Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Oct 29, 09   Mia   0 Comment Filmarticles etc.

on 1 Jan, 1970

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Q : Comment est née l’idée de faire ce film ?
K.D : Ce film est né de ma rencontre avec le désert, en 2003, à Timimoun dans le sud algérien. A mon retour, je me suis rué chez mon libraire pour me replonger dans des livres : il m’a proposé des ouvrages de Le Clézio, très connus, et Le dernier vol de Lancaster de Sylvain Estibal, un premier roman, publié chez Actes Sud. Ce roman s’inspirait de l’histoire vraie de Bill Lancaster, dont l’avion s’est écrasé en plein Sahara en 1933 alors qu’il tentait de battre un record de traversée, et de sa fiancée Chubbie Miller partie à sa recherche. La carcasse de l’appareil n’a été découverte que trente ans plus tard par une patrouille de militaires. Ils ont retrouvé le corps momifié de Lancaster, un carnet à la main. Il n’avait pensé qu’à elle pendant ses huit jours d’agonie.

Q : Pourquoi avoir décidé de vous affranchir du roman de Sylvain Estibal ?
K.D : Le personnage de Bill Lancaster m’intéressait moins que celui de sa maîtresse. Comme dans Le Petit Prince, il est plutôt un symbole… Il n’apparaît d’ailleurs jamais physiquement dans le film. Avec Pascal Arnold, on a imaginé que Marie Vallières de Beaumont allait bien chercher son amant dans le désert, mais qu’elle y trouvait finalement un autre homme. Mon désir était de réaliser un film historique et romantique en m’affranchissant des clichés habituels qui encombrent généralement ce genre de film. Par exemple je ne souhaitais pas structurer le récit autour d’un coup de foudre avec une montée en puissance de la relation amoureuse et un climax, prévisible, où les deux amants s’uniraient dans le sable chaud d’un sublime désert. Je souhaitais faire un film sur l’abandon, le lâcher prise de ces deux êtres qui marchent jusqu’à l’épuisement à la recherche de Lancaster, pour finir par accepter leur rencontre…Inéluctable.

Le Dernier Vol est un film romanesque qui raconte la rencontre de deux êtres qui n’ont rien en commun et qui découvrent, au coeur d’un naufrage, qu’ils peuvent se sauver l’un l’autre. Lui, en trouvant une raison de vivre auprès d’elle. Et, elle, en se rendant compte que malgré son amour pour Bill, elle se trompe… Pour moi, le film pose la question existentielle de ce qu’est la différence entre le désir d’aimer et l’amour véritable… Il n’y a pas de réponse évidente, mais Antoine et Marie se posent cette question. Les circonstances les poussent à se poser cette question et j’espère avec eux les spectateurs. Guillaume Canet résume bien le message du film : Il faut toujours marcher dans l’espoir de trouver quelque chose et même si on ne trouve pas ce que l’on cherche, on trouvera malgré tout autre chose. Toujours avancer pour rester en vie.

Q : La pudeur qui caractérise la relation d’Antoine et Marie est un parti pris audacieux. Avez-vous hésité à faire ce choix ?
K.D : J’ai fait le choix de ne pas multiplier les évènements amoureux entre les deux personnages, pour justement garder le moment crucial de leur rencontre physique et spirituelle, comme le point culminant de cette histoire. Il n’y a pas de scène d’amour, mais juste un baiser, un seul baiser qui est vital pour Antoine puisque Marie lui donne la vie (l’eau) avant de l’embrasser. Le film s’arrête là où leur histoire commence… Filmer l’amour physique me semblait hors sujet parce que je voulais uniquement montrer le moment, très sensuel, mais pas sexuel, où deux êtres se rencontrent et s’effleurent… C’est organique. Marion a trouvé les mots justes pour qualifier le film : « c’est un huis clos sans les murs » ! Un film intimiste dans l’immensité du désert.

Q : Ils s’engagent seuls dans le Ténéré. Ont-ils pleinement conscience de l’engagement fou, qu’ils prennent ?
K.D : Est-ce que l’amour absolu n’est pas un peu suicidaire ? Je n’ai jamais pensé que Marie voulait mourir. Pour moi, elle est convaincue de pouvoir retrouver son amant quitte à risquer sa vie. C’est une attitude jusqu’au-boutiste… De son côté, Antoine connaît parfaitement les dangers du Ténéré, mais lui aussi ne peut pas reculer. Il ne sera jamais Touareg et sa rupture avec l’armée le laisse complètement perdu. La quête de Marie donne un sens à sa désertion, même s’il lui faut prendre de gros risques.

Q : Marion Cotillard s’est-elle immédiatement imposée pour le rôle de Marie ?
K.D : Il y a eu trois rencontres importantes : le désert, le roman de Sylvain Estibal et, celle déterminante avec Marion Cotillard. C’était avant les Oscars, on devait se voir dix minutes et ça a duré une heure et demie. Je ne pensais pas lui raconter Le Dernier Vol, mais elle semblait tellement intéressée que je suis allé au bout de l’histoire. Après notre rendez-vous, elle a dit à son agent que ce serait son premier film français après La Môme. J’étais non seulement flatté, mais son arrivée sur le projet lui a donné une dimension que je n’osais même pas imaginer. Avec Guillaume, ils se sont battus comme des lions pour que le film se fasse. Sans leur détermination, rien n’aurait été possible. Ce n’est pas pour mes beaux yeux qu’ils se sont acharnés, mais, je crois que dans cette histoire résonnait quelque chose de leur propre histoire… Ils ont en commun avec leurs personnages d’avoir cette volonté qui les pousse à aller au-delà du raisonnable… Marion a décroché un Oscar, ça n’est pas donné à tout le monde. Elle pourrait tout aussi bien aller chercher son homme au bout du monde.

Q : Cela a-t-il changé la donne de travailler avec une actrice oscarisée ?
K.D : En tant qu’actrice, Marion est au sommet. Que peut-elle espérer de plus aujourd’hui ? Même si elle reste une femme avec ses faiblesses, ses failles, sa sensibilité, elle a tout… Je ne crois pas que l’Oscar ait fondamentalement changé sa façon de travailler. Marion est une virtuose, une grande interprète qui connaît parfaitement son instrument. C’est une actrice très perfectionniste qui travaille énormément. Une fois que tout a été précisé, elle visualise la scène et l’interprète de façon prodigieuse. Comme pour La Môme, elle a vécu totalement le personnage de Marie. Son implication dans la dernière scène où elle soulève Antoine sur le chameau nous a tous bluffés.

Q : En confiant le rôle d’Antoine Chauvet à Guillaume Canet, vous reformiez à l’écran un couple à la ville. Etait-ce volontaire ?
K.D : C’était même l’inverse d’un souhait. Tourner avec un couple n’a rien de simple : tu parles à l’un, les deux répondent. Marion et Guillaume sont tellement fusionnels, ils étaient tout le temps ensemble, très solidaires. Mais, au-delà de cette particularité, j’ai très vite vu que la caméra saisissait entre eux des regards qui ne trichent pas, des moments de vérité qui leur échappaient. Par moment, Marion et Guillaume ne jouaient pas… Ils s’aiment réellement et ses sentiments authentiques, rares, uniques apparaissent à l’écran.

Q : Comment Guillaume Canet est-il arrivé sur le projet ?
K.D : Au départ, je n’avais pas pensé à Guillaume. C’est en le voyant dans Les Liens du Sang que je me suis dit que le rôle pouvait lui convenir. Je savais par Marion qu’il était intéressé. Il faut dire que le personnage d’Antoine Chauvet est particulièrement riche : c’est un aventurier, un méhariste d’une modernité incroyable. Il a compris avant les autres que la France coloniale amène la confusion dans les régions qu’elle occupe. Trente ans après, la France quittait l’Algérie.

Q : Qui étaient ces méharistes français ?
K.D : C’était de vrais aventuriers qui partaient loin de chez eux pour vivre dans le désert une autre vie. On pourrait les comparer à des explorateurs partis découvrir des territoires inconnus et mystérieux… Ils allaient dans le désert comme plus tard on a eu envie d’aller sur la lune. L’épopée de ces soldats français a été très peu traitée au cinéma, hormis dans Fort Saganne d’Alain Corneau qui se déroule avant la première guerre mondiale… Je trouve intéressant que l’on se réapproprie ce patrimoine historique. Les Américains n’ont pas eu peur de le faire avec les cow-boys et les Indiens. Ca a donné d’excellents westerns. Nous aussi, nous avons nos westerns sahariens en képi et turban ! Esthétiquement, ça a plutôt de l’allure !

Q : Vous avez tenu à ce que le contexte historique de cette histoire d’amour – la colonisation française dans le Sahara des années 30 – soit traité avec une attention particulière…
K.D : Lawrence d’Arabie, Indochine, Un thé au Sahara, Fort Saganne… beaucoup de films évoquent la colonisation, mais les Africains ou les Asiatiques y font surtout de la figuration. C’était inconcevable pour moi de ne pas donner une vraie place aux Berbères et aux Touaregs, tout en essayant de ne pas être simpliste. Opposer le bon noir au méchant blanc aurait été aussi réducteur que l’inverse. Rien n’est simple même si, à mon sens, rien ne justifie la colonisation. Tous les personnages du film ont des convictions qu’ils défendent avec honnêteté. Au cours de mes recherches, j’ai trouvé l’exemple de militaires français qui avaient appris les langues locales, qui s’étaient rapprochés des nomades pour mieux communiquer avec eux. D’autres n’ont rien voulu savoir. Les deux existaient. Le Dernier Vol n’est pas un film politique qui dénonce la colonisation, il en parle sans juger.

Q : Vous avez absolument tenu à tourner avec de vrais Touaregs. En quoi était-ce important ?
K.D : Ce sont de vrais nomades du Mali arrivés sur le lieu du tournage, après douze jours de voyage en 4X4… Rien que cette traversée aurait pu donner lieu à un documentaire. Il était important pour moi d’être dans cette vérité-là, comme pour les costumes, les accessoires qui correspondent réellement à ceux de l’époque. On est à la limite du documentaire. J’aime réunir dans un film l’authentique, le réel et la fiction. Ce métissage vaut aussi pour la distribution qui mélange stars et acteurs moins connus, professionnels et amateurs.

Q : Guillaume Marquet est l’une des révélations du film…
K.D : Guillaume Marquet vient du théâtre, c’est un acteur magnifique. A chaque fois que je le vois, il m’émeut. Il va faire parler de lui… Alain Corneau l’a déjà engagé pour son prochain film.

Q : Pourquoi avoir choisi de tourner au Maroc, à Merzouga ?
K.D : On devait tourner au Niger, mais on n’a pas pu le faire pour un tas de raisons. Finalement, on s’est installé à Merzouga, près de la frontière algérienne. Il y a ici, dans un périmètre assez restreint, des dunes immenses et des paysages désertiques très variés. La beauté de ces paysages, sublimée par la lumière d’Antoine Monod – qui n’est autre que le petit neveu de Théodore Monod, l’un des plus grands sahariens – est une véritable invitation au voyage, à
l’évasion…

Q : Vous avez souhaité qu’une partie de l’équipe suive sur place, au Maroc, une préparation artistique avant le tournage. Pourquoi ?
K.D : En France, on privilégie la préparation technique à la préparation artistique. Il n’est pas dans nos habitudes que des acteurs viennent des semaines avant le tournage, s’entraîner, faire du chameau, vivre sous la tente… On a eu la chance de pouvoir le faire. C’est 90% de la réussite du film. Et puis il fallait que les acteurs soient crédibles en méharistes et aventuriers du grand désert.

Q : De quoi avez-été le plus heureux sur ce film ?
K.D : Je suis fier que ce film soit proche de moi, heureux de ce que nous avons tous réussi à faire. Je suis aussi ravi d’avoir pu tourner un film de ce style avec deux acteurs très connus et cela juste un an à peine après avoir réalisé Khamsa avec Marco Cortes un jeune Gitan de Marseille. J’ai toujours voulu faire le grand écart entre des films à petits budgets, très engagés socialement et des films romanesques et d’aventures sans pour cela trahir ma seule religion : Le cinéma ! En France où les étiquettes ont la vie dure, j’espère pouvoir continuer à faire les films que j’ai dans les tripes, sans me soucier de savoir si je fais un film d’auteur ou un film à gros budget. Et puis, la cerise sur le gâteau a été de travailler sur la musique avec le trio palestinien Joubran et Chkrrr qui ont composé une musique orientale et occidentale qui a la force d’un grand orchestre. C’est la première fois que j’ai l’occasion de travailler avec de grands musiciens et de me pencher sérieusement sur la musique de film et son mystérieux rapport amoureux qu’elle entretient avec les images.






 

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