Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
May 14, 14   Mia   0 Comment French Press

Published in: () on 9 May, 2014 by View Scans

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Palme en vue : Marion Cotillard revient à Cannes en ouvrière combative dans « Deux jours, une nuit », des frères Dardenne. Un rôle dans lequel l’égérie Dior s’est glissée corps et âme. Rencontre passionnée.

Quarante minutes. Voilà ce que la production du film des frères Jean-Pierre et Luc Dardenne « Deux jours, une nuit » nous offre royalement. Quarante minutes d’entretien avec son actrice principale, Marion Cotillard. Alors, obsédé par le timing et quand on sait que le sujet du film en sélection officielle au Festival de Cannes est le combat mené par des ouvriers d’une usine de Belgique pour conserver une prime de 1 000 euros, on se pose la question. Combien de temps faut-il à Marion Cotillard pour gagner 1 000 euros ? Trois heures ? Plus, moins ? Et en quarante minutes, que gagne-t-elle ? La question posée d’entrée de jeu à l’une des actrices les mieux payées du cinéma français, couverte de récompenses et encensée par les spectateurs, ne la choque pas. Elle sait qu’interpréter une ouvrière menacée par le chômage tient du paradoxe. « Mais la vie d’une actrice, dit-elle, n’est faite que de paradoxes. » A l’écouter, à la voir se saisir à bras-le-corps des questions qu’on lui pose, on comprend que les frères Dardenne soient venus la chercher. La futilité, les minauderies ne sont pas son registre. C’est une bosseuse à la fois cérébrale et physique et, si son sourire est désarmant, son visage porte, dans le film, le poids d’un désespoir qui bouleverse.

Propulsée une fois de plus dans la compétition cannoise, Marion Cotillard retrouve en partie un rôle de fille du peuple qu’elle a déjà endossé. Dans « La Môme », d’Olivier Dahan, elle était Piaf née à Ménilmontant, dans « The Immigrant », de James Gray, elle était une Polonaise engluée dans les bas-fonds de New York. Cette fois, elle campe un personnage écorché, lancé dans un combat où mendicité et dignité se parasitent. Réussira-t-elle à convaincre ses collègues de renoncer à leur prime, ce qui lui permettrait de conserver son travail ? Affrontements, désillusions, bons et mauvais sentiments, renoncements, petitesse et grandeur d’âme font du film un road movie social dans les corons. « C’est un rôle tout en déséquilibre, dit-elle, dans lequel Sandra, mon personnage, finit par trouver sa place. Ce n’était pas seulement sa peur du chômage que je devais interpréter mais aussi son état dépressif. Or, je ne suis pas dépressive. Je n’ai jamais pris de Xanax de ma vie, mais j’en ai bien étudié les effets. » Personnage « sous médocs », Sandra vacille de scène en scène. « Je ne peux pas dire que j’ai découvert le milieu ouvrier avec ce film, car je suis née dans une famille sans fortune. Et si j’ai aujourd’hui un train de vie hors normes, si je ne connais pas beaucoup de gens qui gagnent aussi bien leur vie que moi dans mon entourage, j’ai quantité d’amis qui comptent leurs sous. Je ne suis pas coupée du monde. Je lis la presse, je m’intéresse aux crises sociales. La grande différence entre Sandra et moi, c’est que je fais ce que j’aime. Sandra rêvait-elle, enfant, de travailler en usine ? »

Bien que vêtue ce jour-là d’un beau pull Issey Miyake bleu turquoise mettant en valeur sa peau diaphane et ses beaux yeux, c’est en Dior – on le parie sans risque – qu’elle montera les marches cannoises. « Je n’ai pas eu à faire de différence entre le monde du cinéma et celui de la mode pour lequel je prête mon corps et mon visage. Grâce à Dior, j’ai continué à faire du cinéma. Nous avons tourné des films, enregistré un morceau de musique avec Franz Ferdinand, tourné des clips, développé une créativité tous azimuts. Mon aventure avec Dior, ce n’est pas qu’une histoire d’égérie, c’est une aventure pleine d’aventures, comme les poupées russes. Quand je leur ai dit que je souhaitais tourner avec David Lynch, je n’y croyais pas moi-même. Et ils ont accepté. Idem quand j’ai voulu jouer avec mon idole absolue, John Cameron Mitchell. Dior, c’est un terrain de jeux formidable. » Et quand on s’interroge sur l’étrangeté de la voir monter les marches en Dior pour défendre à Cannes un film sur la classe ouvrière, elle répond avec justesse : « Pose-t-on la question à un cinéaste de film d’horreur ? » Et puis, ajoute-t-elle : « Je n’ai pas interprété beaucoup de rôles hyper glamour… D’ailleurs qu’est-ce que j’ai fait comme rôles glamour ? Avec des belles robes, le genre de personnage qui ne ferait pas tache sur le red carpet? Peut-être dans “Batman” ? Mais Sandra en débardeur sur le tapis rouge, ça ferait désordre. »

Du haut de sa filmographie impressionnante et des récompenses qui ont salué son talent, Marion Cotillard reste lucide. « Je me bats avec moi-même. Chacun a ses démons. Cela ne se voit pas toujours, mais j’ai peur de beaucoup de choses, et je me dis qu’un jour, enfin, je saurai précisément de quoi. J’ai toujours eu peur des gens par exemple. Adolescente, je ne comprenais pas très bien ce qui m’entourait. La société elle-même, comment elle fonctionnait. Avec mes parents, les rapports ont toujours été extraordinairement sains, on pouvait tout se dire. Je n’avais pas vécu de désordres relationnels dans ma famille. Je les ai affrontés en en sortant. Quand je suis arrivée à la maternelle, le choc a été rude. Le monde me terrorisait. Je me revois dans la cour de l’école, solitaire, effrayée. » Pour cette raison peut-être, elle reconnaît que parfois, arrimée à des films par trop tragiques, endossant des rôles très noirs, il lui arrive de protéger son propre fils en s’éloignant de lui, le temps d’un tournage. « Je veux lui éviter d’être atteint par ricochet par les mauvaises ondes d’un film, celles que je porte avec le personnage que j’interprète. J’ai été très heureuse sur le film des frères Dardenne, bien que j’aie dû y passer mes journées en petite forme. Au retour, comme je suis maman, je devais gérer cet état. Faire face. Alors, quand c’est devenu trop dur, je me suis mise à distance. Jouer une dépressive, cela vous rend dépressive tout le temps, et, avec mon dernier rôle, sur le tournage de “Macbeth”, ça n’était pas mieux. »

Sans être fataliste, Marion Cotillard estime « que les choses vous arrivent quand elles doivent vous arriver. Heureusement, j’ai la capacité de prendre du recul ». Et s’il est une chose qu’elle ne craint pas, c’est la chute. « Les résultats, les récompenses, tout cela c’est du passé. Aujourd’hui, ce qui me met en joie, c’est d’être à Cannes à nouveau. J’ai vraiment découvert ce festival il y a deux ans. Quand on est une petite actrice avec pas trop de choses à y faire, on souffre à Cannes, c’est une trop grosse machine. Mais quand on y vient pour défendre un film, c’est extraordinaire. » Les frères Dardenne sont bien partis. Leur film est bon et ils ont, pour le défendre, une sacrée comédienne.






 

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