Month: May 2011

Marion Cotillard: "J'aurais adoré monter les marches avec Woody Allen"

de L’Express / par Paola Genone

Elle donnera naissance à son premier enfant au mois de mai et sa carrière est au zénith. Plus lumineuse que jamais, Marion Cotillard est à l’affiche de Minuit à Paris, le dernier Woody Allen, qui ouvre le Festival de Cannes, et de Contagion, le nouveau film de Steven Soderbergh, aux côtés de Matt Damon.

On l’avait rencontrée en septembre dernier pour son rôle dans Les Petits Mouchoirs, de son compagnon Guillaume Canet. Sept mois plus tard, la voici, enceinte, dans la suite d’un hôtel de luxe parisien dont le décor chargé ne lui ressemble pas. Elle a beau être la star oscarisée, la comédienne française la plus sollicitée de Hollywood, Marion Cotillard a un côté sauvage, une spontanéité et une liberté rares. Des qualités que l’on sent de plus en plus enracinées. Sans chichis – jean, bottines rock et tunique très peace and love -, elle parle d’un ton serein mais assuré, caressant d’un geste pudique et plein de douceur son ventre rond. Muse d’Owen Wilson dans le très attendu Minuit à Paris, de Woody Allen, médecin engagé dans Contagion, de Steven Soderbergh (sortie prévue le 9 novembre), la comédienne s’affirme toujours plus dans le cinéma d’auteur. En attendant la naissance de son enfant – prévue pendant le Festival de Cannes -, Cotillard, qui chante et joue de la basse dans le groupe Yodelice de Maxim Nucci, s’est consacrée corps et âme à la musique, une passion qu’elle cultive depuis longtemps… Et qui pourrait prendre une place importante dans sa carrière artistique. Celle qui, d’habitude, est plutôt dans la retenue, se livre ici avec intensité et humour, parle sans tabous de sa famille, de ses questionnements, de ses rêves.

Dans Minuit à Paris, vous incarnez la belle Adriana, une muse de peintres célèbres, qui entraîne dans son univers mystérieux un écrivain américain en panne d’inspiration, Gil (Owen Wilson). Qu’est-ce qui vous a intriguée dans le rôle et comment avez-vous vécu ce tournage?
Adriana est une femme hors du temps. Une hypersensible qui se cherche. Elle se nourrit du génie des artistes et leur consacre tout son être. Adriana ne peut exister qu’au contact de leur imaginaire… dont elle-même est la source. Il est très difficile de décrire la relation qui s’instaure entre une muse et un créateur : Woody Allen le fait à merveille. Ce film a été pour moi une expérience aussi excitante que déstabilisante. Woody Allen m’a envoyé le scénario et nous en avons parlé par téléphone, mais je ne l’ai rencontré que quatre jours avant le tournage ! Du coup, au début, j’étais pétrifiée. J’avais vu tous ses films, lu tous ses livres : je voulais tellement lui plaire, être à la hauteur de ses attentes, que je me suis mis une pression terrible.

Pourtant, pendant le tournage, Woody Allen a dit de vous : “Marion a un vrai charisme. Je ne me fatigue jamais de regarder son visage : sa palette d’expressions n’a pas de limites et elles surgissent toujours au bon moment.”
Il m’a aidée à trouver mes marques. C’est un réalisateur extrêmement généreux : il parle beaucoup et il est très précis dans ce qu’il demande. Surtout, il a une personnalité incroyable, qui vous porte. Il est brillant, encore plus qu’on ne peut l’imaginer ! Avec cet oeil qui frise, cette énergie incroyable, ce mélange de douceur, d’humour et de finesse… Il crée des univers qui n’appartiennent qu’à lui et dans lesquels il est capable de raconter les histoires les plus folles, avec sa plume, son coup de pinceau, sa patte… Le voir sur un plateau est une expérience fascinante, et je comprends que des femmes formidables comme Diane Keaton ou Mia Farrow soient tombées sous son charme. Il est très séduisant.

La musique semble avoir pris une place importante dans votre vie : vous avez interprété un morceau du groupe Franz Ferdinand composé pour vous… Vous avez chanté dans La Môme et dans la comédie musicale Nine, de Rob Marshall. Et, depuis plus d’un an, vous multipliez les performances (chant et basse) avec Yodelice, le groupe de Maxim Nucci, comme le 22 mars dernier, à l’Olympia…
J’ai toujours rêvé de faire partie d’un groupe, et Maxim, un ami depuis dix ans, m’a fait le sublime cadeau de m’inviter à intégrer le sien. L’année dernière, il m’a invitée à participer à sa tournée : pour qu’on ne me reconnaisse pas, je suis montée sur scène avec un chapeau et un costume d’homme, sous le pseudo de Simone, le prénom de ma grand-mère, qui rêvait d’une carrière de chanteuse ! Je me produis avec lui dès que je peux. La dernière fois, à l’Olympia, j’étais très émue. Je n’ai jamais eu un tel trac de ma vie. J’ai un respect immense pour la musique : j’ai commencé à jouer du piano très petite, puis, poussée par Maxim, je me suis mise à la guitare, à la basse et j’ai approfondi le chant. En janvier dernier, enceinte, j’ai décidé d’arrêter d’enchaîner film sur film et je suis partie pendant quinze jours à Los Angeles, avec Maxim, pour me consacrer exclusivement à la musique. Je voulais voir, une fois pour toutes, si j’étais capable de composer des chansons ou si ce n’était qu’un fantasme.

Que s’est-il passé alors?
Il y a eu un déclic, une étincelle… J’avais une tonne d’idées éparpillées et, là, elles ont enfin commencé à prendre forme. Je ne sais pas où ça ira encore, mais j’aimerais vraiment en faire un objet qui puisse être partagé… Un disque. Jouer d’un instrument est une chose qui me fait vibrer. Et j’ai très envie de chanter.

Vous jouez le rôle d’un médecin dans Contagion, le nouveau long-métrage de Steven Soderbergh, aux côtés de Matt Damon, Kate Winslet, Jude Law, Gwyneth Paltrow… Ce film, très engagé sur l’environnement, a dû résonner en vous…
Je suis en effet préoccupée par l’avenir de notre planète et, à travers ce film, Soderbergh m’a entraînée dans un univers totalement flippant, encore plus que celui d’Erin Brockovich. Contagion suit la rapide progression d’un virus mortel, qui tue en quelques jours. Alors que l’épidémie se propage, la communauté médicale mondiale tente, dans une course effrénée, de trouver un remède. Avant le tournage, j’ai été amenée à parler avec des spécialistes de l’OMS [Organisation mondiale de la santé], à me plonger dans des affaires terrifiantes sur de nouveaux virus que j’appellerais “les ennemis invisibles”. Si j’avais déjà un côté un peu paranoïaque vis-à-vis de ces questions, ce thriller l’a exacerbé. Heureusement, avec Soderbergh, j’ai eu aussi des échanges très drôles au sujet de nos peurs. Du genre : “Toi, tu touches la télécommande de ta chambre d’hôtel ?”, “Et comment fais-tu avec les poignées des portes ?”, “Tu te laves les mains combien de fois par jour ?”… Comme Woody Allen, Steven Soderbergh est un réalisateur très intelligent, avec un humour corrosif et une culture impressionnante. Etre au contact de ces artistes m’apporte beaucoup, dans la vie comme dans le travail.

Vous avez toujours baigné dans un univers artistique : votre mère, Niseema Theillaud, est comédienne [elle sera prochainement dans Pourquoi tu pleures ?, de Katia Lewkowicz, avec Emmanuelle Devos]. Votre père, Jean-Claude Cotillard, est metteur en scène, comédien et mime.
Ma mère était aussi dans le casting des Petits Mouchoirs. Et Guillaume Canet a joué dans La Clef du problème, le premier court-métrage de mon frère cadet, Guillaume Cotillard. Mon frère a toujours eu un don très particulier pour l’écriture : dans la famille, on était fascinés par ses lettres, ses poèmes, ses histoires… Je suis très fière de lui, car il travaillait dans l’informatique et il a enfin pris le risque d’exprimer son talent artistique. Mes parents ont toujours soutenu notre côté créatif – mon autre frère, Quentin, est sculpteur et peintre. C’est la plus belle chose qu’ils m’ont apportée, avec la notion de respect, l’ouverture d’esprit et de coeur. Je rêve de travailler, un jour, avec mon père. Petite, j’ai vu tous ses spectacles de mime, ce qui a nourri mon imaginaire. Il m’a appris les bases de cette discipline. Je peux faire semblant d’être coincée par une paroi. Je sais faire du vélo sans vélo, manger des pommes sans pommes, monter des escaliers sans escaliers…

Future maman… Comment vous imaginez-vous?
J’ai du mal à parler de ma vie intime… Je suis très pudique. Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai toujours vécu pleinement chaque étape de mon existence. Me plonger dans l’inconnu me fait vibrer. Cette expérience est vertigineuse : elle m’apprend beaucoup et elle enrichit la personne que je suis.

Minuit à Paris, de Woody Allen, fera l’ouverture à Cannes. Serez-vous à ses côtés ? Qu’est-ce que ce Festival vous évoque?
J’aurais adoré monter les marches du Festival de Cannes avec Woody Allen. Mais je n’irai pas… Je serai occupé par autre chose ! Je n’ai aucun regret et je suis tellement heureuse que le film de Woody Allen fasse l’ouverture. Cannes est un festival que j’aime, même si, par moments, il a évolué dans des zones de grande turbulence. On lui a reproché – à raison – de devenir une sorte de vitrine commerciale de tout et n’importe quoi. Je pense à l’arrivée de la télé-réalité sur les marches ou au tapis rouge transformé en écran publicitaire vide de sens… Heureusement, cette institution a toujours su se renouveler et elle reste l’un des grands rendez-vous d’un cinéma plein de créativité. A mes yeux, le Festival de Cannes gardera toujours cette alliance de merveilleux, de glamour et de découverte.

Sa carrière

Minuit à Paris (2011), de Woody Allen.
Les Petits Mouchoirs.
Inception (2010), de Christopher Nolan.
Nine (2009), de Rob Marshall.
Public Enemies (2009), de Michael Mann.
Le Dernier Vol (2009), de Karim Dridi.
La Môme (2007), d’Olivier Dahan.
Big Fish (2003), de Tim Burton

Midnight in Paris: Woody Allen heads to Cannes with Paris homage

from Reuters / by Gregg Kilday

LOS ANGELES – Nine years after Woody Allen’s “Hollywood Ending” raised the curtain on the Cannes Film Festival, the director returns to the French resort for Wednesday’s opening-night festivities with “Midnight in Paris,” starring Owen Wilson and Rachel McAdams.

Allen recently talked about searching for a storyline that would do justice to the City of Lights, why he cast French first lady Carla Bruni-Sarkozy, and his expectations — and trepidations — about opening night.

DID YOU COME UP WITH A SCREENPLAY SET IN PARIS, OR DID YOU DECIDE TO FILM IN PARIS AND THEN COME UP WITH A SCREENPLAY? WHICH CAME FIRST?

Woody Allen: It was suggested I do a film in Paris. This goes back about five years now. Of course, it was something I wanted very much to do because I love Paris, but I didn’t have any ideas for Paris off the top of my head. So I thought about Paris, I thought about what’s outstanding about it. When you think of Paris, you think of romance, so I came up with the title “Midnight in Paris,” which seemed to me very romantic, but I couldn’t think of what happens at midnight. I went for a couple of months without being able to come up with anything. Then one day it occurred to me — if I had my protagonist walking around Paris at midnight and a car pulled up and they said get in and they took him on an interesting adventure. So that’s how it formed.

THE TRAILER HINTS THAT WHILE VISITING PARIS, OWEN WILSON’S CHARACTER SOMEHOW FINDS HIMSELF BACK IN THE PARIS OF THE ’20S?

Allen: I can’t talk about the plot of the movie, but I can tell you I tried to develop the most romantic story I could for Paris, because that’s all that came to mind to me. If someone had said to me make a film about Berlin, I would have thought of a spy story. But Paris is just a romantic place, so I was trying to come up with as good a love story as I could come up with.

THE MOVIE HAS A VERY ECLECTIC CAST — HOW DID IT FALL INTO PLACE?

Allen: I was certain I wanted Rachel McAdams. I knew that. She had always been what I conceived of for her part. The lead was a more East Coast character in the original script (casting director) Juliet Taylor suggested Owen Wilson. I had always been a fan of his, but always felt that has a very West Coast persona. He belongs very much at home on a beach or with a surfboard. So I rewrote the script, making the character a West Coast character. I sent it to Owen and I was very lucky he wanted to do it. Once I had them, I thought about Marion Cotillard. I guess she is the first person you think of when you think of France and getting an actress who is great in the same sense that when I was making Barcelona, I thought of Penelope Cruz and Javier Bardem because they are the internationally known giants of that country. The same thing here. Marion is not just a local French actress, she’s a great, internationally known movie actress. And she was available and willing to do it.

IS THAT UNUSUAL FOR YOU, TO REWRITE A CHARACTER TO SUIT AN ACTOR?

Allen: That does happen, and I’m happy to do it if I can get an actor like Owen, who is a strong person to play something. Then I am perfectly willing to rewrite a character if I can rewrite it. Of course, there are some characters that you could never change. That would ruin the story. But very often you can adjust a character. If you have a strong personality, sometimes it requires an adjustment.

WHAT LED TO YOUR CASTING CARLA BRUNI?

Allen: With Carla, my wife and I were having brunch with the Sarkozkys about a year and a half ago. I had never met them before. He was very charming, very nice, and then she walked into the room. She was so beautiful, so charming and charismatic, I said, ‘Would ever think of being in a movie? Just a small thing, for fun, for your own amusement. I knew she wouldn’t be available for three months of shooting, but I knew she had been before audiences before, playing the guitar, singing, making recordings. She said, ‘Yes, just once in my life I’d like to do it, so I could tell my grandchildren I was in a movie.’ So I said, ‘I’ll make it very simple, just a couple of days work. Something I know you can do, not something we have to work six weeks on. If you can relax and enjoy yourself, you will be fine.’ And she said, sure, she’d love that. And so she came in. She was no problem, she was very natural. The tabloids kept printing that I was doing a million takes with her, but I wasn’t at all. I was doing the normal amount of takes. I certainly don’t do a million takes with anybody, and I was only doing a normal amount with her. Her husband came to watch her work one night and thought she was just great, beautiful and a natural actress. All of the scenes that I wrote for her are in the picture and she did them well. It was a very pleasant experience doing the picture and very pleasant working with her.

DID YOU REALIZE WHEN YOU CAST HER, SHE’D BE A MAGNET FOR THE PAPARAZZI?

Allen: We have that all the time, whenever we are working in the street. When I was working in England with Scarlett Johansson, the tabloids were all over the place. When I was working in Barcelona with Javier and Penelope, the tabloids were out en masse. And when I work in New York, and there is someone in the movie of interest, they just come flocking. Here, interestingly, her first scene was in the Rodin Museum, so we had that privately to ourselves. So the paparazzi couldn’t get in there. Of course, then when we were working on the street, they were there, but that does happen. It happened with Marion Cotillard and Owen Wilson just as much.

YOU DID SHOOT A BIT IN PARIS BEFORE WHEN YOU FILMED EVERYONE SAYS I LOVE YOU. HOW DID YOU DECIDE ON LOCATIONS FOR THIS MOVIE. DID YOU AVOID SETTINGS YOU USED BEFORE?

Allen: I tried to let the art director go and find as much of Paris as she could for me, because I had only filmed there in a very limited way in the past. I used a couple of the places that I had filmed at before, because they are irresistible — it would be very hard to film Paris and not do some material down by the river, because the river runs right through the center of town and is so beautiful. But there are so many locations in the movie that aren’t so well known.

HAVING ALREADY BEEN THROUGH OPENING NIGHT AT CANNES ONCE BEFORE, WHAT ARE YOU ANTICIPATING?

Allen: It’s always an unreal experience. If you’ve ever seen it up close, there are a million flashbulbs going off in your face. People clap when you walk in to take your seat. You have to sit through the movie, that’s the worst part. And after the movie, you have to stand up and people clap. There’s no connection to real life, to the real world. It’s a heightened, euphoric experience. I’m always embarrassed. I live a more quiet life. I don’t go to a lot of openings or events. But I’m required to go to some for the opening of the picture, so I do. I land in Cannes Wednesday morning, and then will be hustled off to photo shoots and interviews and then that night the opening and the opening party, which I would normally not go to but it’s obligatory. And then the next day I do interviews with France, with Germany, with Italy, with Spain. And then you go home. It’s a frantic kind of promotion of the movie. You have to keep telling people how wonderful the movie is, how great everybody is. I never think anybody goes to the movies based on that. I think they get a smell of the movie in some way — they get it from reviews or they get it from other people. Me sitting on a TV show or talking to a journalist saying I had a great time making the movie, doesn’t mean a thing, really.

Marion Cotillard : "Woody Allen fait partie des génies du cinéma"

de Femina / par Anne Michelet

L’actrice fait l’ouverture du Festival de Cannes avec « Minuit à Paris », de Woody Allen . Mais elle ne montera pas les marches, car elle jouera en même temps le rôle de sa vie : celui de maman.

Tourner avec Woody Allen, c’était un rêve ?
Marion Cotillard
– “Il fait partie des génies du cinéma. Mes rêves ont grandi quand j’ai commencé à voir la possibilité de travailler avec des réalisateurs de cette trempe. Le champ des possibles s’est élargi. J’ai toujours rêvé de tourner avec Claude Chabrol , mon idole du cinéma français, maintenant ça n’arrivera plus. C’était l’un de mes plus grands rêves d’actrice, aussi grand que celui de tourner avec Woody Allen.”

« Minuit à Paris » est encore une belle aventure pour vous…
Marion Cotillard
– “Elle est unique et extraordinaire parce que, au-delà du cinéaste formidable qu’il représente, c’est quelqu’un de profondément attachant. Il a ce regard pétillant d’intelligence et d’humour. En plus, on a l’impression de le connaître parce qu’il s’est mis en scène dans la plupart de ses films. Je l’ai rencontré très tard, quatre jours avant le tournage, je crois d’ailleurs que c’est la première fois que j’accepte un film sans avoir rencontré le réalisateur. Mais quand c’est Woody Allen, il n’y a pas de mauvaise surprise, bien au contraire ! Dans la réalité, tout est encore plus intelligent, encore plus fin, plus pointu, que ce que l’on pourrait imaginer… Il y a chez cet homme une précision, un recul sur beaucoup de choses et un point de vue qui est unique à cette personnalité géniale, il n’y a pas d’autre mot.”

Donc le tournage a été un régal ?
Marion Cotillard
– “C’était très curieux de commencer un film sans vraiment avoir discuté plus que ça. Mais en même temps, dans la préparation d’un rôle, que ce soit au niveau des costumes ou de la coiffure, pendant les essais caméra, quand on tente d’assembler les uns aux autres tous les détails qui formeront notre personnage… c’était intéressant aussi de le faire à ce moment-là, dans une espèce de délicatesse et de subtilité. Du coup, peut-être que, les premiers jours, j’ai mis un peu de temps à trouver mes marques, car j’étais très impressionnée et je ne savais pas si j’allais dans la bonne direction. J’ignorais s’il était content et c’est quelque chose qui m’importe beaucoup. J’ai besoin de donner tout ce que le réalisateur veut et si je peux lui donner encore plus et le surprendre, je le fais, car c’est la première personne à qui j’ai envie de donner.”

Woody Allen dit que vous avez un charisme fou et il ajoute : « Je n’étais jamais fatigué de la regarder, elle est capable de faire appel à n’importe quelle émotion aussi facilement et rapidement qu’elle le souhaite… » Il est totalement sous le charme !
Marion Cotillard
– [Rires.] “Cela me touche beaucoup. Quand j’ai compris qu’il y avait quelque chose qui lui plaisait vraiment dans ce que je proposais, j’ai enfin pu me détendre. Mais c’est vrai que j’étais très intimidée et que ce fut un tournage particulier pour moi.”

Il vous donnait quand même des indications ?
Marion Cotillard
– “Ah oui, c’est un metteur en scène très précis. Nos relations étaient assez fluides sur le plateau, même s’il est très intimidant. Je sais que je le dis beaucoup, mais c’était vraiment ainsi.”

Qui est Adriana, le personnage que vous interprétez ? Une muse ?
Marion Cotillard
– “C’est une femme qui se retrouve sur le chemin d’un Américain, joué par Owen Wilson , un écrivain qui se retrouve à Paris dans cet état de création si particulier, à fleur de peau, ouvert à ce qui se passe dans sa vie et dans le monde. En même temps, il est enfermé dans sa vision des choses, tout à coup bouleversé, tout à coup perdu, tout à coup retrouvé…La phase créative est très particulière. En tant qu’actrice, je la connais de manière totalement différente parce que je dois créer à partir d’un matériau qu’on me donne. Je crois qu’il y a, chez un peintre, un écrivain ou un réalisateur qui écrit son scénario, quelque chose de tout à fait fascinant dans ce processus créatif. Cet homme est dans cette phase et va croiser plusieurs personnes sur sa route, dont Adriana, que j’incarne, qui inspire les artistes. Ce n’est pas forcément une profession, mais il y a eu des muses très célèbres qui, par leur personnalité et leur amour des artistes, ont provoqué un déclic chez eux.”

Qu’est-ce qui vous a attirée chez Adriana ?
Marion Cotillard
– “C’est une femme très intrigante ! Je me suis longuement interrogée sur la façon dont j’allais pouvoir exprimer tout cela. Il y a une espèce de subtilité et de magie à trouver dans le personnage, et j’ignorais si j’allais y arriver. C’est d’ailleurs toujours ce qui me motive quand je lis un scénario. J’ai besoin d’avoir une part d’inconnu, de savoir que j’aurai un travail à faire, que je ne vais pas me dire immédiatement : « Oh, je vois exactement comment est cette femme… » Et puis il y a cette grande part de mystère qui existe chez chacun, qu’il faut découvrir pour la faire vivre quand on est acteur.”

Vous inspirez nombre de cinéastes talentueux. Etes-vous un peu une muse pour certains, comme le fut Diane Keaton avec Woody Allen ?
Marion Cotillard
– “Je n’ai pas du tout cette vision et je ne saurais pas parler de moi comme ça. Mais ça me touche beaucoup, évidemment, quand quelque chose qui émane de moi inspire un artiste. Je trouve ça vraiment émouvant parce que, en définitive, cela revient à parler de partage. C’est un peu ce qu’on fait quand on est acteur, alors pouvoir inspirer un réalisateur ou même un comédien, c’est formidable.”

Et vous, qui vous inspire dans la vie ?
Marion Cotillard
– “Ce serait compliqué de choisir, il y en a tant : des grands humanistes ou des écologistes, mais si je dois rester dans le domaine des acteurs et des artistes, je dirais que Daniel Day-Lewis , avec qui j’ai eu la chance de travailler, m’inspire beaucoup. Kate Winslet aussi. Bien sûr, il y en a encore beaucoup d’autres.”

Ce film est une belle déclaration d’amour de Woody Allen à Paris. Qu’aimez-vous de cette ville ?
Marion Cotillard
– “Ce que j’aime de Paris, comme Woody Allen, c’est justement son côté créatif, artistique et inspirant, qu’il s’agisse de peinture, de cinéma, de musique ou de mode… Paris a connu de grandes époques de création, avec des réunions d’artistes de tous bords. C’est l’une des choses que j’aime le plus et qui me rend fière d’être parisienne, puisque je suis née à Paris. Woody Allen l’a montré d’une manière merveilleuse dans son film. Cette ville est une muse et il lui rend hommage. Il y avait déjà tourné des films comme Tout le monde dit I Love You et cette ville qu’il a complètement magnifiée l’inspire vraiment. La beauté d’un artiste, c’est de pouvoir faire partager son amour.”

« Minuit à Paris » va faire l’ouverture du Festival de Cannes . Vous ne serez pas présente, car vous vivrez, à ce moment-là, le plus bel événement qui soit en devenant maman…
Marion Cotillard
– “Evidemment, je ne peux pas être chagrinée de ne pas y aller, même si j’aurais adoré monter les marches à Cannes pour un film, ce qui ne m’est jamais arrivé. Ce festival sublime reste un endroit où l’on peut voir des films qu’on ne verra jamais ailleurs. J’aurais adoré pouvoir y participer, car je n’ai jamais eu l’occasion d’aller à Cannes dans ces conditions. Mais voilà, c’est la vie…”

Vous êtes rayonnante, comment abordez-vous cette future naissance ?
Marion Cotillard
– “Vous savez, j’ai toujours un peu de difficulté à parler de moi. Mais je peux vous dire que c’est tout ce que j’aime dans la vie, plonger dans l’inconnu et vivre des expériences nouvelles.”

Votre enfant va baigner dans un milieu artistique, avec des parents comédiens…
Marion Cotillard
– “Oui, forcément…”

Vous avez eu une enfance heureuse avec des parents eux aussi comédiens ?
Marion Cotillard
– “Ah oui ! J’ai eu la chance d’avoir des parents qui nous ont ouverts, mes frères et moi, à beaucoup de choses. Il y avait toujours du mouvement chez nous, des artistes qui ont participé, avec mes parents, à développer notre imaginaire, à nous faire rêver… Je pense que c’est une grande chance d’avoir eu cette ouverture si jeune, d’avoir été émerveillée très tôt, tout en me disant que c’était possible de l’être à chaque instant. Je suis heureuse d’avoir cela en moi. J’ai l’impression que je ne serai jamais blasée. Je suis intimement persuadée que l’existence m’apportera toujours, parce que nous sommes des êtres en mouvement permanent, comme le monde, quelque chose de nouveau, des moments merveilleux ou non, qui m’apprendront des choses, me feront avancer et… pourront aussi me mettre parfois en colère !”

Vous avez un engagement profond et sincère pour l’écologie et vous ne ménagez pas vos efforts…
Marion Cotillard
– “Je crois que cela va au-delà de l’ écologie . On appelle ça engagement parce que, maintenant, on met des mots sur tout. Cela correspond à une philosophie de vie que j’avais envie de faire partager. La cohérence et la logique ont beaucoup d’importance pour moi, j’essaie donc d’être le plus possible en accord avec ce qui me semble être la justesse et l’équilibre, afin d’être en harmonie avec ma vision du monde. Alors, effectivement, je m’engage avec des gens que j’admire et qui m’inspirent, comme Pierre Rabhi ou Maud Fontenoy , qui est une femme exceptionnelle. Elle fait partie des personnalités qui nous rendent fiers d’être français. Je suis très heureuse de pouvoir apprendre auprès d’elle. Quant à Pierre Rabhi, il réalise de grandes choses pour l’agro-écologie.

L’écologie se traduit aussi dans votre vie quotidienne ?
Marion Cotillard
– “Très tôt, j’ai pris conscience du gâchis et du « foutoir » que nous provoquons. Ces dernières années, il y a eu une prise de conscience obligatoire, parce qu’on était allé trop loin. Il y a de plus en plus de gens qui s’engagent, qui parlent et j’ai besoin, envie, de m’associer à eux pour faire partager une autre vision du monde que celle dans laquelle nous sommes conditionnés. Faire machine arrière n’a aucun sens, mais faire autrement, c’est possible. C’est vrai que quand ceux que j’ai cités ou d’autres, comme Nicolas Hulot , essaient de faire passer un message de logique par rapport à notre environ­nement, je ressens le besoin de m’engager auprès d’eux.”

Autre activité, autre talent : vous chantez avec Yodelice. Alors, quand Simone va-t-elle sortir un disque ?
Marion Cotillard
– “Simone travaille ! [Rires.] Simone évolue. Simone en a très envie. [Elle a pris ce nom de scène en hommage à sa grand-mère.]”

Vous aimez être sur scène en concert ?
Marion Cotillard
– “Oui. Maxim Nucci , le leader de Yodelice , m’a poussée à accomplir des choses que j’avais toujours eu envie de faire sans aller jusqu’au bout. Très sincèrement, sans lui, je serais toujours à me dire : « J’aimerais bien jouer de la musique, apprendre un instrument, chanter… » Il a insisté pour que j’essaie. Petit à petit, je me suis retrouvée intégrée au groupe de Yodelice, parce qu’il m’a demandé de chanter, de jouer de la basse, un peu de percussions, de claviers… La musique occupe une partie importante de ma vie, je ne pourrais pas vivre sans, j’ai toujours travaillé en musique. J’ai un rapport d’amour avec cette forme d’expression.”

Vous écrivez des chansons ?
Marion Cotillard
– “Maxim m’y pousse ! Je commence à me dire que c’est possible, que je n’en suis pas totalement incapable. Encore une fois, c’est grâce à lui. Maxim et Yodelice sont une telle source d’inspiration ! C’est l’une des plus belles invitations que j’ai reçues dans ma vie. Ils m’ont accueillie comme musicienne alors que je n’ai pas étudié la musique. Grâce à eux, je me retrouve avec la possibilité de réaliser l’un de mes rêves.”

Placez-vous toujours la barre très haut malgré vos succès ?
Marion Cotillard
– J’ai envie de prendre du temps pour moi, mais je ne serai jamais indulgente parce que je n’ai pas envie de l’être et que ça ne fait pas de mal d’être exigeante. J’aborde chaque tournage de la même façon, je suis toujours très anxieuse, c’est l’un de mes moteurs. Je ne vois pas l’utilité d’être indulgente.

Votre réussite ne vous rassure pas un peu ?
Marion Cotillard
– “Je suis incapable de parler du résultat. Je vois mes films et, si je n’y parviens pas parce qu’il y a trop d’anxiété, trop de stress, trop de regards focalisés sur moi, je les regarderai alors une seconde fois comme si c’était la première. Ensuite, je ne les revois jamais… Mais je suis quelqu’un de curieux et j’ai envie de voir le résultat quand j’ai eu l’impression de donner le maximum. En revanche, quand j’ai le sentiment de ne pas avoir tout donné, j’ai tellement peur d’être atteinte par le mauvais résultat que je préfère ne pas voir le film. Cela dit, en général, je les vois. Après, mon avis ne regarde que moi.”

Missing 2009 Scans

Trying to make the best of a free weekend and the calm before the release of ‘Midnight in Paris‘ I scanned all the 2009 publications featuring Marion Cotillard I had at home that hadn’t been added yet. Some of these featured brand-new photoshoots at the time – so it’s really high time they’re in our gallery. Enjoy!

From these scans I took 2 pictures that were new to me and added them to specific albums.

001 Charity & Causes > Greenpeace
001 Lady Dior > New York – Lady Rouge > Print Ads – Behind the Scenes
002 Scans from 2009 > Chasseurs d’images (France) – April
003 Scans from 2009 > Cote Paris (France) – May
002 Scans from 2009 > VSD (France) – June 3-9
012 Scans from 2009 > BlackBook Magazine (US) – June/July
003 Scans from 2009 > Gala (France) – June 29
003 Scans from 2009 > GQ (US) – July
007 Scans from 2009 > InStyle (US) – July
004 Scans from 2009 > Marie Claire (France) – July
002 Scans from 2009 > The Sun Herald (Australia) – July 19
001 Scans from 2009 > Sydney Morning Herald (Australia) – July 25/26
001 Scans from 2009 > Femmes (France) – July/August
002 Scans from 2009 > A Nous (France) – August 31
003 Scans from 2009 > Best Movie (Italy) – November
007 Scans from 2009 > Grazia (France) – November 14-20
001 Scans from 2009 > Urban Life (UK) – December
007 Scans from 2009 > Harper’s Bazaar (Japan) – December, replaced with my own scans
021 Scans from 2009 > Various Clippings, mostly scanned by Elmira & Lorna

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I would love to live a double life

Originally published in Madame Figaro (France), written by Richard Gianorio

translated by Oliver.G.Byrne

MF: How are you feeling right now?
MC:
I don’t know a word that hasn’t been used a million time, absolute joy. I have never been so in peace (zen). There is my pregnancy of course but also the fact that I’m rediscovering Paris and that I get to see all my friends after cruising around the world for so long.

MF: Do people leave you alone?
MC:
It’s not easy to have your picture taken by paparazzi, pregnant with the belly up, it’s actually quite violent but at the same time I take a step back from that. There is nothing to hide, I’m pregnant, what can we add? The situation speaks for itself. On the other hand it is true that I do not like to comment on my private life. I’m not very comfortable with it and the subject that would be myself is not the centre of my concerns.

MF: Is it difficult for someone on top to take a step back for a while to have a child?
MC:
No, because the need for a child at some point is stronger than anything else. And afterwards I start working again by filming Christopher Nolan’s Batman, it’s an opportunity to go back to it nicely, it’s a small role and a very comfortable one for a new mother. Later on, I have other projects that fill me with joy. Since “La vie en rose” I’ve walked in the gardens of some of the greatest filmmakers with amazing supporting roles – “Public Enemies” “Nine” or “Little White Lies“. But I now have the need to carry an entire role on my shoulders, I want to be the one whose story is told.

MF: Any regrets about not being able to be at Cannes this year to present Midnight in Paris?
MC:
No because in my state it would be impossible. At the same time it would have been the first time I could have walked the red carpet to present a film, one directed by Woddy Allen nonetheless. I was amazed when he gave me the role. I remember our first phone conversation, I was still living in my old apartment in the Marais in Paris and a friend was in the room beside me. We were getting to know each other by phone! It was surreal, I met him just four days before shooting started so I was slightly destabilised and it took me a while to adapt. The way he looks at his actors reassured me. He’s an extraordinary director, always much more than what you expect: funnier, more tender, more brilliant, more ironic…

MF: Between continually shooting movies, your travels, your duties as face of Dior… Do you ever get overwhelmed by everything?
MC:
I am frustrated when I have less time to give to Greenpeace for example. It reminds me of actors like Audrey Hepburn, who stopped at some point because there was a calling for them bigger than anything else, bigger than their careers. I have a lot of projecs that have nothing to do with this career, Greenpeace of course, the environment as a whole. When I engage myself for the forest, it’s not only for the trees but to preserve people as well. I would love to help another way. In fact I would love to live a double life: If I were twice myself, I would never feel any frustration.

MF: Do you get to be proud of yourself sometimes?
MC:
As an actress yes! In the case of “La vie en rose” I was proud of us: The director, make up, the sound operator… This film represented something that was a special accomplishment in my eyes. I worked so hard for it! I thought it would never work, I could never do better. I work hard, I prepare a lot, I have too much respect for this craft to leave it to improvisation. In general, if we don’t work, we become poorer, we become empty and uninteresting. In general, I see my films once and I examine everything, every single move, I like to understand how my work has been taken and translated to the screen.

MF: Are you in Hollywood’s A list?
MC:
I am not at the bottom but the A list is only reserved to American actress who can draw people to the cinemas. Like Angelina Jolie, Sandra Bullock, Jennifer Aniston, or even the incredible Penélope Cruz who’s going be huge with the new Pirates of the Caribbean. Of course I played in the blockbuster “Inception” but it was Leonardo Dicaprio who brought in the audience. Having said that, I’ve been wonderfully received by the Americans whose cinema I sincerely love. My dream?! (Laugh)
To play in a film with Will Ferrell’s gang, of whom I’m a huge fan. I participated in a Funny or Die skit he co-produced, I was in heaven!

MF: How do you manage to stay levelheaded in view of the string of success you’ve had in Hollywood?
MC:
A lot of actors want to believe what they are told and cut themselves from reality. I saw some who let go great, honest people in their lives, people who had the right outlook on them only to replace them with a bunch of groupies (Butt kissers). I need to be honest with myself, to be surrounded well and not being afraid to say “Be careful, you don’t look at me the same way!” If we just feed ourselves with the desire of being recognised and loved we end up turning in circles until we end up completely dumb. To see people become self-centred is a very scary thing. I’m sure we can spend our life in that type of reality but I don’t believe it would make me happy.

MF: Did you ever had a moment where because of fame you lost it?
MC:
No, because I never identified myself with a supposed image of myself. I belong to the real life and life is always moving. We are taken on a ride, everything is moving, everything is changing, nothing is acquired and it’s the same for everybody. In addition, I am very attached to the respect for others, as a woman and as an actress. If we don’t respect another who should be our priority there is a serious problem. I love healthy relationships and I defend simplicity in a life that is not simple, a life in which too many desires can lead you to frustration. The road is long and I am getting better. For the time being I try to be at peace with things and with the people I love.

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