Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
May 15, 14   Mia   0 Comment French Press

Published in: () on 1 Jun, 2014 by View Scans

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Une fois de plus, elle sera un des frissons sensationnels de Cannes. Dans le nouveau film des frères Dardenne, l’actrice et égérie Dior est exceptionnelle en jeune femme se battant pour sauver sa peau au travail. Événement festivalier assuré et, ici, confessions intimes sans faux-fuyants.

Un vendredi, Sandra (Marion Cotillard) est licenciée d’une petite entreprise produisant des panneaux solaires. Le patron annonce aux ouvriers que, en contrepartie du départ de la jeune femme, ils recevront chacun une prime de 1 000 €. Mais Sandra décide de se battre, le temps du week-end, pour garder son job en tentant de persuader un à un ses collègues de renoncer à leur prime… Avec le talent, la subtilité et la force qu’on leur connaît, Jean-Pierre et Luc Dardenne ont déjà abordé, dans « Rosetta », le thème du chômage. Avec « Deux jours, une nuit », évènement cannois assuré, ils nous offrent une merveille de réalisme, jamais larmoyant, toujours au plus près de l’os de la vérité. Et jamais, sans doute, Marion Cotillard n’a été aussi près de l’épiderme d’un personnage. Elle ne joue pas, elle se fond en Sandra, pour nous livrer quelque chose de si intime, allant fouiller loin au fond d’elle-même, si bluffante que le spectateur reste partagé entre le trouble et l’admiration. Rencontre parisienne, dans une maison amie du 20e arrondissement, à peine rentrée d’un exténuant tournage londonien. Concentrée, précise, révoltée, honnête dans ses réponses parfois très personnelles.

Marie Claire : Il est rare que les frères Dardenne choisissent une actrice déjà très connue…

Marion Cotillard : Oui, c’est sûr que lorsque mon agent m’a annoncé qu’ils pensaient à moi pour un film, j’ai été surprise. Je ne pensais jamais recevoir une proposition de leur part. A notre premier rendez-vous, c’était limite bouleversant. Ce métier est fait de rêves qui se réalisent, et d’autres qui ne se réalisent pas. Mais quand le rêve auquel on ne pensait même pas devient réalité, c’est quelque chose !

Ils ont pensé à vous en écrivant le scénario ?

Je ne sais pas, c’est une question que je ne me pose jamais. J’ai juste envie de dire que, avec toute l’admiration, le respect et l’amour que je porte aux réalisateurs avec lesquels j’ai travaillé, ce tournage est le plus beau de ma vie. Et je ne l’ai jamais dit pour aucun autre film.

Qu’est-ce que vous avez en commun avec Sandra, votre personnage ? La volonté ?

Oui, même si, très honnêtement, je ne sais pas si j’aurais eu le courage de faire ce qu’elle fait. Il y a aussi la difficulté d’être dans la confrontation, ce qui est parfois extrêmement handicapant. Cette incapacité à m’opposer à l’autre. Le conflit est très compliqué à envisager pour moi, car c’est lié à la peur du rejet, du refus. De l’abandon.

A la place de ceux qui doivent décider s’ils votent pour la réintégration de Sandra ou s’ils préfèrent empocher les 1 000 € de prime, qu’auriez-vous fait ?

Je ne sais pas. Quand on a des enfants, qu’on est dans une situation difficile, un sou est un sou… et 1 000 €, une somme énorme. Si j’étais une amie de Sandra, il y aurait de grandes chances pour que je l’aide, mais si je n’étais pas proche d’elle et que, dans la balance, il y avait ma famille, mes enfants… peut-être que j’aurais voté contre elle. Par contre, je pense que je me serais laissé convaincre par Sandra et que j’aurais été touchée par cette histoire.

Vous suivez l’actualité ?

Forcément, la question du chômage interpelle, quand on sait qu’on n’a pas encore trouvé de moyen de l’enrayer. Il y a des solutions qui ne sont pas employées parce qu’on est dans un monde d’ultra-consommation et de profits. Tant qu’on acceptera ça…

Vous seriez plutôt dans un état d’esprit « slow down » ?

Oui, bien sûr. Bon, ralentir est un mot qui fait un peu peur. Je préfère dire : user différemment. Le fait qu’aucune gouvernance mondiale ne nous pousse vers les énergies renouvelables montre bien qu’on est « tenu par les couilles » ­ passez-moi l’expression ­ par des industriels n’ayant aucun intérêt à ce que les choses changent. Cet aveuglement suicidaire bouffe ceux qui n’y sont pour rien.

On vous a proposé de vous engager politiquement ?

J’ai eu des appels du pied de la part de partis politiques, mais je ne vois pas l’intérêt d’y entrer, étant donné que je n’ai pas l’impression que ça serve à grand-chose. Ça fait cliché de le dire, mais les seules personnes qui peuvent faire changer les choses, ce sont les citoyens eux-mêmes. Mon engagement est dans ma vie au quotidien. Il n’est pas assez remarquable pour être remarqué, mais je sais qu’un jour certains projets qui me tiennent à cœur verront le jour.

Vous êtes inquiète pour votre fils ?

Non, parce qu’il va grandir dans ce monde, de toute façon. Je fais tout pour qu’il ne me reproche pas, un jour, de n’avoir rien fait alors que j’ai la puissance de le faire. C’est pourquoi j’ai soutenu le programme éducatif de Maud Fontenoy dès le début. Je trouve ça intelligent, parce que c’est là qu’il faut sensibiliser les êtres.

Si vous n’aviez pas été comédienne, c’est vers là que vous seriez allée ?

Oui, absolument. C’est ce que j’aurais fait : travailler avec les enfants.

Si vous deviez vivre dans un seul endroit sans jamais le quitter, ça serait où ?

Une forêt avec la mer autour. Bon, allez, je dirais en gros la presqu’île du Cap-Ferret, en Gironde. C’est un lieu que j’ai découvert et qui est immédiatement devenu ma terre d’adoption. J’y vais autant que je le peux. J’ai eu un vrai coup de foudre. Il y a une énergie de la nature qui se dégage de cet endroit, qui est merveilleux et exceptionnel.

Avez-vous beaucoup d’amis, et qu’attendez-vous d’eux ?

Beaucoup d’amis ? Par rapport à une classe de collège ou à Facebook ? (Rires.) Je ne sais pas si j’en ai tant que ça. J’en ai de très chers, de milieux et d’âges très divers. J’attends d’eux qu’ils soient sincères, honnêtes, et qu’ils me fassent avancer sur plein de niveaux différents.

Vous est-il arrivé d’être déçue par des amis ?

Oui, bien sûr. Il y a des gens avec qui j’ai partagé un bout d’amitié, tout en sachant d’avance que ça ne durerait pas. Il y a aussi des chemins qui se séparent, dans un sens et dans l’autre. Là où je remercie mes amis, c’est qu’ils ont toujours été présents, alors que je ne l’ai moi-même pas toujours été. Quand je m’embarque dans un film pendant trois mois, tout mon temps libre est consacré à ma famille.

Difficile de concilier les emplois du temps lorsqu’on forme un couple d’acteurs, non ?

Oui, c’est sûr, c’est une des difficultés de notre métier. Il suffit de bien s’organiser, mais il y a des fois où ça n’est pas possible. Nous deux, on fait tout pour qu’il n’y ait pas de frustration.

L’absence est parfois bonne pour créer le manque et le désir…

Pas trop souvent ! Il faut faire attention à ce que ça ne se produise pas trop…

Quelles sont les qualités de Guillaume (Canet, le père de son enfant, ndlr) que vous admirez le plus ?

Pourquoi voulez-vous me parler de Guillaume ? J’en parle quand je fais des films avec lui, sinon je n’en vois pas l’intérêt. Là, ça me paraît bizarre, je ne suis pas douée pour ça. Non pas que j’essaie de préserver à tout prix mon intimité, mais il me faut une vraie raison pour que j’en parle.

Vous êtes égérie Dior. Quel est votre rapport à la mode ?

Dior m’a totalement éduquée dans le domaine de la mode, parce que, même si j’ai toujours aimé m’habiller, j’avoue que, encore aujourd’hui, je n’ai pas un discours passionnant ou très poétique sur la question. Par contre, j’ai fini par comprendre que la mode est non seulement un art, mais aussi une manière de s’exprimer. Je pensais que ce sujet de réflexion ne m’intéresserait jamais, alors que c’est tout le contraire qui se produit peu à peu.

D’une façon générale, le travail vous rend-il anxieuse ou de plus en plus zen ?

Anxieuse, malheureusement. Bon, je choisis des projets très complexes, qui me mettent dans des situations de stress parfois difficiles à gérer. La peur de ne pas savoir si je vais réussir un rôle est bien présente. Et, parfois, ne me quitte pas. Là, je rentre de Londres, où je viens d’achever le tournage de « Macbeth », et je ne rêve que d’une chose, dormir.

Quel est, selon vous, le mot le plus chargé d’espoir ?

Solidarité.

Et le plus chargé de désespoir ?

Je dirais trois lettres : OGM. Je ne comprends même pas qu’on puisse les envisager, et ça me rend furieuse quand j’entends leurs défenseurs expliquer qu’avec les organismes génétiquement modifiés on va éradiquer la faim dans le monde. J’espère juste que notre nouveau Premier ministre va être mesuré sur ce dossier. La préservation du vivant, c’est quelque chose qui pourrait me faire lever le poing très haut.

Justement, avez-vous jamais eu des envies de meurtre ?

Non. J’ai vraiment foi en l’être humain. Effectivement, il y a des gens perdus pour la cause… Mais de là à les tuer, non.

Lorsqu’on voit quelqu’un arriver à un tel sommet de célébrité et de reconnaissance, on se pose la question, de l’extérieur : quel est le mantra qui a guidé votre ascension ?

Je pense qu’on attire à soi ce dont on a besoin. Lorsque j’ai compris que mes pensées positives parvenaient à créer ma réalité, cela a tout débloqué. Auparavant, j’avais tendance à envoyer des énergies négatives. Pas néfastes, non, mais, disons, défaitistes. Quand je suis sortie de ce système de pensée, tout est devenu possible.

Qui vous a aidée ? Un guide spirituel ? Un psy ?

Ma mère, qui a le courage, dans sa vie, d’expérimenter toutes sortes de thérapies, et qui m’a offert de découvrir des moyens de trouver un certain bonheur. De guérir, aussi, les choses qui avaient à guérir en moi. Ma mère m’a permis d’avoir accès, à travers elle, à des moyens de réparer, de guérir. C’est quelqu’un d’extrêmement important dans ma vie et que j’adore. La personne la plus courageuse que je connaisse. Bien sûr, j’ai aussi vécu des moments compliqués avec elle, comme cela arrive à tous les enfants.

Quels sont, selon vous, votre plus grande qualité et votre plus gros défaut ?

Une de mes plus grandes qualités, c’est mon ouverture d’esprit et le regard que je porte sur les gens. Mon plus gros défaut ? Ma peur. Elle me fait ralentir par rapport à tant de choses… et elle est toujours là. C’est sans doute pour cette raison que je ne choisis pas des films faciles. Je pense que j’ai besoin de surmonter la peur en l’affrontant. Sans elle, je toucherais le bonheur plus souvent.

Si vous pouviez être quelqu’un d’autre ou autre chose, que voudriez-vous être ?

De l’eau. Parce qu’on va en manquer cruellement. Si ma transformation pouvait servir à quelque chose, ce serait déjà ça ! (Rires.)

A propos d’eau… Imaginez que vous êtes en train de vous noyer, quelles seraient les dernières images qui défileraient dans votre tête ?

(Rires.) Oh, mais elle est horrible, votre question ! J’imagine que je penserais quand même à ma famille. Ah, non, je ne veux pas me noyer ! En plus, franchement, ce serait une mort atroce… J’espère, de mon vivant, connaître de grands changements positifs par rapport à l’environnement. Une dernière image très positive du monde, ça ne serait pas mal non plus.






 

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