Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Sep 13, 07   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Paris Match / par Henry-Jean Servat

Après la France et les Etats-Unis, le Japon lui fait un triomphe pour son interprétation d’Edith Piaf. Un souffle qui propulse la jeune Française aux portes de Hollywood.

En fanfare, Marion Cotillard s’apprête à partir pour Hollywood. Piaf l’y mène et «La Môme» l’y conduit. La comédienne la plus en vue et la plus en vogue, actuellement, du cinéma français, a mis, auparavant, un terme à la tournée mondiale qu’elle effectue depuis six mois avec le film – plus de 5 millions d’entrées en France – d’Olivier Dahan. Accompagnée par son metteur en scène, la jeune actrice de 31 ans vient de passer six jours au Japon, afin d’y préparer la sortie, fin septembre, du long-métrage racontant la vie de Piaf. Une conférence de presse et cinquante entretiens avec des journalistes ont constitué l’essentiel d’un séjour très studieux organisé au Park Hyatt de Tokyo (là où Sofia Coppola tourna «Lost in Translation»). Outre la guitare qui ne la quitte pas, Marion avait emmené, en exclusivité, nos envoyés spéciaux. Invitant à dîner dans sa suite, s’endormant fatiguée, roulée en boule sur son canapé, chantant dans les couloirs de l’hôtel, avalant en vitesse des sushis qu’elle aidait parfois le cuisinier à préparer, emportée par la foule de dizaines de fans dans les rues, elle a raconté vouloir prendre maintenant congé d’un personnage qui l’habite encore. Ce sera difficile. D’abord, le D.v.d. du film est en tête des ventes. Ensuite, pour son interprétation du personnage de Piaf, Marion fait excellente figure dans la course aux nominations pour l’Oscar de la meilleure interprétation féminine. Elle a donc accepté de jouer le jeu et d’entrer officiellement en compétition à Hollywood. Marion ne voit plus désormais la vie en jaune et en rose, mais en arc-en-ciel. Cela, en cultivant désormais, pour de bon et pour de vrai, son jardin.

Paris Match. Depuis plus de six mois qu’est sorti en salles votre film “La Môme”, qu’avez-vous donc fait de beau?
Rien. Enfin, tout et rien. En effet, j’ai passé la quasi-totalité de mon temps, et je continue encore ici au Japon, à accompagner le film à l’étranger au fur et à mesure de ses sorties. Je ne cesse donc pas de voyager depuis six mois et je n’ai plus le temps de faire autre chose, à commencer par voir mes amis. Je me consacre encore, quasiment à longueur de journée, au film, et à Piaf. Avant de me préparer à les quitter.

Et cela vous plaît?
Ne plus voir mes amis, non. Mais accompagner le film, ce film-là, oui, j’en suis très heureuse.

Et c’est au Japon que se clôt votre tournée?
Oui. Le film, qui reçoit un accueil formidable, doit encore sortir en Amérique du Sud mais je n’irai pas. C’est la seconde fois que je viens au Japon, dans un contexte de travail. Et je n’ai toujours pas le temps d’explorer Tokyo.

Cela vous a-t-il perturbée de ne pas tourner à nouveau depuis maintenant plus d’un an?
Je n’en avais nulle envie. J’avais besoin de repos et je souhaitais seulement et simplement prendre mon temps.

Vous avez pourtant dû recevoir plus d’un scénario à lire?
Oui, j’en ai reçu beaucoup depuis “La Môme”. Très divers. Très différents. Tout comme après la sortie de “Taxi”, je n’avais pas reçu que des histoires de bimbo. Mais je ne savais pas ce que je voulais faire ensuite. Grâce à Piaf, dont le personnage m’a totalement habitée, j’ai découvert tellement d’émotions et traversé tellement de choses que j’en étais comme sonnée, et je le suis restée un moment, depuis de longs mois, ma vie tourne autour de Piaf et du film.

Avec le recul, qu’est-ce qui vous a le plus touchée?
J’ai été très touchée qu’Olivier Dahan ait eu envie d’écrire en pensant à moi, alors que nous ne nous étions jamais rencontrés.

A l’époque du tournage, vous aviez dit ne pas savoir pour quelles raisons précises il vous avait choisie, plutôt qu’une autre, pour jouer le rôle d’Edith Piaf. Le lui avez-vous demandé et le savez-vous enfin?
Je ne le lui ai jamais demandé, mais je le sais maintenant. Je l’ai appris lors d’une interview que nous avons faite ensemble. Il a, paraît-il, pensé à moi en raison d’une similitude de mon regard avec celui d’Edith Piaf. Il trouvait que j’avais un tempérament de tragédienne. Et Piaf avait justement tout d’une grande tragédienne.

C’est vrai, ce tempérament de tragédienne?
Je suis partie passer des auditions, à plusieurs reprises, à Londres puis à New York. On m’a testée pour divers rôles, un personnage puis un autre, de différents âges, pour jouer dès le printemps prochain dans l’adaptation cinématographique de “Nine”, le musical à succès de Broadway, de Rob Marshall qui a déjà réalisé “Chicago”. Penélope Cruz, Catherine Zeta-Jones, Javier Bardem et Sophia Loren feront partie de l’aventure.

Etes-vous actuellement toujours habitée par Piaf?
Je m’étais laissée totalement envahir par elle. J’avais voulu tout lire, tout connaître, tout voir, tout savoir à son sujet. J’avais essayé de me rendre disponible au maximum pour que les informations la concernant puissent entrer en moi. La méthode que j’avais adoptée n’avait rien de rassurant : j’avais choisi, en effet, de ne pas répéter et de me lancer en ne me posant aucune question. En fait, je ne me suis jamais demandé comment j’allais la jouer. Je voulais simplement parvenir à la comprendre.

Et quand y êtes-vous réellement parvenue?
Lorsque j’ai arrêté de la juger. Ce jour-là, je suis repartie vers son enfance.

Et, en même temps, vers la vôtre?
Les peurs enfantines de Piaf, sa terreur de l’isolement, m’ont ouvert des portes et m’ont donné des clés. J’ai compris qu’elle était terrifiée par la solitude et qu’elle aurait fait n’importe quoi pour ne jamais la connaître. Moi, je n’ai pas besoin d’être constamment entourée. Je ne cherche pas à vivre en permanence au milieu d’amis. J’aime beaucoup la solitude.

Vous vivez seule?
Oui.

Mais vous avez un fiancé.
Oui, j’ai un fiancé. Je n’ai pas d’enfants, mais j’ai envie d’en avoir. Je viens de changer d’appartement, mais j’adore vivre à la campagne où j’ai une maison, avec mes chats. Je m’y plais.

Depuis quand vous y êtes-vous installée?
Depuis un an, environ. Longtemps, j’ai cru n’aimer que la ville et ne pouvoir habiter que là. C’était faux. Je ne peux plus me passer d’un environnement vert. J’en ai foncièrement besoin.

Avec d’autres animaux?
Non. Il faut s’engager à s’en occuper et cela m’est impossible. Mais avec un jardin et un potager.

Dont vous vous occupez?
Du jardin, non. Je ne connais rien aux ares et aux hectares, et il est grand. Mais du potager, oui. La chose qui m’occupe et me préoccupe, c’est subvenir à mes propres besoins.

D’où vous est venue cette idée?
En pensant à mes grands-parents qui, maraîchers, lors de leur retraite, parvenaient à subvenir à leurs besoins. Bien sûr, aller dans un magasin, c’est agréable. Mais aller chercher ce qu’on mange dans son jardin, c’est simple et cela fait du bien à tout le monde sur terre.

Qu’est-ce que vous cultivez donc, vous-même, dans votre jardin?
Potimarrons, haricots, poireaux, oignons, tomates, pommes de terre, radis, concombres et plein d’autres choses. De plus, j’ai aussi beaucoup d’arbres fruitiers, pruniers, figuiers, mirabelliers.

Tout cela, vous l’avez planté?
Oui. Mon grand potager, c’est vraiment moi. Avec des copains qui m’ont aidée, j’ai planté, arrosé, soigné, cueilli, et j’étais émerveillée comme une dingue devant les pousses. Quand je me suis posée là-bas, l’endroit était envahi par la végétation sauvage. J’ai désherbé, alors que je n’y connaissais rien. Eh bien, mon instinct m’a guidée. Je n’ai supprimé que les mauvaises herbes.

Et vous mangez vos légumes?
Après les avoir moi-même cuisinés, oui.

C’est donc un mode de vie?
Oui, Depuis longtemps déjà, je trie mes poubelles. J’essaye de soutenir les activités de différents mouvements écologiques concernant le nucléaire, les forêts et l’eau. C’est aujourd’hui mon engagement d’être humain, plus encore que de citoyenne. J’adore cultiver mon jardin, avec tout ce que cela implique. Et travailler.

C’est-à-dire jouer la comédie?
Oui, jouer la comédie. J’aime le temps de préparation à un rôle, comprendre et décortiquer.

Toujours, vous avez voulu être comédienne?
Toujours. Dans ma vie, j’ai plein d’envies. Et le désir de réaliser énormément de choses. Etre comédienne me le permet. Je trouve l’aventure de ce métier grande et belle. J’y trouve quelque chose de fort et d’exaltant.

Au point de finir par se perdre?
Non. J’aime travailler, mais si je devais me retrouver très – et trop – malheureuse, j’arrêterais. Je n’irais pas, comme Piaf l’a fait, jusqu’à mettre ma vie en danger pour monter sur une scène.

Quel déclic vous a décidée à, si j’ose dire, embrasser la carrière?
Mes parents. Quand j’étais gosse, je les voyais exercer leur métier, et j’étais fascinée. S’amusant comme des fous, ils m’ont transmis leur passion et donné l’envie de faire ce métier.

Voyageant depuis six mois avec le film à travers le monde, comptez-vous le nombre de fois où vous l’avez regardé et où vous vous êtes vue sur l’écran, crâne rasé et prothèses de latex?
J’ai vu le film trois fois. Pour moi, c’est un exploit… et une fois de trop. Notamment au Festival de Berlin, où, assise au côté du ministre de la Culture, je ne pouvais me lever et sortir de la salle. Alors, j’ai passé le temps de la projection, deux heures et demie de cauchemar, à penser à la liste de mes courses. Mes films, je les vois généralement deux fois. La première, je n’y arrive pas. La seconde, je les regarde, avec du mal. Et je suis incapable d’assister aux projections des rushs.

Vous allez regarder le D.v.d. qui vient de sortir en France?
Le film, non. Deux scènes, coupées au montage et éditées en bonus, oui. Une où Piaf engueule Moustaki et une autre où elle parle avec Cocteau. J’ai aimé les jouer et je suis impatiente, ne les ayant pas vues, de les découvrir.

Pensez-vous parvenir, un jour, à vivre apaisée et débarrassée du fantôme de Piaf?
Je m’en débarrasse, même si je n’aime pas le mot, peu à peu. Je suis en train de la quitter. Sur le tournage, j’aurais pu répondre à n’importe quel quiz la concernant tant j’étais super calée sur elle. Je n’ignorais rien des moindres instants de son existence. Maintenant, j’en ai oublié la moitié.
En moi, je reprends ma place.

Vous n’arrêtez pas de vous promener avec Piaf à travers le monde. Dans la rue ou les restaurants, à Tokyo, les gens vous arrêtent et vos fans vous suivent…
Ici, c’est l’effet “Taxi” qui dure.

L’effet Piaf va aussi durer. Vous allez l’accompagner jusqu’à Hollywood, où a commencé votre campagne quasi électorale pour les Oscars.
C’est très excitant. J’ai commencé à entendre parler de cette histoire d’Oscars après le Festival de Cannes. C’est maintenant lancé. On m’a expliqué qu’il fallait s’engager, le film ayant fait grosse impression à Hollywood, dans une série de rencontres et de réceptions, de cocktails et de dîners.

Et sous l’égide de votre producteur Alain Goldman et des distributeurs américains, vous avez commencé?
Oui, même si je ne suis pas à l’affût des prix. Récolter une nomination ou une statuette, je n’en rêve pas mais il y a pire dans l’existence d’une comédienne. Bien que détestant subir toute forme de pression, j’ai donné mon accord et il faut donc le faire. Ce qui s’annonce excitant a d’abord été abstrait, avant de devenir maintenant très concret. Je déteste les gens intéressés, mais je rencontre des gens intéressants. Tout cela, quelque part, grâce à Piaf dont je m’éloigne petit à petit, mais que j’aime. Que j’aime vraiment beaucoup.






 

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