Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Jul 04, 09   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Le Figaro Magazine (France) / par Laurence Haloche

C’est son premier film français après deux tournages aux États-Unis : dans «Le Dernier Vol», en salles en novembre, Marion Cotillard incarnera une aventurière des années 30 à la recherche de son amant disparu dans le désert. «Le Figaro Magazine» a assisté au tournage.

Sahara français, 1933. Un homme et une femme marchent dans le désert, lentement, péniblement. La seule mécanique de leurs pas semble encore les guider. La chaleur est étouffante. Un vent fou écrête les dunes en soulevant d’aveuglantes traînées d’or rose. Chaque mètre gagné sur l’infini rend plus minuscule ce couple de funambules, arpentant les ondulations d’une géographie dont l’horizon recule à mesure qu’ils progressent. Rien d’autre ne se passe que cette errance. Rien. Pourtant, l’émotion est palpable, aussi troublante qu’esthétique. Dans le viseur de la caméra, l’image en Scope éclate : sublime. Hors du temps. Au XIXe siècle, le tableau eût été l’œuvre d’un peintre orientaliste. C’est aujourd’hui le tournage d’une très belle scène du Dernier Vol de Karim Dridi, adapté d’un roman de Sylvain Estival *, qui sortira en salles le 11 novembre.

Un voyage dans le Sud algérien a inspiré au réalisateur de Khamsa ce western saharien romanesque où «une femme qui vient dans le désert chercher l’homme qu’elle aime – disparu alors qu’il tentait de rejoindre Le Cap en avion – en trouve un autre ».

C’est Marion Cotillard qui incarne l’aventurière. Sensible à la façon singulière dont l’histoire aborde la notion de destin, elle a tout de suite eu «un rapport viscéral avec Marie Vallières de Beaumont, cette femme passionnée qui se bat jusqu’à l’épuisement pour sauver l’homme qu’elle aime et découvre, dans l’abandon que lui impose le désert, un nouveau sens à sa vie». Son enthousiasme est tel qu’un seul rendez-vous avec Karim Dridi a suffi à la convaincre. Parole donnée en 2003, promesse tenue en 2009. Etre oscarisée pour La Môme d’Olivier Dahan n’a rien changé. Après les hollywoodiens Public Enemies de Michael Mann et Nine de Rob Marshall, Le Dernier Vol marque son retour devant la caméra d’un metteur en scène français et ses retrouvailles avec Guillaume Canet, son compagnon dans la vie. Sept ans après Jeux d’enfants de Yann Samuell, l’acteur ne cache pas son plaisir de devoir jouer avec une partenaire complice. «Cette intimité dans le travail apporte quelque chose de particulier», avoue-t-il avant de préciser que tous les deux ont eu spontanément envie de soutenir ce «film de cow-boys et d’indiens à la française qui aborde, sur fond de réalité coloniale, les thèmes essentiels que sont l’amour, les convictions et l’aban don de soi».

Produit par Gaumont, Le Dernier Vol est un film historique, à gros budget. Voilà huit semaines que l’équipe est installée au Maroc, à Merzouga, région connue pour la variété de ses paysages désertiques et son immense « bac à sable ». Avant le début du tournage, Karim Dridi et les comédiens se sont livrés à une immersion totale dans ces dunes qui filtrent, mieux qu’un paravent, les échos du monde moderne. Pas de station-service à moins de 40 kilomètres. Peu de réseau téléphonique. De la piste à parcourir pour rejoindre le camp de base. On est loin des studios d’Arpajon et plus près de la réalité des unités sahariennes françaises des années 30. Méharées, bivouacs, cours de dromadaire, formation dirigée par un colonel de l’armée marocaine, entraînement sportif coaché par un professionnel… ont permis à l’ensemble du casting d’entrer de plain-pied dans cet univers singulier, si peu souvent traité au cinéma. «Ce genre de film nécessite un solide travail de documentation, explique Guillaume Marquet, impressionnant dans le rôle du capitaine Vincent Brosseau. J’ai beaucoup lu, ren contré des militaires, des historiens. Cela m’a permis d’avoir une réflexion sur les convictions de mon personnage et sur le contexte colonial dans lequel il évolue

Magie du cinéma, toute une époque passée a été restaurée. Sur le plateau, à ciel ouvert, un fortin de pierres sèches domine un camp militaire. Un chapelet de tentes ivoire se dresse face au bureau du capitaine où une radio R11 à cinq pistes, des reproductions de documents de l’Afrique occidentale française, un ouvrage de Mauriac donnent au lieu son authenticité. Pour le chef décorateur Johann George, «la vie doit être là comme au siècle dernier. Les détails d’un intérieur, les patines des tentes traînées dans l’oued contribuent à restituer l’évidence des choses. Rien n’a été laissé au hasard, car les décors sont aussi des outils de cinéma qui doivent répondre à certaines contraintes techniques

Balayer le sable entre les prises

Il faut un œil averti pour remarquer que les feux de camps alimentés au gaz chauffent des bûches en plâtre, plus pratiques pour les raccords. L’usage des artifices est limité, mais c’est une réplique de l’avion de la Première Guerre mondiale, arrivé à Tanger en pièces détachées, qui sera détruite lors d’une tempête reproduite en numérique.

Heureux l’écrivain dont l’imagination dispose de moyens illimités. Au cinéma, quelques lignes d’un scénario peuvent devenir un véritable casse-tête au moment de la réalisation. Qu’il s’agisse de balayer le sable pour effacer les traces laissées par les comédiens entre deux prises, ou d’organiser une caravane de 60 dromadaires cornaqués par une dizaine de mili taires et 25 Touareg, venus spécialement du Mali après un voyage de neuf jours et 1 200 kilomètres, rien n’est simple. Les défis sont quotidiens. La logistique impressionne. Des tonnes de matériel transitent en permanence. Equipes française et marocaine s’épaulent. Emmanuelle Pertus, créatrice des costumes, soucieuse de reproduire avec réalisme les vêtements portés par les unités sahariennes, vérifie le tombé d’un pantalon « flottard ». Dans la tente caïdale qui lui sert de salon de maquillage, Frédéric Marin effectue, lui, quelques retouches sur le visage de Guillaume Canet. Un travail sur le nez, une dent en or et une cicatrice aident à rendre plus crédible cet ancien soldat de 14-18 au teint buriné par dix ans de Sahara. Chaque détail compte. Pour incarner le lieutenant Antoine Chauvet, l’acteur a travaillé sa voix dans les graves, il a appris toutes les répliques en tamachek avec Anara, un Touareg. Un perfectionnisme que partage Marion Cotillard, toujours extrêmement concentrée même pour une courte scène. Pour autant, la jeune oscarisée n’a rien perdu de son naturel et de sa simplicité. On la surprend en train de tricoter une écharpe pour sa nièce. On s’amuse de la voir confier sans complexes sa «sensiblerie maladive» pour les animaux, y compris les insectes. On la retrouve comme on la connaît, chantant et dansant, un soir, avec une famille de Berbères nomades venus faire de la figuration. «Comme mon personnage, j’ai trouvé dans le désert beaucoup plus que ce que je venais chercher: ces sourires d’enfants notamment!»

Le lendemain, la famille repliait la tente et reprenait son chemin, dessinant l’image hors champ d’un petit clan marchant dans le désert avec cette force faite de droiture et d’endurance.






 

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