Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Feb 18, 10   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Paris Match / par Dany Jucaud

Un tournage avec Leonardo DiCaprio, une nomination aux Golden Globes pour « Nine »… Depuis son Oscar, Hollywood est fou de la Môme

Paris Match. Depuis que vous avez reçu un Oscar, vous mettez un point d’honneur à contrôler votre image, peut-être au détriment de votre spontanéité…
Marion Cotillard. Je crains ­souvent d’être indécente, de trop me livrer. Avant, je disais tout, et j’avais l’impression de me voler quelque chose pour trop donner aux autres. Aujourd’hui, je me protège plus. Autant je trouve intéressant de raconter ses fêlures – ça peut aider quelqu’un à avancer –, autant j’estime déplacé d’étaler sa vie privée. Emmanuelle Béart parle merveilleusement bien de la femme, des femmes, avec une façon de raconter des choses intimes sans être impudique… Moi, je ne sais pas.

Finalement, ce sont juste les mots qui vous manquent ?
Ils m’ont toujours manqué. J’ai toujours peur de ne pas employer les mots justes. C’est aussi pour ça que je suis actrice, pour m’exprimer avec ceux des autres. Ce n’est pas évident de se mettre à nu pour ­expliquer des choses qu’on ressent.

En devenant actrice, vous avez fait le choix de vous exposer, au risque de prendre des coups. On a l’impression que vous les appréhendez moins que les mots…
Quelqu’un de public s’expose toujours au jugement. Cela fait ­partie du jeu. Mais ni les coups ni les mots ne me font réellement peur. Ils me blessent parfois, et c’est à ce moment-là qu’il faut prendre du recul et se rappeler des choses vraiment importantes.

Vous jouez dorénavant dans la cour des grands. Etes-vous encore étonnée de tout ce qui vous arrive ?
L’été dernier, j’ai tourné “Inception”, de Christopher Nolan, avec Leonardo DiCaprio, dans les studios d’Universal. Chaque matin, en traversant les plateaux où se font les plus grandes séries américaines, que j’adore, ou quand je passais devant les bureaux de Spielberg, mon cœur battait la chamade. Ces studios sont tellement chargés d’histoire que je me disais : “Comment est-ce possible que moi, petite actrice française, je sois là à jouer avec des superstars dans une grosse production américaine ?” Je n’en reviens toujours pas, je me sens un peu comme au pays des merveilles. Petite fille, lorsque je regardais les photos de ces belles actrices qui changeaient tout le temps de tête, j’avais envie d’une seule chose, leur ressembler. J’ai toujours souhaité faire ce métier, je voulais vivre de grandes aventures en racontant des histoires, mais je ne rêvais pas de Hollywood.

Au fond, ce qui vous plaît le plus, c’est de vous glisser dans la peau d’une autre comme si la vôtre ne vous convenait pas…
Je me suis détestée pendant des années. Quand j’étais toute jeune, j’avais envie d’être n’importe qui sauf moi-même. J’ai traversé des périodes compliquées où je me rejetais totalement. Je ne fais pas ce métier pour être une autre. Au contraire, je le fais pour expérimenter l’âme humaine, pour essayer de comprendre comment tout ça fonctionne, pour avoir simplement envie d’être moi.

La reconnaissance de votre talent ne vous rassure pas ?
J’ai été incroyablement bien accueillie en Amérique. Ce qui me plaît dans ce pays, c’est que, quand les gens aiment votre travail, il y a un ­véritable élan positif. Ils sont sincèrement ravis de votre succès. Je ne suis pas venue en Amérique pour ­vivre le rêve américain, c’est certain mais c’est un fait, il existe ! Cela dit, lorsque je commence un film, je suis terrorisée. Je tremble de la tête aux pieds, je me demande toujours si je vais être à la hauteur. Avoir un Oscar a apaisé beaucoup de choses en moi, mais pas tout. Maintenant, quand je rencontre un metteur en scène, je suis beaucoup plus détendue. Il connaît déjà mon travail, je me sens moins obligée de lui faire un numéro de séduction pour essayer de lui plaire.

Vous n’êtes pas à l’aise dans la ­séduction ?

J’ai du mal avec ce qui n’est pas naturel. On peut aussi séduire juste en étant soi-même.

Vous n’avez jamais été jalouse d’une autre actrice ?
Ça m’est arrivé, quand une ­autre décrochait un rôle que j’aurais adoré avoir ! [Elle rit.] Mais ça ne va pas plus loin que ça. Au fond, j’ai une jalousie assez saine. J’ai toujours eu beaucoup de mal à être fière de moi et je me juge très ­sévèrement. Cela dit, c’est ce qui me fait progresser.

A votre avis, qu’est-ce que les Américains apprécient le plus chez vous ?
Ma volonté et mon engagement, peut-être. Je suis très sensible mais je gère assez bien ma ­sensibilité. J’ai la chance de pouvoir aller en profondeur dans l’émotion sans m’abîmer. Pour vaincre mes peurs, je travaille comme une folle. Je n’ai pas beaucoup de mérite car j’adore ce que je fais. Il arrive toujours un moment où je ne me pose plus de questions et où je fonce.

Vos deux parents sont des gens de théâtre. N’est-ce pas difficile de les dépasser ?
Il n’est pas question de dépassement, mes parents sont uniques. J’ai la chance d’être tombée dans cette famille qui a une jolie histoire.

Il y a quelque chose de très mélancolique dans votre regard. En même temps, on a l’impression que ça bout à l’intérieur…
Un jour, à mes débuts, je jouais une scène où je devais traduire une sensation de joie. Quelqu’un s’est ­approché et m’a dit : “Pourquoi êtes-vous si triste ?” J’étais stupéfaite. Je me suis dit que si ce que je ressentais à l’intérieur ne passait pas à l’extérieur, c’est qu’il y avait un vrai problème, et je me suis mise à travailler comme une dingue. Je me vois comme un ­relais entre des histoires et des émotions. La question est toujours la même : comment faire passer de manière fluide ce que l’on ressent ?

Tous ceux qui réussissent un jour ont en commun une incroyable ­détermination doublée d’un immense égoïsme !
Egoïsme, je ne sais pas. Mais vous oubliez l’égocentrisme ! [Elle éclate de rire.]

Vous en avez ?
Bien sûr. Je n’échappe pas à la règle. J’ai fini par l’assumer en lisant des interviews de personnes que j’admirais et qui n’avaient pas honte de l’admettre… J’ai besoin du regard des autres, et d’amour. Mais ce n’est pas pour cette seule raison que je fais ce métier.

En tournant “Nine”, avez-vous ­retrouvé la même euphorie que pour “La Môme” ?
Ce n’est jamais la même aventure. Nous avons répété tous les jours pendant un mois et demi, à Londres. Passer tout ce temps avec Nicole ­Kidman, Penélope Cruz, Kate Hudson, c’était fantastique. On a tout partagé, surtout notre anxiété. Le plus dur a été d’apprendre à danser, je me croyais plus douée ! [Elle rit.]

Vous avez été nominée aux Golden Globes. Avez-vous ressenti un ­pincement au cœur lorsque Meryl Streep a été récompensée ?
Quand Meryl Streep est en face, personne ne peut gagner ! Mon ­plaisir est de décrocher un rôle. La suite, je n’y pense même pas.

Faire une belle carrière, c’est faire de bons choix. Vous qui êtes si peu sûre de vous, comment faites-vous ?

Curieusement, je n’ai jamais de problème à opter pour un rôle. Quand je décide quelque chose, personne ne peut me faire changer d’avis. En revanche, faire des choix dans la vie de tous les jours est un véritable cauchemar.

Vous dites souvent : “Je voudrais m’aimer complètement, m’aimer autant qu’on m’aime.” Avez-vous enfin assouvi votre désir ?

Cette insécurité fait partie de moi, je me dis que c’est un plus pour mon métier.

Vous avez, à plusieurs reprises, dénoncé le diktat des grandes marques. Si ce n’est pas pour l’argent, comment se fait-il que vous ayez ­signé un contrat avec Dior ? Ça ne colle pas avec votre personnage !
Mon aventure avec Dior est avant tout d’ordre artistique. Ma rencontre avec John Galliano a été déterminante. La maison Dior m’a proposé un projet cinématographique pour Internet qui collait avec l’intérêt que j’ai toujours eu pour le mélange des genres. Ça m’a permis, entre autres, de tourner avec David Lynch. C’est la raison pour laquelle je me suis lancée dans cette aventure. De plus, il n’y a ­aucun spot à la télé. Quant à ­l’argent que je gagne, il me permettra de produire des projets qui me tiennent à cœur, comme un ­documentaire sur la déforestation.

Qui vous a inculqué cet amour de la nature ?
Mes parents et mes grands-­parents. Si, grâce à ma notoriété, je peux diffuser les connaissances que j’ai, ça en vaut la peine.

Tout le monde sait que vous partagez la vie de Guillaume Canet, qui vient de vous diriger dans “Les petits mouchoirs”. Pourquoi tant de mystère autour de votre relation ?
Je ne cherche pas à entretenir un quelconque mystère. Simplement, si j’accepte de montrer le côté artistique de notre vie, je n’ai pas envie d’exposer le côté privé. Je trouverais ça de mauvais goût. Je ne l’ai ­jamais fait, ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer.

Vous autorisez-vous enfin à être heureuse ?
Je crois. Je suis sur le point d’y arriver. J’aimerais atteindre une certaine paix intérieure.

Marion Cotillard en trois adjectifs ?
Persévérante, passionnée et ­curieuse.






 

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