Day: July 3, 2009

Film interview with Marion Cotillard, star of Public Enemies

from The London Paper (US) / by Stuart Mcgurk

The Oscar-winning actress talks Piaf, Public Enemies and why her relationship with Guillaume Canet is private

Oscar-winner Marion Cotillard is not totally comfortable with her superstar status.

The 33-year-old Parisian shot to fame courtesy of her gong-scooping turn as French songbird Edith Piaf in 2007’s La Vie En Rose, and she’s back on screen this week, ­carousing Johnny Depp in Michael Mann’s ­Depression-era crime picture Public ­Enemies, playing gangster’s moll Billie Frechette.

“It still feels something like an adventure,” she smiles, “working with Michael Mann, and playing Billie. I love her. It’s totally different, but inside of me, it’s the same. For me, this job is all about trying to understand someone, so you can be that person.

“And the great thing about working with Johnny Depp is that you can see that while he’s a movie star, he’s also a very normal person.”

Cotillard craves normality. She has been a notable figure in France for some time, coming to public attention via the Luc Besson-produced Taxi trilogy and, in 2003, she appeared in Love Me If You Dare alongside Guillaume Canet. The pair began dating and, since then, they have been treated like a French “Brangelina” by their nation’s press.

As a result, she will not ­discuss her boyfriend. “I get nervous that things I say might be misunderstood, or misinterpreted,” she says.

In person, she is demure. Her large dusty-blue eyes twinkle and she’s ­effervescent at times, but reins herself in quickly if she thinks she’s saying too much. She looks ­stunning in her dark green Dior dress, but insists she has no passion for fashion. “Honestly, it’s not important. If it were left to me, I’d be wearing jeans and T-shirt!” she says.

Which is unusual, when you consider she’s the face of Dior. “Actually, I’ve learned quite a lot from that,” she ­admits. “I see fashion with different eyes now I’ve met John Galliano. Designers like that are artists.”

She is an ­artist herself, ­having grown up in a bohemian household in Paris and then Orléans. Her parents are actors, and they encouraged their three children to follow artistic pursuits. “All the kids from the neighbourhood would come to our apartment, ­because our parents let us run around, painting on the walls. I was destined for a life in the arts.”

Cotillard’s first American movie came in 2003 – Tim Burton’s fantasy Big Fish. It was her astounding performance in La Vie En Rose, however, that made her only the second French woman to scoop the Academy Award for Best Actress, and the first to win for a performance in the French language.

“Playing Piaf was hard, ­because you go that deep ­inside of you, and you pull out something that you didn’t necessarily know was there,” she says. “I didn’t know I could go to such places. For me, that’s the ­reason I love this job.”

Confidences d'une môme qui devient grande

de Gala (France) / par Chris Stein

Qu’il est loin le temps de Taxi où la débutante Marion Cotillard se cantonnait au rang de banale garniture sexy du cinéma français. Couronnée d’un oscar, sa puissante interprétation de Piaf dans La Môme l’a propulsée, en 2008, aux cimes d’Hollywood. De Russell Crowe (« j’ai eu l’impression de tourner à coté d’un ange ») à Leonardo DiCaprio (« on ne peut éprouver que de l’admiration pour elle ») et ses nouvelles fans, Angelina Jolie et Sharon Stone, le gratin ne tarit pas d’éloges sur la brunette aux yeux clairs.

Preuve que son succès n’a rien d’un feu de paille, la voila en tête d’affiche de Public Enemies, polar du grand Michael Mann (Heat, Miami Vice) parmi les attendus de l’année. Elle y incarne Billie Frechette, compagne rebelle de John Dillinger, gangster légendaire campé par Johnny Depp. Pas de doute, la môme a mué en mythe…

Gala : Public Enemies est votre premier grand film depuis le triomphe mondial de La môme et votre victoire aux oscars. Appréhendez-vous la réaction du public ?
Marion Cotillard :
J’évite d’y penser. Je suis tellement nerveuse que je préfère me jeter dans le travail pour ne pas avoir à y réfléchir. Je suis un peu fainéante de nature, mais si je reste trop longtemps au repos, je commence à douter de tout. Alors il vaut mieux que je tourne (rires).

Gala : Michael Mann vous offre votre premier rôle vedette dans un film américain. Comment vous êtes-vous préparée ?
M. C. :
Avant de démarrer le tournage, j’étais terrorisée. Je n’avais rien tourné depuis deux ans. J’avais passé tout ce temps à voyager, à présenter La môme à travers le monde et à rencontrer des gens de diverses cultures. En arrivant à Chicago, sur le plateau de Michael Mann, j’avais peur de ne plus savoir jouer. Mais c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas (rires)!

Gala : Avez-vous parlé français avec Johnny Depp ?
M. C. :
Non, j’avais un coach avec moi qui m’a interdit de parler français pendant les quatre mois qu’a durés le tournage. C’était le seul moyen de garder mon accent américain pour le film. Je parlais anglais même avec mes amis français et mes proches. Très bizarre…

Gala : Comment Guillaume Canet (ci-dessous) a réagi lorsque vous avez simulé une scène de sexe avec Johnny Depp ?
M. C. :
Ne m’en parlez pas, c’était terrible (elle éclate de rire). Non, comme mon amoureux est aussi acteur et réalisateur, il comprend très bien les exigences de notre métier. En fait, j’étais bien plus nerveuse que lui.

Gala : Est-ce plus plus facile lorsque votre partenaire est l’homme de votre vie, comme dans Le dernier vol, que vous venez d’achever ?
M. C. :
Je n’aime pas simuler l’amour à l’écran, avec Johnny comme avec mon homme. Il faut dire que sur Public Enemies, j’ai tourné ma première étreinte au cinéma. Johnny a été un vrai gentleman, il a tout fait pour que j’en garde un bon souvenir. Il ne m’a pas laissée seule avec mes peurs. Nous en avons discuté tous les deux, puis avec Michael Mann, et nous sommes tombés d’accord pour ne pas être nus dans cette séquence.

Gala : Billie Frechette, votre personnage, tombe amoureuse d’un criminel. Pourriez-vous succomber au charme d’un bad guy ?
M. C. :
Si on tombe amoureux d’une personne dont on ignore tout, cela peut arriver. J’ai vécu une expérience similaire. A vingt ans, je me suis éprise d’un homme. Après deux ou trois semaines, j’ai découvert qu’il était sous l’emprise de drogues.

Gala : Une Française est actuellement en prison au Mexique parce qu’elle était la compagne d’un criminel. Comprenez-vous son désarroi ?
M. C. :
Totalement. Je comprends qu’une personne puisse suivre quelqu’un sur un mauvais chemin et faire des choses terribles à cause de l’amour. J’ai eu cette expérience et c’était horrible. J’ai tout essayé pour aider mon compagnon de l’époque à arrêter les drogues… Rien n’a marché.

Gala : Les Américains vous adorent depuis La Môme, qui vous a rapporté un oscar…
M. C. :
Il y a quelque chose de magique chez eux, notamment leur sens de la communication. On peut rentrer dans un ascenseur rempli d’inconnus et tout le monde se dit bonjour puis se parle. Il y a de bonnes vibrations, une bonne énergie qui se dégage.

Gala : Allez-vous quitter la France pour vivre aux USA ?
M. C. :
Non, j’espère continuer à aller là où l’on me propose de bons films. Il n’y a pas tant de rôles forts pour les femmes au cinéma. Je préfère un petit film indépendant aux Etats-Unis qu’une grosse production française, où je ne serais pas à l’aise. Mais j’aimerais aussi tourner en Asie, en Russie… ou ailleurs.

Gala : Comment jugez-vous votre beauté ?
M. C. :
Je n’y pense pas au quotidien. En revanche, me faire belle pour la présentation d’un film, c’est autre chose… Il est indispensable de se mettre en valeur lorsque l’on doit donner envie au public d’aller au cinéma. Plus largement, je n’ai aucun problème à entrer dans la peau d’un personnage quel qu’il soit.

Gala : Depuis novembre 2008, vous êtes désormais l’égérie officielle de Dior. Le succès rend-il belle ?
M. C. :
D’une certaine manière, oui. Le succès vous donne un peu plus de confiance en vous. Et cela aide à s’aimer, donc à refléter une image radieuse… Je crois que tout est lié.

Propos recueillis par Chris Stein à Hollywood

Marion Cotillard, de retour d'Amérique dans la peau d'une compagne de gangster

de La Voix du Nord (France) / par Christophe Caron

On l’a quittée début 2008, sous une pluie de distinctions (oscar, césar, Golden Globe…) dans la foulée du triomphe de « La Môme » qui lui a ouvert les portes d’Hollywood. C’est chez le brillant réalisateur Michael Mann (« Heat ») que Marion Cotillard, 34 ans, assume sa nouvelle notoriété mondiale.

Dans Public Enemies, la Française incarne la compagne du gangster Dillinger, ennemi public numéro un dans les États-Unis des années 30, interprété par Johnny Depp. Une grosse production dont la déferlante promotionnelle a débuté hier à Paris.

– Comment êtes-vous entrée dans ce projet ?

« Je suis restée aux États-Unis deux mois, pendant la saison des prix comme ils l’appellent (début 2008). Mon agent américain m’a dit que Michael Mann voulait me voir. Il m’avait vue dans La Vie en rose, titre américain de La Môme . On s’est rencontrés. Il a demandé à me revoir avec Johnny Depp, dans son bureau. C’était assez intimidant. (…) C’était le jour des nominations aux oscars. Une journée vraiment très riche. »

– Il a fallu maîtriser la langue…

« C’était le plus difficile. Dès le départ, j’avais cette frustration de me dire que ça ne serait pas à 101 % parfait. S’agissant de parler avec un accent américain, je n’avais pas de repères. J’ai regardé qui avait fait ça auparavant. La première référence qui est venue, c’est Gong Li (actrice chinoise), dans Miami Vice, de Michael Mann, jouant une Portoricaine alors qu’elle ne parlait pas un mot d’anglais ! »

– Quel type de préparation avez-vous suivie ?

« Michael Mann m’a fait rencontrer des femmes de prisonniers. Il voulait que je ressente ce qu’était qu’une vie au côté d’un hors-la loi. Attendre un homme emprisonné. Craindre une mauvaise nouvelle. Se demander ce qui va se passer le lendemain. Ces femmes ont partagé avec moi des histoires vraiment douloureuses. »

– Émotionnellement, comment revient-on à la réalité ?

« C’est avec La Môme que j’ai eu une expérience assez complexe. C’est comme si j’étais descendue profondément au coeur de quelque chose, sans me soucier de la manière de remonter… Ça a été difficile. Du coup, quelque chose en moi s’est déclenché pour me dire : la prochaine fois, il faudra poser quelques repères pour remonter plus vite et plus facilement. »

– Vous venez d’enchaîner plusieurs projets aux États-Unis…

« L’industrie est vraiment énorme, là-bas. C’est une ville dans la ville. Il y a une différence de culture et d’histoire. J’ai aussi eu la chance de travailler avec Rob Marshall sur une comédie musicale (Nine, d’après Huit et demi de Fellini, avec Daniel Day-Lewis et Nicole Kidman !). On ne fait pas beaucoup de comédies musicales en France, ou alors différemment. En France, Nous n’avons pas Broadway. Mais quand on se retrouve sur un plateau, chaque expérience est différente. »

– Comment s’est passé le travail avec Johnny Depp ?

« Un vrai gentleman. Il a trouvé un équilibre dans cette vie de grande star américaine, entre sa simplicité, sa facilité d’accès et son côté créatif qui lui amène cette folie et ce talent. Je lui suis très reconnaissante d’avoir accepté de faire tant de prises qui m’étaient nécessaires à moi, pour me détendre et justement ne plus penser à cet accent. »