Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
May 08, 14   Mia   0 Comment French Press

Published in: () on 9 May, 2014 by View Scans

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La star oscarisée, l’égérie Dior so chic, la Frenchie planétaire, est aussi un bourreau de travail qui marche à l’absolu, au don de soi et aux défis. Le dernier en date ? “Deux Jours, une nuit”, le film des frères Dardenne en compétition à Cannes. Sylvie Testud, sa partenaire dans “La Môme”, qui signe ce portrait, est une fan de la première heure. Récit.

En 2000, quand on m’a invitée à Taïwan, j’étais très fière. J’ai dit à qui voulait l’entendre : « J’ai un film qui va sortir en Asie ! » À l’autre bout du monde, quelqu’un s’intéressait à mon travail. Une actrice qui passe les frontières, ça ne court pas les rues. Non, là, c’est sûr, c’était la classe. J’ai commencé une carrière en Allemagne, je tourne maintenant régulièrement en France, et voilà qu’à quelques encablures de la Chine on sait comment je m’appelle. Sans attraper la grosse tête, il fallait quand même souligner la tournure exceptionnelle que prenait ma vie, ma carrière. Après dix-sept heures d’avion, je suis descendue de la carlingue épuisée, prête à me glisser sous les draps d’un hôtel de luxe en plein cœur de Taipei.

« Bonjour, je serai votre guide, votre interprète pour ces cinq jours que vous passerez ici. » La jeune fille qui est venue m’accueillir m’a tendu trois pages pleines d’écritures : planning presse.

« Je vais vous conduire à l’hôtel, vous disposez de trois quarts d’heure pour vous rafraîchir, et nous avons rendez-vous pour la première émission de télévision. »

Quoi ? Mais elle est folle celle-là ! Ignorait-elle d’où je débarquais ? Je vais me coucher ! J’ai failli lui hurler au visage, malgré son amabilité, son sourire ravi.

« On adore recevoir des Français. Ils travaillent bien, ils défendent leurs films avec passion. Les Françaises sont tellement souriantes, tellement élégantes. Nous venons juste de recevoir “Marionne Cotilliarde” pour “Taxi 2”. Elle est belle ! » Ses yeux s’illuminaient en repensant à Marionne. Elle avait enchanté tout le pays. « Elle est si gentille, jamais fatiguée. » Je suis montée dans la voiture qui me conduira toute la journée. Je n’ai rien dit.

« Mairyon ! Mairyon ! » Treize ans plus tard, Marion Cotillard, dans sa sublime robe Dior, sur le red carpet du Festival international du film de Marrakech, se retourne. Elle sourit à celui qui la rejoint, alors qu’elle va bientôt se présenter devant les photographes qui l’attendent. Le monsieur qui l’appelait vient lui prendre le bras, c’est Martin Scorsese.

Elle salue rapidement Mads Mikkelsen, Noomi Rapace, et toute la délégation suédoise invitée pour l’occasion. Depuis l’Asie, « Marionne Cotilliarde », « Maryon Cothyâârd » ou (en français) Marion Cotillard a conquis plus d’un pays. Pas besoin d’annoncer ce qu’elle va tourner, c’est écrit dans les journaux du monde entier. Dans toutes les langues, dans tous les pays où se trouve un cinéma. Sans prendre la grosse tête, elle a de quoi s’enorgueillir de la tournure exceptionnelle que prend sa vie, sa carrière.

Les photographes hurlent son prénom plus fort que n’importe quel autre. Devant tout ce tumulte, difficile d’approcher. Je suis là, mais franchement, je n’ose pas trop ramener ma fraise. Je ne le connais pas, moi, Martin Scorsese. Je ne connais pas d’acteur suédois. Et puis tout le monde crie. Ça fout les jetons. Mairyon-Marion, elle, semble détendue.

Elle avancera dans quelques instants. Pas avant d’avoir salué la petite blonde qu’elle n’a pas vue depuis des lustres, mais à laquelle elle offre un immense sourire quand elle l’aperçoit un peu plus loin sur le tapis. Bon, ben, finalement, j’avance… « Salut, Sylvie. Martin, je te présente Sylvie Testud. Sylvie, je te présente Martin Scorsese. » Oh purée ! Faut pas me faire ça sans m’avoir prévenue ! J’ai les genoux qui se cognent quand il me tend la main.

Les photographes piaffent : « Let’s go, Mairyon ? » Elle n’a pas besoin de prendre la pose, elle brille. Avec sa peau claire, ses yeux bleu azur et ses cheveux sombres, elle est en passe d’être plus connue que Blanche-Neige. Est-ce qu’elle l’a joué, ce rôle ? Non ? Ben, faudrait que quelqu’un y pense. C’est sûr, ça ferait un malheur sur toute la planète.

Incontestablement, Marion Cotillard est devenue une star. Je pense à tous les films qu’elle a tournés en moins de dix ans, toutes ces récompenses, photos, couvertures de magazines, quand on m’appelle, six mois plus tard : « Marion sera bientôt à l’affiche de “Deux jours, une nuit”. Tu veux bien écrire quelque chose ? Elle est d’accord pour que ce soit toi. » J’aime beaucoup Marion, je vais faire de mon mieux, j’accepte. Une star. C’est bizarre quand on est actrice de penser qu’une autre actrice est une star. C’est pourtant ce qui me vient à l’esprit. Marion domine. Tout. Les lieux, les situations, les rôles, les metteurs en scène, la presse ! Peut-elle encore s’effacer au profit de son personnage ?

Je sors bouleversée de la projection du dernier film des frères Dardenne, « Deux jours, une nuit », sélectionné pour le prochain Festival de Cannes, où les deux Belges ont déjà récolté deux Palmes d’or. Une fois de plus, ils ne donnent pas dans la démonstration. Pas de frime. Une histoire simple mais poignante. Marion m’a embarquée, m’a émue, dans son rôle de jeune femme en situation précaire. Même si elle est une star, Marion est une actrice qui m’a fait croire à ses angoisses, à son impuissance malgré le courage face au monde impitoyable du marché de l’économie, de l’emploi, des licenciements.

Je sonne à la porte de son appartement à Paris. Je pensais qu’elle habitait Hollywood… Elle porte un sweat « SOS Fantômes », un jean et des ballerines. Ça alors ! Je m’attendais à une tenue plus, plus… Dior quoi.

La discussion commence. Marion s’assoit exactement comme elle s’asseyait lorsque nous tournions « la Môme ». Elle me parle exactement comme elle me parlait lorsqu’elle était Piaf, moi Momone, son amie, et que nous attendions dans la loge. Elle venait de passer cinq heures au maquillage, mais ne montrait aucune lassitude. Que faisait Édith Piaf pour se détendre ? Elle tricotait. Marion aussi. Pensera qui voudra, ce qu’il voudra, en la voyant penchée sur son écharpe, Marion vivait avec son personnage, comme son personnage, pour son personnage. Elle avait déjà été choisie par Tim Burton, Abel Ferrara, Ridley Scott, pourtant, c’était Piaf, sa vie. Avant n’avait pas d’importance, après non plus. Elle bossait quinze heures par jour. Tous les jours.

« J’ai peur que personne n’y croie », a-t-elle lâché un jour en se rendant sur le plateau. Pleine de doutes, elle est pourtant partie comme un bon soldat. Quatre mois à un rythme de dingue, à s’arracher les tripes. Elle riait, pleurait, hurlait sa douleur d’avoir perdu Marcel.

Lorsqu’elle a été nommée aux oscars, on était tous hallucinés. Au beau milieu de la nuit, nous avons appris qu’elle devenait la seule actrice française récompensée pour un rôle en français. Marion entrait dans l’histoire. Un conte de fées, c’est bien ça. Les récompenses pleuvaient. Marion dépassait absolument tout ce à quoi peut s’attendre une actrice. Combien de temps allait durer cette gloire ? N’a-t-on jamais couvert de lauriers un acteur, une actrice pour un rôle marquant et puis, finalement, le rôle si bien porté devient un fardeau…

Je relève les yeux sur Marion. Les plus grands metteurs en scène américains se la sont arrachée directement. Michael Mann, Rob Marshall, Christopher Nolan, Woody Allen, Steven Soderbergh, James Gray… Rien qu’en écrivant ces noms, ça me donne le vertige. Les plus grands metteurs en scène français, Jacques Audiard, Guillaume Canet, et maintenant les Belges surdoués, les frères Dardenne. Marion n’est plus Édith Piaf. Elle a su rester Marion. Elle a su investir d’autres rôles, tout aussi forts. Stéphanie dans De Rouille et d’os m’a personnellement beaucoup touchée.

« Tu n’as pas peur quand ces réalisateurs t’appellent ? » Je m’imagine avalant la totalité de mes ongles, si James Gray demandait à me rencontrer. Je m’imagine tombant à la renverse de croiser Leonardo DiCaprio, Joaquin Phoenix dans les loges.

« Je suis terrorisée, répond-elle. J’ai peur de les décevoir, alors je bosse. Comme une dingue. » Elle hausse les épaules, sourit. Et moi aussi. S’il faut un minimum de chance pour démarrer, il faut savoir la saisir, la transformer. On la verra bientôt dans « Macbeth », de Justin Kurzel, pour lequel elle a dû bien bosser. C’est dans la langue de Shakespeare, en élisabéthain, qu’elle s’exprimera ! Je sais de quoi je parle : au Conservatoire, je n’ai joué que quelques scènes en français et c’était déjà pas si facile. Si la chance ne s’était pas présentée à Marion, elle aurait su la contraindre. Je pars certaine qu’il n’y a pas de hasard dans sa vie. Je salue son petit garçon, sûre qu’il ne jette jamais sa canette de Coca par la fenêtre de la voiture. Sa maman, fervente supportrice de Greenpeace, trouve aussi le temps de militer pour notre planète. La seule cage dans laquelle elle ait jamais voulu entrer est celle, symbolique, destinée à apporter un soutien aux militants détenus en Russie.

Et Dior ? Avez-vous vu « Lady Blue » ? Après « Lady Noire », et « Lady Rouge », c’est David Lynch qui a réalisé cette campagne de pub, qui ressemble plus à un film qu’à un spot publicitaire. Parce que, là encore, si Marion a accepté d’être l’égérie de la marque de luxe, elle n’en reste pas moins à l’initiative des différentes œuvres artistiques – j’écris bien artistiques – qui en découlent. Ce ne sont pas des vêtements qu’elle porte, pas un sac qu’elle vend, c’est l’âme de la maison, de ses créations, qui l’inspire. Alors Marillionne-Mairyon-Marion est-elle une star, une actrice, une mère de famille, une citoyenne du monde, une femme amoureuse, une bâtisseuse, une artiste ? Peut-être pouvons-nous admettre qu’elle est tout à la fois.






 

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