Marion Cotillard, corps et âme

Marion Cotillard, corps et âme

La star oscarisée, l’égérie Dior so chic, la Frenchie planétaire, est aussi un bourreau de travail qui marche à l’absolu, au don de soi et aux défis. Le dernier en date ? “Deux Jours, une nuit”, le film des frères Dardenne en compétition à Cannes. Sylvie Testud, sa partenaire dans “La Môme”, qui signe ce portrait, est une fan de la première heure. Récit.

En 2000, quand on m’a invitée à Taïwan, j’étais très fière. J’ai dit à qui voulait l’entendre : « J’ai un film qui va sortir en Asie ! » À l’autre bout du monde, quelqu’un s’intéressait à mon travail. Une actrice qui passe les frontières, ça ne court pas les rues. Non, là, c’est sûr, c’était la classe. J’ai commencé une carrière en Allemagne, je tourne maintenant régulièrement en France, et voilà qu’à quelques encablures de la Chine on sait comment je m’appelle. Sans attraper la grosse tête, il fallait quand même souligner la tournure exceptionnelle que prenait ma vie, ma carrière. Après dix-sept heures d’avion, je suis descendue de la carlingue épuisée, prête à me glisser sous les draps d’un hôtel de luxe en plein cœur de Taipei.

« Bonjour, je serai votre guide, votre interprète pour ces cinq jours que vous passerez ici. » La jeune fille qui est venue m’accueillir m’a tendu trois pages pleines d’écritures : planning presse.

« Je vais vous conduire à l’hôtel, vous disposez de trois quarts d’heure pour vous rafraîchir, et nous avons rendez-vous pour la première émission de télévision. »

Quoi ? Mais elle est folle celle-là ! Ignorait-elle d’où je débarquais ? Je vais me coucher ! J’ai failli lui hurler au visage, malgré son amabilité, son sourire ravi.

« On adore recevoir des Français. Ils travaillent bien, ils défendent leurs films avec passion. Les Françaises sont tellement souriantes, tellement élégantes. Nous venons juste de recevoir “Marionne Cotilliarde” pour “Taxi 2”. Elle est belle ! » Ses yeux s’illuminaient en repensant à Marionne. Elle avait enchanté tout le pays. « Elle est si gentille, jamais fatiguée. » Je suis montée dans la voiture qui me conduira toute la journée. Je n’ai rien dit.

« Mairyon ! Mairyon ! » Treize ans plus tard, Marion Cotillard, dans sa sublime robe Dior, sur le red carpet du Festival international du film de Marrakech, se retourne. Elle sourit à celui qui la rejoint, alors qu’elle va bientôt se présenter devant les photographes qui l’attendent. Le monsieur qui l’appelait vient lui prendre le bras, c’est Martin Scorsese.

Elle salue rapidement Mads Mikkelsen, Noomi Rapace, et toute la délégation suédoise invitée pour l’occasion. Depuis l’Asie, « Marionne Cotilliarde », « Maryon Cothyâârd » ou (en français) Marion Cotillard a conquis plus d’un pays. Pas besoin d’annoncer ce qu’elle va tourner, c’est écrit dans les journaux du monde entier. Dans toutes les langues, dans tous les pays où se trouve un cinéma. Sans prendre la grosse tête, elle a de quoi s’enorgueillir de la tournure exceptionnelle que prend sa vie, sa carrière.

Les photographes hurlent son prénom plus fort que n’importe quel autre. Devant tout ce tumulte, difficile d’approcher. Je suis là, mais franchement, je n’ose pas trop ramener ma fraise. Je ne le connais pas, moi, Martin Scorsese. Je ne connais pas d’acteur suédois. Et puis tout le monde crie. Ça fout les jetons. Mairyon-Marion, elle, semble détendue.

Elle avancera dans quelques instants. Pas avant d’avoir salué la petite blonde qu’elle n’a pas vue depuis des lustres, mais à laquelle elle offre un immense sourire quand elle l’aperçoit un peu plus loin sur le tapis. Bon, ben, finalement, j’avance… « Salut, Sylvie. Martin, je te présente Sylvie Testud. Sylvie, je te présente Martin Scorsese. » Oh purée ! Faut pas me faire ça sans m’avoir prévenue ! J’ai les genoux qui se cognent quand il me tend la main.

Les photographes piaffent : « Let’s go, Mairyon ? » Elle n’a pas besoin de prendre la pose, elle brille. Avec sa peau claire, ses yeux bleu azur et ses cheveux sombres, elle est en passe d’être plus connue que Blanche-Neige. Est-ce qu’elle l’a joué, ce rôle ? Non ? Ben, faudrait que quelqu’un y pense. C’est sûr, ça ferait un malheur sur toute la planète.

Incontestablement, Marion Cotillard est devenue une star. Je pense à tous les films qu’elle a tournés en moins de dix ans, toutes ces récompenses, photos, couvertures de magazines, quand on m’appelle, six mois plus tard : « Marion sera bientôt à l’affiche de “Deux jours, une nuit”. Tu veux bien écrire quelque chose ? Elle est d’accord pour que ce soit toi. » J’aime beaucoup Marion, je vais faire de mon mieux, j’accepte. Une star. C’est bizarre quand on est actrice de penser qu’une autre actrice est une star. C’est pourtant ce qui me vient à l’esprit. Marion domine. Tout. Les lieux, les situations, les rôles, les metteurs en scène, la presse ! Peut-elle encore s’effacer au profit de son personnage ?

Je sors bouleversée de la projection du dernier film des frères Dardenne, « Deux jours, une nuit », sélectionné pour le prochain Festival de Cannes, où les deux Belges ont déjà récolté deux Palmes d’or. Une fois de plus, ils ne donnent pas dans la démonstration. Pas de frime. Une histoire simple mais poignante. Marion m’a embarquée, m’a émue, dans son rôle de jeune femme en situation précaire. Même si elle est une star, Marion est une actrice qui m’a fait croire à ses angoisses, à son impuissance malgré le courage face au monde impitoyable du marché de l’économie, de l’emploi, des licenciements.

Je sonne à la porte de son appartement à Paris. Je pensais qu’elle habitait Hollywood… Elle porte un sweat « SOS Fantômes », un jean et des ballerines. Ça alors ! Je m’attendais à une tenue plus, plus… Dior quoi.

La discussion commence. Marion s’assoit exactement comme elle s’asseyait lorsque nous tournions « la Môme ». Elle me parle exactement comme elle me parlait lorsqu’elle était Piaf, moi Momone, son amie, et que nous attendions dans la loge. Elle venait de passer cinq heures au maquillage, mais ne montrait aucune lassitude. Que faisait Édith Piaf pour se détendre ? Elle tricotait. Marion aussi. Pensera qui voudra, ce qu’il voudra, en la voyant penchée sur son écharpe, Marion vivait avec son personnage, comme son personnage, pour son personnage. Elle avait déjà été choisie par Tim Burton, Abel Ferrara, Ridley Scott, pourtant, c’était Piaf, sa vie. Avant n’avait pas d’importance, après non plus. Elle bossait quinze heures par jour. Tous les jours.

« J’ai peur que personne n’y croie », a-t-elle lâché un jour en se rendant sur le plateau. Pleine de doutes, elle est pourtant partie comme un bon soldat. Quatre mois à un rythme de dingue, à s’arracher les tripes. Elle riait, pleurait, hurlait sa douleur d’avoir perdu Marcel.

Lorsqu’elle a été nommée aux oscars, on était tous hallucinés. Au beau milieu de la nuit, nous avons appris qu’elle devenait la seule actrice française récompensée pour un rôle en français. Marion entrait dans l’histoire. Un conte de fées, c’est bien ça. Les récompenses pleuvaient. Marion dépassait absolument tout ce à quoi peut s’attendre une actrice. Combien de temps allait durer cette gloire ? N’a-t-on jamais couvert de lauriers un acteur, une actrice pour un rôle marquant et puis, finalement, le rôle si bien porté devient un fardeau…

Je relève les yeux sur Marion. Les plus grands metteurs en scène américains se la sont arrachée directement. Michael Mann, Rob Marshall, Christopher Nolan, Woody Allen, Steven Soderbergh, James Gray… Rien qu’en écrivant ces noms, ça me donne le vertige. Les plus grands metteurs en scène français, Jacques Audiard, Guillaume Canet, et maintenant les Belges surdoués, les frères Dardenne. Marion n’est plus Édith Piaf. Elle a su rester Marion. Elle a su investir d’autres rôles, tout aussi forts. Stéphanie dans De Rouille et d’os m’a personnellement beaucoup touchée.

« Tu n’as pas peur quand ces réalisateurs t’appellent ? » Je m’imagine avalant la totalité de mes ongles, si James Gray demandait à me rencontrer. Je m’imagine tombant à la renverse de croiser Leonardo DiCaprio, Joaquin Phoenix dans les loges.

« Je suis terrorisée, répond-elle. J’ai peur de les décevoir, alors je bosse. Comme une dingue. » Elle hausse les épaules, sourit. Et moi aussi. S’il faut un minimum de chance pour démarrer, il faut savoir la saisir, la transformer. On la verra bientôt dans « Macbeth », de Justin Kurzel, pour lequel elle a dû bien bosser. C’est dans la langue de Shakespeare, en élisabéthain, qu’elle s’exprimera ! Je sais de quoi je parle : au Conservatoire, je n’ai joué que quelques scènes en français et c’était déjà pas si facile. Si la chance ne s’était pas présentée à Marion, elle aurait su la contraindre. Je pars certaine qu’il n’y a pas de hasard dans sa vie. Je salue son petit garçon, sûre qu’il ne jette jamais sa canette de Coca par la fenêtre de la voiture. Sa maman, fervente supportrice de Greenpeace, trouve aussi le temps de militer pour notre planète. La seule cage dans laquelle elle ait jamais voulu entrer est celle, symbolique, destinée à apporter un soutien aux militants détenus en Russie.

Et Dior ? Avez-vous vu « Lady Blue » ? Après « Lady Noire », et « Lady Rouge », c’est David Lynch qui a réalisé cette campagne de pub, qui ressemble plus à un film qu’à un spot publicitaire. Parce que, là encore, si Marion a accepté d’être l’égérie de la marque de luxe, elle n’en reste pas moins à l’initiative des différentes œuvres artistiques – j’écris bien artistiques – qui en découlent. Ce ne sont pas des vêtements qu’elle porte, pas un sac qu’elle vend, c’est l’âme de la maison, de ses créations, qui l’inspire. Alors Marillionne-Mairyon-Marion est-elle une star, une actrice, une mère de famille, une citoyenne du monde, une femme amoureuse, une bâtisseuse, une artiste ? Peut-être pouvons-nous admettre qu’elle est tout à la fois.

‘Deux jours, une nuit’ – Clip 1

‘Deux jours, une nuit’ – Clip 1

Marion Cotillard on 3 Covers (!)

Marion Cotillard on 3 Covers (!)

Kindly do not redistribute the magazine scans at another Marion Cotillard fan site as they were scanned exclusively for ‘Magnifique Marion Cotillard’. Thank you.

Can you imagine? Marion Cotillard is on the cover of 3 magazines out in France today! Sofia was a very busy bee today and went out, bought all three of them and made scans for us. This left her no time to update which is why I’m posting about all she’s updated the site with today.

She covers this week’s issue of Elle. Ahead of the premiere of ‘Deux jours, une nuit‘ (Two Days, One Night) at Cannes and in French theatres later this month she talks about how she got into the role of Sandra, a depressed worker in a factory trying to save her job. The Dardenne brothers wanted her to lose her French accent so she practiced to speak slowlier and with a musicality of sorts. A light Belgian accent. She developed a special way Sandra was moving, breathing, walking. Herself not suffering from depression she studied the effect medication has on people who do and incorporated that into her character. She imagined Sandra would be watching a lot of TV, so she did too even though she usually doesn’t. She loves the collaboration with Dior because it allows her to work with some very talented filmmakers such as David Lynch and her idol John Cameron Mitchell. While growing up, she had a very healthy relationship with her parents, so she shields her son from the negative character traits she might bring home from set (this one, as well as Macbeth).

Then there’s this week’s Grazia which shows us Marion Cotillard’s Rock’n’Roll side. The great pictures were taken once again by Eliott Bliss. The interview was conducted on set of ‘Deux jours, une nuit‘ (Two Days, One Night) and is very fun and light. They ask her about the difference between the US and France.

Then there’s the June issue of Marie Claire. The pictures were taken by Dancian and show us Marion Cotillard’s funky side. I really love it, it’s something new. She talks about ‘Deux jours, une nuit‘ (Two Days, One Night), that it was the best experience of making a film ever (but this is nothing against other directors she’s worked with) and that Sandra may be better at facing confrontation than her. She wouldn’t get politically active, she believes that (unremarked) actions in everyday life by citizens are the only thing to maybe bring about change. If she hadn’t become an actress she would probably be working with children. He favourite place is Gironde in Cap Ferret. She loves her friends and that they’re there for her when she comes back from filming as she has only time for her family when she’s on set. As she’d just gotten back from London and filming ‘Macbeth‘ when this interview was conducted she was looking forward to sleeping.

Thanks again to Sofia for all the hard work involved with scanning these magazines.

Gallery:
007 Scans from 2014 > Elle (France) – May 9
008 Scans from 2014 > Grazia (France) – May 9
008 Scans from 2014 > Marie Claire (France) – June

Marion Cotillard attends ‘The Immigrant’ Premiere in NYC

Marion Cotillard attends ‘The Immigrant’ Premiere in NYC

After doing the press junket round last weekend to promote ‘The Immigrant‘ there was a screening of the movie at the Paley Center for Media in New York yesterday, sponsored by Dior, Cinema Society, Vanity Fair and Moët & Chandon. Surprisingly, Marion Cotillard wasn’t wearing Dior to the event but a knee-length Swiss lace frock from Mary Katrantzou’s much-lauded fall collection. Together with the fun up do she definitely was the epitome of exotic French elegance. Director James Gray and media-shy co-star Joaquin Phoenix also attended.

I didn’t expect to live an American dream, and I’m actually really living it. I just wanted to be an actress and tell great stories, but I didn’t expect to have the opportunity to work in this country.

After the screening, Marion Cotillard changed into a red silk Dior dress and headed to the after party at Beautique – where she was photographed with Isabella Rossellini. Thanks to Sofia there are tons of HQ pictures in the gallery for us to enjoy.

Don’t forget, ‘The Immigrant‘ will be out in the US this month. Check out the links below to various clips that have been released to start the US promotion for the movie.

Apparently, Marion Cotillard is expected later today at the Dior cruise 2015 show at the Brooklyn Navy Yard.

Gallery:
040 Events in 2014 > “The Immigrant” Premiere – New York
013 Events in 2014 > “The Immigrant” Premiere – New York – After Party

Video:
001 Events – Movie Premieres
003 Movie & TV – 2013: The Immigrant
003 Interviews – Online Interviews

‘The Immigrant’ New York Premiere

‘The Immigrant’ New York Premiere

Post Archive:

Page 40 of 343 1 37 38 39 40 41 42 43 343