Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Oct 15, 10   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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d’Elle / par Alix Girod de l’Aine

« Marioonne, could you stop smiling ? » Tandis que le photographe donne ses instructions, j’ai envie d’applaudir. C’est un vrai soulagement de découvrir « the french mermaid », comme ils disent aux Etats-Unis, en vrai : lumineuse, visage lisse, joues roses et dents de perle, elle ressemble si peu à la Marie ravagée de doutes et de chagrin des « Petits Mouchoirs » ! Avant cette comédie bouleversante – les deux mots ne vont pas ensemble et pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit –, elle était, au côté de Leonardo DiCaprio, dans « Inception », de Christopher Nolan, une autre femme en larmes, dans la lignée des rôles qui l’ont rendue célèbre (Edith Piaf dans « La Môme », d’Olivier Dahan, la jeune veuve noire du « Long Dimanche de fiançailles », de Jean-Pierre Jeunet…). Je demande à Marion Cotillard si, toute parano bue, elle ne déclencherait pas des pulsions perverses chez les réalisateurs ? Pourquoi tant d’entre eux veulent-ils la voir malheureuse ? Tous des malades ? Marion Cotillard éclate de rire : « Oh oui ! C’est vrai ! Moi, j’adorerais jouer dans une comédie pure et dure ! Je lance un avis de recherche ! », avant de se reprendre, songeuse : « En même temps, les personnages tragiques sont tellement passionnants à jouer ! Et si c’est moi qui les appelais ? Tenez, pour “Les Petits Mouchoirs”, Guillaume m’avait laissé le choix entre le rôle de Marie et celui, beaucoup plus drôle, de la femme de François Cluzet [qui assiste médusée au pétage de plombs de son mari, ndlr]… J’ai hésité, parce que j’aurais eu plus de scènes avec François, qui est un acteur phénoménal, mais, finalement, c’est vers la “sombre” que je me suis tournée. Ça doit être de ma faute, en fait. En même temps, il vaut mieux pleurer à l’écran et rire dans la vie que l’inverse, non ? »

Rencontrer Marion Cotillard, c’est l’occasion unique de trouver une réponse à la question qui hante probablement des millions de Français : il se passe quoi, au juste, dans « Inception » ? A-t-elle compris quelque chose au scénario ? « Oui, s’amuse-t-elle. Mais ça, c’est parce que je l’ai lu deux fois… et que j’avais Christopher Nolan sous la main quand je commençais à être paumée. » Je lui demande donc si elle est capable, en mille signes maxi, de me résumer l’intrigue, pour un encadré qui pourrait être titré « Inception pour les nuls ». La belle décline mais, dans un sourire à accélérer le réchauffement climatique, s’explique : « Ce serait faire injure à l’intelligence des gens. Je suis sûre que le public et vous-même avez compris bien plus que vous ne le dites. » Fine mouche va.

S’il y a un sujet sur lequel Marion Cotillard est intarissable, c’est celui de l’écologie. Elle vous conseille même de ne pas la brancher sur son engagement auprès de Greenpeace, parce que ça pourrait bien bouffer toute la bande de l’interview. Je lui demande à quoi elle a renoncé pour vivre selon ses principes, elle me parle de 95 % des produits de beauté du commerce (tout ce qui n’est pas bio en gros), mais précise que le seul vrai sacrifice, c’est d’avoir arrêté le Nutella : « C’est bourré d’huile de palme, cause de déforestations massives. Ça a été atroce, mais j’ai réussi à stopper net. En plus, c’est mauvais pour la santé », précise-t elle, cherchant un briquet dans son sac.

Marion Cotillard est donc une jeune femme capable, dans une même phrase, de s’émouvoir des effets des acides gras trans sur les artères et d’allumer une clope. Elle est la première à en rire : « J’ai plus de considération pour la forêt amazonienne que pour mes propres poumons, ce qui est complètement débile, je sais… mais la cigarette, je vais arrêter. Je ne me fais aucun souci là dessus, j’ai l’arme fatale », dit-elle en extirpant le livre d’Allen Carr de son sac. Elle précise fièrement « je suis page 182, c’est une histoire de quelques jours. J’ai déjà arrêté une fois, je sais que j’en suis capable », avant d’inspirer une longue bouffée de sa blonde.

Faisons un rêve : vous et moi, si on était actrices, si on avait eu autant de récompenses dans notre carrière, avec Hollywood à nos pieds et Clooney, Pitt et DiCaprio qui prennent chacun leur ticket pour attendre patiemment le droit de tourner avec nous, on serait plutôt relax sur l’avenir, non ? Marion Cotillard, c’est pas ça du tout. Comme si elle voulait conjurer sa baraka – « Avoir le choix de ses films est certes un confort… mais un confort éphémère, ça passera sûrement un jour » –, elle dit bosser encore plus qu’à ses débuts. « Mes rôles, je voudrais qu’ils deviennent un peu plus que des personnages : des gens. » Alors elle leur invente un passé, un avenir, dort avec eux, explore plusieurs pistes d’émotions, tâtonne, recommence… Elle a une approche quasi sociologique de son travail, ainsi de la trentenaire un peu paumée des « Petits Mouchoirs » : « Marie est un personnage qui ressemble à beaucoup de filles d’aujourd’hui : libre, se revendiquant comme telle, mais seule et désespérée de ne pas trouver d’issue. Je la comprends pas trop mal, parce que, même si je ne suis ni seule ni désespérée [sourire], je sais ce que signifie être emprisonnée dans ses peurs. Ça, je l’ai vécu. »

On sait l’actrice mutique sur sa vie privée, pourtant : « Dans la mesure où le réalisateur et moi-même vivons ensemble depuis trois ans, le contraire serait inquiétant », s’amuse-t-elle. Mais, sur le tournage des « Petits Mouchoirs », Marion Cotillard m’explique qu’elle a assez peu vu son homme : « Ce film, c’est vraiment huit rôles principaux, donc Guillaume ne s’occupait pas que de moi, loin de là ! On était plutôt un bloc d’acteurs, huit potes au bord de la mer, contre lui, qui était là pour nous rappeler qu’on n’était pas en vacances ! Guillaume est exigeant, moi aussi, et le fait qu’il soit aussi acteur est un avantage immense : jamais je n’avais eu cette impression que le metteur en scène accompagnait ses comédiens si vite dans l’émotion. » Et à titre personnel, qu’est-ce que ça a changé d’être sous sa caméra à lui ? Marion sourit : « J’avais envie, comme à chaque fois, de donner au réalisateur ce qu’il voulait… » Je lui dis qu’elle m’énerve, avec sa pudeur, elle rit franchement : « Disons que j’avais envie de donner… plus encore à ce réalisateur-là. » Savourez bien la confidence qui précède : sur l’échelle de Richter « vie privée » de la comédienne, nous voilà à un bon 8 sur 9 !

« Pour la chute de l’article, Marion, je vais dire que vous attendez des triplés, ça sera rigolo ! » « Ben voyons ! Vous pouvez écrire ce que vous voulez, de toute façon, je le lirai pas ! » C’est dit en riant. C’est dit quand même, les pupilles – si noires sur l’iris bleu porcelaine – bien plantées dans les vôtres. S’il y a une chose dont Marion Cotillard ne raffole pas dans son métier, c’est des gens qui viennent lui coller un micro sous le nez pour lui faire dire des choses qu’elle n’a pas envie de dire. Ou pire, qui inventent des choses qu’elle n’a pas dites et dont elle doit se justifier quand même. Je lui demande un exemple, elle cite une interview où elle aurait déclaré : « Les vieilles actrices sont pathétiques. » Dix personnes de son entourage l’ont appelée pour l’engueuler, mais qu’est-ce qui lui était passé par la tête ? Moi, je ris, c’est frappé au coin du bon sens, cette réflexion ! Pas Marion, qui, rien qu’à ce souvenir, prend son joli visage entre ses mains, effondrée : « Mais c’est faux ! En fait, on me demandait si je comptais faire ce métier toute ma vie, et j’avais répondu que j’ignorais si, dans quinze ans, j’aurais toujours envie d’être sous le regard des autres ! C’est pas pareil, quand même ! Et une fois que c’est imprimé, c’est foutu, vous passez encore pour une petite conne des années après. Ça me mettait dans des états de rage, mais de rage, des trucs comme ça ! Quant aux articles hyper élogieux, j’ai vraiment l’impression de ne pas le mériter, qu’on parle de quelqu’un d’autre que moi… je ne fais que mon boulot ! Du coup, j’ai décidé d’arrêter complètement de lire ce qu’on écrit sur moi. » Marion Cotillard ne lira donc pas cet article et c’est tant mieux : elle s’épargnera de se voir dépeinte en conclusion comme non pas une « petite conne » mais une fille simple et charmante. Bien fait pour elle.






 

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