Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
May 11, 12   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Elle / par Anne Diatkine

Stupéfiante, bouleversante… Dans « De rouille et d’os », le nouveau film de Jacques Audiard, Marion perd ses jambes et trouve un rôle à sa démesure. Rencontre.

Un vent frais anime la rue New-Yorkaise
Les chapeaux s’achètent et s’envolent, les écharpes se nouent et les pulls s’empilent à mesure qu’on descend Broadway, à Manhattan, jusqu’au grand studio où est photographiée notre star internationale Marion Cotillard. On reconnaît une actrice importante à la nuée qui s’affaire autour d’elle au moment du maquillage : la belle Marion disparaît derrière la petite foule qui entoure la loge de fortune, cloisonnée par une rampe de robes Dior, forcément. « No, no, no », chante Amy Winehouse. On attend, on attend, telle la femme du régisseur dans « La Nuit américaine », de François Truffaut, sans tricot, mais avec « Un goût de rouille et d’os », de Craig Davidson, sous les yeux. Dans ce livre, quelques nouvelles ont servi de fil conducteur au nouvel opus de Jacques Audiard, dont la projection de gala à Cannes en sélection officielle est grandement attendue, ainsi que la sortie en salles jeudi prochain. L’actrice y incarne, au côté de l’excellent Matthias Schoenaerts, une dresseuse d’orques. C’est peut-être le plus beau rôle de Marion Cotillard : émouvante et sensuelle quand elle incarne une femme aux membres dévorés, sur un fauteuil roulant. Son personnage tient de l’anti-Piaf : la peau de l’actrice est nue, le visage, le plus dégagé possible… enfin, on la voit. La réussite de son interprétation tient aussi à ce que Marion Cotillard ne transforme jamais son personnage en victime. Alors qu’elle joue une beauté interchangeable au début, elle resplendit de plus en plus au fil de l’histoire. On sort du film lessivé. Tout à nos rêveries, on ne voit pas d’artifice : le plus beau bébé du monde se fraie un passage dans les bras de sa grand-mère. Chacun laisse tomber son livre, son portable, son stylo, son ordinateur… Marion, au maquillage, se lève pour danser avec son bébé. Il rit. Il est adorable et, dans ce rôle, Marion ne joue pas, elle est vraiment elle, enchantée par son petit garçon de 11 mois, et on la comprend. « Il m’a transmis son calme. Avec lui et depuis la grossesse, je suis enfin apaisée et heureuse. » On ne s’est pas encore dit bonjour, mais l’essentiel, peut-être.

La séance photo a commencé sous le tube de Pierre Perret
« Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux. Regardez-les s’envoler, c’est beau. Les enfants si vous voyez des p’tits oiseaux prisonniers, ouvrez-leur la porte vers la liberté. » La séance photo a commencé sous le tube de Pierre Perret, qui sied bien à l’actrice. Jean slim, talons vertigineux et chemisier rose fuchsia, dans la vraie vie, si elle existe, Marion serait plutôt confort, ballerines et peau transparente. On imagine même que, malgré son oscar et sa myriade de récompenses, l’actrice sait se rendre invisible dans les rues des grandes villes afin que les herbes folles de ses jardins secrets ne soient jamais piétinées. Entretien.

ELLE. Qui est Stéphanie, votre personnage dans « De rouille et d’os » ?
Marion Cotillard.
C’est une femme qui s’est laissé envahir par une certaine dureté, jusqu’à ce qu’une rencontre réveille sa lumière. Au début du film, elle est bardée de protections. Le destin lui envoie un homme pas policé. A priori pas fait pour elle, mais ils vont se révéler l’un à l’autre. C’est un film sur la force que donne l’amour.

ELLE. Dans le film de Jacques Audiard, certains de vos partenaires sont des orques. Elles jouaient bien ?
Marion Cotillard.
Leur puissance est magnifique. Néanmoins, jouer leur dresseuse était très particulier, car je ne tolère pas qu’on enferme les animaux. Il faut savoir que je ne vais jamais au zoo ni même visiter un aquarium. Même si je savais à quoi j’allais être confrontée, j’ai vraiment joué, au départ, contre mes convictions.

ELLE. Comment avez-vous fait ?
Marion Cotillard.
Le tournage a commencé après une très courte période de préparation ; je venais de terminer un film américain. En plein jet lag, et dans cet état de fragilité, j’avais très peur de ne pas être à la hauteur. Je suis arrivée sur le tournage à l’heure du show dans le Marineland. Face au spectacle de ces bêtes si obéissantes, je me suis mise à pleurer. Et lorsque Katia, la coach, s’est tournée vers moi, je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire l’horreur que l’enfermement des animaux m’inspire.

ELLE. Avez-vous réussi à modifier votre regard ?
Marion Cotillard.
Je ne voulais surtout pas que Katia pense que c’était un manque de respect pour son travail. Au fil du tournage, on est devenues très copines. Et on s’est toutes les deux avoué récemment que, le premier jour, on avait cru qu’on n’y arriverait jamais.

ELLE. Stéphanie perd ses jambes, dévorées par les orques. Le fi lm parle aussi de la manière dont on transforme une blessure. Comment joue-t-on une femme mutilée ?
Marion Cotillard.
Déjà, on ne bouge pas, ça aide ! Mais cette absence de membres n’est pas que physique. Avant l’accident, Stéphanie était plongée dans un état où elle n’avait plus conscience de grand chose. Grâce à son accident, elle devient capable d’aimer et non plus seulement d’être admirée ou de susciter le désir, ce qui la remplit de manière tellement plus intense. Avoir ou non des jambes devient alors presque anecdotique.

ELLE. Dans un beau livre, « Ils ne sont pour rien dans mes larmes », Olivia Rosenthal demande à différentes personnes quel film a changé leur vie. Vous pourriez répondre à cette question ?
Marion Cotillard.
« Rangoon », de John Boorman, qui évoque le destin d’Aung San Suu Kyi et de la Birmanie. Je l’ai vu à sa sortie, en 1995, et j’ai compris qu’on n’avait pas le droit, en démocratie, de ne pas s’informer. Ne pas savoir, alors qu’on en a les moyens, c’est cautionner les dictatures. Depuis, je lis les journaux.

ELLE. Vous venez de tourner à New York « Low Life », de James Gray, où vous interprétez une prostituée polonaise. Vous vous apprêtez à jouer dans le prochain film de Guillaume Canet, toujours à New York. Aimeriez-vous vous y installer en famille, avec Guillaume et Marcel, votre fils ?
Marion Cotillard.
J’adore cette ville, et elle a été fondamentale dans ma vie professionnelle. C’est ici que j’ai tourné « Nine », c’est ici que je me suis lancée dans la course aux oscars et c’est ici que je suis venue, très jeune, faire un stage d’immersion totale chez Berlitz… Mais il n’en est pas question. La France me manque.

ELLE. Quel quartier préférez-vous ?
Marion Cotillard.
Il y en a plusieurs, mais je dirais Chelsea. J’adore me promener sur la High Line, cette ancienne voie de chemin de fer en hauteur, transformée en jardin potager grâce, notamment, à Diane von Furstenberg. C’est une ville qui concilie la quintessence de l’urbain et le goût de la nature, car celle-ci y reprend sans cesse ses droits. On y sent l’air de l’océan et la douceur des parcs, plus vastes qu’à Paris.

ELLE. Est-ce qu’on se sent plus libre dans une langue étrangère ?
Marion Cotillard.
Oui, il y a une forme de liberté et de jubilation. Je suis beaucoup plus directe, car j’ai moins de vocabulaire. Étrangement, certaines épreuves ne le sont plus lorsqu’elles ont lieu en anglais. Alors que je suis phobique du petit écran en France, être interviewée en anglais pour une télé américaine est presque amusant.

ELLE. Lisez-vous sur les tournages ?
Marion Cotillard.
Non, je n’ai pas la concentration requise pour d’autres fictions que la mienne ! En revanche, le soir, à l’hôtel, oui. Je suis toujours entre plusieurs livres : en ce moment, je lis « Rien ne s’oppose à la nuit », de Delphine de Vigan. Et, en même temps, des conférences de Lévi-Strauss, ainsi qu’un livre de méditation. Et une biographie de Christian Dior. Au-delà de la fierté que j’éprouve à travailler pour cette maison, je découvre un homme d’une gentillesse étonnante.

ELLE. Pourquoi un livre zen, vous méditez ?
Marion Cotillard.
J’aimerais tellement, mais je n’y parviens pas encore. Même le yoga m’ennuie.

ELLE. Quel sport ne vous ennuie pas ?
Marion Cotillard.
La danse. C’est la manière la plus ludique de bouger et, pour moi, qui déteste parler, une forme de communication qui me ravit.






 

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