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Jun 2009
French Press  •  By  •  0 Comments

de L’Express Styles (France) / par Géraldine Catalano

Comme elle a grandi, La Môme! La plus internationale de nos actrices, à l’affiche de “Public Enemies” de Michael Mann, revient sur son oscar, sur Hollywood et sur ce “je-ne-sais-quoi” qui fait d’elle, malgré tous les décalages horaires, une indéfectible Parisienne.

Quand nous avons imaginé ce numéro spécial Paris, nous avons immédiatement pensé à vous pour en illustrer la couverture. Quel lien entretenez-vous avec votre ville?

Un lien très fort. Parce que je suis née ici, parce que, culturellement, cette ville est unique. Je l’aime pour ses musées, pour la place des Vosges, pour ses cinémas, et surtout pour ce qu’on y mange! J’ai besoin d’elle et de la France, même si je ne m’y trouve quasiment pas depuis plus d’un an…

Comment définiriez-vous cette Parisienne que, aux yeux des Américains, vous incarnez désormais?

Peut-être une femme avec une certaine gouaille? Disons, un mélange de populo et d’artistique. Je suis issue d’un milieu artistique [NDLR: ses parents, Jean-Claude Cotillard et Niseema Theillaud, sont metteur en scène et comédien] et j’ai toujours attaché de l’importance à la culture. En cela, je suis très française, et très parisienne.

En tant que petite Frenchie, vous êtes à l’aise à Hollywood?

Oui. J’aime travailler là-bas. Je peux être aussi très mal à l’aise dans certaines situations en France. A la télé, notamment, où je me sens comme au sommet d’une échelle suspendue dans le vide.

Dans Public Enemies, votre personnage, Billie Frechette, est loin d’être un faire-valoir, ce qui est rare pour une comédienne française évoluant aux Etats-Unis.

C’est vrai. Mais, si on regarde bien, les femmes ont toujours des rôles complets dans les films de Michael Mann. Elles ne sont pas simplement, pour reprendre une expression très courante là-bas, le « love interest » du héros. Même Miami Vice, qui est un film d’hommes, se termine par une belle image de Gong Li. Michael Mann a un vrai respect des femmes, et ça se voit dans son oeuvre.

Vous avez dit n’avoir pris aucun plaisir à tourner le film. Etait-ce en raison de l’ampleur du projet ?

Non, non, le plaisir était là. C’est impossible de ne pas en ressentir quand on tourne avec Johnny Depp et Michael Mann. Les enjeux, le fait que mes partenaires soient des stars, je n’y pense jamais. En revanche, j’étais ultrastressée à l’idée que mon accent américain ne soit pas crédible. A chaque fin de prise, j’étais mal si je ne voyais pas ma coach lever les pouces pour me dire que c’était bien. Il a fallu que Michael Mann me dise de lâcher un peu prise pour que je me désinhibe. Un peu ! [Rires.]

Nine, de Rob Marshall, que vous venez de tourner avec Nicole Kidman et Daniel Day-Lewis, est votre quatrième film américain. A part la langue, qu’est-ce qui est vraiment différent là-bas ?

Je ne sais jamais vraiment comment répondre à cette question. Pour moi, ce n’est pas le territoire, ni même le budget, qui détermine l’énergie d’un film, mais l’histoire, le metteur en scène… La seule différence, c’est peut-être dans le nombre de machines et de techniciens sur un plateau, mais on les oublie assez vite.

Avez-vous prodigué quelques conseils à votre grande amie, Mélanie Laurent, avant le tournage d’Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino ?

Je lui ai juste dit que la notion de travail était très forte là-bas, que chaque rôle, même minuscule, demandait un investissement à mille pour cent. Mais Mélanie n’avait pas vraiment besoin de conseils. J’étais à Londres pour Nine pendant qu’elle tournait à Berlin. Le soir, quand on s’appelait, on était comme deux petites filles en plein conte de fées.

Après son oscar, il a fallu des années à Juliette Binoche pour retrouver sa place dans le cinéma français. Ne craignez-vous pas que votre nouveau statut effraie les cinéastes français ?

Je ne me pose jamais ce genre de question. Je ne fais pas de calculs. Je suis engagée jusqu’à l’année prochaine. Peut-être que certaines propositions françaises n’arrivent pas jusqu’à moi… Ce qui est sûr, c’est que j’ai faim de cinéma français. En fait, j’ai surtout faim de belles histoires, de mon pays ou d’ailleurs.

Vous n’êtes pas devenue trop chère pour nous ?

Non, ce serait ridicule de ma part de ne pas m’adapter. Sur le Karim Dridi (Le Dernier Vol, avec Guillaume Canet, qui sortira le 25 novembre), par exemple, que je viens de tourner et qui a été difficile à monter, il n’y avait pas beaucoup d’argent. Eh bien, on a coupé mon cachet, car j’avais envie que le film existe.

Vous enchaînez avec Les Petits Mouchoirs, de votre compagnon, Guillaume Canet, une histoire de copains qui partent en vacances au Cap-Ferret. Cela va vous reposer, après les tournages lourds de ces deux dernières années.

Reposant, je ne sais pas. Mon personnage a un certain poids, car elle ne va pas très bien. Ce qui me réjouit, dans le film de Guillaume Canet, c’est que je vais tourner avec des acteurs [NDLR : François Cluzet, Valérie Bonneton] et un metteur en scène que j’admire énormément, et que cette histoire est très riche de choses à la fois légères et moins légères.

Vous dites Guillaume Canet…

Oui. J’ai toujours protégé ma vie privée, tout simplement parce que je ne sais pas raconter cette partie de moi. Mais je ne suis pas dupe, je sais que je vais avoir droit à certaines questions sur les deux prochains films.

Bon, c’est comment, alors, de travailler avec Guillaume Canet ?

C’est assez naturel, plutôt très agréable.

Vous êtes très soucieuse de la sauvegarde de l’environnement. N’est-il pas compliqué de rester fidèle à ses engagements quand on évolue dans un univers de paillettes ?

Déjà, moi, à part en cas d’extrême obligation, c’est non aux jets privés. Chaque fois qu’on m’a proposé de venir à Cannes en jet, j’ai refusé. Cette année, j’ai dû venir en avion, mais, il y a deux ans, j’avais pris le train. J’essaie d’être cohérente, de jongler avec mes priorités. Mais je ne vais pas refuser un film aux Etats-Unis parce que je dois prendre l’avion… Disons que je fais du mieux que je peux.

En 2004, vous aviez refusé d’être l’égérie du parfum d’une marque parce que celle-ci n’était pas conforme à votre engagement. Il y en a eu beaucoup, des propositions, depuis votre oscar et jusqu’à celle de Dior ?

Quelques-unes, oui. Chaque fois qu’il s’agissait de cosmétiques, j’ai dit non. Je ne pourrais le défendre. L’aventure avec Dior était motivée par mon admiration pour John Galliano, qui est un génie, pour le prestige de la maison et parce qu’il s’agissait d’un projet très cinématographique diffusé sur Internet. Il n’y a aucun spot à la télé. Avec l’argent, je peux soutenir et mettre en place des projets qui me tiennent à coeur. Pour moi, tout cela a une cohérence.

Où se trouve votre oscar, aujourd’hui ?

A Paris, dans mon salon, qui n’est pas vraiment un salon, d’ailleurs, car j’habite une sorte de cabane. En réalité, je n’y vis pas. Mon chez-moi, maintenant, c’est là où je travaille.

Pas trop déstabilisant de ne plus avoir de chez-soi ?

Parfois… J’ai appris à bâtir mon petit univers un peu partout. Je m’installe de préférence dans un appartement plutôt qu’à l’hôtel. Je fais mes courses, je choisis bien mes produits, je cuisine. Dès qu’il y a une cuisine, je me sens à la maison.

Vous n’avez jamais vraiment exprimé de regret après avoir remis en question l’origine terroriste des attentats du 11 septembre, dans une interview à Paris Première en 2007. Ce franc-parler aussi, c’est très parisien.

Mon seul regret, c’est d’avoir blessé des gens. Ce n’était pas très malin de parler de choses aussi graves de manière aussi légère. Quand cette histoire est sortie, j’étais mal, mais j’étais surtout choquée par la manière dont mes propos avaient été déformés. Je n’ai jamais dit qu’il n’y avait pas eu d’attentats le 11 septembre. Je suis simplement quelqu’un qui se pose beaucoup de questions. Et dans le monde dans lequel on vit, je trouve ça plutôt sain.

Dernière question, alors : que peut-on vous souhaiter pour les mois qui viennent ?

De jouer des personnages qui vont bien ! [Rires.] J’ai envie de rôles plus légers.

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