Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Aug 01, 12   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

Tweet about this on Twitter0Share on TumblrPin on Pinterest0Share on Facebook0

de Vogue Paris / par Carole Sabas

Actrice à fleur de peau, Marion Cotillard enchaîne ses rôles avec passion et finesse. D’ingénue à star internationale, il n’y a eu qu’un Oscar et une poignée de blockbusters aux côtés des plus cool gentlemen d’Hollywood. Sa double vie entre Paris et les États-Unis, à 36 ans, est une réjouissante exception culturelle, une aventure artistique sans limite.

“Excusez-moi, je sais que vous ne vouliez pas déjeuner, mais oi, je meurs de fai,” dit en riant Marion Cotillard, attablée dans ce restaurant gourmet de Midtown où elle a ses habitudes. Elle commande un bœuf à la moelle et aux morilles, une tisane verveine-citronelle, et s’attaque à l’interview en grande pro avec la spontanéité qui a fait sa légende chez les journalistes. C’est un mois de juin pluvieux à New York. Elle cavale entre un cours d’italien et une visite de routine chez le pédiatre pour son fils Marcel, 13 mois. Elle tient “un petit rôle” dans le nouveau film de son compagnon, Guillaume Canet, Blood Ties, qui tourne en ce moment entre Brooklyn, le Bronx et Harlem avec Mila Kunis, Zoe Saldana et Clive Owen. Après quatre ans d’un exil au long cours, l’actrice a envie de se réenraciner quelque temps en France. Sans exclure les projets d’envergure internationale, une fois les vacances d’été envolées.

Dans la presse, l’écho est unanime sur votre incroyable discipline de travail. Ce printemps, vous avez enchaîné à New York le projet de James Gray avec celui de votre compagnon Guillaue Canet. Dans le prmier, vous jouez une immigrée américaine d’origine polonaise, dans le second, une Italo-Américaine. La double préparation a dû être intense…
Marion Cotillard: J’ai manqué de temps, ça aurait mérité plus de travail. Le polonais, c’est comme du japonais, pas un mot n’évoque le français.. Apprendre par cœur et restituer des textes sans les comprendre, c’est pas évident. Pour chacune des langues, je travaille à la fois l’original avec un prof, et l’accent en anglais avec une coach de diction-actrice, comme Tanera Marshall qui m’avait préparée pour Public Enemies. J’adore sa méthode, elle fait vraiment rentrer le texte dans le corps, avec des choréographies, des sortes de geste-codes associés aux nouveaux sons. Apprendre un accent c’est comme réapprendre à parler et, pour chaque langue, c’est une nouvelle épreuve. Les coachs me montrent toutes les possibilités d’intonation, à oi de choisir la bonne option.

Votre fils Marcel vous suit partout sur les tournages. Comment conciliez-vous vie familiale et vie professionelle?
Il est sûr que mon entourage subit jusqu’au travail de préparation. A la maison, en ce moment, je me réveille, m’endors et mange en polonais : tout le monde doit suivre (rires). Ma vie familiale pèse maintenant dans la balance. Je viens de refuser un très beau rôle dans un superbe projet avec des gens que j’adore. Je devais jouer une de ces grandes dames de l’upper class à l’accent New England années 40, genre Katherine Hepburn dans Philadelphia Story. Étais-je capable de jouer une Américaine? J’ai consulté le grand maître de la diction à Hollywood, Tim Monich. Il m’a testée et, à ma grande surprise, a répondu oui : “Vous enchaînez parfois deux longues phrases parfaites, mais il vous faudrait quand même au minimum trois mois de travail au quotidien.” J’ai décliné. J’avais envie d’un long break de plusieurs mois cet été.

La France vous manque?
Énormément. Même si j’adore la façon dont l’Amérique m’a accueillie, c’est une chance immense. Mais j’ai envie d’être en France, d’y être avec ma famille, avec mon fils. Ça fait six mois qu’on est basés à Chelsea. Je me sens bien à New York, dans ce quartier surtout, avec la High Line, le West Village à proximité. Mais j’avais envie de belles vacances avec les gens que j’aime, quelque part en France, dans le Sud.

Quels sont les réalisateurs français avec qui vous auriez envie de travailler à la rentrée?
Ah, je n’aime pas trop lances des appels de hare pendant une interview. Je rêvais de travailler avec Jacques Audiard, par exemple, mais je ne lui ai jamais dit. Ça s’est fait à son initiative.

Peut-on nommer les jeunes réalisateurs que vous avez aimés récemment?
Bertrand Bonello. J’ai trouvé L’Apollonide bouleversant. J’ai tout aimé : la réalisation, les actrices, la musique – qu’il a composée. On sent que le réalisateur a une vision extraordinaire, de son histoire et des femmes en général. Céline Salette, que j’avais rencontrée sur le tournage de De rouille et d’os, est sublime, Adèle Haenel est une comédienne démente, Jasmine Trinca est magnifique, tout comme Hafsia Herzi.

Et dans la génération précédente?
J’aurais adoré tourner avec Claude Chabrol. Je le lui avais dit aux Journées nationales du livre et du vin de Saumur où l’on se croisait régulièrement. Il y a deux ans environ, il m’annonce un jour : “Oh, j’ai rêvé que j’étais en train de tourner un fil avec vous et Stéphane Audran.” Je lui demande s’il dit ça pour me torturer, vu que ce serait mon rêve absolu! Il me répond : “C’est peut-être ‘prémonitoire’…”

Une comédie vous tente?
J’en ai une à mon actif, un film que j’aime beaucoup, Dikkenek, mais où je me trouve très mauvaise. J’en fais des tonnes, je cabotine, ça m’est insupportable à regarder.

C’était en 2006, encore à vos débuts. Aujourd’hui, vous le travailleriez avec un coach, non? Quelqu’un comme Will Ferrell?
Lui, je l’adore. Je ne l’ai rencontré qu’une fois : il a dû me trouver dinge. C’était dans les bureaux de son website, funnyordie.com. J’étais venue pour un petit sketch. On m’a dit que le producteur voulait me voir. Je suis allée dans son bureau. La porte s’est ouverte et là… J’ai eu beau me dire “Marion, tiens-toi bien,” je lui ai littéralement sauté au cou en hurlant, alors qu’il s’anvançait la main tendue… (soupir).

Vous admirez aussi John Cameron Mitchell. Vous avez tourné avec lui un film promotionnel de la série Lady Bag chez Dior (L.A.dy Dior).
J’avais découvert Hedwig and the Angry Inch à Deauville, c’est devenu un de mes films fétiches. J’ai en effet suggéreé ce réalisateur à Dior. Ils ne le connaissaient pas, mais depuis, ils ne le lâchent plus!

Pouvoir solliciter des talents est l’un des plaisirs de la condition d’égérie?
Entre autres. L’aventure chez Dior, c’est aussi qu’ils ont fait mon éducation mode, ils m’ont éveillée à un monde que j’ignorais, à commencer par une vraie fascination pour Monsieur Christian Dior, lui-même, un personnage unique. Je suis très contente de l’arrivée de Raf Simons qui a déjà redonné à toute la maison une énergie créatrice, même si Bill Gaytten avait fait un super job avec les ateliers entre-temps, comme j’ai pu le constater lors de la création de ma robe pour Cannes.

Vous êtes l’égérie de la marque, pourtant on vous voit rarement aux premiers rangs des défilés.
Parce que je ne m’y sens vraiment pas à l’aise. Je ne connais rien à la mode, on me pose des questions et j’ai l’air bête. Tous ces regards aussie… Franchement, je n’ai pas le temps de chercher mes robes, de regardes des défilés, alors j’ai quelqu’un qui m’aide, sans que je puisse dire que j’ai une styliste, aus sens hollywoodien.

Au quotidien, avez-vous un dresscode différent à Paris ou à New York?
En fait, je travaille tellement que je passe du costume de mon personnage à mon jogging! Si j’ai l’occasion de m’habiller un peu comme aujourd’hi, je le fais avec plaisir. J’adore Isabel Marant à laquelle je suis fidèle, même si je trouve qu’elle est victime de son succès, car tout le monde la porte maintenant. Je suis une grande fan de Tsumori Chisato, qu’on ne voit pas sur tout le monde pour le coup et je viens de découvrir Bouchra Jarrar à Cannes. J’aime bien aussie les créations de Forte Forte. Quand je suis aux États-Unis, j’essaie d’acheter des jeans et des T-shirts fabriqués localement – pas “made in China” – chez J Brand, Splendid ou James Perse, même si c’est plus cher. J’aime aussi passionnément Sonia Rykiel et Vivienne Westwood.

Que pensez-vous des différents standards de beauté entre les actrices européennes et hollywoodiennes? L’exigence de jeunesse, telle qu’on la cultive en Amérique, spécialement dans l’industrie du cinéma, vous frappe?
Ça m’est difficile d’en parler, vu que je suis extérieure, et que j’ai la chance de n’avoir jamais dû démarcher pour solliciter un rôle là-bas. Mais oui, je vois combien c’est complexe. J’ai eu une discussion à ce sujet avec un réalisateur, lors d’un déjeuner. Il a dit quelque chose comme : “Cette actrice, je l’ai vue, c’est une cata.” Alors, je lui demande ce qu’elle a fait à son visage. Et là, il répond : “Rien… Mais elle devrait!” Je n’ai pas pu me retenir : “Mais elle a 50 ans, c’est juste normal qu’elle ait des rides!” Qu’est-ce qu’on devient, nous, si on n’a plus le droit de laisser le temps s’inscrire sur nos visages? C’est horribles ces expressions “elle a pris un coup de vieux”, “elle est tapée”… Je les entends aussi bien à Paris qu’à Hollywood. Pour l’instant, je m’accroche à mes bons gènes! Et j’ai la chance d’être une phobique des injections.

Mais la toxine botulique arrive en crème…
(Grimace) Je suis tellement à fond dans le bio : vous me dites ça et mon imagination crée tout de suite un lien entre cette crème et le cancer de la peau. Franchement, j’espère que j’accepterai mes rides plutôt que de les vivre dans la peur. Mais comment savoir? C’est si complexe!

Avez-vous réussi à vous mettre sérieusement à la méditation?
J’adorerais y arriver! J’ai revu David Lynch il y a quelque jours, et sur lui je peux en constater les bienfaits. Quoi qu’il se passe autour de lui, à son heure, il part se mettre dans un coin. Ça se ressent, il a une aura, quelque chose d’extrêmement apaisant. Un ami à moi dit qu’il est “comme un élément”. C’est vrai, il dégage quelque chose de très organique.

Dans une interview, Nicole Kidman vous avait fait une belle déclaration d’admiration (“vous avez cette qualité féerique, comme si vous flottiez entre les arbres et les étoiles, et en même temps vous êtes très terre à terre. C’est hypnotisant.”) Vous trouvez qu’il y aplus de solidarité entre les actrices aux États-Unis?
J’adore Nicole, elle est tellement généreuse, extraordinairement drôle et très simple. On n’est plus vraiment en contact car on a des vies différentes et éloignées, mais je l’ai trouvée à tomber dans le Rabbit Hole de John Cameron Mitchell. Je ne sais pas pour la solidarité, mais j’aime les actrices passionnément. D’une manière générale, je préfère les films d’actrices que d’acteurs. A chaque fois qu’une jeune comédienne apparaît dans le paysage du cinéma mondial, c’est une expérience unique, très jolie.

Où en êtes-vous de votre documentaire sur les forêts?
Au départ, l’idée était vraiment de partir filmer moi-même dans la forêt. C’est devenu impossible avec mon fils. Alors je “marraine” plutôt le nouveau projet de luc Jacquet (La Marche de l’empereur) qu’il dédie au sujet. Il s’est entouré de penseurs, de poètes, de scientifiques. Je lui ai présenté mon ami Tristan Lecomte, le fondateur d’Alter Eco, qui est un ange tombé du ciel. Sa nouvelle initiative, Pur Projet (www.purprojet.com), est entièrement dédiée au développement durable et la reforestation. Allez voir son site, on peut y acheter des arbres, des hectares de forêts menacées… Pour l’instant, on travaille sur le film avec des petits bouts de financement, au fur et à mesure, mais j’ai bon espoir.






 

Comment Form