Français aient d’autres préoccupations, mais il est urgent de parler, de mettre en garde, d’alerter, et surtout d’éduquer. La perte de grandes richesses naturelles, l’uniformisation des goûts est terrible. S’éloigner de la Nature, c’est s’éloigner de nous et c’est vraiment dommageable…

Mes 6 écocommandements

S’éduquer. Et se tenir informé des avancées ou des hérésies en matière d’environnement. L’ignorance est impardonnable dans nos sociétés civilisées : l’information est un devoir.
Recycler. En France, rien n’est fait pour qu’on recycle convenablement. D’une ville à l’autre, c’est très flou. C’est même parfois le foutoir.
Ne pas gaspiller l’eau. Je ne prends jamais de bain.
Choisir une voiture moins polluante. Beaucoup de marques commencent à faire des efforts. Je conduis une Infiniti hybride.
Manger local et de saison. Je suis évidemment locavore, même si je consomme du quinoa qui vient du Pérou. Plus on se sert chez de petits producteurs, mieux c’est, même si les marchés bio sont parfois plus chers.
Pour le ménage, je suis irréprochable. Jamais de lingettes. Je peux tout faire avec du vinaigre blanc.

25
Jun 2013
Gallery Updates, Movies, TV  •  By  •  0 Comments

I finally started keeping my promise to add missing older stuff to the site. For now I replaced all the movie & television stills where I had untagged HQ versions. Also I added the odd additional still, some artwork posters and on set pictures. Enjoy!

Gallery Updates
001 L’Histoire du garçon qui voulait qu’on l’embrasse – 1994 > Stills
001 La Belle Verte – 1996 > Stills
003 Taxi 2 – 2000 > Stills
002 Taxi 2 – 2000 > Artwork
002 Lisa – 2001 > Stills
003 Les Jolies choses (Pretty Things) – 2001 > On Set
001 Les Jolies choses (Pretty Things) – 2001 > Artwork
005 Jeux d’enfants (Love Me If You Dare) – 2003 > Stills
002 Innocence – 2004 > Stills
005 Cavalcade – 2005 > Stills
003 Edy – 2005 > Stills
008 Ma vie en l’air (Love is in the Air) – 2005 > Stills
004 Mary – 2005 > Stills
005 Mary – 2005 > Artwork
002 Sauf le respect que je vous dois (Burnt Out) – 2005 > Stills
004 La Boîte noire (The Black Box) – 2005 > Stills
003 La Boîte noire (The Black Box) – 2005 > Artwork
005 Toi et moi (You and Me) – 2006 > Stills
001 Toi et moi (You and Me) – 2006 > Artwork
010 Dikkenek – 2006 > Stills
001 Dikkenek – 2006 > Artwork
020 Fair Play – 2006 > Stills
007 A Good Year – 2006 > Stills
029 La Môme (La Vie en Rose) – 2007 > Stills
007 Public Enemies – 2009 > Stills
002 Nine – 2009 > Stills
325 The Immigrant – 2013 > On Set
001 Television > Chloé – 1996 > Artwork
006 Television > Une femme piégée (A Woman in Trouble) – 2001 > Stills
007 Television > Une femme piégée (A Woman in Trouble) – 2001 > On Set

6
Jun 2013
Movies, News & Rumours  •  By  •  0 Comments

James Franco, Rachel McAdams, Jeff Bridges Among Voice Stars for ‘Little Prince’

James Franco, Rachel McAdams, Jeff Bridges, Marion Cotillard, Benicio Del Toro and Paul Giamatti are on board to voice characters in a big-screen take on The Little Prince, the classic French novella by Antoine de Saint-Exupery.

The adaptation is shaping up to have a stacked voice cast, including three recent Oscar winners in Bridges, Cotillard and Del Toro.

Mark Osborne, who directed Kung Fu Panda, is helming the project, which is being produced by Onyx Films’ Aton Soumache — who produced the stylish 2006 animated film Renaissance — and Dimitri Rassam.

The story centers on a pilot who crash-lands in the Sahara desert and comes across a little boy who says he is a prince fallen to Earth from his home on an asteroid. As the pilot repairs his plane, the little prince regales him with stories about his home and the foolish inhabitants of nearby asteroids.

Bridges will voice the pilot. It was not revealed which roles the other actors were taking on.

The book, published Le Petit Prince in 1943 and translated from French into dozens of languages, proved to be a hit due to its philosophical nature, appealing to both adults and children.

– The Hollywood Reporter

1
Jun 2013
Gallery Updates, Movies, Press Updates  •  By  •  2 Comments

   

The Cannes Film Festival is now over and Marion’s last appearance took place on Friday, May 24 as she stepped out to promote James Gray’s The Immigrant. Marion attended both the photocall and the premiere of the movie alongside James Gray and co-star Jeremy Renner. She wore white to both events, an Alexander McQueen short dress for the photocall and press conference and a Dior evening gown for the premiere.

You can watch the press conference on the Official Festival site with English voice over. Hundreds of photos have been added to the gallery from the entire promotion at Cannes.

Two interviews from Cannes have also been added as well as screen captures for Marion’s interview on The Immigrant aired in May 24 on France 2 as well as a new photoshoot taken at the Festival by Fabrice Dall’Anese.

Although the reviews for The Immigrant have been mixed, Marion’s performance has been praised in all of them.

Gray clearly sees something in Cotillard that no other helmer — not even her husband, Guillaume Canet — has brought out in her before. Recognizing the deep, haunted quality of Cotillard’s gaze, he features her eyes as the soul of his story, counting on their mournful quality to play to the back of the house, even as he resists unnecessary closeups in favor of broad-canvas widescreen as much as possible.
Peter Debruge – Variety

Cotillard herself is incapable of giving a bad performance and she certainly carries the movie’s opening act
Peter Bradshaw – The Guardian

the intimately focused work is anchored by another superior performance by Marion Cotillard
Todd McCarthy – The Hollywood Reporter

Gallery:
197 Events in 2013 > ‘The Immigrant’ Photocall – 66th Annual Cannes Film Festival, May 24, 2013
061 Events in 2013 > ‘The Immigrant’ Press Conference – 66th Annual Cannes Film Festival, May 24, 2013
483 Events in 2013 > ‘The Immigrant’ Premiere – 66th Annual Cannes Film Festival, May 24, 2013
016 Events in 2013 > ‘The Immigrant’ After Party – 66th Annual Cannes Film Festival, May 24, 2013
001 Sessions from 2013 > Cannes Film Festival
002 Events in 2013 > Dior Cruise Collection, May 18, 2013
002 Scans from 2013 > Le Soir, May 24, 2013
105 TV Appearances > News Segments > JT20H, May 24, 2013
159 TV Appearances > News Segments > JT13H, July 10, 2010
001 Events in 2013 > EE British Academy Film Awards 2013 Nominees Party, February 9, 2013

Video:
001 News Segments > JT20H
001 News Segments > JT13H
001 Talk Shows > Rencontres de Cinéma

Press:
001 French Press > Marion Cotillard règne sur la Croisette

24
May 2013
French Press  •  By  •  0 Comments

Ce soir, elle monte les marches pour « The Immigrant », de James Gray. Et elle est très excitée de retrouver les frères à Seraing pour « Deux jours, une nuit ».

Entretien de notre envoyée spéciale à Cannes

Marion Cotillard, reine de la Croisette. Pour sa beauté et deux films en sélection officielle. Dans Blood Ties, film US de son compagnon Guillaume Canet, elle est italienne et fait la pute par fatalité. Dans The Immigrant, de James Gray, elle est polonaise et se prostitue pour survivre. Son côté glam, elle le réserve pour le tapis rouge. A l’écran, elle aime malmener son image. C’est sans doute pour cela que les frères Dardenne lui ont demandé de jouer Sandra, jeune femme virée de son boulot et qui va se battre pour le conserver, héroïne de leur nouveau film, Deux jours, une nuit ? Avant de débarquer à Seraing fin mai, la star française sera à nouveau l’objet de désir de tous les photographes du tapis rouge ce soir aux côtés de James Gray. Depuis La môme, qui lui valut un Oscar et lui ouvre les portes de Hollywood, elle a tourné avec Michael Mann, Christopher Nolan, Woody Allen, Soderbergh et Rob Marshall…

Vous êtes prête à tourner avec les frères Dardenne ?
Je suis très excitée. J’adore votre pays. J’y ai mon acteur préféré (Matthias Schoenaerts), mes réalisateurs préférés (les Dardenne) et mon premier amour… Avec les frères, ce sera la première fois que je tourne un film dans l’ordre chronologique. Je commence le 30 mai. Un mois de répétition, deux mois de tournage.

Qu’aimez-vous dans leur ciné ?
La manière si vraie dont ils traitent des émotions des gens, dont ils filment leurs personnages, dont ils prennent le temps d’exprimer les sentiments d’un personnage.

Comment vous ont-ils approchée ?
Je les ai rencontrés une première fois alors qu’ils coproduisaient De rouille et d’os. J’étais fort impressionnée. C’est là qu’ils m’ont demandé de participer à leur nouveau projet qui sera pour moi, je crois, une expérience unique. On répétera un mois entier avant le tournage, ce que je n’ai jamais fait auparavant. Ce sera nouveau pour moi.

On a l’impression que votre vie est un rêve…
Non, ma vie est très réelle, vous savez !

Connaissez-vous une face sombre à ce métier ?
Il y a toujours une face noire aux rêves. Ce serait…

Quand une critique vous démolit ?
Oh non ! car je reste en dehors de tout ça. Des gens me parlent parfois de ce qu’on dit sur internet, mais j’évite. Ça peut constituer un piège. Je n’ai pas besoin de savoir, et même je m’en fiche. Parfois on fait de bonnes choses, parfois de moins bonnes et les gens ont souvent tendance à sauter sur le plus mauvais. De toute façon, c’est moi mon meilleur juge. Personne n’est plus dur envers moi que moi. Si je devais écrire sur moi-même, là, ça serait une démolition en règle. Non, la face sombre est plutôt dans la vie, je ne comprends pas pourquoi l’homme met tant de temps à changer les choses. Mais dans mon métier, je ne peux pas me plaindre. Et je ne regrette jamais de ne pas avoir pu faire tel ou tel film.

Vous présentez deux films américains à Cannes. Or, dans l’un, vous parlez avec l’accent italien, dans l’autre, c’est l’accent polonais. Vous aimez ce genre de défi ?
C’est mon plus grand défi dans les films américains. De pouvoir m’imprégner de l’accent italien, polonais et, bien sûr, américain. Plus encore que l’accent, c’est la langue. Je me suis essayé à l’italien, ça a été une catastrophe. J’ai tenté pour Nine, de Rob Marshall, mais ça ne passait pas. Faire croire que je parle italien, ça, c’est vraiment l’angoisse. Alors, quand en conférence de presse, un journaliste italien m’a complimenté pour ça, j’ai failli lui sauter au cou, vous pensez ! J’ai déjà peur de ce que des Polonais vont dire de ma prestation dans le James Gray.

Entre les rêves d’enfance et la carrière que vous menez maintenant, y a-t-il un pont ?
Non, rien de comparable. Mes rêves étaient petits comparés à la vie de folie que je mène maintenant. Quand je pense à la petite fille que j’étais, jamais elle n’aurait rêvé pouvoir accéder à ce cinéma qu’elle adorait. En plus, je ne parlais pas anglais. C’est au-delà de mes rêves les plus fous.

Vous avez connu le succès dès « Taxi », en 1998. On n’imagine pas que vous ayez attendu devant le téléphone ?
Bien sûr que j’ai attendu ! Mais si je devais refaire la même chose, je le referais. J’ai énormément appris dans ces moments d’attente, de désespoir et de douleur. J’ai répondu à ces moments en travaillant plus, et plus encore. Je sais que quand j’ai commencé à recevoir des propositions inespérées, cela faisait partie de ce travail accompli. Ça prend parfois du temps pour accepter le fait qu’on a droit à sa place dans ce métier, qu’il n’est pas présomptueux de demander aux gens de venir vous voir, parce que vous avez cette folle envie de raconter des histoires et le besoin de communiquer vos émotions.

Vous souvenez-vous qu’un peu avant l’époque de « La môme », vous vous disiez prête à tout arrêter ?
Oui. Pas prête à balancer mes rêves, ça non, mais je me souviens que je vivais une réalité bien plus pauvre que mes rêves. Et je ne voulais pas foutre en l’air ma passion à cause de frustrations. Je voulais garder mes rêves intacts et pour y arriver, peut-être devais-je expérimenter autre chose. C’était une période où j’étais assez frustrée. Je voulais arrêter le cinéma, un temps. Je ne voulais plus que la tristesse m’envahisse. Je voulais travailler pour Greenpeace. J’ai toujours été impliquée dans des projets environnementaux. J’avais l’impression que mon énergie pouvait leur servir. Puis mon agent m’a dit de rencontrer Tim Burton avant de prendre ma décision. Il a bien fait !

Vous êtes aussi devenu maman…
Ça a tout changé. C’est une révolution. Sans ça, j’aurais joué Monica, le personnage dans Blood Ties différemment. Maintenant, je peux donner ma vie pour quelqu’un, pour mon fils, sans aucune hésitation. Dans le film de James Gray, je joue une immigrante qui se prostitue pour survivre. Des journalistes m’ont demandé ce que je pensais de la prostitution. Je n’ai pas de jugement. Mais je sais qu’en tant que mère, je serais capable de tout pour mon fils.