Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
May 20, 14   Mia   0 Comment French Press

Published in: () on 18 May, 2014 by View Scans

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Elle est époustouflante dans “Deux Jours, une nuit”, le très beau film de Jean-Pierre et Luc Dardenne en compétition à Cannes. L’actrice, qui met la barre toujours plus haut, mérite plus que jamais un Prix d’interprétation. On vote pour.

Vous rêviez de tourner avec les frères Dardenne. Comment avez-vous réussi ?
Marion Cotillard : J’avais un immense désir de travailler avec eux mais, pour moi, ils étaient inaccessibles. Ils ne tournent pas avec tout le monde, encore moins avec des acteurs connus et marqués dans la tête des gens par d’autres rôles. Quand ils m’ont proposé ce film, j’étais très surprise et si heureuse que j’ai eu du mal à y croire.

La première image du film vous montre de dos, répondant au téléphone. On comprend immédiatement que cette femme va mal. C’est inouï !
Marion Cotillard : Ce qui m’intéresse, en tant qu’actrice, c’est de travailler le personnage. Sandra que je joue ne peut pas avoir la même démarche et la même façon de se tenir que moi, nous ne sommes pas les mêmes et notre intimité rejaillit forcément sur notre attitude. On peut en savoir beaucoup de quelqu’un sans qu’il ouvre la bouche, juste en regardant sa manière de se comporter physiquement. Ce travail est vraiment quelque chose que j’aime faire. C’est une sorte de construction intérieure, on comble les vides, on retranscrit physiquement tout ce qu’on ignore du personnage. Je me suis inventé tout ce qu’on ne voit pas dans le film. Les frères Dardenne m’ont offert le rôle d’une femme qui est tellement loin de ma personnalité que je ne la connaissais pas et je suis partie à sa rencontre.

C’était un nouveau défi ?
Marion Cotillard : J’aime les personnages qui sont loin de moi, ça me permet d’explorer l’inconnu. C’est ce que je cherche dans les films que je choisis. Explorer un terrain nouveau qui va m’en apprendre un peu plus sur l’humain. Quand cet esprit de solidarité existe, tout le monde en sort grandi. La solidarité, c’est une des plus belles choses. Je fais ce métier parce que l’humain me passionne.

Sandra sort d’une dépression. Est-ce un état que vous avez connu ?
Marion Cotillard : C’est une maladie qui reste taboue. Des gens ont du mal à comprendre ce que c’est et portent des jugements. Certains diront : « Elle pourrait se mettre un coup de pied aux fesses ! Essayer d’être plus positive ! » Mais quand on est en dépression, tout est une montagne. Je suis quelqu’un de très combatif. Je n’ai jamais fait de « vraie » dépression. Je l’ai frôlée à certaines périodes de ma vie. Ça n’a pas duré très longtemps, mais j’ai compris ce que c’était de ne plus avoir goût à rien. Et quand c’est le cas, on n’est pas capable de se mettre un coup de pied aux fesses pour aller voir ses copains. C’est très compliqué d’en sortir.

On a envie d’aider cette femme, d’être à son côté. Elle est touchante…
Marion Cotillard : Oui, elle s’est sortie de cette dépression. Elle se relève, et puis elle doit subir un nouveau coup dur. Elle est licenciée un vendredi et va se battre le temps d’un week-end pour sauver son travail. En contrepartie de son départ, le directeur de cette petite usine promet une prime de 1 000 € aux ouvriers. Elle doit donc persuader un à un ses collègues de renoncer à cette somme. En même temps, avec les gens qui l’entourent et par la force qu’elle a en elle, elle va devenir une héroïne et surmonter tout ça. Les gens ne la laissent pas tomber bien qu’elle-même veuille parfois abandonner. Les personnages autour d’elle sont magnifiques.

Cette femme a deux enfants et un mari merveilleux, qui l’épaule jusqu’au bout !
Marion Cotillard : Oui, il l’aime d’un amour inconditionnel.

Elle a des principes et reste droite…
Marion Cotillard : Oui. Elle va se confronter à toute la misère des autres, sans que ça soit jamais misérabiliste. Elle ne juge jamais, même si parfois elle est en colère. Elle se sent inutile et se dit que personne n’a pensé à elle. C’est terrible de ne plus avoir de raison de vivre ! Je me suis sou- venue d’un fait divers, une employée s’était suicidée et avait laissé une lettre dans laquelle elle disait qu’elle se sentait « inutile » et qu’il valait mieux qu’elle parte. J’ai essayé de comprendre ce sentiment. Quand le film des Dardenne est arrivé, j’ai pensé que ce n’était pas un hasard si j’avais eu cette réflexion quelques mois plus tôt. Les sujets des frères Dardenne sont toujours très forts, en prise avec la société, mais ils savent les rendre très cinématographiques.

Qui fait quoi sur le tournage ? Jean-Pierre et Luc ont-ils chacun un rôle précis ?
Marion Cotillard : Ils se complètent totalement. Ils en parleraient mieux que moi, mais il y a une espèce d’osmose dans leur façon de travailler. Chacun fait tout. Je ne me suis jamais sentie aussi proche et autant en harmonie sur un plateau avec des réalisateurs. Je qualifie cette relation d’idyllique. C’est tout ce dont j’avais toujours rêvé dans une relation d’acteur à metteur en scène. Ils ont un niveau d’exigence tellement élevé. Ils travaillent énormément les détails, cela donne quelque chose d’authentique. Ensemble nous sommes allés au plus profond dans le jeu pour chercher l’authenticité qu’on retrouve dans tous leurs films.

On oublie que vous êtes Marion Cotillard. Vous ne jouez pas, vous êtes Sandra…
Marion Cotillard : C’est ce que je voulais atteindre. Je ne sais pas ce que l’on perçoit de moi. Je vois ou j’entends parfois des choses qui sont tellement loin de la réalité. Je ne m’attache pas à ces histoires d’image. Je ne désire pas qu’on m’oublie, j’essaie de devenir la personne que je dois incarner. Je joue sur la respiration, je trouve le corps et la voix de « l’autre ». Je ne veux pas disparaître, mais me transformer.

Vous prenez un très léger accent. Vous devenez un peu une « spécialiste »…
Marion Cotillard : Ça, c’était « le » risque. Je sortais de l’accent polonais de The Immigrant de James Gray et de l’accent italien de Blood Ties, le film de Guillaume Canet. Une des premières choses que les Dardenne m’ont demandées était d’effacer mon accent français. Je me suis interrogée sur ce que cela signifiait ! Je me suis donc dit qu’il fallait que je me fonde dans Seraing, en Belgique. Mais il était également hors de question de prendre un accent belge. J’étais donc face à une difficulté, n’y croyant pas moi- même. Il fallait que je trouve une teinte, une manière de dire les mots. Les mois de répétition m’ont bien sûr été très utiles. En étudiant la manière de parler des Belges, j’ai attrapé des petites choses qui me semblaient être « mesurées » et ne donnaient pas l’impression de trop en faire. Quand j’ai vu le film, c’était mon plus grand stress d’entendre cet accent que j’avais créé à l’écran. J’ai essayé de faire le plus sobre possible. J’ai beaucoup écouté parler Fabrizio Rongione, mon partenaire dans le film, et les enfants qui jouent avec nous. Au fil du temps, c’était devenu naturel quand j’étais dans le personnage. Je me souviens, sur le tournage, les frères me disaient parfois : « Là, tu fais trop l’accent liégeois ! » Du coup, je savais qu’il fallait que je le gomme, mais en même temps j’étais contente ! Ce n’est pas comme s’ils m’avaient dit : « Mais Marion, c’est quoi, cet accent ? C’est un accent belge ? »

Deux Jours, une nuit a été entièrement filmé en Belgique ?
Marion Cotillard : Oui, à Seraing. Là où ils tournent tous leurs films. C’était merveilleux, j’avais l’impression d’entrer dans un décor de cinéma. J’ai vu et adoré tout ce qu’ils ont réalisé. Ils ont réussi l’exploit de tourner des histoires complètement différentes les unes des autres, et tout ça dans la même ville, celle où ils sont nés. Ce sont des puits d’imagination. Pour moi, les Dardenne, ce n’est pas du cinéma d’auteur. Un jour, en répétition, ils se sont retournés vers moi et m’ont dit : « Nous, on parle toujours des spectateurs. » Je leur ai répondu : « Vous ne pouvez pas savoir comme ça me fait plaisir. Le peu de fois où j’ai essayé d’évoquer le spectateur avec d’autres réalisateurs, on m’a envoyé bouler. » Pourtant, on fait quand même les films pour eux. Moi, je ne m’en fous pas ! Chez les frères Dardenne, quand le spectateur pense avoir compris quelque chose, il découvre un monde en réalité complètement différent. C’est magique et c’est ce qu’on veut au cinéma !

Malgré la gravité de la situation, Deux Jours, une nuit est un film positif…
Marion Cotillard : Oui, c’est un peu contre l’injustice sociale : Sandra se bat et se débat, puis en ressort grandie. C’est lumineux. Quelle que soit l’issue, qu’elle garde ou non son travail, on devine que, de toute façon, elle est sauvée.

Vous avez vu le film ? Qu’en pensez-vous ?
Marion Cotillard : C’est toujours étrange le premier visionnage. Il y a trop de stress, trop de peur. La première fois que je vois les films dans lesquels je joue, je n’arrive pas à les « regarder » tels qu’ils sont vraiment. J’ai besoin d’une seconde fois pour vraiment m’en imprégner. C’était un film sur lequel on a pris des risques. Chaque scène est en plans-séquences. A la première vision, j’ai les yeux brouillés, les oreilles qui chauffent

Vous êtes, cette année encore, en compétition à Cannes. Vous y étiez pour De rouille et d’os, de Jacques Audiard, il y a deux ans, The Immigrant, de James Gray et, hors compétition, Blood Ties, de Guillaume Canet, l’année dernière. Vous aimez ce Festival ?
Marion Cotillard : J’ai pris un abonnement pour le Festival de Cannes ! Je n’étais jamais allée en compétition avant le film de Jacques Audiard. Là, ça fait trois ans de suite que j’y suis. Je le vis extrêmement bien. Le Festival a pris une autre dimension pour moi, qui était finalement sa vraie dimension. Quand j’ai monté les marches à Cannes au côté de Jacques, j’ai eu l’impression que c’était la première fois. J’ai une émotion sincère chaque fois. Je suis émue de participer à ce Festival où il s’est passé tellement de choses. Ça reste quand même un endroit où les films, qui n’ont pas forcément de visibilité, trouvent une vitrine. Je suis très fière d’y aller pour la troisième fois consécutive.

Le Prix d’interprétation est un des rares qui vous manque. Vous le méritiez tant pour De rouille et d’os
Marion Cotillard : Il ne faut pas faire les films pour ça. Le plus important, c’est que le film soit vu et apprécié. C’est un jury, ce sont aussi des questions de goût. Ce n’est pas comme s’il y avait des milliers de personnes qui votaient, ils ne sont que sept.

Cannes, c’est aussi une façon de marquer l’anniversaire de votre fils, Marcel, né en mai 2011 !
Marion Cotillard : C’est super ! C’est le bordel, mais c’est super ! C’est drôle : la première fois où je devais monter les marches du Festival de Cannes, en sélection officielle, pour Midnight in Paris de Woody Allen, j’étais enceinte et je n’avais pu y assister. Depuis, je suis nominée tous les ans.

Vous venez de terminer le tournage de Macbeth en Ecosse…
Marion Cotillard : C’est le film le plus difficile de toute ma carrière. Je ne sais pas trop quoi en dire pour l’instant. Le niveau de difficulté m’a paru presque insurmontable. Souvent, en interview, on me dit : « Vous aimez relever des défis avec les films que vous choisissez de tourner ! » Avant, je répondais non. Sur le tournage de Macbeth, je me suis demandé si finalement les journalistes n’avaient pas raison et si je ne me lançais pas inconsciemment des défis. Je ne pouvais pas faire de choses aussi dures. C’était fou de complexité. J’espère ne pas avoir choisi quelque chose finalement de trop ardu pour moi.

Vous avez toujours été très exigeante…
Marion Cotillard : Oui, c’est vrai… Comme je vous l’ai dit, je ne vois pas les films comme des « challenges ». Je n’y vais pas en me disant que je vais relever un défi. Mais finalement, je me demande s’il n’y a pas un peu de ça. Je passe des centaines d’heures avec des coachs pour prendre des accents. Ils m’aident à comprendre les textes en anglais, comme pour Macbeth parce que l’anglais de Shakespeare est très littéraire. Ça génère un stress qu’il faut accepter. J’ai eu du mal à gérer la pression sur Macbeth. Trop de stress tue un peu le plaisir. Quand je joue, j’ai envie d’avoir du plaisir. Je sais que je serai contente de l’avoir fait quand je l’aurai vu, et quand j’aurai apprécié ma prestation. Je ne veux pas juste fournir un travail « correct », je suis très exigeante avec moi-même, et je suis dure dans mes jugements. Même la plus mauvaise critique qu’on pourra m’adresser sera très au-dessous de la façon dont je peux juger moi-même mon travail.

Après ces performances, vous avez envie de vous tourner vers quel type de rôle ?
Marion Cotillard : Je n’ai aucun projet. Je crois que ce sera ma première vraie pause. Quand je fais un film, je vis avec le personnage que je joue. Là, je ressens le besoin de souffler. Surtout après ces deux films.

Combien de temps vous faut-il pour parvenir à sortir d’un rôle ?
Marion Cotillard : Ça dépend. Sur la Môme, j’ai eu une expérience assez particulière. Je me suis aperçue que le personnage ne me quittait pas, et ce, pendant des mois. J’ai cherché des moyens de laisser aller Edith Piaf. Maintenant, je suis assez bien rodée, j’ai trouvé des astuces. A la fin du tournage des frères Dardenne, je pensais être sortie du rôle : j’avais retrouvé mon fils, ma vie de famille. Mais je me suis rendu compte qu’il y avait un vrai nettoyage à faire. Il me faut une étape où je dois le « laisser partir », de la même manière que je l’ai laissé « entrer » auparavant. Je les aime, ces personnages, je m’attache à eux. Ils m’émeuvent.

Finalement, vous avez la chance d’avoir des milliers de vies…
Marion Cotillard : C’est vrai que je ne m’ennuie pas ! Je me suis toujours considérée comme une espèce « d’anthropologue des émotions » et j’adore ça. Sinon, je ne pourrais pas le faire, on ne s’épargne pas. J’aime l’humain à un point que ça me donne envie d’aller le découvrir.

Ce qui explique aussi votre engagement en faveur de l’environnement et votre enthousiasme pour Pierre Rabhi…
Marion Cotillard : Oui ! Tous ces humanistes… Je pense que nous allons évoluer vers cette conscience, cette manière de protéger ce que nous sommes. Nous subissons un rythme de cheval fou lié à la société de consommation, à la productivité… Mais le monde ne tiendra pas comme ça. On le voit bien : en 2014, rien qu’en France, des gens crèvent encore la dalle. C’est bien une preuve que l’humain n’a pas évolué. Tout le monde sait que ce n’est pas normal. On a assez de richesses pour faire vivre la terre entière. Nous sommes partis dans un système complètement ahurissant. J’aime les gens qui détiennent une sagesse. Je ne sais pas où ira l’humanité, mais moi, j’ai foi en l’humain et je pense que, par nécessité, on ira vers cette conscience. Ça serait intéressant de jouer un personnage qui est à la tête d’une multi- nationale… ça me rendrait sûrement dingue. Je ne sais pas si j’en serais capable. En même temps, j’aimerais bien « visiter » l’esprit d’une personne qui pense que les OGM vont sauver le monde, alors que pour moi c’est complètement l’inverse… C’est absurde et criminel. Ça me fascine presque. L’humain est vraiment incroyable. Il a encore tant à me montrer !






 

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