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Marion Cotillard. La star de Cannes

de Paris Match / par Catherine Schwaab

Marion Cotillard nous a reçus à New York avant son départ pour Cannes

Même dévoilée, elle reste un mystère. A 36 ans, elle est la seule Française, depuis Simone Signoret, à avoir remporté l’Oscar de la meilleure actrice. C’était en 2008, pour son interprétation d’Edith Piaf. On retrouve la même complexité à fleur de peau dans “De rouille et d’os”, de Jacques Audiard, pour lequel, elle vient de monter, les marches du Palais, à Cannes. Marion Cotillard y tient le rôle de Stéphanie, une dresseuse d’orques victime d’un terrible accident. L’ambassadrice de Dior enchaîne les tournages à New York, sous la direction de Christopher Nolan, de James Gray, et aujourd’hui, de son compagnon, Guillaume Canet. Mais elle compte faire une pause, ralentir le rythme, pour s’occuper de l’autre homme de sa vie, un champion nommé Marcel, 1 an tout juste.

Paris Match. Dans “Les jolies choses”, le film tiré du livre de Virginie Despentes en 2001, vous étiez un personnage abrupt, noir, avec des pulsions morbides. La nouvelle réalisation de Jacques Audiard fait songer à cette facette inquiétante de votre personnalité. Elle est en vous ?
Marion Cotillard. Plus maintenant. Mais à une époque, oui, j’étais beau­coup plus sombre qu’aujourd’hui. Ce qui n’a pas changé, c’est mon côté écorchée vive.

Adolescente, vous étiez en souffrance ?
Adolescente et après, j’étais torturée, dans un douloureux mal-être…Comme pas mal de gens à cette ­période-là.

Vous preniez des drogues ?
Non, mon instinct de vie était beaucoup plus fort que l’autodestruction. De plus, je voyais autour de moi des exemples de gens qui se perdaient dans les drogues. Ça m’a tenue à l’écart des substances dangereuses. J’étais dans certains excès, je fumais trop, je buvais parfois plus que de raison. Mais j’ai toujours eu peur de perdre totalement le contrôle.

Ce mal-être a-t-il mis longtemps à se dissiper ?
Oui, ce fut un long chemin. Et j’ai la chance d’avoir toujours été ­entourée de l’amour de mes parents, de la bienveillance de certains amis ou d’amoureux. Tout cela m’a protégée de l’autodestruction.

Vous jouez bien ces personnages-là.
Je ne sais pas mais ce qui est sûr, c’est que je les aime. Stéphanie dans “De rouille et d’os” est dans le déni de son mal-être. Elle s’est enfermée dans une carapace pour donner l’illusion que rien ne peut l’atteindre. Et, en réalité, à l’intérieur, c’est un désastre.

Contrairement aux adeptes de l’Actors Studio, vous semblez ne pas aimer chercher les émotions dans vos propres souvenirs intimes.
Non, jamais, je trouve ça trop dangereux. Je suis incapable d’aller fouiller dans les souvenirs intimes douloureux. En revanche, mon entourage m’inspire pour jouer. Ainsi, pour incarner Edith Piaf âgée, j’ai repris la gestuelle de mon grand-oncle qui a vécu avec nous à une époque. Mes frères l’ont d’ailleurs ­reconnu tout de suite ! Cette façon dont son corps se mouvait, ses mains… Ou, quand Piaf rencontre Marlene Dietrich, son idole, j’ai repris le regard subjugué d’une petite fille dont j’étais proche à l’époque.

N’avez-vous pas été tentée par un travail analytique sur vous-même ? Pour soulager certaines souffrances autant que pour mieux vous connaître ?
Si, bien sûr. Et c’est passionnant. L’âme humaine, la mienne, m’intéresse ! Certains thérapeutes que j’ai rencontrés travaillaient sur la mémoire du corps, sur les traumas tels qu’ils s’expriment dans nos comportements physiques. J’ai besoin, moi, de travailler sur la tête et le corps.

Vous l’avez fait pour être mieux avec vous-même ou pour affiner votre talent d’actrice ?
Le travail sur l’humain rend forcément l’acteur plus juste. Ce que je ­découvre en tant que personne rejaillit forcément sur mon travail d’actrice.

Tout le monde remarque votre épanouissement radieux depuis que vous avez eu un enfant.
Je grandis. Je suis plus claire.

Vous tenez un journal ?
Je l’ai fait quand j’étais plus jeune. J’ai arrêté. Mais je suis toujours dans le besoin de prendre conscience de qui je suis, de la manière dont j’évolue. Je ne sais pas si j’en perçois toutes les étapes de manière précise, mais je sais que quelque chose avance en moi, que je ne m’endors pas. J’acquiers des choses, je me débarrasse d’autres, je m’allège de ce qui m’empêche d’avancer.

Qu’est-ce qui vous a empêchée de grandir, qui a parasité cette clarté en mouvement à laquelle vous aspirez ?
Eh bien… [Longue hésitation.] La peur. La peur de ne pas être à la hauteur. Une insécurité. C’est difficile à analyser. Elle peut disparaître si rapidement, cette peur. En même temps, elle reste si ancrée, si indérogeable. J’ai de vieilles habitudes de peur tellement enracinées. Quand je m’en rends compte, je vois que ces peurs m’empêchent d’avancer.

Mais quelles sont-elles ? Il vous arrive de l’évacuer, cette peur ?
Parfois, je la dépasse ! La peur ­tenace est provoquée par mon besoin de reconnaissance…

Après vos innombrables distinctions internationales ?
Oui, c’est une forme de pathologie, je pense. M’en débarrasserai-je un jour ? La peur m’empêche parfois d’être paisible.

Et quand, avant les Oscars, vous avez fait la tournée des jurys et des artistes pour “vendre” “La Môme”, n’avez-vous pas appris à vous mettre en valeur, à l’américaine? “Vote for me, I’m worth it!” [“Votez pour moi, je le mérite”] comme dirait Sharon Stone.
Non, pas du tout ! Je n’étais absolument pas dans ce rôle. J’étais tellement contente que les gens aiment le film. Je ne me mettais pas en avant. D’autres gens savaient vendre “La Môme” mieux que moi. Moi, cela me mettait mal à l’aise. Je me suis parfois sentie un peu “bête de foire”. Des dîners ou des soirées où on me présentait comme l’actrice de “La Môme” pour provoquer l’effet de surprise parce que les gens ne s’attendaient pas à voir une grande jeune fille en bonne santé. ça marchait, c’est sûr ! Les gens étaient vraiment surpris. Mais c’était, pour moi, extrêmement gênant.

Et dire qu’à un moment, vous avez douté de votre carrière ! Vous vouliez arrêter le métier et travailler pour Greenpeace…
Je ne doutais pas de ma carrière, mais je constatais que les rôles que je décrochais n’étaient pas à la hauteur de mes rêves. Je souffrais d’une profonde insatisfaction.

Auriez-vous dû manifester plus activement vos désirs ? Tirer les sonnettes ?
Séduire, vous voulez dire ? Je ne sais pas vraiment faire ça. J’aimais passer des essais plutôt que d’aller à simples rencontres. Car alors, je pouvais m’appuyer sur quelque chose par le jeu plutôt que d’essayer de prouver que j’étais quelqu’un d’intéressant. Je ne savais pas séduire un réalisateur en un rendez-vous en utilisant ma personnalité, c’était trop de pression. Je n’étais pas très douée socialement. Il y a des filles drôles, charmantes, spirituelles, à l’aise, bref, pas du tout moi ! Je peux l’être, mais pas forcément avec quelqu’un que je rencontre pour la première fois.

Pourtant, avant “La Môme”, vous étiez dans pas mal de films…
Oui, je faisais deux ou trois films par an. Mais je voyais des actrices qui déparquaient et qui décrochaient de grands rôles, et ça me frustrait. Je sentais pointer en moi quelque chose qui ne me plaisait pas. J’ai voulu changer d’activité pour ne pas rester à ronger mon frein.

Le regard d’un homme aimant sur vous a dû vous donner confiance, pourtant. Guillaume vous a-t-il remonté le moral ?
Depuis longtemps, Guillaume a été celui qui me rassurait, trouvait les mots pour que j’aie moins peur. Par exemple, sur le film de Jeunet, “Un long dimanche de fiançailles”, j’étais terrifiée, persuadée que je n’étais pas la bonne actrice, que je n’étais pas le personnage, que je n’y arriverais jamais. C’est lui que j’ai appelé, lui qui m’a rassurée. Et quand j’ai commencé “La Môme”, j’étais dans une peur indescriptible. Lui en plus allait démarrer “Ne le dis à personne”, un projet atypique, important. Nous nous souviendrons toujours de cette conversation que nous avons eue tous les deux : nous étions allés boire un verre ensemble, aussi angoissés l’un que l’autre par ce qui nous attendait.

Chacun insufflait son énergie à l’autre ?
Lui était plus confiant. Il se laisse beaucoup moins déstabiliser que moi. Moi, c’est très facile. Lui a cette force. Rien ne l’arrête !

Mais finalement le doute est pour vous un moteur. Vous en avez besoin, non ?
Je ne cherche pas de doute, je cherche l’inconnu. Alors forcément, ça déstabilise. ça s’appelle prendre des risques. Le risque me motive. Rechercher l’authenticité dans l’inconnu me motive. Si je fais quelque chose que j’ai déjà fait, je suis tout simplement mauvaise.

Cela ne vous est encore jamais arrivé.
Bien sûr que si ! J’ai tourné des films dans lesquels je ne suis pas bonne du tout.

On dit maintenant que vous êtes amie avec les plus grandes stars mondiale : Nicole Kidman, Penélope Cruz, Sharon Stone… Sacrées références !
Avec Nicole et Penélope, on a vécu des choses très fortes, on a partagé ensemble trois mois de répétitions intensives. Il en reste une grande affection entre nous. On s’envoie des nouvelles régulièrement avec Penélope, mais on ne s’est plus revues depuis deux à trois ans. Mes amis, mes vrais amis, n’ont pas changé depuis vingt ans, et tous ne sont pas acteurs. Il y a des musiciens comme Maxime…

Maxime Nucci, qui vous a fait chanter dans son groupe Yodelice. Ce qui semble vous combler plus encore que le cinéma…
C’est différent. J’ai toujours eu envie d’explorer cette manière de m’exprimer. J’ai joué un peu de basse, de clavier, de percussion, j’ai pu intégrer ce groupe… C’était merveilleux ! Et c’est Maxime qui m’a toujours poussée à oser. Je ne me vois pas comme cela… Je ne sais pas si je l’inspire. Je ne veux pas le savoir !

Vous avez deux scènes très sexuelles avec votre partenaire Matthias Schoenaerts dans “De rouille et d’os”, le film de Jacques Audiard. Est-ce difficile ?
Ah, les scènes d’amour physique, c’est toujours difficile. Mais elles sont évidentes ici, on est dans la chair, la pulsion. Je ne me suis pas posé la question. Le film parle de cela : éveiller cette fille à l’amour et apprendre à cet homme à aimer plutôt qu’à baiser. Et Matthias est un garçon d’une grande sensibilité, c’est un immense acteur. Alors, c’est moins dur.

Vous venez de tourner presque simultanément dans trois films, dont “Batman” et celui de Guillaume Canet, plus votre rôle de mère… Avez-vous parfois l’impression de ne maîtriser votre vie ?
Eh bien, disons que j’organise bizarrement mon temps ! La vérité est que je travaille trop ; je manque de temps pour ne rien faire, pour rêver. J’en ai besoin. On me propose des projets excitants, c’est difficile de refuser. Mais là, j’ai décidé que dans le prochains mois, j’allais lever le pied. Je sais qu’il me faudra renoncer à certaines belles propositions. Mais je veux consacrer du temps à ma famille.

Votre fils vous réclame !
Oui, il a eu 1 an le 19 mai. Comme beaucoup d’enfants, il a des parents qui travaillent toute la journée, et qui le retrouvent le soir. J’aimerais passer plus de temps avec lui. Et mettre mon cerveau au repos !

Avez-vous envie de faire un deuxième enfant ?
[Sourire réjoui…]

Avez-vous songé à vous installer pour longtemps aux Etats-Unis ?
Non. J’aime trop la France, c’est là mon pays. J’adore Los Angeles, Chicago, New York, mais j’ai besoin de mon terroir. De mes amis, de ma famille. J’ai envie que mon fils grandisse sur cette terre-là. On voyage tout le temps, c’est bien, mais nos racines sont françaises.

Dans le penthouse du Greenwich Hotel, de Robert de Niro, celle que les Américains surnomment “The french mermaid”, la sirène française.

En ombre et lumières, une femme à plusieurs facettes. “Sur le tournage, j’étais double : il y avait Marion l’actrice et Marion la mère de Marcel.”

Un an après la naissance de Marcel, elle a retrouvé un corps de rêve. “Je ne sais pas l’expliquer, cela s’est fait d’un coup. Mais c’est violent pour le corps.”

Marion Cotillard

de Femina / par Anne Michelet

Elle est bouleversante dans “De rouille et d’os”, le très beau film de Jacques Audiard, présenté jeudi en compétition à Cannes. L’actrice, qui pousse son art au sommet, est déjà une sérieuse candidate au Prix d’interprétation.

Comment avez-vous rencontré Jacques Audiard?
Il souhaitatis me parler pour voir si on pouvait travailler ensemble, s’il en avait envie et si, par la suite, je partageais également ce désir. J’avais vu tous ses films. Jacques Audiard est un homme qui a du génie, autant dans l’écriture que dans sa vision des choses, dans l’idée qu’il a de raconter telle ou telle histoire, mais aussi dans sa direction d’acteurs et dans sa réalisation. C’est un être vraiment génial! Il m’a emmenée faire un voyage dans son univers, qui est d’une grande sensibilité et d’une grande intelligence. Jacques possède une vaste palette, c’est quelqu’un de très terre à terre et, en même temps, il a une imagination immense et sans fin. La relation entre les deux donne son cinéma qui est fait de chair et de poésie. Une invitation à partager une telle aventure ne se refuse pas. Surtout avec une histoire aussi bouleversante que celle de son film De rouille et d’os. Il aime tellement les gens que la première fois qu’il a évoqué ses personnages, il l’a fait avec un amour inspirant et poignant.

Comment entre-t-on dans l’univers d’un tel cinéaste?
Ce n’est pas si difficile. La complexité ne se trouve pas dans le fait d’entrer dans son monde car il faut l’apprivoiser petit à petit. Jacques travaille avec les mêmes personnes depuis très longtemps, ils se connaissent tous très bien, donc il y a simplement eu un petit temps d’adaptation au groupe. Quant à la complexité des films de Jacques, c’est elle aussi qui donne toute sa dimension à son cinéma. Les personnages ne sont pas évidents au départ. Quand j’ai lu le scénario, j’ai été bouleversée par l’histoire, par ces deux personnages et tous les autres autour, la soeur d’Ali, son fils, et même le personnage joué par Bouli Lanners, qui lui donne en plus une très belle dimension. Quand on commence à travailler, on a peu d’informations sur son rôle. Il faut imaginer le passé, l’univers et l’âme d’une personne. Pour stéphanie, que je joue, on aurait pu aller dans tellement de directions différentes. On a cherché, longtemps, de manière viscérale, vraiment physique, comment on allait habiller cette fille car un costume révèle d’où on vient, où on va, son identité. Ce qui est formidable avec l’équipe de Jacques, c’est que, comme ils se connaissent très bien, tous les postes travaillent ensemble pour créer le plateau, les personnages… et ils nous insufflent beaucoup d’énergie. On part d’une matière brute qu’il ne faut pas polir mais révéler peu à peu.

Vous travaillez beaucoup et êtes perfectionniste. Comment êtes-vous entrée dans la peau de Stéphanie, cette dresseuse d’orques?
Ça m’a demandé beaucoup de recherche psychologique. C’est un travail très particulier, différent de celui qui consiste à faire sauter une orque. Il me fallait chercher, dans un monde totalement nouveau, qui est cette femme, comment réeussir à la faire vivre, à la rendre réelle, et mon travail avec Jacques a été très inspirant car nous étions tous les deux à la recherche de cette personne dans les premiers temps et même quand le tournage a commencé.

Qu’est-ce qui vous a touchée chez cette femme blessée et cabossée par la vie?
Avant que son accident ne survienne, elle stagne dans une espèce de vie dans laquelle elle se sent mal et öétrangère. Chaque jour, de nombreuses personnes survivent mais n’ont pas le sentiment d’être vraiment en vie. Ça ne se voit pas forcément au premier coup d’oeil, mais il y a ce sentiment d’être vide à l’intérieur de soi. Stéphanie est dans ce cas et s’est formée une sorte de carapace faite de violence. La rencontre avec cet homme et tout ce qui lui arrive va la réveiller, enlever toutes ses protections, ses artivices et la mettre à nu. C’est la façon dont elle traverse tout cela, avec la présence de cet homme à son côté, qui est tellement belle.

C’est un rôle très fort, certaines scènes ont-elles été physiquement dures à tourner?
Il y a tout un processus physique quand on a une partie de son corps en moins qui est forcément éprouvant à l’intérieur du personnage en tout cas. Je me suis surtout documentée et j’ai visionné de nombreux témoignages.

Vous êtes très pudique, or vous avez quelques scènes déshabillées. C’était une difficulté de plus pour vous dans ce film?
J’espère qu’il ny en a pas trop! Je ne suis pas à l’aise avec la nudité, mais là il était impossible de faire autrement. Cette fee et cet homme ont un rapport à la chair particulier, que ce soit dans la violence ou dans la sensualité. Il y a quelque chose d’animal, de brutal, à nu. Mais je me suis battue! Avec moi… car je n’ai pas eu besoin de le faire avec Jacques. Nous avons fait chacun un bout de chemin vers l’autre pour arriver à tourner ces scènes.

Vous avez un partenaire incroyable, Matthias Schoenaerts, dont on va entendre parler…
Avoir la chance d’être sur le chemin d’un tel acteur, c’est immense! Il a un tel magnétisme, un charisme, une dévotion pour son rôle et ses partenaires qu’il a généré une créativité merveilleuse sur le plateau. Matthias est l’une des personnes les plus intenses avec lesquelles j’ai eu la chance de tourner. C’est quelqu’un d’unique, qui travaille énormément, et ça, c’est une chose que je respecte plus que tout. Car je pense qu’un comédien n’est rien sans le travail et, surtout, s’appauvrit sans le travail. Matthias m’a surprise; parfois il m’a fait peur, mais il m’a fait plonger autant que Jacques dans l’univers de ce film. Il a ce côté animal, brut, sauvage et, à l’intérieur, cette immense sensibilité d’artiste. Il fait beaucoup d’autres choses artistiques à côté qui l’enrichissent. Il est très intelligent, il a une sensibilité de peintre, d’observateur. J’ai adoré faire ce film avec lui.

Comment avez-vous réussi à sortir d’un tel rôle?
Ce fut un tournage éprouvant, j’étais très fatiguée pendant ce film car pour la première fois j’avais aussi ma vie à vivre. Sans entrer dans les détails, je n’étais pas seule puisque j’avais mon bébé. Donc ça a été éprouvant physiquement et je ne me suis pas rendu compte tout de suite que Stéphanie me manquait un peu. L’arrêt s’est fait brutalement et j’ai replongé immédiatement dans ma vie comme rarement cela m’était arrivé auparavant car je suis maman. Avant mon petit garçon, il n’y avait jamais eu quelqu’un de si important ayant besoin de moi comme ça.

Etre l’héroïne d’un grand film français, c’était une envie, un besoin?
Depuis La Môme, je me suis promenée dans des univers différents avec des rôles que j’ai beaucoup aimés, mais qui étaient essentiellement secondaires. L’histoire ne reposait pas entièrement sur mes personnages, et j’avais envie de retrouver l’intensité d’un rôle qui porte une histoire. Quand, en plus, c’est proposé par Jacques Audiard, c’est une chance! C’est inouï de travailler avec l’un des plus grands réalisateurs français!

Vous inspirez les plus grands. Pour preuve, vous venez de tourner avec James Gray. Comment l’expliquez-vous?
Je ne sais pas quoi répondre à ça. Je suis très heureuse qu’ils aient envie de m’offrir des rôles. Je ne me pose pas la question de savoir si j’inspire des réalisateurs ou pas. J’apprécie tellement leur désir de me faire travailler que j’essaie d’être à la hauteur de ce qu’ils m’offrent.

Le film de James Gray fut une belle expérience?
J’en reparlerai car je ne veux pas entrer dans les détails maintenant, mais je rêvais de travailler avec lui. Je connaissais un peu James sans imaginer qu’il aurait envie un jour de tourner avec moi. Quand il m’a demandé s’il pouvait écrire un film pour moi, les bras m’en sont tombés. La question était tellement hallucinante! Ce fut aussi une expérience unique car c’est un réalisatuer extrêmement fort, avec un univers personnel, très particulier. Et j’ai eu la chance de travailler aved Joaquin Phoenix, encore un acteur unique en son genre. Je profite de tout ça.

On vous verra aussi dans “The Dark Knight Rises” le 25 juillet…
C’est assez incroyable de se retrouver dans un Batman! J’étais très flattée que Christopher Nolan, ave qui j’avais tourné Inception, ait envie de retravailler avec moi. C’était la première fois que cela m’arrivait de faire deux films avec le même réalisateur et qu’il m’embarque dans une immense machine comme Batman. J’étais une toute jeune maman, c’est un petit rôle mais très joli. Je joue Miranda Tate, j’intègre Wayne Entreprise qui traverse une période tumultueuse car Bruce wayne est sous le choc de la perte de Rachel dans The Dark Knight. Je suis une des femmes qui va entrer dans sa vie. C’est tout ce que je peux en dire. C’est totalement différent, mais encore une fois avec un univers très fort. Aus Etats-Unis, il y a très peu de réalisateurs qui écrivent leur film, surtout quand c’est Batman, un énorme blockbuster. Mais Christopher Nolan a écrit le scénario, tous ses scénarios, c’est un réalisateur très particulier, impliqué dans l’écriture de chaque projet. Il a aussi une façon familiale de réaliser des énormes machines qui rend le tournage d’un blockbuster à taille humaine. Mais je n’ai pas d’éléments de comparaison car l’autre gros film que j’ai tourné, Inception, c’était déjà avec lui, et encore on ne savait pas qu’il allait avoir un tel succès, alors qu’il avait mis dix ans à le monter.

Vous allez retrouver un autre metteur en scène, celui des “Petits Mouchoirs”, pour le remake des “Liens du sang”, écrit aved James Gray…
Oui, et c’est d’ailleurs comme ça que j’ai rencontré James car Guillaume [Canet] est ami avec lui. C’est encore une fois un tout petit rôle, mais j’ai voulu expérimenter quelque chose de différent, avec une nationalité qui n’est pas la mienne car mon personnage sera une Italienne. C’est un autre travail passionnant.

Cette année, vous avez monté les marches. Vous n’aviez pu le faire en 2011 avec le film de Woody Allen ppour la plus belle des raisons…
Je suis tellement heureuse d’avoir un film en compétition à Cannes! Ce festival m’a toujours fait rêver. Alors monter pour la première fois les marches avec le film de Jacques Audiard est un grand bonheur.

Comment va cette merveilleuse raison un an après?
Merveilleusement bien! Merci.

Qu’est-ce que la maternité a changé en vous, dans votre façon d’aborder vos rôles?

C’est une très bonne question, mais c’est encore trop frais pour bien y réondre. Généralement, quand je tourne un film, je sors du personnage à la fin. Parfois, je m’y plonge entièrement, comme pour La Môme, où j’étais incapable d’avoir une vie normale à côté. Tout dépend du rôle, mais aujourd’hui, avec mon petit garçon, je n’ai pas le choix et j’en suis très heureuse. C’est très fatigant et en même temps ça me remplit d’énergie. Je n’ai jamais été autant épuisée que sur le film de Jacques mais paradoxalement j’ai rarement eu autant d’énergie dans ma vie de femme parce que la vie et l’amour sont les plus grands moteurs de l’existence.

Votre belle aventure chez Dior se poursuit aussi avec un nouveau film?
Mon histoire avec cette maison, je la chéris, je l’aime tellement! Elle évolue depuis trois ans et demi maintenant et je découvre chaque jour quelque chose de différent. J’ai une passion pour M. Dior lui-même et pour tous les gens qui ont dévoués à cette maison. Je suis heureuse et fière d’être dans la vie de Dior et que cette maison soit dans a vie. Cela m’a permis de découvrir l’univers de la mode qui était intimidant pour moi car je n’y connaissais pas grand-chose. Je ne soupçonnais pas la créativité artistique qui existait dans le monde de la mode. Jai aussi eu une rencontre très forte avec l’atelier et, comme on est restés un petit moment sans créateur, ça a aussi ouvert d’autres perspectives. C’était passionnant.

Avec une telle carrière, êtes-vous enfin un peu fière de vous?
Je ne sais pas, c’est compliqué de partager ça. Je suis heureuse de ce qui arrive dans ma vie. Etre fière de soi peux survenir de façon fulgurante et épisodique, c’est quelque chose qui ne reste pas et c’est tant mieux. J’ai envie de faire de mon mieux et c’est un métier qui me remplit tellement que je veux le lui rendre.

De rouille et d’os, de Jacques Audiard. Sur les écrans.

Marion Cotillard Talks Rust And Bone

from Empire Online / by Nick de Semlyen

Rust And Bone, Jacques Audiard’s follow-up to the acclaimed A Prophet, has recently been unveiled in Cannes (look out for our reaction soon) and today we sat down with its star, Marion Cotillard.

The actress plays a killer-whale trainer named Stéphanie, and in one of the film’s finest shots stands in front of the glass wall of a tank, making hand signals while a giant whale mirrors them on the other side. As it turns out, getting that shot in the can was far from easy.

“There were two whales and the first one went kind of mad at me,” says Cotillard. “It was the only time I was really scared and freaked out, even though I knew that the glass was totally secure. The whole crew was behind me, so it wasn’t the usual show for her, and she screamed at me with her jaws wide open. I got really scared.”

The narky sea-beast was hastily shown back to its trailer, and replaced with a more amiable killer whale called Valentin. This, apparently, was just a blip in an otherwise smooth-sailing part of the shoot.

“I was lucky to have a very strong connection right away with the whales,” Cotillard continues. “With Valentin, I was able to improvise — I would wave and she would wave back; I decided to tickle her nose and she would make the bubbles. She reacted to everything I proposed to her. It was amazing.”

Sadly, she refused to confirm whether Bane will be using irate orca to rain hell on Gotham in The Dark Knight Rises, remaining as tight-lipped about Christopher Nolan’s forthcoming trilogy-capper as the rest of its cast.

“I cannot say much, as you know, which is a good thing. I like to go to the movies without any information, then you have surprises. But as you saw from the last trailer, I get to kiss Batman.” And how was it? “How was it to kiss Batman?” she smiles, enigmatically, then mock-shudders. “Jeez…”

Or did she say, “Cheese”? Has Batman been eating gouda? SPOILER!

Rust And Bone is out in the UK later in the year, The Dark Knight Rises will be in cinemas July 20.

Marion Cotillard Talks Rust and Bone and Loving Her Baby Son Marcel

from Popsugar.com (US) / by Allie Merriam

Marion Cotillard is at Cannes this week chatting up her latest movie Rust and Bone. She wore Dior last night for the red carpet premiere of the film, and posed alongside costars Matthias Schoenaerts, young actor Armand Verdure, and director Jacques Audiard. The picture is ready for audiences after Marion and Matthias worked on it together last Fall in the South of France. Marion plays Stéphanie in the film, a killer-whale trainer whose life is changed after a tragic accident. So far, the Rust and Bone reviews are positive.

We caught up with the actress today at a press event this morning. Marion chatted about getting into the mindset to play Stéphanie, as well as about her career. She also touched on how life is different now that she’s a mom to 1-year-old Marcel, and whether or not she consults with her husband, director and actor Guillaume Canet, before making a big career decision. Marion also gushed about her Inception and Dark Knight director Christopher Nolan. She said:

• On motherhood changing her approach to work: “When I am in the character, it’s completely the character. But usually when I work, I create this environment — especially that most of the time I am out of Paris and France — so I can create a new apartment in a new house or a hotel room. I can create a special environment that I need. I will entirely go back to myself when the movie is finished . . . [but during production] someone is sharing my body and is there most of the time. With my son it’s impossible to take someone else home . . . There is this human being that I love more than anything, and who needs me.”

• On consulting with Guillaume before accepting a role: “It’s usually all for myself. If I need advice, I will obviously ask the people I love and the people I trust. Usually, I create my own little world and deal with it.”

• On it being easier to act in French: “To play in French is definitely less demanding than playing in English with Polish accent or Italian or even French accent. Simply because I don’t have to think about how I say the words. I don’t have to think about, ‘Does it sound French?’ Because it will obviously sound French! But I love working in English. It’s very, very interesting.”

• On being tough like her character, Stéphanie: “I definitely have strength . . . it would be a long conversation on how strength is manifested in yourself, but there’s very few things that — actually I don’t think there’s one thing I could think about that could put me down.”

• On working with Christopher Nolan: “I really love this guy. He’s so, so smart. He is such an amazing director and author. It’s very rare to work with a director in Hollywood, especially on big, big movies like Batman, who not only directs the movie but writes the script. It’s very, very unusual . . . It’s massive, but it’s also very, very intimate. I love this about him. He loves real things, real connections, real feelings.”

• On using her celebrity to spread awareness about the environment: “If you manage to spread what you think — because you think what you think is right — it’s a beautiful thing to meet people who are not aware. Because there are still people who are not aware of what we are going through and what the world is going through. It’s a good thing to share, and to change, step by step.”

The Many Faces of Marion Cotillard

from The Hollywood Reporter / by Stephen Galloway

From a mystery role in the “Dark Knight Rises” to a paraplegic whale trainer in “Rust and Bone,” the once-self-loathing actress known as France’s Angelina Jolie has Hollywood giving her the royal oui as she heads to Cannes for the first time.

Marion Cotillard heard from her CAA agent Hylda Queally in late 2010 that director Christopher Nolan wanted her for a role in his next movie. The French actress, of course, was ecstatic. “I’m like, ‘Wait a minute, his next movie is supposed to be Batman!’ And I’ve always been obsessed with Batman.”

Her heart sank, however, when she learned The Dark Knight Rises — the final part of Nolan’s Batman trilogy — would likely start shooting in May 2011, precisely when her first child, Marcel, with actor-director Guillaume Canet, was due. “I called Chris and said, ‘My God, I can’t do that!’ ” Luckily, Nolan — who already had worked with the star on Inception — was prepared to wait. ” ‘I’m writing now and nothing is impossible,’ ” the actress recalls him telling her. ” ‘We don’t know where we are shooting, and I’ll try to make it work.’ ”

The fact that one of Hollywood’s top directors was prepared to change his shooting schedule and maybe even his script for the most anticipated movie of 2012 — all based on Cotillard’s availability — was indicative of how big a superstar the 36-year-old has become in the four years since she won an Oscar for playing the tiny, gut-wrenching singer Edith Piaf (known in France as “the little sparrow”) in La Vie en Rose.

With a gentle, almost ethereal presence, Cotillard since has exhibited a screen persona that stands in stark contrast to the ferociously intense Piaf. But it has endeared her to major directors ranging from Woody Allen (Midnight in Paris) to Steven Soderbergh (Contagion) to Rob Marshall (Nine) to Michael Mann (Public Enemies). One of the few international actresses to have found success in America (fellow French stars Isabelle Adjani and Juliette Binoche have come and gone), Cotillard is a Hollywood favorite, having recently wrapped director James Gray’s still-untitled Ellis Island period piece with Jeremy Renner and Joaquin Phoenix.

“I knew she was a great artist,” says Mann, recalling how she boldly plunged into the dark realm of Chicago’s strip clubs to research aspects of her role as the half-French, half-Indian Billie Frechette, a bartender and singer who becomes involved with John Dillinger in Public Enemies. “But what I found with her was it’s all about the work, all about the commitment. Her energy evolves from this devotion to acting as an art. You don’t want anything else.”

Now she comes to the Cannes Film Festival competition for the first time, having been unable to attend last year for Midnight in Paris after giving birth. Her presence on the Riviera unites France’s No. 1 star with its foremost art house director, Jacques Audiard, whose previous film, A Prophet, was nominated for a foreign-language film Oscar in 2010.

Their joint effort, Rust and Bone, may sound trite — it’s the story of a young whale trainer (Cotillard) who gets into a terrible accident that leaves her paraplegic then becomes involved with a homeless fighter (Matthias Schoenaerts) — but given Audiard’s gritty, brutal style, nobody expects this to be Free Willy français. (The film had not been screened at press time. It will be released in the U.S. by Sony Pictures Classics this year.)

Rust has not been without controversy. Just two weeks before Cannes, the French blogosphere lit up after Cotillard told a French magazine, Obsession (a spinoff of the highly respected Le Nouvel Observateur), that she had shot the movie when she was still meant to be exclusively available for Knight.

Blog headlines such as “Marion Cotillard: Secrets and Lies in the Last Audiard” indicate how scrutinized the Angelina Jolie of France is. Of course, there are perks (a multimillion-dollar deal as the face of Lady Dior; almost $1.5 million a film, a gigantic sum in France) but also drawbacks. A female stalker was arrested by the FBI in August; Cotillard hasn’t seen her cat, Touftouf, in two years because she’s been working so hard; and she still isn’t used to the ever-present paparazzi. “I was 4-1/2 months pregnant and I went to this store in Paris. I was in the dressing room and looked at my belly, and they took a picture!” she recalls. “It was horrible. It really made me sick physically.”

She also admits she isn’t accustomed to having her words watched so closely. She was widely criticized for comments made on French television in 2007 that implied the World Trade Center was not hit by real planes: “I think we’re lied to about a number of things,” she said. “We see other towers of the same kind being hit by planes. Are they burned? There was a tower, I believe it was in Spain, which burned for 24 hours. It never collapsed. None of these towers collapsed. And there, in a few minutes, the whole thing collapsed.”

Cotillard now regrets her statements. “It’s kind of easy to say, ‘It was taken out of context,’ because people now think that’s a way to hide something,” she says, wrapping a shawl over her simple black T-shirt and satin pants — casual and with no makeup — to ward off the frigid air-conditioning. “It was totally stupid to talk about this on TV. It was not serious, and I really regret that I talked about such a painful subject for so many people in this very light way. I know people who lost family members or friends in this tragedy.”

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The actress started filming Knight in June 2011, working on and off until the fall in locations including Los Angeles, New York and Pittsburgh. She says there were long gaps when she wasn’t needed: “It was a very, very small role.”

Otherwise, Cotillard is coy about the picture, whose storyline has fueled pages of Internet speculation. All she’ll confirm is that, contrary to some fans’ belief, she does not play Talia, the vengeful daughter of Liam Neeson’s character, Ra’s Al Ghul (who also appeared in Batman Begins), and that she takes the role of Miranda Tate, an ecologically minded businesswoman who “is fascinated by Wayne Enterprises. They go through difficulties, and she wants to help provide the world clean energies. She’s a good guy.” But does she stay that way? “Yes,” she insists.

Cotillard’s commitment to Nolan left her unable to rehearse with Audiard, and she admits he was “sometimes not very happy” about that. “It was frustrating.”

Adds Audiard: “At one point, I was afraid. So I said to myself: ‘We don’t know each other; we don’t know the character she plays except in bits and pieces. Let’s make a virtue of this.’ That’s exactly what we did, and it worked.”

The actress had only encountered the director briefly at France’s Cesar Awards when he approached her for his film. With Marcel on hand, they met in Paris in the middle of last year to discuss the movie. As Audiard remembers, “We spoke for 18 seconds about the film, and the rest of the time we talked kids.”

Cotillard has a slightly different recollection: “It was very unclear for me who the character was. She was very mysterious.” To her surprise, rather than being bothered by this, “Jacques said: ‘Yes, I have the same feeling. When I start a movie, I never know who these people are.’ So we took the road together to find her.”

That road wasn’t easy. Cotillard had just days to prepare before Rust started shooting in the fall in Antibes, France. “I knew I wouldn’t have a lot of time to rehearse, and it was very disturbing to me because Jacques works a lot with the cast before he starts a movie,” she says.

It wasn’t only her fellow actors she had to worry about. There were killer whales, too.

“It was a very weird experience because I came back from the United States and was totally jetlagged,” she remembers. “I arrived directly in Antibes where their Marineland water park is. I’ve always had a repulsion going in a place where animals are in captivity. I had to work through my rejection of this world, which I still feel. But I had a job. And even though the orcas are as big as trucks, they’re animals, and you have a connection with them.”

Cotillard had to quickly improve her swimming skills: “Training in the Mediterranean was hard because I couldn’t use my legs and there were strong currents, and it was freezing in October.” And she had mere days to learn some of the simple whale tricks, such as looking in a certain direction while pointing, because “if you keep staring at her,” says Cotillard of her whale co-star, “she won’t move.” She felt guilty about withholding fish treats when the orcas didn’t obey her.

Following a fatal accident involving a whale trainer at Florida’s SeaWorld Orlando and another nonfatal incident at Marineland, Cotillard was never allowed in the water with the orcas, and the screenplay had to be altered as a result. At first, “The accident was meant to happen with me on the nose of the whale,” she explains. Now the whale erupts from the pool and strikes her directly.

She was surprised to find Audiard — who has a reputation for being intense and driven — less somber than she had expected. “He has this grin on his face all the time,” she says.

He was equally impressed with her: “The day we shot, it was no longer an actress that we had but a trainer of orcas. She blew me away.”

Three months after she began, following sleepless nights and trips back to the U.S., Cotillard was exhausted. “I was working all the time; my son was not sleeping,” she says. “Not sleeping, working, taking care of a kid — I had never been that tired.”

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Growing up, Cotillard was full of self-loathing: “I really didn’t know how I would spend my life. I didn’t like anything about myself — my looks, my personality. I was very, very angry.”

That persisted until a mini-intervention by her then-boyfriend when she was in her late 20s. “He would look at me and go, ‘Why are you hurting yourself, when it’s so easy not to be angry? Try another way.’ And I did.”

Born in Paris in 1975, Cotillard was brought up in the suburb of Alfortville, Paris’ equivalent of an inner city in the U.S. “I was living in an HLM,” the projects, she says. “I come from ‘la cite.’ That’s who I am. As they’d say here, ‘I’m still this girl from the Bronx.’ ”

Her parents, while not wealthy, both belonged to the theater: Her father started as a mime and then became a director, while her mother was an actress who worked with famed directors including Daniel Mesguich and Ariane Mnouchkine.

“I have very vivid memories of going with her to rehearsals,” Cotillard recalls. “I was fascinated. I always wanted to be an actress.”

Life changed as her father found growing success, working as a director and starting his own company, leading the Cotillards (including Marion’s younger twin brothers) to abandon Alfortville for the countryside near Orleans, some 80 miles outside Paris. Suddenly, she was an outsider. “We were in a huge house and it was beautiful, but that was a totally different world,” she explains. “I was ‘The Parisian,’ even though I was not coming from Paris.”

She longed to act, and started doing so while still in her teens, then moved to the capital, where she lived in a run-down area near the Gare du Nord train station, surviving on occasional acting jobs such as My Sex Life … or How I Got Into an Argument and the comedy La Belle Verte (both from 1996), and by making colorful key chains that she sold to candy stores.

In her 20s, she got her first big break as the hero’s girlfriend in the 1998 action-comedy Taxi. It was followed by her Cesar-winning role as Tina Lombardi in 2004’s A Very Long Engagement — and finally, in 2007, the movie that made her name: La Vie en Rose.

Called La Mome or “The Kid” in French, the film tells the story of Piaf’s arduous life from growing up in a brothel to becoming a singer to losing her great love in an airplane crash to becoming a morphine addict. Making the movie created a battle for its director, Olivier Dahan, who insisted on having Cotillard in the lead before she was a bankable name. With a tight schedule, she rarely slept during the shoot.

“A very good friend told me, ‘Well, Edith Piaf wouldn’t sleep at night, and maybe that’s why you’re not sleeping,’ ” she notes. “Maybe. But I would sleep during the makeup sessions and I was kind of happy when they lasted five hours!”

Roger Ebert called Cotillard’s performance “extraordinary,” and the Oscar turned her from a working actress into a celebrity.

“She is alive to the world, to a neighborhood, to an ambiance,” says Mann. “She just goes on an adventure with you.”

That adventure has included pictures like Nine (Marshall’s version of Fellini’s 8-1/2) and Inception, which followed an intense immersion course in English, when she found Hollywood eager to meet this bright new star. But it also led to a career that has taken her away from home for long periods of time — making our meeting place, New York City’s NoMad Hotel, all too appropriate.

Having a child and being part of a family “redefines your priorities,” she says, while noting the trio are spending six months in New York. She has divided her time between the U.S and France for much of the past couple of years and would like that to change. “But I never know in advance where I’ll go next.”

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After finishing Rust and Bone, Cotillard only had a few weeks off, during which she had to learn Polish to play an immigrant in the James Gray project and cook for 10 people every day, since “My family couldn’t come all together, so we had three Christmases. Basically, I cooked all the time.”

She did this while pursuing an interest in singing (she’s part of a rock band, Yodelice); devouring books including recent favorites Musicophilia by Oliver Sacks and Extremely Loud and Incredibly Close by Jonathan Safran Foer; and sticking with her commitment to the environment.

Some years ago, Cotillard toyed with abandoning acting to become an environmental activist. She decided she had to stick with her first passion, but her commitment to the environment has led her to work with Greenpeace, and in 2010 she went to Congo, which has the second largest rainforest on earth and is in danger of devastation from industrial logging.

“The first days, I was totally depressed,” she says. “I thought, There’s nothing we can do to save this forest. But now I think we can change things, if we really want to.”

Her work for now must come first. Just a few days after our April 27 meeting, she was scheduled to start shooting her next film, Blood Ties, a crime drama set in 1970s New York, directed by Canet, whom she met in 2003 when they worked on Love Me If You Dare. Initially friends, they have been together for the past five years, since his divorce from actress Diane Kruger; he directed Cotillard in the upcoming Aug. 24 release Little White Lies.

She’s struggling to learn Italian for their new movie — with a Brooklyn accent, to boot. “I don’t know why, but it’s very difficult for me,” she admits in her nearly flawless English. “And I am always very scared that I won’t be good enough.”

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7 FAVORITE FILMS

The Great Dictator (1940)
It’s a Wonderful Life (1946)
I Am Cuba (1964)
The Party (1968)
The Elephant Man (1980)
The King and the Mockingbird (1980)
Tandem (1987)

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