Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Apr 26, 12   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Obsession / par Philippe Azoury

Elle est la cover story du numéro de mai d’Obsession. Son portrait par Philippe Azoury est dans le magazine. On l’a retrouve ici pour un questions-réponses inédit.

De Rouille et d’os, de Jacques Audiard, marque votre retour attendu non seulement dans le cinéma français mais aussi enfin avec un rôle principal – ce qui n’avait plus été le cas depuis plus de deux ans…

Oui. Ces dernières années, j’ai eu la sensation de me promener dans différents univers sans avoir la charge de tout un film sur mes épaules. Et cela depuis La Môme. Je me suis beaucoup amusée, mais j’avais envie de revenir à un premier rôle.

Mais aussi à un rôle contemporain…

Aux États-Unis, en effet, les propositions sont souvent pour des films en costume. Ou hors du temps, comme Inception. Les Petits Mouchoirs, le film de Guillaume, m’avait fait du bien dans ce sens, dans la mesure où mon personnage était davantage de mon époque. Je peux comprendre la façon dont s’habille la fille des Petits Mouchoirs, ce qu’elle dit. Je peux la croiser. Cela faisait très longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Mais du coup, cela a révélé une nouvelle complexité pour moi, dans la mesure où je pense que j’ai une plus grande facilité à construire un personnage qui est le plus éloigné de moi. Moins il y a à utiliser de moi, plus simple est l’aventure. Cela devient plus palpable. Jouer quelqu’un de proche de vous demande un autre abandon. On est obligé d’aller puiser dans des choses plus personnelles. Vous entendez votre voix. Je dois avouer que regarder Les Petits Mouchoirs est difficile pour moi, je suis dérangée par cette proximité.

Vous ne pouvez plus vous cacher derrière le personnage ?

Quand je travaille, je ne contrôle pas tout, mais je maîtrise pas mal de choses : le langage du corps, la voix. Je fais la différence entre maîtrise et contrôle car dans le contrôle, j’ai l’impression qu’il n’y a pas le laisser-aller qui crée la magie. Cette magie qui va faire exister le personnage au-delà de ce qu’on veut en faire.

Il y a ce qu’on a envie de donner et ce qu’il se passe en plus, au-delà de nous. Le personnage existe au-delà de la fabrication et de l’intention. Sur le tournage des Petits Mouchoirs, j’avais beaucoup de mal à maîtriser. Trop de choses proches. Au départ, j’avais essayé de créer un personnage avec un corps très différent du mien. Le corps raconte beaucoup d’un personnage. J’essayais de l’éloigner de moi un maximum, mais je dois avouer que je n’y arrivais pas.

On imagine que la proximité avec Guillaume et toute l’équipe n’aidait pas…

Je n’ai pas voulu me protéger de cette proximité. La protection, c’est paradoxal avec le fait d’être acteur. L’acteur n’est pas sur une autoroute, il est dans le risque. « L’acteur à nue » n’est pas qu’un cliché.

Je n’ai pas l’impression que l’on se cache ou que l’on se protège. Moi j’aime et je m’amuse à construire une voix, faire naître un autre langage du corps que le mien, mais sur Les Petits Mouchoirs, tout ça devenait ridicule. Ça n’avait plus de sens pour moi de m’éloigner à ce point… Il fallait que je retrouve le contemporain dont je perdais l’habitude aux États-Unis. Du coup, j’ai laissé aller des choses de moi. Je ne le regrette pas du tout, mais je sais qu’à la projection du film, soudain, cela m’a saisie. Je vois un geste et ce geste m’appartient. Se voir devient alors terrifiant. C’est très long de s’accepter, surtout dans nos sociétés où on s’épie en permanence. S’accepter, accepter sa représentation prend du coup encore plus de temps. Je suis dans cette ambivalence-là.

Dans La Môme, vous étiez en embuscade dans le corps de Piaf ?

Je n’ai pas l’impression. Ce n’est pas ce que voulait Olivier [Dahan] en tout cas. Il attendait une rencontre entre Piaf et moi. Le processus a été très long pour comprendre qui elle était, pour que je puisse l’apprivoiser. Je ne sais pas si j’y suis arrivée, mais après deux semaines, c’est soudain devenu facile. Le travail en amont, qui avait duré des mois, a facilité ça : deux semaines de tournage avant de me fondre en elle… Ça prenait quand même du temps tous les jours. J’arrivais beaucoup plus tôt sur le plateau ; pour m’isoler, pour entrer en elle. Une demi-heure avant le maquillage et la coiffure, puis dix minutes pour « communier », on dira. Mais une fois parti, c’était parti.

Sur le Audiard ?

C’est une adaptation de Craig Davidson. Incroyable écrivain – si jeune, 27 ans – mais déjà un écrivain. Le type est absolument génial. Mais au-delà de ça, ce fut une aventure complètement nouvelle pour moi, bouleversante à plein de niveaux.

Pourquoi ça ?

Parce que c’est le premier film que je fais – je n’ai pas pour habitude d’évoquer ma vie intime, mais là, c’est tellement lié à cette expérience que je ne peux pas éviter d’en parler – en tant que maman. Et ça a été extrêmement compliqué.

En quel sens ?

Ça a rendu l’aventure intense. Mon fils avait 5 mois, ce qui est très jeune. Or il se trouve que je l’ai allaité durant tout le film. Mais j’ai l’habitude de me plonger dans mes personnages de manière intégrale. Or ce personnage-là n’a aucun rapport avec un bébé, à peine avec le maternel. Le gap était trop énorme. Ça ne se jouait pas du tout-là, et du coup, ça devenait très étrange. J’ai l’habitude de préparer les films, de me mettre en immersion assez tôt pendant le tournage. Mais je tournais déjà Batman, et les dates se chevauchaient. Le film de Jacques se tournait en plein milieu, en fait. J’avais, par chance, par coïncidence, un mois de break sur le tournage de The Dark Knight Rises. Pour autant, le contrat avec les Américains ne m’autorisait pas à tourner le Audiard. Pour les assurances, et aussi parce qu’il n’y a rien de bon à tourner deux films en même temps. Je suis la première à ne pas aimer ça et à trouver ça très perturbant. Le film de Jacques est un film volé au temps. On a fait le début du tournage en cachette. On avait préparé des annonces, mais on avait menti sur les dates, expliqué que j’avais un tout petit rôle. Malgré ça, j’étais terrorisée à l’idée qu’ils l’apprennent. Un article a fini par sortir dans Variety, révélant le pot aux roses. J’étais terrorisé à l’idée que les Américains apprennent cela. À partir de là, j’ai été une complication sur le tournage… Dès que les Américains me rappelaient, il fallait que j’y aille. J’ai su faire au final, et je sais que Jacques aussi, avec le peu de temps que je pouvais lui donner en préparation. Et pourtant, Jacques a l’habitude de travailler bien en amont.

Ça a créé quelque chose au final ?

Ça a crée une tension. Qui était réelle, palpable. À un moment donné, on se dit : “Bon, il n’y a que ça, mais on se servir de ce qu’il y a. Et c’est quand même pas rien.”

Ça permet de lâcher plus ?

Je ne le referais pas. J’ai besoin de préparer davantage. Cette histoire de calendrier a quand même compliqué les choses. Et puis sur le plateau, j’étais double. Il y avait Marion l’actrice et Marion la mère de mon fils qui venait sur le plateau parfois, que j’avais à nourrir le midi, le soir, que j’avais à coucher… Une fille rattrapée par la vie réelle toutes les quatre ou cinq heures. C’était troublant. Mais je n’aurais pas pu le faire autrement, car je plongeais à l’intérieur de mon personnage, Stéphanie… J’étais éloignée d’une des personnes qui comptent le plus au monde pour moi, qui a besoin de moi, et c’était vital d’avoir ce lien entre mon fils et moi. La distance entre Stéphanie et moi était trop grande pour vouloir me risquer d’être tout à fait elle. C’est un abyme. J’avais besoin de mon fils pour ne pas partir tout à fait ailleurs. Quand je dis déstabilisant, je parle de ça : j’ai rarement été autant déstabilisée et bouleversée dans ma manière d’être sur un plateau.

Stéphanie fait si peur ?

À moi ? [silence] C’est un personnage que j’ai mis très longtemps à identifier. Elle est extrêmement complexe. Dans l’écriture, il n’y avait pas d’indices précis de qui elle était. Son histoire. Son point de départ : je ne savais rien. Jacques fait bloc avec son équipe, c’est par eux que j’ai pu glaner des informations. Quand j’ai vu comment on avait pensé à l’habiller par exemple. Mais psychologiquement, j’ai mis du temps à comprendre qui elle était.

C’est ce qui est fort chez Audiard justement, cette capacité à filmer chaque plan au présent…

Oui, de ce point de vue, c’est l’inverse de quelqu’un comme Nolan, qui construit des strates temporelles. Je ne sais pas si c’est une méthode chez lui : ne pas donner de point de repères. On est sur le ring, il faut faire avec. On n’a pas tant de temps que ça pour s’entraîner et le combat va commencer, le combat a déjà commencé… On se retrouve dans une position d’équilibriste. Du coup, en tan qu’acteurs, on en sort en se disant : « Waouh, j’aimerais bien faire un film tranquille après. » Mais je détesterais, en fait. Parce que l’intensité est au-deçà de la situation dans laquelle j’étais et dans laquelle je mettais l’équipe, mais la magie terrienne est telle chez lui… Il travaille à la fulgurance, et ses fulgurances ont pu m’obséder. Il y avait des journées où je pensais être face à un geyser en Islande. Il faut voir ce qu’il trouve sur un plateau, Jacques… Comment peut-il être à ce point posé et faire sortir de lui un tel tourbillon d’idées ? Quelle intelligence… Cette puissance, cette extrême justesse.

Vous parliez de « trouver une voix » au début de l’entretien…

Un personnage, c’est tout ce qui compte dans un être humain, c’est fait de ça. La voix en est une part importance.

Votre timbre est très articulé… Dire « enroué » ne suffit pas à le décrire…

Je ne sais pas. Je ne saurais pas dire. Je ne pense pas moduler ma voix tant que ça. J’ai travaillé en France et là, je travaille ici. La lange ne te permet pas de placer la voix de la même façon. Sur le James Gray, je joue des parties de textes en polonais (je ne le parle pas, je vous rassure)… Le polonais, tu ne le places pas pareil, le parler te donne une autre voix. Jouer en polonais, tout comme jouer en anglais, ce n’est pas ma voix. Sur le Michael Mann, j’ai rééduqué complètement mon corps entier pour un autre langage : j’apprenais à faire un « l » et un « r » en anglais.

Le langage module le corps ?

Oui. Il suffit de jouer en deux langues pour en faire l’expérience. La façon dont on place sa tête, dont on place son corps influe. Et puis c’est le personnage qui va amener une voix. L’imaginaire social, les coutumes vont amener aussi des inflexions. Tout va découler de l’origine de la personne. C’est extrêmement intéressant de créer un personnage car on voit l’infini de ce que constitue une personne. Parfois, à la fin d’un film, j’aimerais refaire les scènes du début, pouvoir les refaire avec une meilleure connaissance du personnage. Encore que… La fraîcheur amène des choses plus intéressantes. C’est pour ça que le travail de préparation reste fondamental. Apprivoiser, expérimenter, ne serait-ce qu’un tout petit peu, ce qui fait une personne. On remonte le processus même de la personne. Il y a beaucoup à creuser dans un personnage.

Stéphanie dresse des orques ?

Oui. Ça a dû être la chose la plus complexe pour moi. Non pas appréhender l’orque (l’orque, dès que tu le nourris, il t’obéit au doigt et à l’œil), mais accepter d’être dans un univers de captivité, ce qui pour moi, en raison de mon rapport aux animaux, à la terre, est terrible. A priori, pour moi, en raison de certaines de mes convictions, un Marineland, c’est l’horreur… Après, c’est comme tout, tu bosses dans un endroit et tu rencontres des gens formidables : Katia, la femme qui m’a entraînée, était merveilleuse, vraiment. Mais voir un tel spectacle en descendant de l’avion de L. A., complètement décalquée, tu es là, au Marineland d’Antibes, tu vois les baleines, des autobus dans une baignoire, un signe de la main, elles font un salto arrière : tu vois l’homme dominer la nature et c’est un truc que je supporte mal, jusqu’à avoir envie de pleurer. Je regardais ça avec ma tête de zombie sous décalage horaire. Et Katia l’entraîneuse me demande comment je trouve ça… Et là, soudain, c’est le blanc… Cette honnêteté a fait flipper Katia, mais la fille est bien. Et de toute façon, il va falloir travailler, car on a cinq jours seulement de préparation avec les orques et le sixième jour, tu tournes. Faut essayer de se sortir de son contexte et se dire qu’on aime les gens. Et les dresseurs aiment, eux aussi, les animaux, c’est paradoxal, donc intéressant pour qui s’intéresse aux gens. Et je sais que oui, j’ai ça en moi : j’aime les gens.

On ne peut pas être acteur, investir des vies, sans aimer les gens ?

Oui, car sans passion pour l’être humain, tu ne peux pas les incarner.

Le paradoxe, c’est que la célébrité éloigne des autres, non ?

Je ne pense pas. Non.

Aux États-Unis ? En France ?

Aux États-Unis, je n’ai pas la notoriété qui empêche d’aller boire un café. J’ai vécu à Pittsburgh, à Chicago, là où les films m’entraînent. Je suis à New York depuis le mois de janvier et au moins jusqu’au mois de juillet. Le film de Guillaume va se tourner à New York aussi. Je ne ressens pas cette pression, cette distance.

En France ?

Là oui, on me reconnaît. Mais c’est bienveillant ; j’imagine que ceux qui ne m’aiment pas ne viennent pas me parler.

On n’a pas toujours envie d’être reconnu, d’avoir des comptes à rendre sur ce que l’on fait ?

Je pense que tout comédien reconnu possède la capacité d’être invisible dans la rue, méconnaissable. Moi, je l’ai en tout cas. Mais depuis La Môme, je ne sais pas comment appeler ce rapport aux gens qui est différent à cause de la notoriété. J’ai passé si peu de temps en France…

Pas de parano ?

[Silence] Si. J’ai commencé à devenir complètement paranoïaque dans la rue quand il y a eu des photos de moi volées enceinte. J’ai été tellement choquée, ça m’a rendue physiquement malade. Je n’irai jamais me plaindre d’être photographiée par des paparazzi – ça fait partie du jeu. Ici, aux États-Unis, il y en a tellement… On ne s’habitue jamais à ça, mais bon il faut faire avec. Mais ces photos-là m’ont donné envie de vomir. Car là, je suis dans un endroit au fin fond de la France et il y a encore quelqu’un pour faire une photo. C’est là que l’on voit que Big Brother existe. J’ai vu ces photos, mon ventre de femme enceinte à l’air, la photo est horrible. J’ai découvert cette couverture de magazine en Suisse. J’attendais la voiture que devait m’envoyer la production de Soderbergh. La voiture avait du retard… Je suis donc dans une petite gare, loin de tout, et soudain je vois ça sur le mur du marchand de journaux. Je suis seule. La parano me tombe dessus. La colère n’est jamais partie.

Il faut être endurcie pour réussir à Hollywood ?

J’ai une position particulière face à un acteur américain : je ne suis pas basée ici. Même si mon passage est de plus en plus long. Mais j’ai une chance inouïe que l’on me propose ces rôles-là. J’ai l’impression de construire quelque chose ici car il y a des choix. Il y a les films que j’ai faits, et ceux que je n’ai pas voulu faire… Des blockbusters, des comédies, des choses conséquentes. Je ne sais pas si c’est une conscience européenne mais je fais des choix qui me sont viscéraux. Sur Public Ennemies de Michael Mann, j’ai passé des essais, on était nombreuses sur le rôle. Là, je commence à voir arriver, avec James Gray, des rôles qui sont écrits pour moi. Christopher Nolan m’a fait travailler sur le Batman après avoir travaillé avec moi sur Inception. Donc c’est là que, oui, on sent quelque chose se construire. Mais j’ai refusé tous les films qui n’étaient pas des films de metteur en scène. J’ai besoin de jouer pour quelqu’un. Au-delà du rôle. Je ne suis capable de travailler que pour un metteur en scène qui imprime sa patte. Si je joue pour la machine, je joue comme une machine, je deviens nulle à chier.

Le metteur en scène, c’est le premier destinataire. Je sais aller chercher une émotion, les atteindre. Je sais le faire, je l’ai déjà fait. Je sais rendre un personnage, je sais mixer mes émotions à celle d’un personnage, je sais faire couler des larmes. Mais pour un mauvais cinéaste, c’est impossible.

Car vous refusez de lui donner vos blessures intimes ?

Je ne vais jamais chercher chez moi. Je ne vais jamais chercher dans mes blessures intimes. Je vais chercher dans les blessures du personnage. Je suis incapable d’aller chercher chez moi. Me servir de ma vie, de mes émotions. Quand je parle de mes émotions, je parle d’une mécanique qui m’est propre et qui me permet de pleurer si le personnage doit pleurer à cet endroit-là. Je sais m’accorder aux personnages. Mais ces émotions ne sont jamais liées à ma vie intime. Je suis quelqu’un de fort, mais pas assez pour aller réveiller mes émotions. Car qu’est-ce que j’en fais après ? Ces émotions m’appartiennent, elles ne seront forcément pas justes dans un personnage construit de toute pièce. Elles encombreraient.

Les jambes coupées dans de Rouille et d’os ?

Accidenté, handicapée… En tant qu’actrice, ce n’est pas rien, c’est sûr. Mais il y a le physique et le parcours de cette fille avec ce garçon, qui est quelque part tellement plus puissant que ce qu’elle perd… Elle y gagne plus.

Le film est physique ?

Extrêmement physique. Extrêmement sensuel. Lui est boxeur. Il y a une violence de la chair et une sensualité de cette même chair, une sublimation de la chair. Cette empreinte du cinéma de Jacques. C’est peut-être un des films les plus physiques qui soient. Mais par rapport au handicap, je ne dirais qu’une chose : elle est beaucoup plus handicapée avec ses jambes que sans.

Matthias Schoenaerts, votre partenaire dans De rouille et d’os ?

J’ai eu de la chance ces dernières années de travailler avec des gens dont le talent n’est plus à prouver, mais Matthias est d’une intensité rare. On n’a pas du tout tourné dans la continuité, j’ai été une complication sur le tournage, et du coup avec Matthias, on a eu à faire des choses très importantes au tout début du tournage, alors qu’on ne se connaissait pas du tout… Puis, je suis repartie quinze jours aux États-Unis finir Batman, laissant comme un trou dans le planning du tournage, c’était complètement absurde. Et puis je suis revenue, et j’ai mesuré à quel point ce mec est un des acteurs les plus magnétiques avec qui j’ai pu travailler. Son investissement est infini. Je peux l’avouer, la première scène que j’ai eue avec lui m’a fait peur. Il est tellement présent. Dans toutes ses cellules. Présent au film, à moi, à Jacques, à tout le monde. Dans la puissance, terrien. Acteur sublime. Indéniablement magnifique. Unique. Michael Mann, à qui je l’ai présenté, m’a envoyé un mail le lendemain qui disait juste : « Matthias is quite a revelation. »

Vous écoutez toujours beaucoup de musique ?

J’écoute des trucs d’époque sur les films d’époque. Là, le film de James Gray se situe en 1921. Je n’ai pas cherché dans cette période-là, mais je me suis mise à écouter énormément de classique pour ne pas trop me dévier du personnage, ne pas trop me faire rattraper par le monde contemporain. Sinon, je fais des playlists pour mon fils : Pierre Perret.

Ah bon ?

Si, si. Faites-moi la promesse de réécouter Lili. C’est une sublime chanson pour enfant. Sinon des vieilleries géniales : les Beatles, Otis Redding, Nat King Cole, Nina Simone.






 

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