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26
Nov 2013
French Press  •  By  •  0 Comments

Rien d’apprêté chez Marion Cotillard, rien qui ressemble à cette créature sophistiquée qui fait la “une” des magazines féminins ou qui sert d’égérie à des marques de luxe. L’actrice, le seul personnage qui compte pour elle en réalité, est là pour dire sa vérité. Sans fard. Même si, de son propre aveu, elle n’aime pas les interviews : “99 % de ce que je dis ne figure jamais dans les papiers. Les journalistes déforment presque systématiquement mes paroles. Au début, ça me mettait dans des rages folles. Maintenant, je ne réagis plus quand on m’attribue des propos aberrants. Je n’ai plus envie de me justifier.”

Quelques “propos de comptoir” tenus il y a quelques années, un soir à la télévision, sur la réalité des attentats du 11-Septembre ou encore sur la conquête de la Lune n’ont sans doute rien arrangé : “Parler de sujets aussi graves, c’était complètement naïf de ma part. Je ne suis pas une fille suprêmement intelligente, mais je ne suis pas complètement débile non plus. J’ai une grande part de responsabilité dans cette histoire, c’est vrai. Mais ce qu’on en a fait par la suite est ridicule.” Et d’ajouter : “Il n’y a plus beaucoup de journalistes. En revanche, les faiseurs de buzz, eux, pullulent.”

Après quelque quarante longs-métrages, Marion Cotillard a appris à maîtriser son langage, à déjouer les pièges de la “promo”. Son Oscar pour son interprétation dans La Môme (2008) et sa filmographie – Burton, Dahan, Mann, Nolan, Allen, Soderberg, Audiard, Gray… – parlent pour elle.

Dans le somptueux film de James Gray, The Immigrant, elle interprète le rôle d’Ewa Cybulski, une infirmière originaire de Silésie, qui débarque à Ellis Island avec sa petite sœur. “C’est une femme forte qui cherche à échapper à l’horreur, à sauver sa vie et celle de sa sœur. Il n’y a aucune utopie chez elle, juste un immense espoir de s’en sortir même si cela n’aboutit pas au bonheur.” Jamais, sans doute, l’actrice n’a été à ce point bouleversante, ni son jeu aussi maîtrisé. Elle se souvient du moment où James Gray, un de ses amis, lui a fait lire le scénario. “Il y avait des choses que j’aimais beaucoup et d’autres que je lui ai demandé de retravailler. Une en particulier qui concernait Magda, la sœur d’Ewa. Pendant une grande partie du scénario, il n’en était pas question. ça manquait. Il fallait que, d’une certaine façon, l’absente soit présente.”

“ASOCIALE”

Magnifiquement dirigés par James Gray et filmés par le grand directeur de la photographie Darius Khondji, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner et elle parviennent à donner une authentique vie intérieure à leurs personnages. S’exprimant dans un polonais apparemment impeccable, Marion Cotillard est crédible dans ce rôle de femme très pieuse contrainte de se prostituer. James Gray ne tarit pas d’éloges sur son actrice, expliquant même avoir écrit le film pour elle, pour son visage si incroyable qu’il rappelle celui de Renée Falconetti dans La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer. “Marion est si expressive, dit-il, qu’elle pourrait être une actrice du muet.” En observant Marion Cotillard, on comprend effectivement que quelques-uns des plus grands réalisateurs de la planète aient souhaité filmer cette lueur d’innocence dans ses yeux, qui semble exclure tout calcul de sa part.

Il y a dix ans, peu après le tournage de Big Fish de Tim Burton, elle confiait : “Le jeu amoureux m’est insupportable. La séduction me met mal à l’aise.” Aujourd’hui Marion Cotillard s’en amuse : “Cette phrase, je l’ai prononcée, c’est vrai, mais il y a longtemps. Pour l’instant, je n’ai jamais joué une grande séductrice. Mais l’idée me plaît ! J’aime explorer au cinéma tout ce que je ne suis pas. Je suis prête à tout expérimenter du moment que le rôle me convient.” Elle poursuit, sur un territoire plus personnel : “Je n’ai jamais été très forte dans la séduction. Et en même temps, ne pas être dans la séduction, c’est peut-être une forme de séduction en soi. Ma manière à moi de séduire.”

Parler d’elle, de choses intimes, est visiblement un exercice compliqué : “Quand j’étais ado, j’étais, comment dire ? Un peu asociale. Je ne comprenais pas les codes de communication entre les êtres. Alors, pour échapper à ces questionnements tellement étouffants, j’ai cherché des échappatoires.” La peinture de Modigliani par exemple. “Sa peinture, mais aussi sa vie. J’ai même imaginé être la réincarnation de Jeanne Hébuterne [peintre elle aussi, elle fut la compagne de Modigliani] ! J’allais sur leur tombe, au Père-Lachaise, je savais tout sur eux. J’adorais cette époque de grande créativité, entre Montparnasse et Montmartre. J’étais fascinée par tous ces artistes.” Elle rit, comme si elle se moquait gentiment d’elle-même. N’est-ce pas Modigliani qui disait : “Le bonheur est un ange au visage grave” ?

26
Nov 2013
French Press  •  By  •  0 Comments

On nous prévient : « Ah ! Marion ! Muette comme une carpe. Elle ne dit rien. » Comme les autres poissons ne sont pas plus loquaces, on se demande pourquoi reprocher toujours aux seules carpes de tenir le silence. Et puisque le proverbe nous informe qu’il est d’or, pourquoi ne pas dire directement que Marion Cotillard est une fille en or ? De fait, c’est une Marion Cotillard très détendue et chaleureuse, dont la grâce tient plutôt du félin que de la gent aquatique, que l’on rencontre dans la suite d’un grand hôtel, aux alentours de la place Vendôme. Cheveux courts, yeux bleus, teint parfait, stilettos, jean, un rayon de soleil dans le verre d’eau, une cigarette, et la conversation commence. A quelques semaines d’intervalle, dans « The Immigrant », de James Gray, et « Blood Ties », de Guillaume Canet, Marion Cotillard incarnera deux fois au cinéma un rôle d’étrangère contrainte à la prostitution sur le sol américain. Entre Ewa, la Polonaise réfractaire qui veut sauver sa sœur, du film de James Gray, et Monica, belle, glamour et camée, d’origine italienne, du film de Guillaume Canet, pas grand-chose en commun, et surtout pas l’époque. Il n’empêche : à l’heure des drames aux abords de Lampedusa, ces personnages de migrantes aux horizons sans cesse contrariés font réfléchir.

ELLE. Deux migrantes, deux prostituées : pourquoi ?
Marion Cotillard.
Ni pour Ewa ni pour Monica il ne s’agit d’un choix. Personne ne s’arrache de son pays dans l’objectif d’aller vendre son corps ailleurs. Dans « Blood Ties », le film attrape Monica alors qu’elle vit depuis longtemps aux Etats-Unis, tout en ayant gardé des traces d’un passé : son accent italien, par exemple. Il y a forcément eu un moment où elle a dû affronter l’Amérique comme une terre étrangère, apprendre une nouvelle langue, rêver d’un métier qui la sorte de la misère. Elle sait que la lutte pour les siens sera perpétuelle. On est dans les années 70 et, pour elle, le rêve américain est déjà anéanti. Lui reste son corps. Et la drogue. Mais surtout ses enfants. Pour Ewa, c’est différent. Elle est pleine d’espoir. Le film la montre alors qu’elle franchit la barrière d’Ellis Island, cette île à côté de la statue de la Liberté où devait passer tout migrant pour être examiné, scruté, jaugé, photographié, mesuré, puis jugé apte, admis ou refoulé.

ELLE. Êtes-vous sensible à la situation des migrants aujourd’hui ?
Marion Cotillard.
Je me souviens d’un petit garçon qui avait été retrouvé congelé dans le train d’atterrissage d’un avion. Comment fonctionnent le monde et la répartition des richesses pour que des enfants, des hommes, des femmes prennent le risque de mourir pour partir de chez eux ? Quand j’étais petite, ma mère m’emmenait à des réunions d’Amnesty International : un petit bureau avec cinq personnes qui essayaient de sauver des vies. C’est marquant.

ELLE. Le rêve américain a-t-il agi sur vous ?
Marion Cotillard.
D’une certaine manière, oui. Et j’aime profondément leur langue. Trois ans avant « La Môme », j’étais venue exprès à New York, m’offrir un stage d’anglais chez Berlitz. Je ne suis pas devenue actrice dans le but d’une carrière américaine, mon rêve n’avait ni pays ni frontière, mais juste après avoir joué dans « Big Fish », de Tim Burton, j’avais eu envie de parler couramment cette langue, car mon mauvais anglais scolaire m’avait fait un peu souffrir sur le plateau. Puis les profs de Berlitz m’ont vue revenir, au moment de la course aux oscars, pour Piaf. Cette attirance pour l’anglais vient de loin. Depuis l’enfance, je suis nourrie à la culture américaine, comme toute ma génération, d’ailleurs. Leur musique, leur cinéma, leur littérature font partie de ma construction.

ELLE. « Blood Ties », le film de Guillaume Canet, est un hommage appuyé à ce cinéma américain des années 70.
Marion Cotillard.
Absolument. Aux Scorsese, aux films de Jerry Schatzberg ou Sam Peckinpah… Il y a dans le film de Guillaume une humanité et une manière de raconter le parcours intérieur de chaque personnage qui me touchent particulièrement.

ELLE. Votre personnage, Monica, se drogue. Mais c’est une droguée qui a de la tenue. On ne la voit pas se piquer ni déchoir.
Marion Cotillard.
Heureusement, car j’ai la phobie des seringues ! Je me suis forcée à revoir « Panique à Needle Park », ce film avec Al Pacino, sur deux junkies à New York, tellement réaliste qu’on se dit que, parmi les seconds rôles, il y avait bien deux, trois personnes qui se piquaient réellement. La fêlure qui amène à cette déchéance est pour moi très douloureuse à regarder. Je crois que, si Monica reste toujours droite, c’est grâce à ses enfants. Sans eux, elle serait déjà morte. Ses enfants comptent sur elle, et elle s’appuie sur eux pour avoir une raison de tenir. C’est un personnage profondément seul et meurtri, qui cache ses blessures comme elle peut. Elle n’arrive pas à se donner assez d’importance pour prendre soin d’elle-même. Et, en même temps, son besoin de s’en sortir est à la hauteur de son désespoir.

ELLE. Est-ce que vous n’avez pas le sentiment que, parfois, les enfants structurent par leur présence ce qui irait à vau-l’eau sans eux ?
Marion Cotillard.
Un bébé donne autant d’énergie qu’il en prend, il « crée » sa mère, et lui insuffle une force inouïe.

ELLE. Beaucoup d’acteurs, qui prennent soin d’eux et qui sont couvés, se laissent tenter par la drogue, l’alcool et tout ce qu’ils engendrent en manque et en vents mauvais. Est-ce que ce métier provoque une fragilité qui lui est spécifique ?
Marion Cotillard.
Un acteur est un animal fragile. Plus la faille est grande, plus on est vulnérable. N’importe quelle échappatoire peut paraître bonne. Après, il faut réussir à faire bonne figure dans cette nébuleuse d’émotions. On plonge dans des états qui rejaillissent, sans qu’on en ait la maîtrise, de manière insupportable. C’est indécent de parler de souffrance. Mais tout ce qu’on donne, tout ce qui nous échappe, peut nous revenir très violemment. Sans compter les à-côtés. A chaque fois que je lis des propos censés être les miens dans la presse, je suis déboussolée. Il arrive fréquemment, lors des conférences de presse, qu’on utilise nos propos en réponse à des questions qu’on ne nous a jamais posées ! C’est franchement malhonnête, et ça me met dans des colères noires. Même si j’ai appris à me blinder. Pour moi, qui suis spontanée et assez confiante, ma seule méthode est d’en dire le moins possible.

ELLE. Vos deux personnages ont un accent, l’un polonais, l’autre italien. N’est-ce pas étrange d’être une Française qui joue, à deux reprises, à avoir un accent dans une langue étrangère ?
Marion Cotillard.
Prendre un accent, c’est beaucoup plus qu’un travail technique. Ça implique une appropriation de la culture d’un pays, et un travail sur la différence entre les deux langues. Il y a une façon de positionner les mots dans la phrase qui affecte la pensée et que la manière de parler va révéler. La perception du monde passe à travers la langue. Je fais ce métier pour aller à la rencontre de ce que je ne connais pas. Donc, ce n’est pas étrange, mais particulièrement intéressant.

ELLE. Être filmée par votre amoureux ou par un grand cinéaste américain comme James Gray, est-ce différent ?
Marion Cotillard.
Avec James Gray, la relation d’amitié préexistait au film, et c’est la première fois que je travaillais avec un cinéaste auquel j’étais par ailleurs déjà liée d’amitié. Il est drôle, volubile, il y avait quelque chose de très simple, basé sur l’humour et la complicité, qui m’était agréable. Guillaume, c’est différent : il m’impressionne à chaque fois, sur un plateau, par l’énergie qu’il déploie afin que chaque acteur se sente à l’aise. Il aime profondément les gens, et ça me fascine de le regarder mettre en scène. Je ne pense pas qu’il m’ait traitée différemment. J’ai eu la chance de collaborer deux fois avec lui et je n’avais avant ça jamais approché de si près la fabrication d’un film depuis son origine.

ELLE. Il arrive que la complicité avec le cinéaste fasse défaut ?
Marion Cotillard.
J’ai pu travailler avec des réalisateurs qui m’intimidaient et ça a pu me bloquer. Avec Jacques Audiard, il y a eu une certaine frustration des deux côtés car je n’avais pas complètement terminé un film quand j’ai commencé le sien, et ma disponibilité entamée n’a pas facilité nos relations au départ. Mais l’aventure a fini par nous unir.

ELLE. Vous venez de tourner avec les frères Dardenne…
Marion Cotillard.
Le tournage a été tout ce dont j’ai toujours rêvé. Aucun mot n’est suffisant. Tout d’un coup, la question de savoir pourquoi on veut être actrice ne se pose plus. Car c’est pour ce type d’expérience unique qu’on choisit de l’être.

ELLE. Où vivez-vous ?
Marion Cotillard.
Jamais très loin de l’océan.

22
Nov 2013
General  •  By  •  0 Comments

As part of Variety‘s SAG Preview: Actors on Actors Feature Marion Cotillard said the above about Kate Winslet as Adele in ‘Labour Day

10
Nov 2013
Awards, Gallery Updates, Movies  •  By  •  0 Comments

As you have probably noticed we have been gradually adding photos of Marion’s latest public appearances. For the past two months, Marion has been traveling around to promote her two new films, Guillaume Canet’s ‘Blood Ties’ and James Gray’s ‘The Immigrant’. ‘Blood Ties’ is now out in France and Belgium. Promotion has included screenings at The Toronto Film Festival on September 9 and 10, attended by both Marion and Guillaume. Following that, Guillaume traveled along France during October and Marion attended a couple of the screenings in Bordeaux and Paris.

More recently, Marion has begun promotion for ‘The Immigrant’, which opens in France and Belgium on the 27 of November. She was in Lille for the first screening of what I figure will be a few ending with the premiere in Paris. She was accompanied by James Gray. Photos of all these events have been added.

Finally, and as we had reported before, Marion was honoured by Elle in Los Angeles on October 21. The event, Elle magazine’s “Women in Hollywood”, is an annual dinner that recognizes women for their impact on the film industry. Marion was honoured alongside Melissa McCarthy, Nancy Meyers, Reese Witherspoon, Naomie Harris, Eva Marie Saint, Shailene Woodley and Penelope Cruz.

During the show, Forest Whitaker, who worked with Marion in Mary, and also awarded her the Academy Award back in 2008, introduced Marion at the event.

When I first met her, I was in rapture. I am always astonished by the completeness in which she immerses herself in her roles.

During her speech, Marion spoke of her passion for her work and of why she loves to do what she does.

As far back as I can remember, I began questioning the world around me. Then I realized that by exploring different human beings and their stories, I felt the connection I was longing for. I know these women have also found answers in what they do, and share my passion for discovering the human soul.

Gallery:
078 – Blood Ties Premiere – Toronto Film Festival, September 9, 2013
123 – Blood Ties Press Conference – Toronto Film Festival, September 10, 2013
007 – Blood Ties screening in Bordeaux, October 1st, 2013
144 – Elle Magazine Women in Hollywood, October 21, 2013
010 – Blood Ties screening in Paris, October 30, 2013
006 – The Immigrant screening in Lille, November 5, 2013

7
Nov 2013
Gallery Updates, Movies, Video updates  •  By  •  0 Comments

Blood Ties‘ has been out in French theatres since October 30. To promote the movie’s release Marion Cotillard gave interviews to French radio station RTL and TV evening news JT20h on TF1.

Gallery:
127 TV Appearances etc > News Segments > JT20H (TF1) – 28/10/2013

Video:
001 News Segments > JT20h, TF1, October 28

Audio:
001 Audio Clips > Interviews, ‘Le Choix de Yves Calvi’ October 18
[audio:http://marion-cotillard.org/wp-content/uploads/2010/01/2013-10-18-RTL.mp3|titles=Le Choix de Yves Calvi on RTL (October 18, 2013)]