Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
May 21, 12   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

Tweet about this on Twitter0Share on TumblrPin on Pinterest0Share on Facebook0

de Femina / par Anne Michelet

Elle est bouleversante dans “De rouille et d’os”, le très beau film de Jacques Audiard, présenté jeudi en compétition à Cannes. L’actrice, qui pousse son art au sommet, est déjà une sérieuse candidate au Prix d’interprétation.

Comment avez-vous rencontré Jacques Audiard?
Il souhaitatis me parler pour voir si on pouvait travailler ensemble, s’il en avait envie et si, par la suite, je partageais également ce désir. J’avais vu tous ses films. Jacques Audiard est un homme qui a du génie, autant dans l’écriture que dans sa vision des choses, dans l’idée qu’il a de raconter telle ou telle histoire, mais aussi dans sa direction d’acteurs et dans sa réalisation. C’est un être vraiment génial! Il m’a emmenée faire un voyage dans son univers, qui est d’une grande sensibilité et d’une grande intelligence. Jacques possède une vaste palette, c’est quelqu’un de très terre à terre et, en même temps, il a une imagination immense et sans fin. La relation entre les deux donne son cinéma qui est fait de chair et de poésie. Une invitation à partager une telle aventure ne se refuse pas. Surtout avec une histoire aussi bouleversante que celle de son film De rouille et d’os. Il aime tellement les gens que la première fois qu’il a évoqué ses personnages, il l’a fait avec un amour inspirant et poignant.

Comment entre-t-on dans l’univers d’un tel cinéaste?
Ce n’est pas si difficile. La complexité ne se trouve pas dans le fait d’entrer dans son monde car il faut l’apprivoiser petit à petit. Jacques travaille avec les mêmes personnes depuis très longtemps, ils se connaissent tous très bien, donc il y a simplement eu un petit temps d’adaptation au groupe. Quant à la complexité des films de Jacques, c’est elle aussi qui donne toute sa dimension à son cinéma. Les personnages ne sont pas évidents au départ. Quand j’ai lu le scénario, j’ai été bouleversée par l’histoire, par ces deux personnages et tous les autres autour, la soeur d’Ali, son fils, et même le personnage joué par Bouli Lanners, qui lui donne en plus une très belle dimension. Quand on commence à travailler, on a peu d’informations sur son rôle. Il faut imaginer le passé, l’univers et l’âme d’une personne. Pour stéphanie, que je joue, on aurait pu aller dans tellement de directions différentes. On a cherché, longtemps, de manière viscérale, vraiment physique, comment on allait habiller cette fille car un costume révèle d’où on vient, où on va, son identité. Ce qui est formidable avec l’équipe de Jacques, c’est que, comme ils se connaissent très bien, tous les postes travaillent ensemble pour créer le plateau, les personnages… et ils nous insufflent beaucoup d’énergie. On part d’une matière brute qu’il ne faut pas polir mais révéler peu à peu.

Vous travaillez beaucoup et êtes perfectionniste. Comment êtes-vous entrée dans la peau de Stéphanie, cette dresseuse d’orques?
Ça m’a demandé beaucoup de recherche psychologique. C’est un travail très particulier, différent de celui qui consiste à faire sauter une orque. Il me fallait chercher, dans un monde totalement nouveau, qui est cette femme, comment réeussir à la faire vivre, à la rendre réelle, et mon travail avec Jacques a été très inspirant car nous étions tous les deux à la recherche de cette personne dans les premiers temps et même quand le tournage a commencé.

Qu’est-ce qui vous a touchée chez cette femme blessée et cabossée par la vie?
Avant que son accident ne survienne, elle stagne dans une espèce de vie dans laquelle elle se sent mal et öétrangère. Chaque jour, de nombreuses personnes survivent mais n’ont pas le sentiment d’être vraiment en vie. Ça ne se voit pas forcément au premier coup d’oeil, mais il y a ce sentiment d’être vide à l’intérieur de soi. Stéphanie est dans ce cas et s’est formée une sorte de carapace faite de violence. La rencontre avec cet homme et tout ce qui lui arrive va la réveiller, enlever toutes ses protections, ses artivices et la mettre à nu. C’est la façon dont elle traverse tout cela, avec la présence de cet homme à son côté, qui est tellement belle.

C’est un rôle très fort, certaines scènes ont-elles été physiquement dures à tourner?
Il y a tout un processus physique quand on a une partie de son corps en moins qui est forcément éprouvant à l’intérieur du personnage en tout cas. Je me suis surtout documentée et j’ai visionné de nombreux témoignages.

Vous êtes très pudique, or vous avez quelques scènes déshabillées. C’était une difficulté de plus pour vous dans ce film?
J’espère qu’il ny en a pas trop! Je ne suis pas à l’aise avec la nudité, mais là il était impossible de faire autrement. Cette fee et cet homme ont un rapport à la chair particulier, que ce soit dans la violence ou dans la sensualité. Il y a quelque chose d’animal, de brutal, à nu. Mais je me suis battue! Avec moi… car je n’ai pas eu besoin de le faire avec Jacques. Nous avons fait chacun un bout de chemin vers l’autre pour arriver à tourner ces scènes.

Vous avez un partenaire incroyable, Matthias Schoenaerts, dont on va entendre parler…
Avoir la chance d’être sur le chemin d’un tel acteur, c’est immense! Il a un tel magnétisme, un charisme, une dévotion pour son rôle et ses partenaires qu’il a généré une créativité merveilleuse sur le plateau. Matthias est l’une des personnes les plus intenses avec lesquelles j’ai eu la chance de tourner. C’est quelqu’un d’unique, qui travaille énormément, et ça, c’est une chose que je respecte plus que tout. Car je pense qu’un comédien n’est rien sans le travail et, surtout, s’appauvrit sans le travail. Matthias m’a surprise; parfois il m’a fait peur, mais il m’a fait plonger autant que Jacques dans l’univers de ce film. Il a ce côté animal, brut, sauvage et, à l’intérieur, cette immense sensibilité d’artiste. Il fait beaucoup d’autres choses artistiques à côté qui l’enrichissent. Il est très intelligent, il a une sensibilité de peintre, d’observateur. J’ai adoré faire ce film avec lui.

Comment avez-vous réussi à sortir d’un tel rôle?
Ce fut un tournage éprouvant, j’étais très fatiguée pendant ce film car pour la première fois j’avais aussi ma vie à vivre. Sans entrer dans les détails, je n’étais pas seule puisque j’avais mon bébé. Donc ça a été éprouvant physiquement et je ne me suis pas rendu compte tout de suite que Stéphanie me manquait un peu. L’arrêt s’est fait brutalement et j’ai replongé immédiatement dans ma vie comme rarement cela m’était arrivé auparavant car je suis maman. Avant mon petit garçon, il n’y avait jamais eu quelqu’un de si important ayant besoin de moi comme ça.

Etre l’héroïne d’un grand film français, c’était une envie, un besoin?
Depuis La Môme, je me suis promenée dans des univers différents avec des rôles que j’ai beaucoup aimés, mais qui étaient essentiellement secondaires. L’histoire ne reposait pas entièrement sur mes personnages, et j’avais envie de retrouver l’intensité d’un rôle qui porte une histoire. Quand, en plus, c’est proposé par Jacques Audiard, c’est une chance! C’est inouï de travailler avec l’un des plus grands réalisateurs français!

Vous inspirez les plus grands. Pour preuve, vous venez de tourner avec James Gray. Comment l’expliquez-vous?
Je ne sais pas quoi répondre à ça. Je suis très heureuse qu’ils aient envie de m’offrir des rôles. Je ne me pose pas la question de savoir si j’inspire des réalisateurs ou pas. J’apprécie tellement leur désir de me faire travailler que j’essaie d’être à la hauteur de ce qu’ils m’offrent.

Le film de James Gray fut une belle expérience?
J’en reparlerai car je ne veux pas entrer dans les détails maintenant, mais je rêvais de travailler avec lui. Je connaissais un peu James sans imaginer qu’il aurait envie un jour de tourner avec moi. Quand il m’a demandé s’il pouvait écrire un film pour moi, les bras m’en sont tombés. La question était tellement hallucinante! Ce fut aussi une expérience unique car c’est un réalisatuer extrêmement fort, avec un univers personnel, très particulier. Et j’ai eu la chance de travailler aved Joaquin Phoenix, encore un acteur unique en son genre. Je profite de tout ça.

On vous verra aussi dans “The Dark Knight Rises” le 25 juillet…
C’est assez incroyable de se retrouver dans un Batman! J’étais très flattée que Christopher Nolan, ave qui j’avais tourné Inception, ait envie de retravailler avec moi. C’était la première fois que cela m’arrivait de faire deux films avec le même réalisateur et qu’il m’embarque dans une immense machine comme Batman. J’étais une toute jeune maman, c’est un petit rôle mais très joli. Je joue Miranda Tate, j’intègre Wayne Entreprise qui traverse une période tumultueuse car Bruce wayne est sous le choc de la perte de Rachel dans The Dark Knight. Je suis une des femmes qui va entrer dans sa vie. C’est tout ce que je peux en dire. C’est totalement différent, mais encore une fois avec un univers très fort. Aus Etats-Unis, il y a très peu de réalisateurs qui écrivent leur film, surtout quand c’est Batman, un énorme blockbuster. Mais Christopher Nolan a écrit le scénario, tous ses scénarios, c’est un réalisateur très particulier, impliqué dans l’écriture de chaque projet. Il a aussi une façon familiale de réaliser des énormes machines qui rend le tournage d’un blockbuster à taille humaine. Mais je n’ai pas d’éléments de comparaison car l’autre gros film que j’ai tourné, Inception, c’était déjà avec lui, et encore on ne savait pas qu’il allait avoir un tel succès, alors qu’il avait mis dix ans à le monter.

Vous allez retrouver un autre metteur en scène, celui des “Petits Mouchoirs”, pour le remake des “Liens du sang”, écrit aved James Gray…
Oui, et c’est d’ailleurs comme ça que j’ai rencontré James car Guillaume [Canet] est ami avec lui. C’est encore une fois un tout petit rôle, mais j’ai voulu expérimenter quelque chose de différent, avec une nationalité qui n’est pas la mienne car mon personnage sera une Italienne. C’est un autre travail passionnant.

Cette année, vous avez monté les marches. Vous n’aviez pu le faire en 2011 avec le film de Woody Allen ppour la plus belle des raisons…
Je suis tellement heureuse d’avoir un film en compétition à Cannes! Ce festival m’a toujours fait rêver. Alors monter pour la première fois les marches avec le film de Jacques Audiard est un grand bonheur.

Comment va cette merveilleuse raison un an après?
Merveilleusement bien! Merci.

Qu’est-ce que la maternité a changé en vous, dans votre façon d’aborder vos rôles?

C’est une très bonne question, mais c’est encore trop frais pour bien y réondre. Généralement, quand je tourne un film, je sors du personnage à la fin. Parfois, je m’y plonge entièrement, comme pour La Môme, où j’étais incapable d’avoir une vie normale à côté. Tout dépend du rôle, mais aujourd’hui, avec mon petit garçon, je n’ai pas le choix et j’en suis très heureuse. C’est très fatigant et en même temps ça me remplit d’énergie. Je n’ai jamais été autant épuisée que sur le film de Jacques mais paradoxalement j’ai rarement eu autant d’énergie dans ma vie de femme parce que la vie et l’amour sont les plus grands moteurs de l’existence.

Votre belle aventure chez Dior se poursuit aussi avec un nouveau film?
Mon histoire avec cette maison, je la chéris, je l’aime tellement! Elle évolue depuis trois ans et demi maintenant et je découvre chaque jour quelque chose de différent. J’ai une passion pour M. Dior lui-même et pour tous les gens qui ont dévoués à cette maison. Je suis heureuse et fière d’être dans la vie de Dior et que cette maison soit dans a vie. Cela m’a permis de découvrir l’univers de la mode qui était intimidant pour moi car je n’y connaissais pas grand-chose. Je ne soupçonnais pas la créativité artistique qui existait dans le monde de la mode. Jai aussi eu une rencontre très forte avec l’atelier et, comme on est restés un petit moment sans créateur, ça a aussi ouvert d’autres perspectives. C’était passionnant.

Avec une telle carrière, êtes-vous enfin un peu fière de vous?
Je ne sais pas, c’est compliqué de partager ça. Je suis heureuse de ce qui arrive dans ma vie. Etre fière de soi peux survenir de façon fulgurante et épisodique, c’est quelque chose qui ne reste pas et c’est tant mieux. J’ai envie de faire de mon mieux et c’est un métier qui me remplit tellement que je veux le lui rendre.

De rouille et d’os, de Jacques Audiard. Sur les écrans.






 

Comment Form