Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Jul 04, 13   Mia   0 Comment French Press

Published in: () on 5 Jul, 2013 by View Scans

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de Madame Figaro (France) / par Richard Gianorio

L’actrice oscarisée tourne avec les frères Dardenne dans “Deux Jours, une nuit

Elle mène sa carrière avec passion et discrétion, et tourne cet été avec les frères Dardenne Deux Jours, une nuit. Notre invitée exceptionnelle, star à part, égérie magnétique de Dior, écologiste engagée, nous confie ses convictions.

Au dernier Festival de Cannes, le réalisateur James Gray, qui l’a dirigée dans The Immigrant, comparait Marion Cotillard à Renée Falconetti, Lillian Gish ou Louise Brooks, actrices du muet à l’expressivité exceptionnelle. C’est dire le compliment. À Hollywood, les Américains la voient telle qu’elle est : une star à l’éclat très particulier. Ses choix sont exemplaires et sa filmographie égrène les noms des meilleurs. Cette fois-ci, Marion Cotillard, qui a le goût des volte-face, s’est aventurée chez les frères Dardenne : dans la province de Liège – où elle s’est installée avec son fils Marcel, 2 ans, pour trois mois –, elle répète Deux Jours, une nuit, qu’elle tournera avant la fin de l’été. L’actrice fine, l’égérie Dior n’éclipsent pas un autre visage de Marion Cotillard : la militante écologiste. Son engagement n’est pas né de la dernière pluie, pour suivre une mode people : il préexistait à sa vie publique. Elle s’est investie auprès de Greenpeace, suit de près les actions de Maud Fontenoy et Tristan Lecomte, utilise son aura glamour pour prendre Pierre Rabhi par la main et lui offrir plus de visibilité encore. Interview autour de deux des axes de sa vie : les films et la protection environnementale.

Madame Figaro. – Vous voici du côté de Liège tout l’été, pour tourner Deux Jours, une nuit, le prochain film des frères Dardenne…
Marion Cotillard. – J’ai envie de leur dire merci à chaque instant. Je ne sais pas vraiment comment ils sont venus jusqu’à moi, je ne cherche jamais à savoir pourquoi les réalisateurs me choisissent. Ils avaient coproduit De rouille et d’os, c’est peut-être là qu’ils ont eu l’idée. C’est évidemment un film naturaliste, dans la veine de ce qu’ils font d’habitude, l’histoire d’une femme qui lutte pour ne pas perdre son emploi. Je ne suis ni maquillée ni coiffée, mais je ne fais pas du cinéma pour être glamour tout le temps : ce que j’aime, c’est aller dans la vie des gens, et avec les Dardenne, des humanistes, le voyage est particulièrement beau.

Faut-il du courage pour se remettre en question à chaque film ?
Dans ma vie, il m’est arrivé de faire preuve de courage : j’ai eu le courage de me relever quand j’étais à terre. C’est arrivé. Tout n’a pas été facile, j’ai fait face à des refus, des rejets ou des déceptions. Mais je trouve que le mot « courage » n’est pas vraiment approprié quand on parle des acteurs ; non, il faut relativiser. Ceux que je considère comme mes héros, eux, ont fait preuve de courage, que ce soit Wangari Maathai (activiste kenyane et prix Nobel de la paix en 2004, NDLR), qui a mené son combat écologiste et politique contre vents et marées, mettant à plusieurs reprises sa vie en danger, ou Aung San Suu Kyi, qui se bat pour son peuple au prix de sa liberté sans que jamais sa foi ne faiblisse. Au cinéma, les gens courageux sont ceux qui parlent et racontent des histoires alors que leur pays leur interdit de le faire. Golshifteh Farahani est pour moi une actrice courageuse, parce qu’elle se confronte au jugement de l’Iran qu’elle a été poussée à quitter pour continuer à témoigner, à travers le cinéma, du monde dans lequel on vit.

Vous êtes une des rarissimes Françaises à travailler beaucoup en amont. Les actrices françaises, contrairement aux américaines, ont la réputation d’être paresseuses…
Écoutez, c’est un vrai métier : plus on travaille, plus on prépare, plus on découvre et plus on s’enrichit. J’ai toujours respecté et valorisé le travail. Les acteurs que j’admire le plus sont de grands bosseurs. Nous avons en France des actrices magnifiques qui s’investissent corps et âme dans leur travail. Je pense par exemple à Léa Seydoux, qui me bouleverse et dont j’attends chaque film avec impatience ; aux États-Unis, Jennifer Lawrence est tellement inspirante, elle peut tout jouer. Sans travail, un acteur ne peut pas donner toute sa dimension à un personnage. C’est mon éducation qui m’a donné le goût du travail : mes parents étaient acteurs de théâtre. Mon père m’a toujours dit : « Le don ne suffit pas. Si on ne travaille pas, le jeu s’épuise… »

Comment choisissez-vous vos films ?
Je vais là où j’ai l’impression d’avoir ma place. Il n’y a aucun plan, aucune ligne tracée : je resterai toujours dans un ébahissement face à ce chemin d’actrice qui m’a été offert. Cependant, je n’accepte pas un film si le réalisateur est là parce qu’il en faut un. J’ai besoin d’une vraie relation avec un metteur en scène. Si c’est pour me débrouiller toute seule, avec personne aux commandes, cela ne m’intéresse pas. C’est la raison pour laquelle j’ai refusé quelques blockbusters américains. Les deux seules grosses machines auxquelles j’ai participé sont Inception et Batman, mais Christopher Nolan est un auteur qui n’a rien d’interchangeable. Et puis, il y a des films que j’ai refusés parce que la vie l’emportait et qu’elle sera toujours plus forte que les films… Longtemps j’ai cru que le cinéma était plus intéressant et plus important que ma vie, mais c’est faux, même si ma vie sans les films aurait moins de saveur.

Actrice oscarisée, chanteuse par intermittence, égérie Dior… et militante écologique engagée. Comment passe-t-on d’une conscience à un acte militant ?
J’ai rencontré les gens de Greenpeace et nous parlions la même langue. Puis je me suis passionnée pour Pierre Rabhi, Théodore Monod, Albert Jacquard, Jean-Marie Pelt, Wangari Maathai ou Hubert Reeves : leurs livres m’ont nourrie et éduquée. J’ai acquis un bagage de connaissances que je souhaite partager. Mais je ne suis pas aussi militante que j’aimerais l’être, je n’ai rien à voir avec les gens qui ont voué leur vie à la cause. Ce qui est sûr, c’est que je suis une vraie militante dans ma vie de tous les jours, une très bonne élève, et si j’ai parfois l’impression de négliger le navire, j’y reviens toujours. J’aimerais prendre plus de temps pour aller sur le terrain. Je me suis rendue au Congo avec Greenpeace, et un voyage au pôle Nord est prévu. J’aimerais aussi aller rapidement dans la forêt amazonienne avec Tristan Lecomte.

Que pensez-vous de la mode people du green ?
Tout le monde a récupéré le mouvement, et certaines célébrités se sont parfois exprimées sans rien connaître au sujet, s’en sont servies pour l’abandonner peu après. Les convictions de façade et les donneurs de leçons ne servent à rien. Mais il y a beaucoup de gens sincères qui accomplissent des choses formidables : ce que fait The Honest Company, par exemple, est vraiment bien.

Êtes-vous optimiste ?
J’ai envie de l’être, mais je suis consternée par la lenteur ambiante : on ne prend aucune mesure radicale alors que tant de choses sont en péril. On pourrait sans doute inverser la vapeur, mais la dictature de la rentabilité fait que personne ne fait rien pour que la population intègre l’urgence des décisions à prendre. On vit dans une société d’intérêts qui ne voit pas d’intérêt dans la préservation. Je pense à nos enfants : ce sont eux qui vont subir. J’ai peur qu’un jour ils n’aient à nous faire des reproches : « Pourquoi n’avoir rien fait quand il était temps ? »

La France est-elle à la traîne ?
Nous sommes très en retard. L’écologie est un sujet politique… puis cela ne l’est plus ! Cela varie suivant les opportunismes de chacun. La politique n’insuffle aucun élan et ne délivre aucun message clair. Des promesses sont faites, puis on n’en entend plus jamais parler. Il y a une sclérose. J’espère qu’un réveil citoyen se produira, car je crains qu’il ne faille rien attendre des politiques. Ou alors il faudrait peut-être qu’ils comprennent que l’écologie, cela peut aussi rapporter, c’est juste une autre façon de consommer. Pierre Rabhi ou Hubert Reeves parlent remarquablement de tout cela : il faut les écouter. Je comprends que les Français aient d’autres préoccupations, mais il est urgent de parler, de mettre en garde, d’alerter, et surtout d’éduquer. La perte de grandes richesses naturelles, l’uniformisation des goûts est terrible. S’éloigner de la Nature, c’est s’éloigner de nous et c’est vraiment dommageable…

Mes 6 écocommandements

S’éduquer. Et se tenir informé des avancées ou des hérésies en matière d’environnement. L’ignorance est impardonnable dans nos sociétés civilisées : l’information est un devoir.
Recycler. En France, rien n’est fait pour qu’on recycle convenablement. D’une ville à l’autre, c’est très flou. C’est même parfois le foutoir.
Ne pas gaspiller l’eau. Je ne prends jamais de bain.
Choisir une voiture moins polluante. Beaucoup de marques commencent à faire des efforts. Je conduis une Infiniti hybride.
Manger local et de saison. Je suis évidemment locavore, même si je consomme du quinoa qui vient du Pérou. Plus on se sert chez de petits producteurs, mieux c’est, même si les marchés bio sont parfois plus chers.
Pour le ménage, je suis irréprochable. Jamais de lingettes. Je peux tout faire avec du vinaigre blanc.






 

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