Journalist: Michel Palmiéri

Marion Cotillard “Y a-t-il un réalisateur pour m’ouvrir le ventre?”

Marion Cotillard “Y a-t-il un réalisateur pour m’ouvrir le ventre?”

Les 6,5 millions d’entrées de “Taxi” n’ont pas bouleversé l’ego de Marion Cotillard. “Simplement, dit-elle, depuis j’ai le choix. C’est tout es c’est énorme.” Avec une conséquence douloureuse, devoir refuser, souvent. “Dire non? C’est difficile, surtout que je ne veux pas décourager personne. J’ai vu les premiers films de Kurosawa. Ils étaient nuls. Il n’empêche que ce type a ensuite réalisé des chefs-d’oevre.” Alors, Marion lit attentivement tous les scénarios qu’on lui propose. Jusqu’au bout, par politesse ou optimisme, espérant toujours que, vers la fin, quelque chose d’extraordinaire va se produire. “Pour l’instant, je suis encore trop gentille. Je marche au coup de coeur. Mais, de lus en plus, je recherche de vrais directeurs d’acteurs, des gens qui vont m’ouvrir le ventre. Pourquoi ne pas admettre qu’une actrice puisse choisir un réalisateur plutôt que le contraire?” Cette jolie brune de 23 ans ne se contente pas de déclarations d’intention: elle a commencé à prendre des cours de danois après avoir vu “Festen”, et compte bien profiter du prochain Festival de Cannes pour rencontrer Thomas Winterberg. Parallèlement, elle s’est remise à l’espagnol après “Les Amants du cercle polaire”, de Julio Medem. Tout cela sans cesser de tourner: après six semaines au Maroc pour “Furia”, d’Alexandre Aja, elle a enchaîné avec un film de Sarah Levy, “Du bleu jusqu’en Amérique”. Marion aime son métier, soigne sa culture de cinéphile à la Cinémathèque: “Je prends de notes, n’importe où, dans la rue, dans mon lit, au milieu de la nuit.” Talentueuse, exigeante ave elle-même, elle l’est aussi avec ses partenaires. “Jouer avec un bon acteur, c’est un rêve. Avec un mauvais, c’est attroce.”

“La guerre dans le Haut Pays”, de Francis Reusser, avec Marion Cotillard et François Marthouret