Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
May 24, 12   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Paris Match / par Catherine Schwaab

Marion Cotillard nous a reçus à New York avant son départ pour Cannes

Même dévoilée, elle reste un mystère. A 36 ans, elle est la seule Française, depuis Simone Signoret, à avoir remporté l’Oscar de la meilleure actrice. C’était en 2008, pour son interprétation d’Edith Piaf. On retrouve la même complexité à fleur de peau dans “De rouille et d’os”, de Jacques Audiard, pour lequel, elle vient de monter, les marches du Palais, à Cannes. Marion Cotillard y tient le rôle de Stéphanie, une dresseuse d’orques victime d’un terrible accident. L’ambassadrice de Dior enchaîne les tournages à New York, sous la direction de Christopher Nolan, de James Gray, et aujourd’hui, de son compagnon, Guillaume Canet. Mais elle compte faire une pause, ralentir le rythme, pour s’occuper de l’autre homme de sa vie, un champion nommé Marcel, 1 an tout juste.

Paris Match. Dans “Les jolies choses”, le film tiré du livre de Virginie Despentes en 2001, vous étiez un personnage abrupt, noir, avec des pulsions morbides. La nouvelle réalisation de Jacques Audiard fait songer à cette facette inquiétante de votre personnalité. Elle est en vous ?
Marion Cotillard. Plus maintenant. Mais à une époque, oui, j’étais beau­coup plus sombre qu’aujourd’hui. Ce qui n’a pas changé, c’est mon côté écorchée vive.

Adolescente, vous étiez en souffrance ?
Adolescente et après, j’étais torturée, dans un douloureux mal-être…Comme pas mal de gens à cette ­période-là.

Vous preniez des drogues ?
Non, mon instinct de vie était beaucoup plus fort que l’autodestruction. De plus, je voyais autour de moi des exemples de gens qui se perdaient dans les drogues. Ça m’a tenue à l’écart des substances dangereuses. J’étais dans certains excès, je fumais trop, je buvais parfois plus que de raison. Mais j’ai toujours eu peur de perdre totalement le contrôle.

Ce mal-être a-t-il mis longtemps à se dissiper ?
Oui, ce fut un long chemin. Et j’ai la chance d’avoir toujours été ­entourée de l’amour de mes parents, de la bienveillance de certains amis ou d’amoureux. Tout cela m’a protégée de l’autodestruction.

Vous jouez bien ces personnages-là.
Je ne sais pas mais ce qui est sûr, c’est que je les aime. Stéphanie dans “De rouille et d’os” est dans le déni de son mal-être. Elle s’est enfermée dans une carapace pour donner l’illusion que rien ne peut l’atteindre. Et, en réalité, à l’intérieur, c’est un désastre.

Contrairement aux adeptes de l’Actors Studio, vous semblez ne pas aimer chercher les émotions dans vos propres souvenirs intimes.
Non, jamais, je trouve ça trop dangereux. Je suis incapable d’aller fouiller dans les souvenirs intimes douloureux. En revanche, mon entourage m’inspire pour jouer. Ainsi, pour incarner Edith Piaf âgée, j’ai repris la gestuelle de mon grand-oncle qui a vécu avec nous à une époque. Mes frères l’ont d’ailleurs ­reconnu tout de suite ! Cette façon dont son corps se mouvait, ses mains… Ou, quand Piaf rencontre Marlene Dietrich, son idole, j’ai repris le regard subjugué d’une petite fille dont j’étais proche à l’époque.

N’avez-vous pas été tentée par un travail analytique sur vous-même ? Pour soulager certaines souffrances autant que pour mieux vous connaître ?
Si, bien sûr. Et c’est passionnant. L’âme humaine, la mienne, m’intéresse ! Certains thérapeutes que j’ai rencontrés travaillaient sur la mémoire du corps, sur les traumas tels qu’ils s’expriment dans nos comportements physiques. J’ai besoin, moi, de travailler sur la tête et le corps.

Vous l’avez fait pour être mieux avec vous-même ou pour affiner votre talent d’actrice ?
Le travail sur l’humain rend forcément l’acteur plus juste. Ce que je ­découvre en tant que personne rejaillit forcément sur mon travail d’actrice.

Tout le monde remarque votre épanouissement radieux depuis que vous avez eu un enfant.
Je grandis. Je suis plus claire.

Vous tenez un journal ?
Je l’ai fait quand j’étais plus jeune. J’ai arrêté. Mais je suis toujours dans le besoin de prendre conscience de qui je suis, de la manière dont j’évolue. Je ne sais pas si j’en perçois toutes les étapes de manière précise, mais je sais que quelque chose avance en moi, que je ne m’endors pas. J’acquiers des choses, je me débarrasse d’autres, je m’allège de ce qui m’empêche d’avancer.

Qu’est-ce qui vous a empêchée de grandir, qui a parasité cette clarté en mouvement à laquelle vous aspirez ?
Eh bien… [Longue hésitation.] La peur. La peur de ne pas être à la hauteur. Une insécurité. C’est difficile à analyser. Elle peut disparaître si rapidement, cette peur. En même temps, elle reste si ancrée, si indérogeable. J’ai de vieilles habitudes de peur tellement enracinées. Quand je m’en rends compte, je vois que ces peurs m’empêchent d’avancer.

Mais quelles sont-elles ? Il vous arrive de l’évacuer, cette peur ?
Parfois, je la dépasse ! La peur ­tenace est provoquée par mon besoin de reconnaissance…

Après vos innombrables distinctions internationales ?
Oui, c’est une forme de pathologie, je pense. M’en débarrasserai-je un jour ? La peur m’empêche parfois d’être paisible.

Et quand, avant les Oscars, vous avez fait la tournée des jurys et des artistes pour “vendre” “La Môme”, n’avez-vous pas appris à vous mettre en valeur, à l’américaine? “Vote for me, I’m worth it!” [“Votez pour moi, je le mérite”] comme dirait Sharon Stone.
Non, pas du tout ! Je n’étais absolument pas dans ce rôle. J’étais tellement contente que les gens aiment le film. Je ne me mettais pas en avant. D’autres gens savaient vendre “La Môme” mieux que moi. Moi, cela me mettait mal à l’aise. Je me suis parfois sentie un peu “bête de foire”. Des dîners ou des soirées où on me présentait comme l’actrice de “La Môme” pour provoquer l’effet de surprise parce que les gens ne s’attendaient pas à voir une grande jeune fille en bonne santé. ça marchait, c’est sûr ! Les gens étaient vraiment surpris. Mais c’était, pour moi, extrêmement gênant.

Et dire qu’à un moment, vous avez douté de votre carrière ! Vous vouliez arrêter le métier et travailler pour Greenpeace…
Je ne doutais pas de ma carrière, mais je constatais que les rôles que je décrochais n’étaient pas à la hauteur de mes rêves. Je souffrais d’une profonde insatisfaction.

Auriez-vous dû manifester plus activement vos désirs ? Tirer les sonnettes ?
Séduire, vous voulez dire ? Je ne sais pas vraiment faire ça. J’aimais passer des essais plutôt que d’aller à simples rencontres. Car alors, je pouvais m’appuyer sur quelque chose par le jeu plutôt que d’essayer de prouver que j’étais quelqu’un d’intéressant. Je ne savais pas séduire un réalisateur en un rendez-vous en utilisant ma personnalité, c’était trop de pression. Je n’étais pas très douée socialement. Il y a des filles drôles, charmantes, spirituelles, à l’aise, bref, pas du tout moi ! Je peux l’être, mais pas forcément avec quelqu’un que je rencontre pour la première fois.

Pourtant, avant “La Môme”, vous étiez dans pas mal de films…
Oui, je faisais deux ou trois films par an. Mais je voyais des actrices qui déparquaient et qui décrochaient de grands rôles, et ça me frustrait. Je sentais pointer en moi quelque chose qui ne me plaisait pas. J’ai voulu changer d’activité pour ne pas rester à ronger mon frein.

Le regard d’un homme aimant sur vous a dû vous donner confiance, pourtant. Guillaume vous a-t-il remonté le moral ?
Depuis longtemps, Guillaume a été celui qui me rassurait, trouvait les mots pour que j’aie moins peur. Par exemple, sur le film de Jeunet, “Un long dimanche de fiançailles”, j’étais terrifiée, persuadée que je n’étais pas la bonne actrice, que je n’étais pas le personnage, que je n’y arriverais jamais. C’est lui que j’ai appelé, lui qui m’a rassurée. Et quand j’ai commencé “La Môme”, j’étais dans une peur indescriptible. Lui en plus allait démarrer “Ne le dis à personne”, un projet atypique, important. Nous nous souviendrons toujours de cette conversation que nous avons eue tous les deux : nous étions allés boire un verre ensemble, aussi angoissés l’un que l’autre par ce qui nous attendait.

Chacun insufflait son énergie à l’autre ?
Lui était plus confiant. Il se laisse beaucoup moins déstabiliser que moi. Moi, c’est très facile. Lui a cette force. Rien ne l’arrête !

Mais finalement le doute est pour vous un moteur. Vous en avez besoin, non ?
Je ne cherche pas de doute, je cherche l’inconnu. Alors forcément, ça déstabilise. ça s’appelle prendre des risques. Le risque me motive. Rechercher l’authenticité dans l’inconnu me motive. Si je fais quelque chose que j’ai déjà fait, je suis tout simplement mauvaise.

Cela ne vous est encore jamais arrivé.
Bien sûr que si ! J’ai tourné des films dans lesquels je ne suis pas bonne du tout.

On dit maintenant que vous êtes amie avec les plus grandes stars mondiale : Nicole Kidman, Penélope Cruz, Sharon Stone… Sacrées références !
Avec Nicole et Penélope, on a vécu des choses très fortes, on a partagé ensemble trois mois de répétitions intensives. Il en reste une grande affection entre nous. On s’envoie des nouvelles régulièrement avec Penélope, mais on ne s’est plus revues depuis deux à trois ans. Mes amis, mes vrais amis, n’ont pas changé depuis vingt ans, et tous ne sont pas acteurs. Il y a des musiciens comme Maxime…

Maxime Nucci, qui vous a fait chanter dans son groupe Yodelice. Ce qui semble vous combler plus encore que le cinéma…
C’est différent. J’ai toujours eu envie d’explorer cette manière de m’exprimer. J’ai joué un peu de basse, de clavier, de percussion, j’ai pu intégrer ce groupe… C’était merveilleux ! Et c’est Maxime qui m’a toujours poussée à oser. Je ne me vois pas comme cela… Je ne sais pas si je l’inspire. Je ne veux pas le savoir !

Vous avez deux scènes très sexuelles avec votre partenaire Matthias Schoenaerts dans “De rouille et d’os”, le film de Jacques Audiard. Est-ce difficile ?
Ah, les scènes d’amour physique, c’est toujours difficile. Mais elles sont évidentes ici, on est dans la chair, la pulsion. Je ne me suis pas posé la question. Le film parle de cela : éveiller cette fille à l’amour et apprendre à cet homme à aimer plutôt qu’à baiser. Et Matthias est un garçon d’une grande sensibilité, c’est un immense acteur. Alors, c’est moins dur.

Vous venez de tourner presque simultanément dans trois films, dont “Batman” et celui de Guillaume Canet, plus votre rôle de mère… Avez-vous parfois l’impression de ne maîtriser votre vie ?
Eh bien, disons que j’organise bizarrement mon temps ! La vérité est que je travaille trop ; je manque de temps pour ne rien faire, pour rêver. J’en ai besoin. On me propose des projets excitants, c’est difficile de refuser. Mais là, j’ai décidé que dans le prochains mois, j’allais lever le pied. Je sais qu’il me faudra renoncer à certaines belles propositions. Mais je veux consacrer du temps à ma famille.

Votre fils vous réclame !
Oui, il a eu 1 an le 19 mai. Comme beaucoup d’enfants, il a des parents qui travaillent toute la journée, et qui le retrouvent le soir. J’aimerais passer plus de temps avec lui. Et mettre mon cerveau au repos !

Avez-vous envie de faire un deuxième enfant ?
[Sourire réjoui…]

Avez-vous songé à vous installer pour longtemps aux Etats-Unis ?
Non. J’aime trop la France, c’est là mon pays. J’adore Los Angeles, Chicago, New York, mais j’ai besoin de mon terroir. De mes amis, de ma famille. J’ai envie que mon fils grandisse sur cette terre-là. On voyage tout le temps, c’est bien, mais nos racines sont françaises.

Dans le penthouse du Greenwich Hotel, de Robert de Niro, celle que les Américains surnomment “The french mermaid”, la sirène française.

En ombre et lumières, une femme à plusieurs facettes. “Sur le tournage, j’étais double : il y avait Marion l’actrice et Marion la mère de Marcel.”

Un an après la naissance de Marcel, elle a retrouvé un corps de rêve. “Je ne sais pas l’expliquer, cela s’est fait d’un coup. Mais c’est violent pour le corps.”






 

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