Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Aug 01, 09   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Marie Claire / par Fabrice Gaignault

Hollywood l’adore, et Johnny Depp est fou d’elle en ce moment sur les écrans. Marion Cotillard a tout d’une star mais rêve d’avoir confiance, de jouer la comédie et d’une planète verte. Nous, on s’est noyés dans les yeux bleus d’une môme devenue grande.

oujours dans les suites d’hôtel. Des fleurs et des bouteilles d’eau: les deux compagnons indispensables des actrices dans les suites d’hôtel. Marion Cotillard est là pour parler de son nouveau film, l’excellent «Public enemies», où elle campe subtilement la petite amie, à la vie à la mort, de Johnny Depp, alias John Dillinger, célèbre gangster à sang-froid (et au cœur chaud) qui finira mal.

Une histoire très noire des années 30 filmée avec grâce et nervosité par un Michael Mann inspiré. Longue et fine, les jambes enveloppées dans un jean velours vert Vanessa Bruno, avec aux pieds des Jimmy Choo, Marion Cotillard parle lentement, comme si le choix de chaque mot était crucial.

Ce que l’on pourrait prendre pour de l’affectation est une manière à la fois de se protéger des dérapages et de calfeutrer derrière une pudeur élective les crispations et les fragilités, les colères aussi. Car le succès planétaire et la moisson de récompenses que lui a apportés «La môme» n’ont pas apaisé, loin de là, les tempêtes intérieures dont elle parle plus loin. Interviewer Marion Cotillard, c’est passer de la légèreté à la gravité, comme ces nuages orphelins qui passent sans prévenir devant le soleil. Malgré le grand sourire, se lit dans son regard écarquillé une mélancolie énorme, qui la rend attachante, pas seulement aux yeux des cinéastes.

Marion Cotillard ou l’histoire d’une success story

Marie Claire : D’abord, une question cruciale : comment va votre potager?

Marion Cotillard: (Rires.) Très bien. Ma mère s’en occupe lorsque je suis en tournage ou en promo. J’ai plein de bonnes choses cet été!

Ne pas avoir été propulsée d’un seul coup au sommet est une chance, dites-vous. Pour quelles raisons?

Marion Cotillard: Je suis certaine que si ça m’était arrivé dès le début je n’aurais pas bien géré la célébrité. Pourtant j’ai eu des périodes où je me suis demandé pourquoi on ne me proposait pas de rôles à la hauteur de mes envies. Mais finalement je suis très heureuse d’avoir traversé ces périodes d’insatisfaction, car j’apprécie maintenant à 200% ce qui m’arrive. Et puis je crois au destin: les choses qui arrivent sont les choses qui devaient arriver.

Qu’attend-on encore du cinéma lorsque l’on a tout eu à 30 ans?

Marion Cotillard: Oh! je n’ai pas tout eu, heureusement d’ailleurs, mais c’est vrai que j’ai la chance d’avoir obtenu récemment des rôles magnifiques, comme celui de la petite amie de Johnny Depp dans «Public enemies». Il y a pourtant des genres que je n’ai pas encore vraiment abordés, comme la comédie.

Mais vous en avez déjà fait…

Marion Cotillard: Oui, mais j’étais super-mauvaise, sans doute parce que je n’ai pas assez travaillé ce domaine-là. La comédie est un exercice particulièrement compliqué. Jusqu’à présent je ne suis pas contente du résultat.

C’est le fait de travailler maintenant avec les Américains, si pros, qui vous rend sévère vis-à-vis de vous-même?

Marion Cotillard: Oh! Pas du tout! Je n’ai pas eu besoin de passer par l’Amérique pour m’en rendre compte! (Rires.)

Marion Cotillard, une star engagée

Dans quel état d’esprit êtes-vous en ce moment ?

Marion Cotillard: Ça va très bien! Je suis contente d’être de retour en France, même si j’adore l’idée de pouvoir changer de culture. Comme je suis contente d’avoir tourné dans «Nine», une comédie musicale de Rob Marshall. La comédie musicale, chez moi, c’est autre chose qu’un simple rêve d’enfant. Quand j’étais petite, je vivais les chorégraphies, que j’apprenais par cœur devant la télé, celle de «Chantons sous la pluie», par exemple.

Longtemps vous avez affirmé manquer d’assurance. Le fait d’avoir joué dans « La môme » et deux grands films américains coup sur coup a-t-il changé la donne?

Marion Cotillard: J’aurais bien aimé vous dire oui, mais c’est non! (Rires.) Je ne sais pas si c’est quelque chose que l’on acquiert, la confiance en soi. Je ne suis même pas certaine que ce soit utile, car l’appréhension, l’inquiétude, la fragilité sont quelques-uns des moteurs qui font avancer et progresser un acteur. Mais bon, je dois vous avouer que c’est parfois éreintant de ne pas avoir confiance en soi. Moi, en tout cas, ça me fatigue!

Vous citez souvent en modèles des femmes comme Aung San Suu Kyi ou Shirin Ebadi. Vous auriez pu faire de la politique?

Marion Cotillard: Non, je ne saurais pas faire. Et si j’admire ces femmes, c’est avant tout parce qu’elles sont de grandes humanistes. Elles n’ont pas commencé par faire de la politique. Ce sont les circonstances qui leur ont dicté leur conduite et les ont poussées à s’engager. C’est d’autant plus admirable. Moi je pars du principe qu’il faut toujours faire du mieux qu’on peut. J’aime la vie que j’ai, mais je désire toujours l’enrichir. Et plus je l’enrichis, plus j’ai envie de défendre des causes qui me tiennent à cœur, comme la protection de l’environnement.

Marion Cotillard, une star écolo

Ce ne doit pas être facile, car vous êtes bien obligée de prendre souvent l’avion, non?

Marion Cotillard: Oui, ça fait partie de mes contradictions et des mauvais côtés du métier, même si j’essaie de restreindre au maximum mes déplacements, car je connais trop bien les effets négatifs du kérosène sur l’environnement. Cela dit, je suis tellement sensibilisée par l’état de la planète que cela m’a rendue dingue d’apprendre qu’on avait abattu un énorme arbre avant mon arrivée sur un tournage. Je l’ai su après coup, sinon je ne pense pas que j’aurais accepté ce film.

D’où tenez-vous cette conscience? De vos parents?

Marion Cotillard: Oui. Mes parents m’ont inculqué le respect d’autrui, c’est-à-dire non seulement des êtres humains, mais aussi de la nature. Toute petite, j’ai appris que le monde était comme une personne vivante qu’il fallait aimer et protéger.

Mais comment fait l’égérie du nouveau sac Lady Dior, incarnation suprême du luxe, pour aussi assumer de poser en fermière, les mains dans la glaise de son potager bio?

Marion Cotillard: Chacun d’entre nous est fait de mélanges, d’aspirations contradictoires, et doit se débrouiller comme il peut avec ça. Après tout, c’est mon métier et ma célébrité qui me permettent de montrer l’exemple en me faisant photographier en train de faire ma prière aux choux. Si ça peut en convertir quelques-uns aux bienfaits du bio, je ne vois pas le problème! Au contraire.

Les mots d’ordre de Marion Cotillard : franchise et simplicité

Il y a chez vous, et c’est prégnant dans vos interviews, une contradiction entre le besoin d’être aimée et le désir de simplicité, en esquivant autant que vous le pouvez l’adulation du star-system…

Marion Cotillard: Oui, et cette contradiction n’est pas résolue, loin de là, même si j’ai bon espoir d’y arriver un jour! Le désir d’être aimée, je l’explique chez moi par un mélange d’égocentrisme et de manque de confiance en moi, mais aussi de non-amour de moi-même. Quant au besoin de simplicité et de plénitude, c’est quelque chose que je ne possède absolument pas, mais auquel j’aspire radicalement. Si vous saviez! Je suis très calme en apparence, mais à l’intérieur, c’est une mer très agitée… Chez moi, paradoxalement, la recherche de la paix intérieure passe par des guerres secrètes très violentes.

Vous voulez dire que face à la presse, vous faites parfois semblant d’aller bien, alors que ce n’est pas toujours le cas?

Marion Cotillard: Absolument! La première chose que doit apprendre un acteur en commençant ce métier, c’est à se protéger. A mes débuts je disais tout, et je ne voyais pas en quoi c’était dangereux. J’ai appris que tout donner pouvait faire mal. A soi-même comme aux autres. Il n’y a qu’au cinéma et en amour qu’il faut tout donner. Je crois qu’à mes débuts j’ai eu cette naïveté de franchise absolue parce que mon éducation m’avait préparée à cela. Mes parents m’ont appris à toujours exprimer ce qu’il y a à vivre dans le moment présent, à être toujours dans une sincérité de l’émotion, mais ça n’est pas possible dans un rapport avec les médias, cela expose trop.

Votre franchise vous a-t-elle déjà porté préjudice?

Marion Cotillard: Oui. On devait se dire: qu’est-ce que c’est que cette fille qui déballe tout de sa vie et tout ce qui lui passe par la tête, comme ça, sans filtre? C’est pour cette raison que la télé me terrorise: j’y marche sur des œufs. La presse écrite, c’est autre chose: parfois je ne retrouve pas du tout ma façon de m’exprimer. Un jour quelqu’un a retranscrit «moi et mes frères», alors que, bien évidemment, je ne ferais jamais une faute de français aussi grossière! C’est d’autant plus grave que cela induit aussi le fait que je me mette en avant d’une façon qui ne me ressemble pas. Et ce genre d’erreur, c’est super-pénible.

Marion Cotillard : « L’Inde m’a permis d’acquérir plus de respect envers moi-même… »

Il y a quelques années, sur un coup de tête, vous êtes partie un mois toute seule en Inde. Ça n’allait pas?

Marion Cotillard: Lorsque j’étais enfant, j’avais l’impression que le monde fonctionnait parfaitement, mais en grandissant j’ai bien dû me rendre compte que ce n’était pas du tout le cas. Je me suis posé des questions d’adulte très tôt, à un âge où l’on est encore dans l’innocence et l’insouciance. Plus tard, pendant un bon nombre d’années, je suis restée dans un entre-deux où, manquant d’expérience bien que mature, je me sentais perdue. D’où une insatisfaction qui m’a poussée au départ. L’Inde m’a permis d’acquérir plus de respect envers moi-même et de me regarder avec plus d’amour. Là-bas j’ai eu l’impression d’être arrivée où je devais être.

Mais concrètement, qu’est-ce qui a modifié votre perception de vous-même?

Marion Cotillard: J’y ai rencontré un homme extraordinaire avec lequel j’ai beaucoup parlé et qui a débloqué quelque chose en moi: avant je n’arrivais pas à vivre ce qui me faisait envie, c’est-à-dire être comédienne et avoir du succès. Je ressentais cela comme une honte, et je pensais vivre éternellement dans une sorte de frustration. Cet homme m’a dit d’assumer, et c’est ce que j’ai fait!

Marion Cotillard : ses grigris, ses angoisses, ses amours…

Vous portez une médaille de la Vierge, comme Edith Piaf. Vous êtes croyante comme elle?

Marion Cotillard: J’ai acheté cette médaille chez un petit brocanteur à Prague, pendant le tournage de «La môme», et elle ne me quitte plus. Pourtant la religion catholique ne fait pas partie de ma vie, même si j’en respecte certains codes. Je me souviens que, pour me mettre dans la peau de Piaf, j’avais été, comme elle, me recueillir devant sainte Thérèse, à Lisieux. Cette médaille, c’est aussi une façon de me souvenir à chaque instant de la chance que j’ai eue de rencontrer le destin d’une petite chanteuse disparue de chair et d’eau. Il y a eu un avant et un après «La môme».

Vous semblez être très pudique, comme si vous vous méfiiez de votre corps…

Marion Cotillard: Je ne suis pas spécialement à l’aise avec la nudité. Je n’ai pas d’explication rationnelle à vous fournir, mais pour moi tourner des scènes déshabillées est horrible, et je regrette toujours de l’avoir fait, quel que soit le film. Pourtant, chez les autres je comprends. J’ai trouvé sublimes les scènes où Kate Winslet apparaît totalement nue dans «Le liseur».

On sait que vous vivez avec Guillaume Canet. Pourquoi en faire autant mystère?

Marion Cotillard: Je ne sais pas quoi dire de mes histoires d’amour. Je trouve même ça indécent d’en parler. Cela fait quatorze ans que l’on se connaît, et maintenant on est ensemble, cela fait partie des belles surprises de la vie. C’est tout ce que je peux vous dire.






 

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