Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Jan 10, 09   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Madame Figaro / par Richard Gianorio

Championne du monde des actrices ! L’an dernier La Môme a raflé toutes les récompenses Oscar compris. Depuis, Hollywood déroule son tapis rouge sous ses pieds, et elle a tourné avec Johnny Depp et Daniel Day-Lewis. De passage à Paris, notre “french star” s’est confiée en toute humilité à Madame Figaro.

Par les fenêtres de la suite no 101 de l’hôtel Meurice, l’œil parcourt la totalité du jardin des Tuileries, pétrifié par le soleil froid de décembre. La carte postale vaut à peine le coup d’œil quand, sur le lit « king size » que personne ne défera, le corps de Marion Cotillard se cambre, se plie, se redresse et se déplie devant un petit comité attentif : on photographie la Môme.

A cet instant-là, c’est une Vénus de poche résolue, armée d’un corps de satin désinhibé qui ne raconte pas d’autre histoire que celle de la volupté provocante et sophistiquée. « On fait la photo avec la veste et la culotte ? » crie quelqu’un. Peu après, Marion Cotillard vous rejoint dans une chambre contiguë en peignoir blanc, chaussons éponge et bigoudis sur la tête. Elle partage ses sushis, se laisserait bien tenter par une cigarette, se raconte avec une humilité attendrissante.

L’année écoulée a été la sienne, celle d’un sacre extraordinaire : championne du monde des actrices pour le biopic d’Olivier Dahan et son étourdissante composition d’Édith Piaf, petite fille poignante et monstre dévastateur. Elle a tout reçu, le Golden Globe, le Bafta, le césar et, bien sûr, l’oscar, sceptre des stars réputé totalement intouchable pour un acteur non anglo-saxon.

Depuis ce triomphe ultime, en février 2008, la môme Cotillard a quasiment déserté la France, enchaînant deux films américains : Public Enemies, de Michael Mann, un film de gangsters avec Johnny Depp, puis Nine, de Rob Marshall, une comédie musicale avec Nicole Kidman et Daniel Day-Lewis, soit la crème de la crème hollywoodienne. Marion Cotillard est une femme débordée et une star convoitée. A ce titre, la journée qu’elle a accordée à Madame Figaro est exceptionnelle.

Madame Figaro. – Sur cette séance photos, on vous découvre inhabituellement sexy…
Marion Cotillard –
Ce n’était pas prévu mais le photographe était directif et c’est ce qui me convient le mieux. J’aime être dirigée. Au cinéma, pourtant, je ne suis pas détendue en cas de scènes dénudées. La vérité, c’est que je ne suis pas à l’aise avec mon corps, même si je fais bien croire le contraire !

Ce corps, allez-vous finir par l’apprivoiser ?
Cela peut paraître incroyable, mais je ne l’ai guère remarqué avant mes 25 ans. Longtemps, j’ai éludé ce rapport particulier qu’ont toutes les femmes avec leur corps. Rétrospectivement, je crois que c’est une chose que je n’ai pas apprise. Ce déni ne présente pas que des inconvénients : n’ayant pas la conscience de mon corps, je n’avais pas vraiment de complexe physique puisque je ne me regardais pas…

Et quid de la séduction ?
Je n’ai jamais été dans la séduction et, en même temps, je sais très bien qu’il est séduisant de ne pas chercher à séduire ! Ce qui est sûr, c’est que je n’en joue pas.

Les actrices n’ont-elles pas l’obligation de plaire ?
Je suis sur mon terrain lorsque je passe des essais : là, c’est l’actrice qui s’exprime. En revanche, lorsqu’il s’agit de me raconter, je ne suis absolument pas faite pour ça. Je ne sais pas me vendre, je ne suis pas douée pour la prise de parole. Dès que je suis mal à l’aise dans une situation, je ne suis plus moi-même, et je bloque. Le pire, c’est la télévision. J’essaie de faire des efforts mais je n’y arrive pas. La télé me terrifie, c’est une épreuve quasiment insurmontable. J’ai peur quand j’arrive dans un talk-show : je m’éteins, je me ramollis… Je suis plus à l’aise en anglais car la langue crée une distance, et puis aux États-Unis, je ressens une vraie bienveillance quand je suis interviewée…

Le succès embellit et rend fort pourtant, non ?
D’une certaine manière. Lorsque je rencontre des réalisateurs qui ont aimé mon travail, je suis tout de suite plus détendue. Depuis la Môme, je suis un peu rassurée sur mon compte, mais pas tant que ça. Par exemple, je viens d’enchaîner deux films américains et j’étais terrifiée, je me disais qu’on allait se rendre compte que j’étais un imposteur… Mais c’est aussi ce qui fait la beauté de ce métier : chaque film est une nouvelle aventure, une nouvelle appropriation d’un personnage, un nouveau défi. On ne peut jamais se reposer sur ses lauriers…

Même quand on vient de récolter une moisson de récompenses ?
L’année a été étourdissante, mais les meilleurs mois de ma vie ont été ceux du tournage de la Môme. Cela reste inoubliable, comme si toute la vie de Piaf m’avait transportée ailleurs.

Qu’avez-vous pensé en recevant l’oscar ?
J’étais en état de choc, un choc très agréable à vivre. Ensuite, il y a eu un court moment, très fort, où j’ai ressenti le besoin de me retrouver seule, j’ai pensé à Olivier Dahan, le réalisateur, et à Édith Piaf. Je garde surtout en mémoire d’avoir partagé ça avec les gens que j’aime, et mes frères qui avaient fait le déplacement à Los Angeles. Quant au glamour… Je suis rentrée faire mes bagages et je me suis couchée tôt : j’ai attrapé un avion à 4 heures du matin pour Chicago, où m’attendait le tournage du film de Michael Mann. Dans l’avion, il y avait ce mélange d’intensité et de fatigue…

Au lendemain des oscars, on a exhumé une vieille interview de vous à propos des attentats du 11 Septembre, dans laquelle vous émettiez des doutes sur les théories officielles. Tempête dans un verre d’eau ?
C’était violent, assez malveillant et totalement déformé. Penser que différentes visions peuvent éclairer un moment ne revient pas à dire : « telle vision est la bonne ».

Avez-vous des inimitiés en France ?
Quand on ne m’aime pas, on ne vient pas me le dire… La jalousie ? Moi aussi, je peux avoir envie d’un très beau rôle attribué à une autre. Enfin, pas exactement : je suis très fataliste. J’ai admis que lorsqu’un rôle vous échappe, c’est qu’il n’est pas pour vous. Je ne suis jamais négative : il faut avancer. Et puis avec la Môme, j’ai été gâtée…

Vous êtes-vous enfin débarrassée d’Édith Piaf, que vous aviez du mal à quitter ?
Oui, elle est partie… mais cela a pris juste beaucoup de temps. Je m’en voulais, j’avais honte de ne pas redevenir immédiatement moi-même. Ce cycle m’a permis de dépasser certaines peurs. En fait, le plus important aujourd’hui, c’est que j’ai identifié la peur et que j’essaie d’y travailler. La racine du mal est sans doute le manque de confiance : c’est à la fois un frein et un moteur aussi.

A quand remonte ce manque de confiance ?
Depuis l’adolescence, il ne m’a pas quittée. J’ai été une ado tourmentée qui se posait trop de questions sans réponses. Je parlais très peu et je m’excluais : quand on ne s’aime pas, on ne vous aime pas, c’est un engrenage. J’ai envisagé des thérapies, je suis attirée par la connaissance, mais je suis parfois trop impatiente, ou velléitaire, pour mener à terme ce que j’entreprends. C’est le théâtre qui m’a ouverte aux autres.

De quoi êtes-vous le plus fière ?
Je suis particulièrement sévère avec moi. Piaf, je suis allée jusqu’au bout, et j’étais assez contente.

On vous prédit une carrière hollywoodienne…
J’aime le cinéma américain, mais jamais je ne pourrais quitter la France ! J’aime mon pays. J’ai besoin d’être ici, j’ai besoin de Paris, de la campagne, des gens que j’aime.

A quoi ressemble votre vie depuis votre oscar ?
J’ai passé environ six mois à Chicago pour tourner Public Enemies, et là, je termine Nine, à Londres, avec Nicole Kidman et Penélope Cruz, qui sont de très belles personnes. Nicole Kidman est super drôle, très simple, je l’admire beaucoup. Et je me sens très proche de Penélope Cruz ; on a le même âge et un parcours assez proche, même si sa notoriété à elle est énorme. On partage beaucoup de choses toutes les trois : nous sommes des femmes lancées dans un monde d’images.

Êtes-vous armée pour ce métier ?
Oui, parce que je n’ai pas réussi à 20 ans ; là, je n’aurais jamais assumé. Cela a pris du temps. Et puis, je me protège. Par exemple, je ne lis plus du tout ce qu’on écrit à mon sujet.

La presse vous laisse tranquille alors que vous sortez avec un acteur célèbre (NDLR : Guillaume Canet)…
Ce n’est pas un secret, on nous voit ensemble, mais je trouve indécent d’en parler. Raconter ses histoires personnelles dans le détail pour dire « c’est formidable » ou « c’était horrible », je ne vois pas l’intérêt. Voilà, je n’en parle pas, je n’ai aucune envie d’alimenter le voyeurisme et, jusque-là, je ne me sens pas traquée…

Aujourd’hui, sur un plateau de cinéma, vous sentez-vous une petite princesse ?
Pas du tout. Je me sens membre d’une équipe.

Une dernière chose : on annonce un album pour 2009…
Je ne me sens pas encore légitime, mais je me libère peu à peu. Je joue de la guitare-basse, j’essaie de composer, mais je ne suis pas très douée. Ou alors, j’écris des choses qui ne sont pas pour moi… Trop hardcore. En musique, j’aime les femmes de caractère, Janis Joplin, Regina Spektor. Là encore, je dois trouver ma place…






 

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