Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Dec 16, 10   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Paris Match / par Irène Frain

Coup de foudre amical entre l’actrice et la navigatrice qui unissent leurs forces pour ne pas laisser à leurs enfants une planète à la dérive« Tahia » navigue dans la baie de La Rochelle. A la manœuvre, le capitaine Fontenoy et le matelot Cotillard.

L’une, la fougue, le verbe, la passion brute de fonte. L’autre, un elfe gracieux et souvent silencieux dont l’œil bleu se voile parfois de mélancolie. Mais deux fonceuses, deux bûcheuses. Et surtout deux filles qui ont atteint les cimes. Maud Fontenoy, en 2005, première femme à avoir traversé l’océan Pacifique à la rame. Marion Cotillard, Oscar de la meilleure actrice en 2008 pour son rôle-titre dans « La Môme » – ne parlons pas de son Golden Globe et de son César. Quasiment le même âge : Maud, 33 ans, Marion, 35. Enfin, deux écolos convaincues. Maud, côté mer, évidemment. Marion, côté terre : ça se sait moins, mais, depuis toujours, elle va chercher son énergie dans les arbres. « Ils m’inspirent du respect et c’est physique. Dès que j’en vois un, j’ai besoin de le toucher. C’est ce qui m’a poussée à entrer en 2001 dans l’organisation Greenpeace pour me battre contre la déforestation. »

Maud, elle, n’avait pas 7 jours que ses parents l’embarquaient sur leur goélette pour un tour du monde qui se prolongea jusqu’à son adolescence. De Tahiti à l’Arctique, des rives heureuses de la Méditerranée à l’horreur des Cinquantièmes hurlants, elle sait tout des couleurs de la mer. Effondrée par le saccage du littoral et des océans, elle a voulu s’engager pour sensibiliser la jeunesse à la nécessité absolue de les préserver. Et, à cet effet, créé la fondation qui porte son nom. Aujourd’hui, c’est la première fois que Marion, entre Oléron et Ré, se risque sur le bateau de Maud, coiffée d’un ravissant bonnet de petit mousse. Pour ses premiers pas à bord, l’autre la couve avec la rieuse complicité d’une vieille copine de lycée. Et pourtant, il y a neuf mois, elles ne se connaissaient que par presse interposée. C’est Jean-Louis Borloo qui les a réunies lors d’un déjeuner organisé pour la Journée de la femme.

Marion, dans la seconde, fut fascinée par Maud : « Tout ce qu’elle disait était puissant et beau. Et accessible à tous. » Mais Maud, mine de rien, rompue à vivre en double commande, observait Marion tout en parlant : « Moi aussi, j’étais fascinée ! Je l’avais prise pour une star qui vivait dans un monde très lointain et je m’étais même demandé si son engagement écolo n’était pas une pose. Mais elle était si simple ! J’ai voulu en avoir le cœur net, je l’ai questionnée. Aussi sec, elle s’est mise à me parler du documentaire qu’elle préparait sur les arbres. Je me suis alors aperçue qu’elle était super sérieuse.

Elle rassemblait méthodiquement les infos sur le sujet, les classait… A l’évidence, elle était de ces gens qui travaillent dur et vont au bout d’eux-mêmes tout en restant les pieds sur terre. Tout ce que j’aime ! » Maud invite donc Marion à la soirée caritative qu’elle organise pour la Journée mondiale des océans. Sans trop y croire : « Je me suis dit : “Elle est tellement demandée, elle ne viendra jamais…”» Mais, pour l’actrice, une promesse est une promesse. Au jour dit, elle répond présente. « J’arrivais du Congo, raconte Marion. Je venais de participer avec Greenpeace à une action pour sensibiliser à la dégradation de la forêt dans cette région. C’était la continuation naturelle. Sur la planète, tout est lié, les arbres, les océans, nous. »

Maud, intriguée, veut alors approfondir. Ça tombe bien, Marion aussi. Elle se souvient : « On a échangé nos numéros de portable et, dans nos agendas d’enfer, on a trouvé une date pour un déjeuner. J’étais de plus en plus subjuguée par le charisme de Maud, sa détermination, son aura. Elle me rassure. Maud est quelqu’un de concret, simple, cohérent et dans le présent. Elle s’adresse aux enfants de tous milieux, et à travers eux elle s’adresse à tout le monde. Le nombre d’espèces végétales et animales qui disparaissent est terrifiant ! Maud est quelqu’un qui encourage à prendre conscience et à agir. » De son côté, Maud est impressionnée par la fidélité de Marion. Pas de chichis, aucun faux bond. La star est là, le jour dit. Et à l’heure ! Maud va alors droit au but : elle lui propose d’être la marraine de sa fondation. Marion accepte avec la même simplicité.

Et sans la moindre peur d’être cataloguée comme « écolo-people ». « Mon seul souci, ce fut de vérifier si cette démarche était compatible avec mes autres engagements et, surtout, si je pouvais y consacrer du temps. » Et Maud de renchérir, très convaincue : « Célèbres ou anonymes, on est tous concernés par les enjeux de la planète. Aujourd’hui, l’écologie, ce n’est plus seulement une question de sauver les baleines et les gentils dauphins, mais bien de vouloir assurer la survie des hommes. Pour avancer, toutes les énergies sont nécessaires. Il est indispensable de faire passer le message, de sensibiliser le plus grand nombre. Pour défendre cette cause, il nous faut des personnalités emblématiques.

Si j’ai choisi Marion, c’est pour sa sincérité. Elle ne se contente pas d’exposer ses convictions. Elle veut en savoir plus, elle pose constamment des questions. Et c’est bien en connaissant mieux les choses que l’on apprend à les aimer et que l’on s’engage ensuite pour les protéger. Marion a toujours mis ses actes en accord avec ce qu’elle pense. Elle est d’une fidélité exemplaire. Actuellement, par exemple, ma fondation a mis en place un grand programme éducatif sur la biodiversité marine à destination des 7 031 collèges de sixième et de cinquième. C’est un travail de longue haleine puisqu’il va durer deux ans. Il y a six semaines, nous devions passer une matinée ensemble dans un collège classé Zep. Marion, une fois de plus, a été fidèle au poste ! Sur les gamins, vous imaginez l’impact de sa présence et de ce qu’elle a dit ? »

Mais au fait, ce travail « de longue haleine », comme dit Maud, pourquoi est-ce que ce sont les femmes qui s’y collent ? Parce que c’est une tâche ingrate dont les hommes ne veulent pas ? Ou seraient-elles plus douées pour parler aux jeunes ? Plus inquiètes sur l’avenir ? Plus agissantes, plus responsables ? « C’est dans nos tripes ! tranche Maud. Le puissant instinct de conservation des femmes, leur conscience d’être investies de la pérennité de l’espèce ! Tous les sondages le montrent : dès la naissance de leur premier enfant, les femmes deviennent très attentives au choix des aliments, des produits ménagers, se posent la question de la ­pureté de l’eau, de l’invasion des pesticides. Elles pèsent même sur le choix de la voiture ! Dans ce tableau, notre idée, à Marion et à moi, se résume à témoigner, relayer le travail des scientifiques, expliquer encore et encore. Sans oublier de toujours, du mieux que l’on peut, montrer l’exemple. »

On dirait vraiment deux vieilles copines de classe. Maud n’a pas fini sa phrase que Marion enchaîne : « Oui, surtout dans une société déresponsabilisée comme la nôtre. On a tous plus ou moins l’idée que quelqu’un, en haut lieu, fera ça mieux que nous. Mais nous devons agir par nous-mêmes, chacun à notre niveau. Aller dans les écoles apprendre les bons gestes aux enfants, ça me semble capital. Et puis moi aussi, la ferveur des gamins m’a enthousiasmée. » Décidément, le chant alterné ne finira jamais : Marion n’a pas fait taire sa petite voix d’oiseau que Maud entonne d’un air enthousiaste : « Ça n’a l’air de rien, mais en rentrant, quand les enfants vont voir leurs parents ne pas adopter les bons gestes, avec les déchets ou les produits d’entretien par exemple, ils vont leur dire : “Non, ne faites surtout pas ça ! Toutes ces pollutions, elles se retrouvent dans les océans… et ensuite dans les poissons que l’on mange !” On a le choix, tous, et tous les jours !

A chacun de se prendre en main. Et je vous assure, ce n’est pas revenir à l’âge de pierre ! » Les yeux de Marion s’illuminent. Et vont se perdre dans ceux de Maud. Qui sourit à son tour. Au-delà du combat qui les réunit, c’est sûr, quelque chose d’autre les attache. Une sauvagerie native, peut-être. Et la même volonté de réenchanter l’avenir. Rêve de Marion : « Que le bateau de Maud, avec tous les enfants qu’il va emmener en mer, devienne le symbole de l’harmonie que je souhaite à la planète ! » Vœu de Maud : « Que Marion soit encore avec nous dans vingt ans ! Et que chacun prenne conscience que l’on a aujourd’hui une chance incroyable d’inverser la tendance ! » Le vent hargneux de novembre se sent obligé de mollir. Puis le ciel s’ouvre et l’océan sourit. On dirait qu’ils leur disent merci.

www.maudfontenoyfondation.com. Maud sort un coffret cadeau écolo aux éd. du Chêne.






 

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