Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Jun 27, 09   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Madame Figaro / par Richard Gianorio

Hollywood ne lâche plus la môme. Dans Public Enemies, de Michael Mann, la voilà à Chicago, face à Johnny Depp, alias John Dillinger, célèbre bandit des années 30. Photographiée par Dominique Issermann, Miss Cotillard évoque son bonheur d’être aimée, son envie d’enfants et de chanter aussi…

Au récent Festival de Cannes, signe qui ne trompe pas, Marion Cotillard dormait à l’Eden Roc, le QG des stars hollywoodiennes. Discrète, fuyant l’ostentation facile et les applaudissements calculés, elle n’a pas monté les marches cannoises mais s’est quand même autorisé une entorse au sacro-saint « pour vivre heureux, vivons cachés » : pour la première fois dans sa « vie publique », on l’a vue au bras de son compagnon, Guillaume Canet, dont elle est la partenaire dans Le Dernier Vol de Lancaster qui sort cet automne. La femme et l’actrice se répondent désormais : miss Cotillard, 33 ans dont quinze de carrière, est comblée.

En transit entre deux aéroports (elle va rejoindre un tournage avec Leonardo DiCaprio, S.V.P., celui d’_Inception_, de Christopher Nolan), elle assurait la promo de Public Enemies, son premier film post-oscar, une immersion à coups de mitrailleuse dans la mythologie populaire americaine. Signé Michael Mann, ce polar héroïque et survolté balaie les dernières semaines de la courte vie de John Dillinger (Johnny Depp), braqueur de banques idolâtré, tueur et dandy alors considéré comme l’ennemi public numéro 1 des États-Unis, abattu en juillet 1934 à la sortie d’un cinéma à l’issue d’une traque nationale. Au cours de cette chasse à l’homme sanguinolente, Dillinger tomba sous le charme de Billie Frechette – une good girl, pas une femme fatale – , qui plaqua tout pour suivre son bandit bien-aimé dans sa course contre les agents fédéraux, avant d’être piégée par le FBI et emprisonnée. Frechette survécut à Dillinger et mourut en 1969.

A l’écran, l’alchimie fonctionne parfaitement entre le champion du monde du box-office (Pirate des Caraïbes) et la Française à sensation. La scène où Depp/Dillinger repère Cotillard/Frechette sur la piste de danse d’une boîte de nuit installe immédiatement l’ex-Môme dans une constellation hollywoodienne. Belle comme une star des années 40, Cotillard, émouvante et entière, se fond complètement dans l’histoire – elle est comme un poisson dans l’eau à Hollywood – et fait mieux qu’exister dans un film d’hommes. On comprend que le cinéma américain ne soit pas disposé à la lâcher : après Public Enemies, elle a terminé Nine, comédie musicale avec Daniel Day-Lewis, Nicole Kidman et Penélope Cruz, dans laquelle elle chante et danse. What else ?

Madame Figaro. -Johnny Depp, Michael Mann, le Chicago des années 30, vous voilà plongée dans la mythologie américaine…

Marion Cotillard. Les femmes ne sont pas sous-estimées dans les films de Michael Mann, elles ont de vrais beaux rôles, de vraies présences. Pour ce rôle, je me suis beaucoup documentée : j’ai rencontré des membres de la famille de Billie Frechette, mon personnage (NDLR : morte en 1969), je me suis plongée dans la culture du Midwest des années 30 et me suis renseignée sur les Menominee, une tribu d’Indiens du Wisconsin, dont cette femme était issue. C’était une immersion absolument enrichissante, comme l’avait été, dans un autre genre, celle qui a accompagné le tournage de La Môme.

Que retenir de votre personnage ?
Une femme qui l’a connue m’a observée puis m’a dit que je ferais une belle Billie. Je l’ai jouée telle que j’ai cru la comprendre : une fille simple, gentille, mais forte aussi, qui est allée en prison par amour. Je devine qu’elle a dû connaître un parcours assez rude puisqu’elle était métisse, moitié française, moitié indienne. Mais ma principale difficulté sur ce tournage a été la langue : j’étais obsédée par l’accent. J’ai travaillé très dur avec un coach pour capter l’accent américain du Chicago des années 30. Je voulais que ce soit parfait tout en sachant que c’était impossible. J’étais dans une frustration continue qui était assez plombante… Michael Mann n’arrêtait pas de me demander de me détendre et j’ai fini par trouver du plaisir.

Vous avez commencé le tournage de Public Enemies le lendemain de la cérémonie des oscars. Dans quel état d’esprit vous trouviez-vous ?
J’étais épuisée par toutes ces émotions et, avant même de mettre un pied sur le plateau, super stressée par cette histoire d’accent. Pourtant, les gens ont été adorables avec moi : Michael Mann et Johnny Depp, tellement respectueux, me rassuraient sans cesse.

Vous avez assez peu de scènes mais vous faites vivre votre personnage avec une intensité remarquable. Comment arrive-t-on à ça ?
C’est à la fois un grand mystère et exactement le but à atteindre : arriver à être entièrement, pleinement le personnage. C’est inexplicable. Je dirais que le personnage m’entraîne et que j’évite de le contrôler pour rester dans un inattendu…

Avec votre CV en or massif, ne redoutez-vous pas de faire peur aux réalisateurs français ?
Inaccessible ? Je n’y pense même pas. Trop chère ? Sil n’y a pas de budget, je n’ai pas de problème à revoir mon salaire.

Votre vie a-t-elle radicalement changé cette année?
Je suis extrêmement rarement en France. Je vis où je travaille. J’ai passé sept mois aux États-Unis l’an dernier, puis j’ai tourné Nine à Londres, avant de partir au Maroc pour Le Dernier Vol de Lancaster. Oui, j’ai changé. J’ai évolué. Je n’ai guère plus confiance en moi mais je suis beaucoup plus détendue avec un réalisateur s’il connaît mon travail. Mon travail parle pour moi car je ne sais toujours pas me vendre. J’en suis incapable, ça n’est pas ça du tout…

Au dernier Festival de Cannes, vous avez accepté de vous laisser photographier avec Guillaume Canet, votre compagnon, ce que vous n’aviez jamais fait précédemment…
C’est vrai que jusqu’à présent, nous n’avions jamais posé ensemble, même aux oscars. Mais c’est ridicule de ne pas arriver ensemble quand on va au même endroit ! (Elle rit.) Je ne dis pas que je suis à l’aise, mais j’ai moins peur de l’exposition. En réalité, nous sommes assez tranquilles et nous faisons en sorte que notre vie privée soit respectée. Mais en même temps, je sais que je ne pourrais pas échapper indéfiniment aux questions, d’autant qu’il va me diriger dans son troisième film comme réalisateur (NDLR : Les Petits Mouchoirs, avec François Cluzet).

Qu’est-ce qui vous manque aujourd’hui ?
Le temps bien sûr, mais c’est mon choix. Et puis j’aimerais enregistrer un album. La musique me remplit de joie ; j’ai adoré chanter dans Nine, le film de Rob Marshall. On était sept filles et l’on s’est super bien entendues, sous l’œil de Sophia Loren, qui était un peu notre mamma. On a toutes pris deux mois de cours. Les plus douées pour chanter, c’était Kate Hudson et Fergie bien sûr. Moi, j’adore la voix de Nicole Kidman. Et je n’ai jamais vu quelqu’un de plus perfectionniste que Penélope Cruz : elle bossait même plus que moi !

C’était un peu un club de superstars à oscars…
Pas du tout, juste des femmes qui travaillent ensemble. Des femmes complexes, pas toujours dans l’équilibre. Des femmes qui ont un rapport ambivalent avec leur image. Moi, j’ai besoin d’être regardée et en même temps je me préserve beaucoup. Par exemple, je ne lis plus rien de ce que l’on écrit sur moi. J’ai perdu cette curiosité-là. Les mots vous placent dans un égocentrisme malsain.

Quel rapport entretenez-vous aujourd’hui avec votre ego ?
Avant, je cherchais à l’exterminer. Là, j’ai appris à l’accepter. Et il est présent, bien sûr : je suis actrice !

Vous avez signé un contrat avec Dior et tout le monde loue désormais votre beauté. Cela vous réconcilie-t-il avec cette féminité que vous avez mis du temps, disiez-vous, à apprivoiser ?
J’ai grandi. Le fait d’être aimée et d’aimer change tout. Cela ne veut pas dire que je suis encore complètement à l’aise sur le tapis rouge, qui est devenu bizarrement un lieu stratégique pour les actrices. Je suis impressionnée quand je regarde le show de Sharon Stone sur les marches cannoises. À Hollywood aussi, c’est une épreuve obligée et archistructurée. Je dois dire que je me fais un peu aider…

Vous arrive-t-il de faire des caprices ?
Non, j’aurais bien trop honte de faire des caprices ! Je n’ai qu’une seule impatience, et elle concerne mon engagement sur l’environnement : je trouve que rien ne bouge assez vite.

Que peut-on vous souhaiter ?
À moi, rien, je suis comblée. Je pense souvent à Aung San Suu Kyi, prisonnière en Birmanie, et à sa phrase : « Servez-vous de votre liberté pour promouvoir la nôtre. » Cette femme est mon modèle, c’est mon héros.

D’un point de vue plus personnel, aurez-vous des enfants ?
Je veux des enfants. J’en ai envie et j’y pense.

(1) En salle le 8 juillet 2009.






 

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