Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Apr 26, 14   Mia   0 Comment French Press

Published in: () on 23 Apr, 2014

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Dans quelles circonstances avez-vous rencontré les frères Dardenne ?
Nous nous étions croisés en Belgique, sur le tournage de « De rouille et d’os », de Jacques Audiard. Une brève rencontre, entre deux ascenseurs. J’étais très impressionnée car je les ai toujours beaucoup admirés…

Quelques mois après la sortie de « De rouille et d’os », mon agent m’a appelée pour me dire que Luc et Jean-Pierre voulaient me proposer un film. Je n’en revenais pas. Pour moi, tourner avec eux revenait à accéder à l’inaccessible.

Pourquoi ?
Les diverses expériences que j’ai eues en tant qu’actrice m’ont ouvert des perspectives que je n’aurais pu imaginer. Mais les Dardenne restaient dans le domaine de l’inimaginable… Ce n’est pas dans leurs habitudes d’engager des acteurs qui ont déjà pas mal voyagé dans différentes sphères cinématographiques. Cécile de
France a travaillé avec eux dans « Le gamin au vélo », mais peut-être le fait qu’elle soit belge rendait sa collaboration plus logique que la mienne. Cela a donc été une surprise qu’ils me contactent. Et un bonheur absolu.

Comment définiriez-vous leur cinéma ?
Dans chaque film, ils observent la réalité de la société, et, simultanément, inventent une nouvelle aventure  de cinéma. Ils font des films d’auteur – plus auteurs que Luc et Jean-Pierre, c’est impossible ! – mais ils parviennent à échapper à toutes les catégories. Leur cinéma est absolument universel.

Quelle a été votre première réaction quand ils vous ont proposé le rôle de Sandra ?
Lors de notre premier rendez-vous, je bouillonnais ! J’ai tout fait pour bien me tenir, mais il a néanmoins fallu que je verbalise. J’étais intérieurement bouleversée qu’ils me proposent une collaboration et j’avais besoin de le leur dire.

Comment vous ont-ils présenté « Deux jours, une nuit » ?
Ils m’ont dit quelques mots sur les enjeux du film, mais j’ai vraiment découvert l’histoire de Sandra quand j’ai lu le scénario. J’ai vu quelle magnifique héroïne de la vie réelle elle était. Et quel formidable défi ce serait pour moi d’incarner cette femme qui rencontre chacun de ses collègues et tente de les faire revenir sur leur vote. Ce jeu sur les répétitions signifiait qu’il me faudrait travailler sur les nuances et les fluctuations.

Comment définiriez-vous Sandra ?
C’est une femme ordinaire, une ouvrière, qui connaît le prix des choses car elle n’a pas le choix. Elle comprend ceux qui ont préféré empocher la prime de mille euros plutôt que de voter pour son maintien dans l’entreprise. Nul ne sait ce qu’elle aurait fait à leur place et le film ne juge aucun personnage. C’est toute sa force.

Elle est aussi atteinte de dépression…
Elle va jusqu’à dire dans une scène : « Je ne suis rien ». Ce sentiment d’inutilité l’habite en profondeur comme il habite beaucoup de gens qui ne savent comment composer avec leur travail, ou son absence. J’avais été très marquée, quelques mois avant le tournage, par des articles et reportages sur le suicide au travail, ceux qui préfèrent en finir plutôt que d’éprouver ce sentiment d’inutilité. Le film, pour moi, faisait écho à ces événements qui m’avaient interpellée.

Comment se déroule concrètement le travail avec les Dardenne ?
Nous avons répété pendant un mois. Une phase très importante. Il s’agissait de travailler sur les mises en place, sur l’énergie des personnages, sur le rythme des scènes. Un travail d’autant plus complexe et essentiel que les frères tournent en plans-séquences. Il m’a fallu aussi – ce que j’appréhendais le plus – perdre mon accent français sans pour autant adopter un accent belge forcé, ce qui aurait été trop dérangeant. Ces répétitions m’ont permis de me sentir à l’aise dans le bain belge…

Le film évite à chaque instant le misérabilisme et la démonstration.
Les frères sont les maîtres de l’épure, il ne s’agit pas d’avoir des intentions de jeu, il s’agit d’être. C’est ce vers quoi je tends: même quand mes rôles se prêtent à la performance, j’essaye toujours de faire en sorte que l’on ne voie pas le jeu, mais que l’on soit avec le personnage et ses émotions. Quand on aime travailler ainsi, on ne peut rêver mieux que de bosser avec les Dardenne.

Comment dirigent-ils les acteurs sur le plateau ?
Grâce au travail accompli durant les répétitions, Luc et Jean-Pierre, sur le tournage, se concentrent avant tout sur le jeu des comédiens. Et là, leur exigence est totale, inégalable et inégalée… Ils travaillent tellement sur les détails qu’ils peuvent refaire et refaire encore. La vérité et l’intensité de leurs films est à ce prix. Ils m’auraient demandé de tourner 250 prises pour une scène, je l’aurais fait. Jamais je n’en ai eu marre, car jamais je n’avais été dirigée de la sorte.

Vous formez un couple très crédible avec Fabrizio Rongione.
Les répétitions nous ont beaucoup servi. Sur un tel film, il est nécessaire de ne pas se rencontrer le premier jour de tournage. Les répétitions nous ont permis de nous apprivoiser mutuellement. Fabrizio est un habitué du cinéma des Dardenne, il a joué dans la plupart de leurs films précédents. Il s’insère naturellement dans leur univers car il partage la même authenticité. Travailler avec lui sous le regard des frères était une grande chance pour moi.

Le rôle de Sandra est très différent de ceux que vous avez interprétés récemment aux Etats-Unis.
J’ai toujours rêvé de cette alternance, de cette variété. Je me sens extrêmement chanceuse de pouvoir ainsi changer d’univers. J’ai assouvi mon fantasme originel de jeune actrice : arpenter des territoires et des genres différents, avec de grands cinéastes.

« Deux jours, une nuit » restera-t-il un film à part dans votre carrière ?
Oui, c’est certain. J’ai déjà connu des expériences magnifiques, mais celle-ci a été la plus profonde et la plus idyllique de toutes. Jamais, je ne m’étais sentie ainsi accompagnée par un réalisateur, par deux réalisateurs. Avec Luc et Jean-Pierre, nous avons été complices du premier au dernier jour. Et à l’heure de l’ultime plan, j’ai été profondément triste de savoir que l’histoire, en tout cas cette partie, s’achevait.

Vous aimeriez donc retourner avec les frères ?
Quand ils veulent ! Ils n’ont même pas besoin de me soumettre le scénario, ce sera oui tout de suite. Dans l’avenir, je veux bien être leur nouveau Jérémie Renier ou leur nouveau Olivier Gourmet.

Vous retrouvez le festival de Cannes et la compétition, un an après « The immigrant », de James Gray.
Et deux ans après « De rouille et d’os », de Jacques Audiard. Monter les marches avec Luc et Jean-Pierre, qui ont fait vivre leur cinéma à Cannes, c’est magique pas moins… Ils m’ont embarquée dans une telle aventure cinématographique et humaine que rien ne peut me rendre plus heureuse que de me retrouver à leurs côtés au Festival.






 

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