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Jul 2008
French Press  •  By  •  0 Comments

de Psychologies / par Hélène Matthieu

Depuis son oscar pour La Môme, elle a été propulsée au top ten des stars mondiales. Mais n’a plus accordé d’interviews. Pour Psychologies, elle a accepté de s’exprimer sur sa nouvelle vie, sur ses engagements et sur les pièges liés à sa notoriété.

Psychologies : Depuis la remise des oscars, on n’a plus eu de nouvelles de vous. Que s’est-il passé ?
Marion Cotillard :
Le jour de l’annonce des nominations aux oscars, j’ai appris que j’avais été choisie pour le prochain film de Michael Mann. Pour ce rôle, je dois parler américain avec un accent irréprochable. Je suis donc venue ici, aux États-Unis, pour me plonger dans un environnement américain. En fait, cela fait presque un an que je ne vis plus en France.

Vous n’avez donc pas savouré votre triomphe ?
Marion Cotillard :
Non, pas vraiment. Le lendemain de la cérémonie, je suis partie dans une tribu indienne, parce que le personnage que je joue dans Public Enemies a une mère indienne. J’ai pris l’avion à 4 heures du matin pour Green Bay, dans le Wisconsin, afin de rejoindre une tribu Menominee, et découvrir leur culture et apprendre les rudiments de leur langue. C’était totalement étrange.

Vous vous sentez prête à revenir en France après ce tournage, avec votre nouvelle notoriété ?
Marion Cotillard :
Je suis rentrée quelques jours à Paris et j’ai pu constater à quel point les gens étaient gentils avec moi. Beaucoup me disaient que je leur avais donné la pêche. Si je peux partager cette énergie, ça me remplit. L’énergie, c’est la vie. La notoriété est agréable à vivre. Il faut simplement arriver à la laisser à sa juste place.

Le fait d’avoir reçu toutes ces récompenses vous a-t-il rendue plus sûre de vous ?
Marion Cotillard :
Je me suis si vite replongée dans le travail que je crois ne pas avoir encore réalisé tout ce qui s’est passé. Et malgré les récompenses, je suis arrivée sur le film de Michael Mann avec une grande appréhension. Comme toujours. Et ça ne changera jamais. Je suis portée par cette tension. C’est d’ailleurs une sensation intéressante, source de créativité et d’éveil. Je suis fière d’avoir reçu tous ces prix, mais cette reconnaissance ne fait pas de moi quelqu’un d’autre. Je ne me suis pas éloignée de moi, je n’ai pas pété les plombs. Mon éducation m’a appris à trouver belles les choses les plus simples. Je trouve extraordinaire d’être en vie, d’aimer, d’être aimée. Les oscars, c’est une grande joie, mais je suis consciente que le rôle d’Édith Piaf était extraordinaire, et qu’une autre comédienne aurait pu connaître le même succès.

Pourquoi vous rabaisser ? Vous pourriez être fière de vous, ce serait naturel…
Marion Cotillard :
Je ne me rabaisse pas, je reste à ma place. Je ne suis pas une héroïne. Les héroïnes, ce sont les femmes qui se battent pour la liberté, pour les droits de l’homme. Ce sont les Aung San Suu Kyi, les Chirin Ebadi, les Wangari Maathai, qui œuvrent pour que le monde soit meilleur. Ce sont d’ailleurs des personnes très humbles. Moi, c’est juste grâce à mon travail de comédienne que j’ai eu ces récompenses. Pas de quoi se la raconter. C’est appréciable d’être reconnue par ses pairs, mais je ne me suis pas pour autant éloignée de la réalité. Je reste quelqu’un d’ordinaire qui veut rester proche des gens ordinaires.

À votre place, beaucoup auraient eu une période d’exaltation.
Marion Cotillard :
Je crois que je me cache un peu derrière Piaf pour me protéger, pour éviter ?de subir la pression. Je me dis que c’est le personnage de Piaf qui est magique, et que je n’ai fait que mon travail. Je n’assume pas très bien mon besoin d’être aimée à ce point, alors je le reporte sur mon travail. Je vis une vraie contradiction entre ce besoin d’être aimée et un désir profond de simplicité. J’ai croisé sur ma route un Indien avec une grande expérience du voyage intérieur qui m’a affirmé que mon désir de simplicité ne serait atteint que quand j’aurais assouvi mon envie d’être regardée et aimée. Que je voulais arriver trop vite à la sagesse. Il m’a dit : « Tant que tu voudras l’atteindre sans expérimenter ce qui est “ici et maintenant”, sans parcourir le chemin à accomplir, tu n’y arriveras pas. Pour l’instant, ta réelle envie, c’est d’avoir un grand succès dans ton métier. Assume et assouvi d’abord ce besoin. Il est là, ton vrai chemin. » J’avoue que mon besoin de reconnaissance est en partie assouvi par le succès de La Môme.

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