Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Oct 29, 09   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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Q : Vous n’hésitez pas à parler d’une rencontre déterminante avec Karim Dridi… Comment vous a-t-il convaincu de devenir l’héroïne du Dernier Vol ?
M.C : J’ai rencontré Karim, pour la première fois, il y a un an et demi. Habituellement je préfère lire le scénario avant de voir le réalisateur, mais il tenait absolument à me parler de son projet. Pendant une heure et demie, je l’ai écouté me raconter l’histoire du Dernier Vol. Je l’écoutais et je me disais « s’il s’arrête avant la fin, j’emploie tous les moyens pour l’obliger à continuer.» J’étais très émue par ce qui arrive à Marie et à Antoine, la façon dont le destin les rapproche… Je crois beaucoup aux coïncidences… Si vous êtes capable de les voir, un jour ou l’autre, la vie vous conduit à être là où vous devez être. C’est ce qui est arrivé avec ce film : ça a tout de suite été une évidence pour moi.

Q : Obtenir un Oscar pour La Môme d’Olivier Dahan, tourner à Hollywood ne vous a pas fait changer d’avis. Pourquoi cette envie de revenir devant une caméra française ?
M.C : Quand je choisis de m’engager, c’est que l’histoire devient une nécessité pour moi. J’aime le cinéma français et j’en ai besoin J’ai toujours su que j’avais ma place dans Le Dernier Vol, que le rapport qui me lie au personnage de Marie est quasiment viscéral.

Q : Marie Vallières de Beaumont est une aviatrice, une aventurière, une amoureuse éperdue et perdue… Quel regard portez-vous sur ce personnage à la Isabelle Eberhardt ?
M.C : Dans les années 30, piloter un avion était rare… Pour les femmes, ça tenait même de l’exploit. Il fallait lutter pour s’imposer. Etre, comme Marie, une femme pilote, dénotait un sacré tempérament, un goût prononcé pour les émotions fortes, un besoin de liberté qui, à l’époque, n’était pas facile à affirmer. C’est son amant Bill Lancaster qui, le premier, la regarde vraiment différemment en la traitant comme son égale : il l’a accompagné dans son premier vol, il l’a soutenu, il lui a tout apporté . Ils vivront une histoire d’amour passionnelle, tumultueuse mais il ne quittera jamais son épouse pour elle. Malgré tout quand Marie apprend que l’avion de l’homme qu’elle aime a disparu dans le désert, elle part à sa recherche sans hésiter. Elle est prête à tout sacrifier pour lui.

Q : Longtemps, Marie et Antoine avancent à côté l’un de l’autre, en parallèle. Comment avez-vous appréhendé cette relation complexe où tout passe par l’acceptation…M.C : Marie s’est battue toute sa vie, comme Antoine d’ailleurs… Chacun est dans son monde. Peut-être pas le bon. Ils ne se voient pas vraiment jusqu’au moment où, perdus dans le Sahara, ils vont commencer à se découvrir, à se dévoiler et surtout à faire face à eux-mêmes. La dureté du désert, l’isolement, la peur, la soif… , les révèlent tels qu’ils ne pensaient pas être. Cette mise à nue totale est un sentiment très fort, très émouvant.

Q : Comment le contexte colonial est-il traité dans cette histoire romanesque ?
M.C : Il n’y a pas de point de vue partial dans le film de Karim, mais des personnages forts dont les convictions sont différentes. Les militaires français pensaient peut être sincèrement apporter de bonnes choses, permettre une certaine « évolution », leur idée de l’évolution. Les populations locales ont bénéficié de certaines choses, mais elles ont aussi subi l’autorité française, les maladies, et ont été dépossédées de leurs terres. Tout ça est mêlé au fil de l’histoire sans que l’on soit radicalement d’un côté ou de l’autre.

Q : Le Dernier Vol est à la fois un film à grand spectacle et un film intimiste… Comment avez-vous travaillé avec Karim Dridi ?
M.C : J’avais vu les films de Karim. J’avais été impressionnée par la vie qui se dégageait dans Pigalle. Puis, il y avait Bye bye que j’avais adoré et Khamsa : un vrai bijou. Karim Dridi a une façon très personnelle de faire vivre ses personnages, de capter ce qu’ils ont à l’intérieur. Sa sensibilité lui permet de saisir cette vérité là. Pour Le Dernier Vol qui est finalement un film sur le chemin intérieur, intime, c’est ce regard là qui m’intéressait.

Q : Sept ans après Jeux d’enfants de Yann Samuell, vous retrouvez Guillaume Canet… Appréhendiez-vous de tourner avec lui ?
M.C : Je m’étais engagé dans l’aventure avant que Guillaume ne le soit. Je me souviens qu’à l’époque, quand je lui parlais du Dernier Vol, il partageait mon enthousiasme. Il était très ému par cette histoire… Assez vite, c’est devenu une évidence pour nous de porter ce film ensemble.

Q : Est-ce un atout ou une difficulté de tourner avec quelqu’un que l’on connaît bien ?
M.C : Jeux d’enfants était une comédie romantique, un premier film où on s’était beaucoup amusés. Le sujet du Dernier Vol est totalement autre chose. C’est passionnant d’aborder différents univers avec la même personne. Au cours du tournage nous avons beaucoup parlé, de l’histoire, des personnages, de leur relation. Cet échange a été très constructif. Jouer ensemble est simple, extrêmement agréable. Il y a une complicité, un naturel, une confiance qui sans doute sert le film

Q : Le dernier vol vous a donné l’occasion de passer plus de deux mois au Maroc. Vous avez tourné avec des familles Berbères, avec des Touaregs venus spécialement du Mali. Quel souvenir gardez-vous de ces rencontres ?
M.C : Ce que l’on a vécu avec les Berbères nomades et avec les Touaregs maliens, était très intense. Il y a eu énormément de moments forts, de moments de partage… comme ce jour où, en fin d’après-midi, les femmes berbères ont chanté pour que l’ingénieur du son puisse les enregistrer. Nous nous sommes tous mis à danser avec les enfants. Leurs sourires est l’une des images les plus précieuses que je garde du tournage.

Q : Que vous a appris le désert ?
M.C : Je ne connaissais pas le désert avant de venir à Merzouga. J’y ai découvert le silence, le vrai silence. Un silence qui enseigne … C’est à la fois beau, vivant, dur et apaisant .Sur un tournage de plus de deux mois dans le désert, les conditions peuvent te mettre dans des situations complexes qui éprouvent ta résistance, ta capacité à te contrôler. Tu es face à toi-même sans protection… Il faut savoir lâcher prise. Oui, c’est ça, le désert m’a surtout appris l’abandon.






 

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