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Marion Cotillard on Télématin
Posted by Mia on May 15, 2012 No Comments
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A brief interview to promote the upcoming Cannes premiere and French cinema release of ‘De rouille et d’os‘ (Rust & Bone) recorded on Saturday aired yesterday morning on France 2‘s Télématin.

Gallery: 074 News Segments > Télématin (France 2) – 14/05/2012
Video: 001 News Segments > Télématin


Marion Cotillard on RTL & JT20h France 2
Posted by Mia on May 15, 2012 No Comments
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Last Saturday, Marion Cotillard was the guest & co-editor of Marie Drucker’s radio show Le Journal Inattendu and on Sunday she was interviewed about ‘De Rouille et d’os‘ (Rust & Bone) together with Matthias Schoenaerts during the evening news on French TV channel France 2. They showed the adorable clip of 6 year old Marion in ‘La monde des tout petits‘ which already ‘Les enfants de la télé’ showed to Marion back in September 2010. And Will Smith, who was a guest on the news show the day before, had a message for Marion, suggesting they should do a movie together (she replied that she’d love to make a comedy with him).

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Gallery: 187 News Segments > JT20H (France 2) – 13/05/2012
Video: 001 News Segments > JT20h
Audio: 001 Audio Clips > Interviews


Marion Cotillard : « Je prépare beaucoup mes rôles, je dors avec eux, je leur invente un passé, un avenir »
Posted by Mia on May 12, 2012 No Comments
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de Télérama / par Louis Guichard

Métamorphosée dans “De rouille et d’os”, de Jacques Audiard – présenté en compétition à Cannes ce jeudi 17 mai –, la comédienne confesse ses peurs et son insatiable besoin de reconnaissance.

Qui la connaît ? Le rôle qui a lui a valu une vague de récompenses internationales d’une ampleur inédite pour une actrice française – La Môme – était aussi un camouflage, un paravent. Depuis, elle semble d’autant plus loin qu’on l’a vue surtout dans des films américains, dont deux où elle jouait une pure chimère – Inception, de Christopher Nolan et Minuit à Paris, de Woody Allen. Même la liste de ses cinéastes (Tim Burton, Michael Mann, Steven Soderbergh, James Gray) et celle de ses partenaires successifs (Daniel Day-Lewis, Johnny Depp, Leonardo DiCaprio) semblent irréelles.

Converser avec Marion Cotillard pendant deux heures et demie, c’est aller de découvertes en surprises, au gré d’une alternance détonante de réserve et d’aveux. Si son parcours, à 36 ans, diffère tant de celui de la majorité de ses consœurs et confrères, sa parole aussi. Ce mercredi 17 mai 2012, cette écolo qui se dit parfois gênée par son ego sera au centre de l’attention, à Cannes, avec le nouveau film de Jacques Audiard, De rouille et d’os, et en lice pour le Prix d’interprétation… Son personnage : une femme qui se réinvente du tout au tout, se transcende à vue d’œil. Exactement comme elle.

Dans le film d’Audiard, vous jouez une femme qui perd ses deux jambes. Comment avez-vous abordé ce rôle ?
Pour la première fois, je n’ai quasiment pas eu le temps de me préparer. La proposition de Jacques Audiard était inespérée, mais il fallait me rendre disponible très vite. Officiellement, j’étais toujours en train de tourner la suite de Batman, de Christopher Nolan, à Los Angeles. Mon contrat avec la Warner m’empêchait de jouer dans un autre film. Si je quittais la Californie, à tout moment je pouvais être rappelée : c’est ce qui est arrivé deux fois. Ce film d’Audiard, je lui ai vraiment fait une place en poussant les murs de Gotham City, la ville de Batman… A mon arrivée à Antibes, j’avais à peine quelques jours pour travailler avec les orques dans le Marineland. J’étais terrifiée, épuisée, j’avais mon bébé à allaiter… Tout le long du tournage, j’ai composé avec ma fatigue, je l’ai utilisée, pas moyen de faire autrement. Je m’endormais absolument partout.

Et le côté physique du rôle ?
Pour beaucoup de gens qui ont des prothèses à la place des jambes, on ne peut pas imaginer qu’ils en portent, car la rééducation et l’appareillage sont devenus très performants. En trois mois, on peut être sur pied et marcher normalement. Donc, à l’écran, pour qu’on y croie, il fallait forcer un peu le trait. J’ai inventé ma démarche, en imaginant que j’avais des jambes en fer, et on a gardé la canne, pour accentuer le côté mécanique.

Avez-vous éprouvé des scrupules à jouer ce handicap ?
Les gens confrontés à cette situation que j’ai pu rencontrer sont dans l’acceptation, le dépassement. Ils n’ont pas envie d’être considérés comme des handicapés. Je ne me suis jamais dit : « oh ! les pauvres ! », de quoi je me mêle, moi qui suis valide ? Je ne voulais pas être compatissante dans ma façon d’aborder ce personnage. Et puis, il y a toutes sortes de handicaps. Tout le monde a le sien, personne n’a envie d’être réduit à ça. Chez l’héroïne du film, il y a quelque chose de l’ordre du handicap bien avant le drame, et qui finit par disparaître par s’en aller avec ses jambes en quelque sorte… Son accident la réveille.

Vous évoquez souvent la peur que vous ressentez sur les tournages. Quelle est cette peur ?
Je l’ai depuis toujours, je la surmonte en jouant, en plongeant dans la scène. Je sais qu’elle peut s’imprimer à l’écran, même si je suis souvent la seule à en voir les signes. Je tremblais de façon voyante au début du tournage d’Inception, de Christopher Nolan. Sur le plateau, on croyait que j’avais froid… Cette peur peut avoir des raisons techniques. Pour Public Enemies, de Michael Mann, mon premier film américain après La Môme, j’étais terrorisée à l’idée de pas avoir, seconde après seconde, l’accent du Midwest. J’avais travaillé pendant quatre mois, mais je savais que ce n’était pas assez. Les prises se multipliaient, ça rendait fou le pauvre Johnny Depp. Il a fallu que Michael Mann lui-même me demande d’arrêter d’avoir peur, me rassure sur les origines françaises de mon personnage…

En général, j’ai tout simplement peur de ne pas être la hauteur. Je prépare beaucoup mes rôles, je dors avec eux, je leur invente un passé, un avenir. J’aime les lectures à la table avec les autres acteurs, les longues discussions sur telle scène, mais en revanche, je ne suis pas faite pour les répétitions, qui déflorent trop les intentions d’un acteur. J’aime la surprise sur un plateau. Alors le personnage n’apparaît vraiment que le premier jour de tournage. Du coup, c’est comme un premier rendez-vous amoureux, plein d’inconnu, d’espoir et d’appréhension.

Cette peur peut-elle nuire à votre jeu ?
Minuit à Paris en est sans doute l’exemple. D’abord, je n’ai rencontré Woody Allen que la veille du tournage. Ensuite, j’étais tellement impressionnée par lui que j’ai eu peur presque tout le temps. Il me semble que le personnage en a un peu souffert. Je n’en dirais pas plus, car je suis très féroce avec moi-même, mais pas au point d’exercer cette férocité en public.

Tourner avec la crème de Hollywood, est-ce une revanche sur le cinéma français ?
Ah non, pas du tout. Ma frustration, mon insatisfaction d’avant La Môme, c’était un problème entre moi et moi. Je ne reproche rien au cinéma français. Les rôles arrivent quand on est prêt à les recevoir, à les faire vivre.

Quel était ce problème entre vous et vous ?
Je n’assumais pas du tout mon immense besoin d’être regardée, d’être reconnue. Ce besoin avait plutôt tendance à me dégoûter. A tel point que, après plusieurs années de cinéma – j’avais déjà joué dans Taxi, par exemple –, je suis partie toute seule en Inde pour réfléchir à ce que je voulais faire de ma vie. Un Indien, que j’ai rencontré par hasard et à qui je me suis confiée, m’a dit quelque chose de très simple : tant que je n’accepterais pas mon besoin extrême de reconnaissance, mon expérience d’actrice resterait limitée et frustrante. J’avais peur que cela revienne à nourrir un monstre. Il m’a répondu : « Si tu ne le nourris pas jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, tu resteras toujours frustrée. »

C’est ainsi que tout s’est déclenché pour moi. Depuis cette rencontre, j’accepte de nourrir le monstre, qui, au bout du compte, n’en est plus tout à fait un. A partir du moment où l’on prend vraiment conscience de sa pathologie, qu’on la reconnaît, cela devient un peu plus sain…

Une pathologie ? Mais ce monstre n’est-il pas, simplement, une grande ambition ?
Non, c’est un très fort égocentrisme, que je gère. Il ne se manifeste pas trop dans la vie quotidienne. Avec mes proches, je n’ai pas ce besoin d’être au centre, que l’actrice en moi peut avoir et qui est parfois pénible.

Toutes ces récompenses internationales que vous avez obtenues pour La Môme n’ont-elles pas rassasié ce besoin ?
Très momentanément. D’où mon trouble et mon questionnement. Je crois que l’envie d’être regardée ne s’assouvit jamais dans le fait d’être ­regardée. Au contraire. C’est un puits sans fond, quelque chose d’un peu vain. Le sentiment de plénitude ne viendra pas de là. Bien sûr, jouer un personnage, raconter une histoire, c’est, aussi, autre chose : c’est tourné vers les autres, pas seulement vers soi. J’ai cette passion pour le travail d’acteur et la poursuite d’une connaissance de l’être humain. Mais le besoin de reconnaissance personnelle entre trop en ligne de compte. Je ne suis pas sûre de continuer à être actrice une fois libérée de ce besoin.

Vous avez toujours voulu être actrice ?
Toujours. J’étais fascinée par ce que mes parents, tous deux comédiens, ­faisaient, et par les gens qui les entouraient. C’était une source de fantaisie, d’imaginaire et de liberté dans la vie quotidienne. J’ai passé un bac artistique option théâtre, et j’ai fait le conservatoire d’Orléans, la ville la plus proche du village où j’habitais. A mon arrivée à Paris, Philippe Harel est le premier qui m’a donné accès à un plateau de cinéma, sur L’Histoire du garçon qui voulait qu’on l’embrasse, en 1994.
Pendant des années, j’étais prête à passer tous les essais du monde. J’aimais ça, car je ne suis pas douée du tout pour parler de moi. Socialement, je me sens mal à l’aise, à cause de cette difficulté avec les mots. Je ne savais pas comment donner envie à un metteur en scène, sinon en jouant. Je n’ai jamais su non plus entrer dans un jeu de séduction. Etre jugée sur ma personnalité me semblait aller au-devant d’une catastrophe. Les essais, c’était à la fois une bonne planque et la meilleure façon de montrer ce que je pouvais faire.

A vos débuts, on vous aperçoit dans Comment je me suis disputé…, d’Arnaud Desplechin, en 1996. Est-ce un cinéma qui vous a intéressée ?
J’étais inexpérimentée, très fière de travailler avec le réalisateur de La Sentinelle, que j’admirais. Mais j’étais ignorante du gouffre qui sépare les différentes familles du cinéma français. J’ai commencé à comprendre après avoir joué dans Taxi et ses suites. Tel ­cinéaste qui m’avait fait tourner auparavant ne voulait plus me rencontrer parce que je véhiculais désormais quelque chose de commercial. En prendre conscience ne m’a pas pour autant donné ­envie de doser le cinéma populaire et le cinéma d’auteur.

Aujourd’hui, vous aimez encore passer des essais ?
Moins, mais c’est parfois nécessaire. J’en ai en passé pour Public Enemies, de Michael Mann, qui voulait s’assurer de ma compatibilité avec Johnny Depp. Et pour Nine, la comédie musicale de Rob Marshall : toute une batterie d’essais de chant et de danse. Rien de plus normal.

La langue est-elle encore un obstacle à la poursuite de votre carrière hollywoodienne ? Pourriez-vous jouer une Américaine de tous les jours, comme Angelina Jolie ou Natalie Portman ?
Je n’ai pas de réponse définitive. De toute façon, je n’ai pas envie de jouer une Américaine juste pour montrer que je peux le faire : j’ai d’abord envie de beaux rôles. Un grand cinéaste m’a fait déjà une proposition dans ce sens. A l’époque, je lui ai répondu, la mort dans l’âme, qu’il n’y avait pas assez de temps de préparation. Ce n’est que partie remise, je le sens, et c’est pourquoi je préfère taire son nom. Ces jours-ci, à nouveau, on me pose la question à propos d’un beau projet. Comme on consulte des docteurs, je consulte plusieurs « dialect coaches » pour comparer leurs diagnostics. La réponse n’est pas négative, mais cela représente un travail titanesque. Je n’ai plus l’accent français, mais j’ai quand même un accent. Dans le prochain James Gray, où j’ai le rôle principal, je joue une immigrée polonaise dans le New York des années 1930. Je parle donc anglais avec un accent polonais, langue extrêmement compliquée à apprendre. Ça m’a donné des vertiges, littéralement.

Depuis La Môme, vous avez tendance à disparaître derrière vos personnages, leur costume et coiffure d’époque, leur langue… Est-ce votre souhait ?
Plus c’est loin de moi, plus je me sens à l’aise. J’aime créer de toutes pièces mes rôles, m’effacer au maximum. Pourtant, même La Môme ne m’efface pas entièrement… Sur le tournage des Petits Mouchoirs, où je joue une jeune femme d’aujourd’hui, je me suis d’abord acharnée à trouver une voix et une manière de bouger complètement différentes des miennes. Mais ça ne marchait pas, il m’a fallu rester le plus naturelle possible. A l’arrivée, je vois à l’écran des choses que je sens être de moi, rien que de moi, et c’est insoutenable. Sans doute parce que je ne me trouve pas assez intéressante.

La plupart des acteurs ne puisent-ils pas en eux-mêmes ce qu’ils expriment ?
Pas moi. Se servir de sa propre histoire pour accéder à telle émotion, je trouve ça dangereux. Je sais que c’est une ­méthode qui a fait ses preuves. Mais si je réveille des souvenirs douloureux, qu’est-ce que j’en fais quand je rentre le soir, après le tournage ? Je préfère chercher ce qu’il me faut dans le personnage et dans la fiction.

L’Amérique dans votre filmographie, c’est aussi l’expérience du blockbuster, de la superproduction à effets spéciaux. Comment y trouvez-vous vos marques ?
Les deux très gros films dans lesquels j’ai joué — Inception, et maintenant Batman — sont signés Christopher Nolan, une exception à Hollywood : il travaille de manière familiale et il écrit lui-même ses scénarios. Du coup, je ne me suis jamais sentie écrasée par une grosse machine, mais au contraire regardée avec la même douceur que par Michael Mann. On m’a proposé d’autres blockbusters, que j’ai refusés, car j’ai senti que ce n’étaient que des films de producteur, que le réalisateur laisserait les acteurs se débrouiller. Moi, je ne suis pas assez bonne pour me débrouiller toute seule.

Un mot sur vos propos étranges au sujet du 11 septembre 2001, dans une émission de Paris Première, en 2007 ?
Oh, non ! Ça faisait longtemps… Pour résumer depuis le début, j’ai eu la maladresse et la stupidité d’aborder les théories du complot dans un entretien dont ce n’était pas le sujet. J’ai parlé du droit de chacun à s’interroger sur les zones d’ombre de tout événement relaté par les médias et les gouvernements. Le fait d’en parler ne signifie pas que j’adhère à ces théories. Plusieurs journaux ont repris ça juste après mon oscar, en me prêtant des opinions que je n’ai pas. Est-ce que je crois que l’homme n’a jamais marché sur la Lune ou qu’il n’y a pas eu d’attentats terroristes le 11 Septembre, comme on l’a lu un peu partout ? C’est tellement aberrant et risible ! Cette histoire m’a davantage poursuivie en France qu’aux Etats-Unis : ils se sont juste foutus de ma gueule sur la chaîne conservatrice Fox News, ce qui ne m’a pas dérangée plus que ça…

Vous êtes déjà arrivée bien au-delà de vos rêves de jeune comédienne. Et maintenant ?
C’est vrai que jamais je n’aurais ima­giné travailler avec Woody Allen ni jouer avec Daniel Day-Lewis, Leonardo DiCaprio et Johnny Depp. Des actrices européennes qui font carrière à Hollywood, il y en a toujours eu, d’Ingrid Bergman à Audrey Hepburn, en passant par Sophia ­Loren. Mais des Françaises, assez peu, et en ce moment, c’est notre tour : regardez Léa Seydoux dans Mission : Impossible 4, ou Eva Green dans Dark Shadows – elle tourne davantage aux Etats-Unis qu’en France. Je me dis que tout est possible, tout, et mon désir est intact. Sur le tournage de Batman, j’ai eu pour partenaires tour à tour Gary Oldman, Morgan Freeman, Christian Bale, et c’était toujours trop court, trop peu. J’en veux encore.


Marion Cotillard : rencontre avec l’actrice de choc
Posted by Mia on May 11, 2012 No Comments
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de Elle / par Anne Diatkine

Stupéfiante, bouleversante… Dans « De rouille et d’os », le nouveau film de Jacques Audiard, Marion perd ses jambes et trouve un rôle à sa démesure. Rencontre.

Un vent frais anime la rue New-Yorkaise
Les chapeaux s’achètent et s’envolent, les écharpes se nouent et les pulls s’empilent à mesure qu’on descend Broadway, à Manhattan, jusqu’au grand studio où est photographiée notre star internationale Marion Cotillard. On reconnaît une actrice importante à la nuée qui s’affaire autour d’elle au moment du maquillage : la belle Marion disparaît derrière la petite foule qui entoure la loge de fortune, cloisonnée par une rampe de robes Dior, forcément. « No, no, no », chante Amy Winehouse. On attend, on attend, telle la femme du régisseur dans « La Nuit américaine », de François Truffaut, sans tricot, mais avec « Un goût de rouille et d’os », de Craig Davidson, sous les yeux. Dans ce livre, quelques nouvelles ont servi de fil conducteur au nouvel opus de Jacques Audiard, dont la projection de gala à Cannes en sélection officielle est grandement attendue, ainsi que la sortie en salles jeudi prochain. L’actrice y incarne, au côté de l’excellent Matthias Schoenaerts, une dresseuse d’orques. C’est peut-être le plus beau rôle de Marion Cotillard : émouvante et sensuelle quand elle incarne une femme aux membres dévorés, sur un fauteuil roulant. Son personnage tient de l’anti-Piaf : la peau de l’actrice est nue, le visage, le plus dégagé possible… enfin, on la voit. La réussite de son interprétation tient aussi à ce que Marion Cotillard ne transforme jamais son personnage en victime. Alors qu’elle joue une beauté interchangeable au début, elle resplendit de plus en plus au fil de l’histoire. On sort du film lessivé. Tout à nos rêveries, on ne voit pas d’artifice : le plus beau bébé du monde se fraie un passage dans les bras de sa grand-mère. Chacun laisse tomber son livre, son portable, son stylo, son ordinateur… Marion, au maquillage, se lève pour danser avec son bébé. Il rit. Il est adorable et, dans ce rôle, Marion ne joue pas, elle est vraiment elle, enchantée par son petit garçon de 11 mois, et on la comprend. « Il m’a transmis son calme. Avec lui et depuis la grossesse, je suis enfin apaisée et heureuse. » On ne s’est pas encore dit bonjour, mais l’essentiel, peut-être.

La séance photo a commencé sous le tube de Pierre Perret
« Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux. Regardez-les s’envoler, c’est beau. Les enfants si vous voyez des p’tits oiseaux prisonniers, ouvrez-leur la porte vers la liberté. » La séance photo a commencé sous le tube de Pierre Perret, qui sied bien à l’actrice. Jean slim, talons vertigineux et chemisier rose fuchsia, dans la vraie vie, si elle existe, Marion serait plutôt confort, ballerines et peau transparente. On imagine même que, malgré son oscar et sa myriade de récompenses, l’actrice sait se rendre invisible dans les rues des grandes villes afin que les herbes folles de ses jardins secrets ne soient jamais piétinées. Entretien.

ELLE. Qui est Stéphanie, votre personnage dans « De rouille et d’os » ?
Marion Cotillard.
C’est une femme qui s’est laissé envahir par une certaine dureté, jusqu’à ce qu’une rencontre réveille sa lumière. Au début du film, elle est bardée de protections. Le destin lui envoie un homme pas policé. A priori pas fait pour elle, mais ils vont se révéler l’un à l’autre. C’est un film sur la force que donne l’amour.

ELLE. Dans le film de Jacques Audiard, certains de vos partenaires sont des orques. Elles jouaient bien ?
Marion Cotillard.
Leur puissance est magnifique. Néanmoins, jouer leur dresseuse était très particulier, car je ne tolère pas qu’on enferme les animaux. Il faut savoir que je ne vais jamais au zoo ni même visiter un aquarium. Même si je savais à quoi j’allais être confrontée, j’ai vraiment joué, au départ, contre mes convictions.

ELLE. Comment avez-vous fait ?
Marion Cotillard.
Le tournage a commencé après une très courte période de préparation ; je venais de terminer un film américain. En plein jet lag, et dans cet état de fragilité, j’avais très peur de ne pas être à la hauteur. Je suis arrivée sur le tournage à l’heure du show dans le Marineland. Face au spectacle de ces bêtes si obéissantes, je me suis mise à pleurer. Et lorsque Katia, la coach, s’est tournée vers moi, je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire l’horreur que l’enfermement des animaux m’inspire.

ELLE. Avez-vous réussi à modifier votre regard ?
Marion Cotillard.
Je ne voulais surtout pas que Katia pense que c’était un manque de respect pour son travail. Au fil du tournage, on est devenues très copines. Et on s’est toutes les deux avoué récemment que, le premier jour, on avait cru qu’on n’y arriverait jamais.

ELLE. Stéphanie perd ses jambes, dévorées par les orques. Le fi lm parle aussi de la manière dont on transforme une blessure. Comment joue-t-on une femme mutilée ?
Marion Cotillard.
Déjà, on ne bouge pas, ça aide ! Mais cette absence de membres n’est pas que physique. Avant l’accident, Stéphanie était plongée dans un état où elle n’avait plus conscience de grand chose. Grâce à son accident, elle devient capable d’aimer et non plus seulement d’être admirée ou de susciter le désir, ce qui la remplit de manière tellement plus intense. Avoir ou non des jambes devient alors presque anecdotique.

ELLE. Dans un beau livre, « Ils ne sont pour rien dans mes larmes », Olivia Rosenthal demande à différentes personnes quel film a changé leur vie. Vous pourriez répondre à cette question ?
Marion Cotillard.
« Rangoon », de John Boorman, qui évoque le destin d’Aung San Suu Kyi et de la Birmanie. Je l’ai vu à sa sortie, en 1995, et j’ai compris qu’on n’avait pas le droit, en démocratie, de ne pas s’informer. Ne pas savoir, alors qu’on en a les moyens, c’est cautionner les dictatures. Depuis, je lis les journaux.

ELLE. Vous venez de tourner à New York « Low Life », de James Gray, où vous interprétez une prostituée polonaise. Vous vous apprêtez à jouer dans le prochain film de Guillaume Canet, toujours à New York. Aimeriez-vous vous y installer en famille, avec Guillaume et Marcel, votre fils ?
Marion Cotillard.
J’adore cette ville, et elle a été fondamentale dans ma vie professionnelle. C’est ici que j’ai tourné « Nine », c’est ici que je me suis lancée dans la course aux oscars et c’est ici que je suis venue, très jeune, faire un stage d’immersion totale chez Berlitz… Mais il n’en est pas question. La France me manque.

ELLE. Quel quartier préférez-vous ?
Marion Cotillard.
Il y en a plusieurs, mais je dirais Chelsea. J’adore me promener sur la High Line, cette ancienne voie de chemin de fer en hauteur, transformée en jardin potager grâce, notamment, à Diane von Furstenberg. C’est une ville qui concilie la quintessence de l’urbain et le goût de la nature, car celle-ci y reprend sans cesse ses droits. On y sent l’air de l’océan et la douceur des parcs, plus vastes qu’à Paris.

ELLE. Est-ce qu’on se sent plus libre dans une langue étrangère ?
Marion Cotillard.
Oui, il y a une forme de liberté et de jubilation. Je suis beaucoup plus directe, car j’ai moins de vocabulaire. Étrangement, certaines épreuves ne le sont plus lorsqu’elles ont lieu en anglais. Alors que je suis phobique du petit écran en France, être interviewée en anglais pour une télé américaine est presque amusant.

ELLE. Lisez-vous sur les tournages ?
Marion Cotillard.
Non, je n’ai pas la concentration requise pour d’autres fictions que la mienne ! En revanche, le soir, à l’hôtel, oui. Je suis toujours entre plusieurs livres : en ce moment, je lis « Rien ne s’oppose à la nuit », de Delphine de Vigan. Et, en même temps, des conférences de Lévi-Strauss, ainsi qu’un livre de méditation. Et une biographie de Christian Dior. Au-delà de la fierté que j’éprouve à travailler pour cette maison, je découvre un homme d’une gentillesse étonnante.

ELLE. Pourquoi un livre zen, vous méditez ?
Marion Cotillard.
J’aimerais tellement, mais je n’y parviens pas encore. Même le yoga m’ennuie.

ELLE. Quel sport ne vous ennuie pas ?
Marion Cotillard.
La danse. C’est la manière la plus ludique de bouger et, pour moi, qui déteste parler, une forme de communication qui me ravit.


On the Cover of French Elle
Posted by Mia on May 11, 2012 No Comments
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Marion Cotillard is on the cover of today’s French Elle magazine with a brand new fun photo shoot and interview.

Marion Cotillard : rencontre avec l’actrice de choc, Elle (France), May 11

Gallery:
007 Scans from 2012 > Elle (France) – May 11


‘De Rouille et d’Os’ Clips
Posted by Mia on May 10, 2012 1 Comment
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2 clips from ‘De Rouille et d’os‘ (Rust & Bone) were released earlier today. Watch them in our video archive (with English subtitles) or check out our HD screencaptures. I can’t wait to see this movie!

Gallery: 100 De rouille et d’os (Rust and Bone) – 2012 > Screencaptures > Movie Clips
Video: 002 Movies & TV Clips > De Rouille et d’os (Rust & Bone) watch in HD clip 1, clip 2


Various Scans & Articles from 2012
Posted by Mia on May 10, 2012 1 Comment
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Over the past few weeks I’ve added quite a number of scans, outtakes and articles from 2012 publications. Expect many more in the coming weeks as ‘De rouille et d’os‘ premieres at Cannes and ‘The Dark Knight Rises‘ opens in theatres in July.

The Many Faces of Marion Cotillard, The Hollywood Reporter (US), May 18
De Rouille et d’os: la play-list de Marion Cotillard, L’Express (France), May 9
“Le film d’Audiard, un film volé au temps”, Obsession (France), April 26
Gray anatomie, Libération (France), April 24

Gallery
004 Scans from 2012 > Libération (France) – April 25, first stills from James Gray movie
006 Scans from 2012 > TGV Magazine (France ) – May
006 Scans from 2012 > La Parisienne (France) – May 5, 2012
001 Scans from 2012 > The Hollywood Reporter (US) – May 18
003 Sessions from 2012 > Obsession
002 Sessions from 2012 > L’Express Styles
005 Sessions from 2012 > The Hollywood Reporter
015 Behind the Scenes > 2012 The Hollywood Reporter


De Rouille et d’os: la play-list de Marion Cotillard
Posted by Mia on May 9, 2012 No Comments
Posted in: French Press

de L’Express / par Gilles Médioni

La comédienne prépare ses rôles en musique, on le sait, et cela ne date pas de La Môme. Quelle a été sa playlist pour approcher Stéphanie, le personnage incroyable de De Rouille et d’os (Jacques Audiard)?

« Cette fois-ci, c’était surtout du rap notamment Eminem mais aussi Antony and The Johnsons et des choses inavouables, ça c’est ma petite playlist secrète.

J’ai aussi écouté Katy Perry, que je ne connaissais pas, parce que c’était la bande-son du Marineland. Firework accompagnait la chorégraphie des orques. C’aurait pu être Rihanna. Maintenant, chaque fois que j’entends de Katy Perry j’ai une émotion particulière très bizarre, insoupçonnée pour moi. »

Sinon Marion Cotillard chanteuse, c’est pour quand? « J’adorerais consacrer du temps à la chanson, explique « l’ex-bassiste » du groupe Yodelice. Cela fait tellement d’années que j’en ai envie, mais j’ai toujours été happé par d’autres projets, par d’autres choses. J’ai écrit quelques chansons avec Maxim Nucci, et je me pose la question de libérer ou pas les morceaux enfermés dans ma guitare. Si je ne le fais pas dans un futur proche, je ne le ferai jamais. La réponse est plutôt que j’ai très envie de livrer au moins ce qui existe déjà. »


Marion Cotillard la magnifique
Posted by Mia on May 9, 2012 No Comments
Posted in: French Press

de L’Express (Styles) / par Gilles Médioni

L’actrice “so frenchy” du cinéma international assure une nouvelle performance dans De rouille et d’os, de Jacques Audiard. Interview d’une star moderne et discrète.

La voix de “la Môme” résonne au téléphone, délicate, enfantine, rieuse. Marion Cotillard est à New York, où elle répète Blood Ties (“les liens du sang”), le film américain que son compagnon, Guillaume Canet, s’apprête à réaliser. Hollywood a ouvert ses bras à la comédienne oscarisée en 2008 pour son interprétation d’Edith Piaf – elle a tourné avec Tim Burton, Michael Mann, Woody Allen, Steven Soderbergh, James Gray… Demain, elle défendra au Festival de Cannes De rouille et d’os, de Jacques Audiard, une histoire d’amour et de cendres, d’après le recueil de nouvelles du Canadien Craig Davidson. Elle y joue Stéphanie, une dresseuse d’orques du Marineland d’Antibes amputée des deux jambes après un accident – les effets spéciaux donnent des images chocs. Os brisés, goût de sang. Sa route va croiser celle d’Ali, un homme endurci par la vie (Matthias Schoenaerts) qui cogne son mal-être dans des combats de boxe clandestins. Violence réaliste, douleur physique, fêlure existentielle… Marion Cotillard, 36 ans, est à son paroxysme.

Comment définiriez-vous Stéphanie, l’héroïne de De rouille et d’os?

C’est une sorte de bête sauvage agressive qui arbore constamment un masque. Après cet accident terrible qui la prive de ses jambes, sa carapace explose violemment. Petit à petit, elle va se délester de tout ce qui l’amenait à se positionner dans l’attaque et la brutalité, de peur d’être blessée. Sa blessure est tellement gigantesque, que peut-il lui arriver de pire?

De quelle façon entre-t-on dans un tel rôle?

Le personnage est très complexe, c’est l’un des moins évidents que j’ai eu à jouer. Lorsque j’ai fini la dernière page du scénario, j’étais très excitée à l’idée d’interpréter quelqu’un dont je ne saisissais pas tous les aspects. En général, ma source d’inspiration vient de gens que je connais. Mais, cette fois-ci, j’ai dû appréhender Stéphanie sans repères, l’apprivoiser, me tromper, changer de direction, y compris en cours de tournage.

Etes-vous d’accord avec Jacques Brel, qui affirmait : “Pour un artiste, la difficulté fait partie de l’équilibre”?

Oui. Sinon la créativité s’épuise. La difficulté est un moteur, mais je ne la recherche pas en premier lieu. Je suis plutôt attirée par l’inconnu, par des choses qui me paraissent parfois impossibles à réussir, que je n’ai jamais expérimentées auparavant. Si je ris, si je pleure, si je crie de la même façon d’un film à l’autre, alors ça me rappelle une héroïne précédente qui n’est pas censée se trouver là. Et, du coup, cela me fait sortir du personnage.

Le cinéma demande un engagement total. Que reçoit-on en retour? La compréhension de soi, des autres?

Absolument. Ce qui m’intéresse, c’est la recherche – et en particulier celle qui concerne l’humain. Ma connaissance de cet animal fascinant qu’est l’homme est plus profonde à chaque fois. Je ne sais pas si c’est pour cette raison que j’ai choisi ce métier, mais oui, cela correspond à une quête personnelle. On s’aperçoit au bout du compte que dans chaque être, même le plus vil, le plus horrible, le plus terrifiant, il y avait au départ un terreau pur. En tout cas, c’est ce que je crois. Lorsqu’un acteur doit incarner un tyran ou un serial killer, il va chercher l’origine du mal. Essayer de comprendre comment une personnalité s’est construite. Le côté scientifique du cinéma – même si l’anthropologie n’est pas considérée comme une science – me passionne.

De quels personnages avez-vous le plus appris?

De tous, y compris de ceux qui évoluent dans des mondes totalement inventés, dans d’autres dimensions comme dans The Dark Knight Rises (Batman) ou Inception. Grâce à Public Enemies, de Michael Mann, j’ai pu étudier les coutumes de la tribu des Menominee, d’où venait Billie Frechette, que j’incarnais. J’ai passé du temps avec les Indiens du Wisconsin, observé le pouvoir des femmes… Récemment, pour jouer, dans Low Life de James Gray, une Polonaise émigrée aux Etats-Unis au début du xxe siècle, je me suis plongée dans une langue, dans des cultures, dans l’histoire d’un peuple…

Avez-vous des modèles, une devise?

Une phrase de Romy Schneider m’accompagne depuis toujours : “Un personnage se travaille de 50 manières différentes, on a tellement de choses à lui insuffler. Mais la manière la plus juste, la plus authentique, reste la première version, car elle est enrichie des 49 autres.” Cela donne forcément une autre vérité, une authenticité plus forte.

On vous a surnommée aux Etats-Unis “the French Mermaid”. Vous êtes aujourd’hui la sirène moderne de De rouille et d’os?

Exactement. Je suis retournée à mon état de sirène contrastée. Ce surnom est venu de la robe Gaultier que j’avais portée aux Oscars – sa collection était inspirée par les océans. Entre le tapis rouge des Oscars et le film d’Audiard où j’apparais sans maquillage et sans jambes, c’est ce grand écart si jouissif que procure le cinéma.

Vous êtes l’égérie du sac Lady Dior. On vous a vue dans plusieurs films publicitaires réalisés, notamment, par Olivier Dahan, David Lynch ou plus récemment par John Cameron Mitchell. Vous y étiez une diva blonde platine dans un spot qui détournait avec humour tous les codes d’Hollywood…

Je ne soupçonnais pas au départ de cette aventure que la mode était un art et une source de création infinie. Et que j’allais vivre des choses qui me feraient autant vibrer. C’est formidable de poursuivre cette histoire ainsi, avec les codes de la maison Dior. Car Monsieur Dior était un créateur poétique, fantaisiste, qui inventait, réinventait, était en continuelle connexion avec son temps.

Jean Paul Gaultier vous a définie comme “gouailleuse et chic”. Qu’en pensez-vous?

Cela m’intimide vraiment que les créateurs que j’admire parlent d’une façon si flatteuse à mon propos. Gouailleuse, c’est sûrement vrai. Chic, je n’en sais rien. On est tellement de choses. Ce qui est intéressant, c’est de jouer avec ce que l’on est. Ce métier le permet.

Depuis près de vingt ans, vous incarnez des figures puissantes et marquantes, notamment Jeanne d’Arc dans l’oratorio d’Arthur Honegger, Edith Piaf, l’”ombre” de Inception, Stéphanie aujourd’hui… Si on tirait un fil invisible entre tous vos personnages, quel serait leur point commun?

Oh la la ! Je ne me suis jamais posé la question. Ce sont des femmes en mouvement, dont la pulsion de vie est forte et palpable. Oui, je dirais ça.


New ‘The Dark Knight Rises’ Trailer
Posted by Mia on May 2, 2012 3 Comments
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A new trailer for ‘The Dark Knight Rises‘ was released earlier this week. It features an even briefer look at Marion Cotillard as mysterious Miranda Tate than the last trailer.

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