Le petit monde de Marion Cotillard !

de Marie Claire / par Emmanuelle Eyles

C’est une actrice délicate et forte, dont la puissance de jeu autorise les rôles les plus ambitieux. Marion Cotillard nous ouvre les portes d’un monde tout en clair-obscur…

Avec son teint de pêche, ses grands yeux bleus et sa voix enfantine, Marion Cotillard semble tout droit sortie d’un roman de Lewis Carroll. Et nous, haletants et essoufflés tel le lapin d'”Alice aux pays des merveilles”, nous avons gravi quatre à quatre les escaliers qui mènent à son petit monde sous les toits de Paris. Elle s’excuse en souriant, le ronronnement de son sèche-cheveux a couvert la sonnerie de l’interphone et elle a tardé à nous ouvrir sa porte. Soulagés, nous entrons dans un ravissant duplex où la lumière joue avec les putres et les clés de voûte. De grosses tablettes de chocolat noir traînent dans la cuisine et Marion nous invite à y croquer. Le chocolat, c’est son péché mignon, et elle avoue se relever la nuit pour inventer des gâteaux lorsque tout le monde dort. Fille de comédiens avec déjà douze ans de carrière derrière elle, marion a raflé le César du meilleur espoir féminin l’année dernière avec son rôle de huit minutes dans “Un long dimanche de fiançailles” de Jean-Pierre Jeunet. Depuis, elle enchaîne les tournages, et ses rôles dans les “Taxi” 2 et 3 de Gérard Krawczyk, produits par Luc Besson, sont désormais de l’histoire ancienne.

Au millieu du salon, en digne fille de saltimbanques, Marion a placé une vieille malle de costumes flanquée d’une grande pile de chapeaux et un grand mirroir juché sur un chevalet. Ce fragment de décor gardé de son enfance fait face à un piano droit qu’elle a qualifie de “vieux pote des coups de blues”. Une guirlande de roses, des tentures fleuries, de vieux éventails et des jumelles de théâtre en nacre donnent à l’appartement un air de boudoir suranné et charmant. Fragile et désarmante, Marion nous ouvre le carnet rose dans lequel elle note ses rêves et tire sur ses tiroirs qui débordent de photos d’enfance. En attendant de la retrouver dans “Ma vie en l’air” de Rémi Bezançon (en salles le 7 septembre), une comédie truculente sur un trentenaire qui a du mal à choisir la femme de sa vie, place au merveilleux petit monde de Marion Cotillard…

Marie Claire: Votre petit monde, c’est quoi?
Marion Cotillard :
Avant tout, ma famille. Je suis très proche de mes parents et de mes deux frères, que j’adore. J’ai été élevée dans une famille géniale, ouverte et généreuse. Tellement géniale que mon adolescence a été très difficile lorsque je me suis rendu compte que le monde n’était pas à la hauteur. Mon appartement fait aussi partie de mon petit monde. Je l’ai choisi parce qu’il est sous les toits, plein de poutres et de coins biscornus. En fait, toute ma vie, j’ai vécu au sommet. Petite, je vivais au 18e étage d’une tour de cité, en banlieue parisienne, ensuite tout en haut d’une maison, et maintenant dans ce duplex. Je suis incapable de concevoir de vivre sous quelqu’un!

M. C.: En quoi le monde extérieur vous a-t-il déçue lorsque vous étiez adolescente?
Marion Cotillard :
Dès l’âge de 9-10 ans, j’ai souffert de la jalousie de mes copines d’école qui enviaient je-ne-sais-quoi à ma super famille tellement ouverte et libre! Elles me faisaient payer cette liberté. J’ai appris à me méfier des gens et à m’en protéger. Pendant des années, je n’ai pas cru à l’amitié féminine. Entre 10 et 15 ans, je n’ai pratiquement plus parlé à qui que ce soit, hormis aux membres de ma famille. Je ne comprenais pas la jalousie de mon entourage car je me sentais insipide et sans caractère. J’avais envie d’être n’importe qui sauf moi-même, n’importe où sauf à ma place. Je me suis détestée pendant des années.

M. C.: C’est le théâtre qui vous a aidée à sortir de cette phase de mutisme?
Marion Cotillard :
Exactement. Avec le théâtre, j’ai recommencé à m’exprimer en employant des mots que d’autres avaient déjà utilisés. Parler redevenait simple pour moi. Le théâtre m’a aidée à retrouver les mots qui m’avaient tellement manqué, à m’ouvrir. Je suis allée au conservatoire d’Orléans pendant quatre ans. J’y ai rencontré Géraldine, ma meilleure amie, et j’ai remonté peu à peu la pente.

M. C.: A 29 ans, avez-vous l’impression de faire partie des adultes?
Marion Cotillard :
Oui et non. Je crois qu’il y a encore beaucoup d’enfance en moi. C’est vrai que j’ai des réactions de petite fille et ça me dérange de plus en plus… enfin, plus ou moins! J’ai tendance à faire le clown comme si j’avais 12 ans 1/2, car je suis une fille très ludique. Et c’est vrai que mon métier n’arrange pas les choses! Etre comédienne, c’est rester au fond de soi une petite fille émerveillée! Et puis, c’est quoi être adulte? Savoir prendre ses responsabilités? Moi, ça fait des années que je les prends, je fais ce métier depuis douze ans déjà et j’assume la responsabilité de ce choix. Depuis que j’ai 17-18 ans, je gagne ma vie: les années de galère et de flottement, ça fait pas mal grandir.

M. C.: C’était quoi, ses galères?
Marion Cotillard :
Quand vous arrivez jeune dans ce métier, les gens vous répètent souvent : «Tu sais, il faut que ça marche vite pour toi, parce qu’il y en a quinze derrière.» Il faut être forte, croire en sa place au soleil et continuer de penser que l’on va finir par se la faire. Quand vous ramez depuis un petit bout de temps et que vous voyez une comédienne débarquer et faire un film qui rafle tout, vous ne pouvez vous empêcher de penser : «Pourquoi pas moi?»

M. C.: Qu’est-ce que vous n’aimez toujours pas en vous?
Marion Cotillard :
Il me reste des résidus de peur des gens, des vieux réflexes qui remontent à mon adolescence. Cela me met mal à l’aise d’être parfois encore comme ça. J’ai aussi un côté fainéant que je n’aime pas. Je suis lente, très lente à la détente.

M. C.: Qu’est-ce qui vous a donné envie de suivre le chemin de vos parents?
Marion Cotillard :
Au départ, cela m’a fascinée de voir des adultes s’amuser en racontant des histoires. Mon père faisait aussi des spectacles pour enfants et emmenait sa compagnie partout dans le monde. Ces voyages nous faisaient rêver, mes frères et moi. Papa nous écrivait de Hong Kong, nous ramenait des ponchos du Pérou, etc. Mes parents étaient libres et passionnés.

M. C.: Est-ce que vous possédez des objets fétiches, des grigris?
Marion Cotillard :
J’en ai eu un pendant très longtemps et j’ai fini par l’offrir à quelqu’un que j’aimais énormément et qui allait très mal. C’était une grosse boule en verre que maman m’avait offerte. Elle était lourde, mais je l’emmenais partout avec moi. Le verre, c’est merveilleux : arriver à fabriquer du transparent et du pur en partant d’une matière aussi brute et opaque que le sable!

M. C.: Est-ce que vous avez des rituels?
Marion Cotillard :
J’essaie désespérément d’en avoir. J’aimerais installer des parenthèses dans mes journées, mais je n’y arrive pas car je ne sais pas m’organiser. Mon unique rituel c’est de m’étirer comme un chat le matin dans mon lit, et encore, il y a des matins où j’oublie!

M. C.: Votre journée idéale, c’est quoi?
Marion Cotillard :
Chez ma maman à la campagne, avec tous ses amis qui débarquent sans cesse. Buller toute l’après-midi dans son magnifique jardin au bord de la rivière. Il se passe toujours plein de choses : des amis viennent faire de la musique, d’autres viennent cuisiner, discuter. J’y apprends toujours quelque chose.

M. C.: C’est une journée comme vous en viviez enfant, non?
Marion Cotillard :
Oui, mais ça se renouvelle toujours, les gens qui y vont changent et évoluent.

M. C.: Votre règle de vie?
Marion Cotillard :
Apprendre au moins une chose par jour, soit dans un livre, soit lors d’une rencontre. Tout est bon à prendre et à assimiler. Je suis une «gourmande de la vie»!

M. C.: Qu’est-ce que vous aimez chez un homme?
Marion Cotillard :
Avant tout la simplicité. Ensuite, j’ai besoin d’être protégée, et c’est un sentiment nouveau pour moi.

M. C.: Beaucoup de gens savent désormais que vous êtes avec Sinclair. Cela vous embête-t-il?
Marion Cotillard :
Je ne veux vraiment pas en parler, par égard pour mon entourage et pour l’histoire d’amour qui a précédé. Les passions, il y a celles que l’on vit et les histoires passées. Pour mon ex-amoureux, c’est terriblement douloureux de voir ma nouvelle vie sentimentale déballée dans les journaux. Je suis bien consciente qu’il y a une partie de moi qui est publique, bien sûr, mais personne n’a le droit de toucher à mes histoires de cœur.

M. C.: Vous tournez dans beaucoup de premiers longs métrages. N’est-ce pas un peu casse-cou?
Marion Cotillard :
Ce n’est pas du tout réfléchi. A un moment donné, je tombe sur des histoires que j’ai envie de raconter et j’y vais. Mais c’est vrai que cela peut être épuisant de tourner avec des réalisateurs novices qui ne savent pas toujours comment travailler avec des acteurs. Un acteur sur un plateau, c’est une éponge, c’est quelqu’un d’hypersensible qu’il ne faut pas brusquer. Dès que j’ai rencontré Rémi Bezançon, le réalisateur de “Ma vie en l’air”, j’ai aimé la richesse de son imaginaire, son envie de partager les choses et son humilité. J’ai su qu’il aurait un beau regard sur ses comédiens, et je ne me suis pas trompée.

M. C.: Vous avez travaillé avec Tim Burton, aux Etats-Unis. Pouvez-vous me parler de lui et de son univers?
Marion Cotillard :
C’est un génie. Il sait comment tirer le meilleur de ses acteurs et a bien compris qu’il ne suffit pas d’appuyer sur des boutons pour obtenir des émotions. C’est quelqu’un qui a gardé le sens du merveilleux, j’ai adoré travailler avec lui. Et puis il est d’une délicatesse infinie : il m’a envoyé un tableau qu’il avait peint juste avant la sortie de «Big Fish» en France…

M. C.: J’ai remarqué beaucoup de petits elfes, de petits monstres et de marionnettes dans votre appartement. Le merveilleux fait définitivement partie de votre vie…
Marion Cotillard :
Oui, bien sûr. Ça remonte à l’enfance et aux histoires que mes parents me racontaient. Ils étaient très forts pour inventer des contes: mes frères et moi devions fournir deux ou trois éléments, et ils tricotaient au fur et à mesure des aventures avec ces morceaux-là.

M. C.: Pouvez-vous envisager un bébé dans votre petit monde?
Marion Cotillard :
Avant, cela m’était totalement inconcevable, tant le délabrement de notre planète et le fait que tout le monde s’en fiche me font flipper. Lâcher quelqu’un dans ce monde-là me paraissait impossible. Et puis j’ai rencontré des membres de Greenpeace, car j’ai voulu m’engager et faire quelque chose pour les autres. Dès la première réunion, je leur ai parlé de ma crainte d’enfanter. Ils m’ont répondu qu’au contraire, je devais faire un jour des enfants afin qu’ils puissent continuer plus tard mon combat, et cela m’a ouvert les yeux.

M. C.: Y a-t-il une phrase, ou un conseil qui vous aide à vivre?
Marion Cotillard :
Oui, une phrase de ma mère: «Dans la vie, tout est un cadeau. le problème, c’est que parfois, il est tellement mal emballé que tu ne vois pas que c’est un cadeau. Tu t’en aperçois plus tard.» Du coup, même les situations pénibles, je les vis à fond! Tant pis si l’emballage pue, je finis par y trouver un sens et en apprendre quelque chose.

M. C.: Comment gérez-vous la méchanceté des gens?
Marion Cotillard :
Par un grand éclat de rires! C’est ce que j’ai trouvé de mieux. Le rire est une jolie forme de mépris, qui met une distance entre la mesquinerie et moi.

M. C.: Vous tournez de plus en plus: quatre films prévus pour 2005, “La Môme”, un film d’Olivier Dahan sur Edith Piaf, six pour 2006. Comment vivez-vous cette accélération après douze ans de carrieère?
Marion Cotillard :
J’ai tourné tous les jours ces derniers mois, j’enchaîne les projets. Je suis très heureuse, car ce métier me fait toujours autant rêver. Mais il faut que je prenne du temps pour moi parce que si je ne vis rien, je n’aurai plus rien à raconter!

Marion Cotillard, une fille toute simple

de Loiret.com

Marion Cotillard était à Orléans, en mai dernier, pour incarner Jeanne d’Arc dans l’oratorio Jeanne au bûcher d’Arthur Honegger. En septembre, elle jouera le rôle d’Edith Piaf au cinéma. Rencontre.

A quelle occasion avez-vous accepté le rôle de Jeanne d’Arc, à Orléans, dans cet oratorio d’Honegger ?
Jean-Marc Cochereau l’avait reproposé à ma mère [NDLR : Niseema Theillaud, professeur d’art dramatique à Orléans], qui avait déjà tenu ce rôle voici douze ans dans les mêmes conditions. Elle a décliné son offre, en lui précisant qu’à son avis, je serais partante pour le reprendre… Ce qui était le cas. Je voulais depuis longtemps travailler avec Jean-Marc. Ce projet me tenait vraiment à coeur : Pour tous les tournages que j’ai accepté depuis que je lui ai dit oui, j’ai fait stipulé dans les clauses des contrats que je serais absente durant la semaine de répétition et de représentation de Jeanne ! C’est une formidable opportunité de travailler ainsi avec un orchestre, de voir une oeuvre se monter de toutes pièces… Je n’avais pas fait de théâtre depuis mon prix au Conservatoire d’Orléans. Participer à cet oratorio est une aventure unique, un très beau cadeau.

Que pensez-vous du personnage de Jeanne, telle que l’association des textes de Claudel et la musique d’Arthur Honegger la présente ?
C’est une fille toute simple, animée par une foi indestructible. Elle avance tout le temps, même dans le doute… je pense même que ses moments d’incertitude renforcent sa foi. Elle est habitée par une mission, pour laquelle elle se sent guidée par Dieu, par l’existence.

Vous avez vous-même traversé des épisodes de doute dans votre carrière ?
J’ai connu une période difficile, avant d’être appelée par Tim Burton pour Big Fish, puis récompensée pour le rôle de Tina Lombardi dans Un long dimanche de fiançailles. Je n’étais pas satisfaite par ce que je faisais à ce moment-là. Alors, au lieu de m’aigrir, j’ai décidé qu’il fallait bouger, retrouver une énergie bloquée quelque part. Si je n’avais pas fait ce travail sur moi-même, je pense que j’aurais fini par m’ennuyer, et décidé de passer à autre chose.

Ces rôles sont arrivés au bon moment ?
Je ne crois pas au hasard. Ces propositions, comme interpréter Jeanne aujourd’hui ou Edith Piaf [NDLR : tournage en septembre, sous la direction d’Olivier Dahan], n’arrivent pas à n’importe quel moment dans ma carrière. Piaf, par exemple, c’est un personnage que tout le monde a l’impression d’avoir connu. Chacun a son idée sur qui elle était, comment jouer ce rôle… Au-delà de la recherche, du travail de l’actrice pour tenir le rôle d’une chanteuse, il y a aussi ce fort désir d’incarnation. Il faut beaucoup d’abandon pour jouer Edith Piaf. Il faut s’effacer, disparaître derrière le personnage.

Est-ce que ce sont des rôles plus difficiles à tenir ?
Incarner un personnage qui a réellement existé, comme Jeanne d’Arc ou Edith Piaf, cela donne à mon travail d’actrice une dimension supplémentaire, qui m’attire énormément. Même si ces personnes nous ont quittés, il y a des vibrations qui sont encore perceptibles, une force qui demeure.

Marion Cotillard en six dates
1975 : Naissance à Paris.
1994 : 1er prix d’art dramatique au Conservatoire d’Orléans.
1998 : Actrice dans Taxi.
2003 : A l’affiche de Big Fish de Tim Burton.
2004 : Joue dans Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.
2005 : César de la meilleure actrice dans un second rôle pour le film de Jeunet.

Marion Cotillard en chanteuse

de Le Parisien / par Alain Grasset

LA BELLE Marion Cotillard, héroïne de la série « Taxi », surprend énormément dans « les Jolies Choses », le film de Gilles Paquet-Brenner avec Stomy Bugsy, Patrick Bruel, Ophélie Winter, Titoff, sorti dans les salles en novembre 2001, et qui sera diffusé en clair pour la première fois à la télévision ce soir (M 6 à 20 h 50). D’abord, parce que dans cette adaptation d’un roman de Virginie Despentes elle y joue un double rôle qu’elle tient à merveille. Marie et Lucie, soeurs jumelles au caractère très différent. Ensuite, parce que dans l’histoire, Lucie a la possibilité d’enregistrer un disque, mais que Marie a une meilleure voix. Comment l’actrice a pu se glisser dans la peau de cette chanteuse ? « Comme 99 % des comédiennes, j’ai rêvé d’être chanteuse quand j’étais petite », expliquait Marion Cotillard au moment des « Jolies Choses ». « Mais quand j’ai commencé à prendre des cours de chant pour le film, j’ai compris qu’il y avait beaucoup de travail à faire : la respiration, la puissance, l’émotion, etc. J’ai dû prendre des cours de façon accélérée. Et j’avais l’impression que je n’y arriverais jamais. Finalement, ça a tenu la route, mais on a eu chaud. » Attendue dans deux nouveaux films Marion Cotillard que l’on a vue récemment dans son premier film américain, « Big Fish » de Tim Burton, est rentrée du Japon, lundi soir, où elle participait au Festival du cinéma français de Yokohama en y défendant « Jeux d’enfants » de Yann Samuell avec Guillaume Canet (plus d’un million d’entrées en France en 2003). Une Marion qui tourne en ce moment « Cavalcade » d’après le roman de Bruno de Stabenrath, avec Titoff, et que l’on attend dans deux films, « Un long dimanche de fiançailles » de Jean-Pierre Jeunet, avec Audrey Tautou (qui sortira le 17 octobre prochain), et « Innocence » de Lucie Hadzihalilovic, avec Hélène de Fougerolles.

Elle s’offre l’Amérique !

de Le Parisien / par Alain Grasset

A 28 ans, Marion Cotillard, révélée par « Taxi », vient de réaliser un rêve : jouer sous la direction de Tim Burton. Elle est aujourd’hui à l’affiche de « Big Fish », une fable merveilleuse avec Ewan McGregor. Pas mal, pour une petite Française

TOUT REUSSIT à Marion Cotillard. Après le succès de « Jeux d’enfants » l’an dernier (plus d’un million d’entrées), l’actrice de 28 ans révélée par la trilogie des « Taxi » est au générique de « Big Fish », de Tim Burton, qui sort aujourd’hui dans 273 salles françaises après avoir bien marché aux Etats-Unis. Un premier film américain qui ne lui fait pas oublier l’Hexagone, où elle vient notamment d’achever le tournage d’« Un long dimanche de fiançailles », de Jean-Pierre Jeunet. Entretien. C’est la première fois que Tim Burton engage une Française. Comment avez-vous décroché ce rôle dans « Big Fish » ? Marion Cotillard. En décembre 2002, mon agent m’a prévenue que Tim Burton était à Paris afin de rencontrer des actrices. Un rendez-vous a été organisé et j’ai pu le voir durant une vingtaine de minutes. Il était décontracté, ouvert et il voulait surtout savoir qui j’étais. Pas trop surprise ? C’est l’un des plus grands réalisateurs américains… C’est mon idole ! « Beetlejuice » est l’un de mes films cultes. J’aime aussi « Edward aux mains d’argent » et « Mars attacks ». C’était un rêve. Je me suis retrouvée en tête à tête avec lui et ça s’est super bien passé. Je croyais en mes chances. Surtout qu’on m’a demandé de me faire filmer pour deux scènes et d’envoyer les cassettes très vite à la production, à Los Angeles. La réponse s’est-elle fait attendre ? Un mois après notre entretien parisien, alors que je commençais la promotion de « Taxi 3 » (NDLR : sorti en février 2003) et que je ne pensais plus à « Big Fish », j’ai reçu un coup de fil de mon agent me laissant entendre que Tim Burton et son producteur étaient contents de mes essais. Le lendemain matin, j’apprenais que j’étais engagée et que je partais trois semaines plus tard pour Montgomery, dans l’Alabama ! Vous jouez l’épouse du héros, incarné par Billy Crudup. Qu’est-ce qui vous a plu dans le rôle de Josephine ? C’est peut-être le personnage le plus normal du film ! Elle est enceinte et elle accompagne son mari dans un voyage très spécial pour lui… En tant qu’Européenne, elle voit les choses de la vie et de l’amour assez différemment de sa belle-famille américaine. Ça me plaisait de défendre ça dans « Big Fish ». Comment s’est déroulé votre premier tournage américain ? Je n’avais pas l’impression de faire une superproduction pour un grand studio comme la Columbia, et ce malgré un budget très important (NDLR : 80 millions de dollars) . Ça restait à échelle humaine. Tim Burton est un cinéaste très indépendant et privilégie avant tout les rapports avec ses acteurs. J’ai noué de bons contacts avec ces derniers, on dînait souvent ensemble, je me suis bien intégrée à l’équipe. En fait, j’ai passé deux mois merveilleux en Alabama, avant de venir tourner une semaine à Paris. Là, c’est Tim Burton qui était heureux. Il me demandait des adresses de restos ! On vous retrouvera en octobre dans « Un long dimanche de fiançailles », du réalisateur d’« Amélie Poulain »… Un cadeau ! C’est un grand film d’époque, avec gros moyens financiers et techniques, dont Audrey Tautou et Gaspard Ulliel sont les interprètes principaux. Une expérience vraiment enrichissante sous la direction de Jean-Pierre Jeunet. Mais chut ! Je n’ai pas encore le droit d’en parler…

Greenpeace passe l’aspirateur chez Marion Cotillard

de Le Parisien / par Julie Cloris

UNE VRAIE MILITANTE de la cause écologique. Avant-hier, dans une cour discrète des hauts de la rue Oberkampf (XI e ), Marion Cotillard accueillait chez elle la « Toxics Patrol » de l’association Greenpeace. La comédienne bien connue des Français pour son rôle dans la série des films « Taxi » participe en effet à la campagne baptisée Greenpeace passe l’aspirateur chez vous. « Nous avons identifié cinq familles de polluants, du stade préoccupant au danger, explique Yannick Vicaire, chargé de la campagne au sein de l’association écolo. Outre les dix foyers parisiens que nous avons commencé à visiter lundi, nous ferons de même à Lyon, Lille, Toulouse et Nantes. » L’étude ne vise pas les produits ménagers ou les solvants de peinture, déjà identifiés, mais les additifs chimiques présents dans les moquettes, les tissus, la vaisselle, les cosmétiques, etc. « Je pense que je vais apprendre des choses peu réjouissantes », commence Marion Cotillard. Membre du comité de soutien à Greenpeace, elle semble une pro de l’écologie. « J’ai testé les sacs poubelles en amidon de maïs, explique-t-elle. Mais c’est trop fragile. » La housse de l’association Robin des Bois posée sur la table et la liste des boutiques éthiques aimantée au réfrigérateur attestent de son engagement. « On ne met pas du verre dans les bacs normaux, s’agace-t-elle. Ni du plastique. Je ne comprends pas qu’il faille encore éduquer sur ces questions, alors que les alarmes sont tirées depuis des décennies. » En quelques minutes, le tapis de coco, la grille du radiateur électrique, le linoléum de la cuisine et même la poussière entourant le téléviseur sont aspirés. Greenpeace voudrait que l’Union européenne, qui réfléchit à une directive sur ces toxiques, institue un principe de précaution chez les industriels avec, à la clé, la possibilité d’interdire la mise en vente du produit. Utopique ? Sur l’escalier de Marion Cotillard, une carte porte cette phrase de Che Guevara : « Soyons réalistes, exigeons l’impossible. » RUE OBERKAMPF (XI e ) , MERCREDI. Sensible aux causes écologiques, Marion Cotillard (au centre) a accueilli dans son appartement Yannick et Florence, deux militants de Greenpeace.

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