Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
May 20, 14   Mia   0 Comment French Press

Published in: () on 14 May, 2014 by View Scans

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Elle est magistrale dans Deux jours, une nuit, le thriller social des frères Dardenne présenté en sélection officielle au Festival de Cannes. Confidences d’une star des performances, militante écolo, égérie Dior…

Une fin d’après-midi près de Saint-Germain-des-Prés, lady Oscar, simple et nature comme une “fille d’à côté”, raconte pour L’Express Styles ses vingt années de cinéma, ses rêves réalisés et ce nouveau film, Deux Jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne (La Promesse, Rosetta), qu’elle porte de bout en bout. Marion Cotillard incarne Sandra, une mère de famille, ouvrière dans une usine de Seraing (Belgique), menacée de perdre son emploi. Ses 16 collègues ont le choix entre empocher une prime et entériner son licenciement ou y renoncer afin qu’elle garde son travail. Sandra a un week-end pour les convaincre un par un de voter pour son maintien. Dans ce film où elle est de tous les plans, Marion Cotillard est bouleversante. Ecoutons-la.

Deux Jours, une nuit était un film risqué

Tout comédien aspire à se dépasser et, pour cela, tourner avec les Dardenne est un terrain de jeu formidable. A la lecture du scénario, j’étais emballée de me lancer dans un film où l’on a souvent les mêmes dialogues à jouer, mais avec des nuances, avec les montées et les descentes émotionnelles du personnage. Quand ils m’ont annoncé qu’ils allaient tourner ces scènes par plan-séquence, c’était un autre risque. On a répété durant un mois dans les décors avec les acteurs, avec les costumes, pour chercher la mise en place. Une des premières choses qu’ils m’ont demandées a été de perdre mon accent parisien mais sans pour autant prendre un accent belge. Alors, je me suis mise à écouter, à disséquer. J’ai essayé de trouver un rythme, une musicalité, une teinte.

Les chansons de Goldman m’ont aidée à construire mon personnage

Le travail initial que j’entreprends au moment d’aborder un rôle, c’est de faire le vide à l’intérieur de moi. Des choses surgissent, et je les garde généralement lorsque j’en suis à cette étape disponible, car cela signifie qu’elles vont m’aider à extérioriser mes émotions. C’est un de mes moments préférés. Dans mon scénario intérieur, j’ai ainsi découvert que Sandra était fan de Jean-Jacques Goldman, et je me suis passé ses chansons pendant trois mois. Ses textes ont déclenché une partie de la biographie du personnage. Goldman m’est devenu très familier, moi qui écoute surtout de la musique anglo-saxonne.

Sandra est une véritable héroïne contemporaine

Elle s’est sortie d’une dépression, pensant avoir surmonté toutes les épreuves, et doit faire face à la plus grande: ne pas sombrer à nouveau. C’est une véritable héroïne de notre époque, où l’injustice est devenue banale, où la dépression est mal vue, jugée mystérieuse, négative. Sandra a une vie assez simple et, comme nous tous, une immense complexité en elle. Qui d’entre nous atteint sagesse et plénitude, surtout dans la société actuelle? Explorer une partie de l’humain inconnue de soi à travers un personnage grandit. Je n’ai pas traversé de dépression, même si je m’en suis parfois approchée. J’ai une passion pour l’humain. C’est pour cette raison que je pratique ce métier.

J’ai toujours réfuté le mot “challenge”

Quand on me parlait de mes prestations en ces termes durant des interviews, je répondais toujours, et encore récemment, que je ne voyais pas les films ainsi. Mais à force de choisir des rôles tellement compliqués, je me suis demandé si je ne répondais pas à côté. Si je n’avais pas besoin de me prouver à moi-même -et peut-être aux autres- ma capacité à réussir l’impossible. Jouer dernièrement Lady Macbeth (de Justin Kurzel, avec Michael Fassbender) dans l’anglais de Shakespeare a été l’expérience la plus difficile -je ne trouve pas de mot plus fort- et éprouvante de ma carrière. Jamais, jamais je n’ai travaillé autant et dans une langue si magnifique avec tous ses doubles, ses triples sens.

Mes débuts remontent à vingt ans déjà

J’ai vécu ce dont je rêvais quand je voulais devenir comédienne. A l’intérieur de ce rêve qui en englobe beaucoup d’autres, il y avait celui d’investir des univers complètement opposés les uns aux autres. Après celui, naturaliste, des frères Dardenne, après Lady Macbeth, enraciné dans l’Angleterre de 1040, je serai une fois encore la Jeanne d’Arc d’Honegger et de Claudel, que j’ai déjà interprété deux fois en oratorio (en 2005 et 2012), mais cette fois-ci dans une version mise en scène. Cette pièce allie les deux choses les plus importantes de ma vie: le jeu et la musique.

Je ne suis pas une personne très expansive

Vers 2001, j’ai voyagé seule en Inde et j’ai rencontré un homme qui m’a hébergée et avec qui j’ai eu de longues discussions sur l’ambition, qui me semblait être un défaut. Je m’interrogeais sur ce besoin de reconnaissance alors que je n’étais pas une personne très expansive dans la vie et je ne le suis toujours pas. Par exemple, dans ma bande d’amis, certains ont davantage des personnalités de meneur. Moi, je ne cherche pas à être le centre de l’attention. Cet ami indien m’a simplement dit: “Si tu n’acceptes pas ce besoin d’être regardée, connue et reconnue, et admirée -aujourd’hui, encore cela m’écorche la bouche de dire ces mots à mon propos- eh bien, rien ne se débloquera jamais”. Petit à petit, j’ai décidé d’admettre et d’accepter ce besoin de reconnaissance.

Après Jeux d’enfants (2003), j’ai voulu tout arrêter

J’étais une comédienne qui travaillait, même si, pour être tout à fait honnête, j’avais envie de beaucoup plus. J’avais envie de La Môme, d’un rôle qui me transporterait -il m’a d’ailleurs transportée plus loin que je n’aurais imaginé. Je me souviens que j’avais un peu honte de vouloir davantage alors que certains acteurs n’avaient rien. Je désirais collaborer avec les cinéastes qui m’avaient fait rêver. Jusque-là, j’avais tourné avec des gens géniaux, mais que je découvrais en même temps que tout le monde. Je sentais que j’étais en train d’égratigner mon rêve, et comme je ne peux pas rester dans une position d’attente et d’espoir déçu, je me suis dit qu’il valait mieux couper net et me consacrer à mes autres passions. Et puis est arrivé un dernier rendez-vous, c’était avec Tim Burton, pour Big Fish.

L’écologie est l’un de mes combats

J’ai rencontré les gens de Greenpeace à un moment où je me sentais très seule avec mes croyances. Ils parlaient le même langage que le mien, enfin celui que j’avais envie d’entendre. J’aimerais m’investir davantage pour Greenpeace, mais je pense que pour être pris au sérieux, il faut se consacrer entièrement à une cause, comme Audrey Hepburn l’a fait. Tout ce que j’ai amassé d’idées, de connaissances, de projets autour de l’écologie est présent en moi et, un jour, je le ferai exister.

Etre glamour fait partie du jeu d’actrice

Cela me plaît de pouvoir jouer avec cette image, même si, parfois, elle me paraît étonnante. Le symbole du glamour, pour moi, c’est Greta Garbo. Ma mère l’adorait, il y avait un livre sur elle à la maison, on regardait ses films, La Reine Christine, La Dame aux camélias… Dans un autre genre, Louise Brooks a été l’une des premières stars à m’avoir marquée. Petite, j’avais même sa coupe de cheveux. Pour moi ces comédiennes symbolisaient la classe, le mystère vibrant et un côté avant-gardiste. Les visionnaires m’impressionnent.

Mon aventure avec Dior est très créative

Avant, la mode était un domaine complètement inconnu pour moi. En entrant dans la maison Dior, j’ai rencontré un artiste, John Galliano, découvert des créateurs. Ma collaboration a commencé par un projet cinématographique: des cinéastes allaient raconter avec moi une histoire de l’esprit Dior. J’ai d’abord demandé à Olivier Dahan (La Môme). Puis j’ai proposé le nom de David Lynch en n’y croyant pas beaucoup. Il a accepté. Enfin, j’ai rencontré une de mes idoles absolues, John Cameron Mitchell, qui a signé Hedwig and the Angry Inch (l’histoire d’une rockeuse transsexuelle), un de mes films cultes. Au fil des clips, j’ai imaginé des dessins animés pour lesquels j’ai écrit des chansons, on a réalisé des web-doc… C’est une aventure franchement créative.

Je recommande à tous la lecture du discours d’Harold Pinter

Je suis subjuguée par les gens qui savent écrire et exprimer leur pensée et leur vision du monde d’une manière brillante et fluide comme Harold Pinter [dramaturge le plus joué au monde, auteur du Gardien, du Retour, de Ashes to Ashes]. Je conseille à tous la lecture de son discours d’acceptation du prix Nobel de littérature, à Stockholm, en 2005. Cela s’appelle Art, vérité et politique. Tout est dit.






 

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