Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Aug 21, 07   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de L’Express / par Christophe Carrière

D’abord, il y a eu les 5 millions d’entrées en France. Puis le plébiscite s’est étendu: de la Pologne à la Nouvelle-Zélande, on acclame La Môme, d’Olivier Dahan, et l’on salue la performance de Marion Cotillard dans la peau d’Edith Piaf. Pour cette actrice de 31 ans et 27 films, parmi lesquels trois Taxi et Un long dimanche de fiançailles, c’est un rêve, dont elle n’a pas l’intention de se réveiller. D’ailleurs, arrivée en retard, elle avoue une panne d’oreiller: chargée de promouvoir le film à travers le monde, elle jongle avec les fuseaux horaires depuis sept mois. Mais ne regrette rien, comme chantait l’autre. Cette autre qui, elle le sait, lui collera à la peau toute sa vie – ce qu’elle ne regrette pas non plus.

Quand allez-vous cesser de voyager pour La Môme?
Maintenant, je le sais: ce ne sera pas fini avant février 2008. Car, depuis peu, des Américains s’agitent beaucoup pour qu’on obtienne des oscars. Et les oscars, ce n’est pas comme les césars, où l’on n’a rien d’autre à faire que de cocher les cases de son bulletin de vote. Là-bas, il faut partir en campagne, et vouloir la victoire coûte que coûte. Du moins, c’est ce que le distributeur du film aux Etats-Unis vous répète. D’abord, il vous demande si, oui ou non, vous voulez participer à la compétition, en vous prévenant que, si vous acceptez, ce sera dur. Et qu’il faudra être capable de dire ouvertement: «Je veux un oscar.» Ce qui n’est pas du tout dans notre culture. On n’imagine personne, en France, déclarer: «Je veux un césar!» Là-bas, si. Et, sincèrement, j’ai envie de vivre cette course encore plus que d’obtenir le trophée. Je l’appréhende comme quelque chose de ludique et d’instructif.

Quel est le plan de bataille?
Une stratégie de communication. Dans deux jours, je m’envole là-bas pour une séance photo, en vue d’une couverture du New York Times cet automne. Sur place, on nous organise, à Olivier Dahan et moi, des rencontres lors de cocktails et de manifestations. Et on parle. On parle à des gens qui parleront. C’est une histoire de réseaux. Au fond, c’est assez rigolo. Et étrange aussi. Il y a deux semaines, j’étais à New York, où un déjeuner avait été prévu [elle marque un silence] en mon honneur. Pardon, mais j’ai du mal à le dire. Bref, c’était un repas tout en rose: betteraves, saumon, soufflé aux pétales de rose… Etaient présents des écrivains, des politiciens, des mannequins, des journalistes… Il y avait de belles personnes dans le lot. N’empêche, je n’ai retenu aucun nom.

Vous leur avez dit vouloir un oscar?
Non. Mais, quand ils me demandaient pourquoi j’en mériterais un, je répondais sans aucune gêne: «Parce que j’ai bossé.» Ces gens-là vous autorisent et vous encouragent à assumer votre travail. En France, on vous encourage à faire profil bas. Là-bas, ils sont à fond. D’autant qu’ils adorent Edith Piaf. C’est chez eux qu’elle a rencontré Marcel Cerdan, qu’elle a vécu son amour, qu’elle a appris sa mort. Cette histoire les bouleverse.

Et le reste du monde aussi! Dès le premier pays étranger où La Môme a été présentée – l’Allemagne, en ouverture du Festival de Berlin – vous avez reçu une ovation.
C’était la première fois que j’accompagnais un film sélectionné dans un grand festival. Et j’ai éprouvé un authentique sentiment de fierté. D’habitude, j’ai toujours un peu de recul par rapport à ces mises en lumière, qui me paraissent matérielles et futiles. Avec La Môme, je me permets d’apprécier tout ce qui arrive.

En même temps, vous n’aviez jamais eu un rôle aussi lourd à porter.
Ce n’était même pas lourd. J’ai flippé, bien entendu. Mais, en face de moi, j’avais Olivier Dahan. Il était si sûr de son choix que je ne pouvais que me mettre dans le bain. Et puis j’avais tellement envie d’y aller… Il n’avait pas besoin de trop me pousser. Sur le plateau, son énergie était si prégnante qu’il n’y a eu aucune tension. Tous les gens étaient heureux d’être là. Voilà un an et demi qu’on a fini, et je me souviens de chaque jour, de chaque scène, avec une bouffée de joie indescriptible.

Pourtant, vous en avez bavé, non? Notamment pour les séances de maquillage.
Comme je n’arrivais pas à dormir, tant l’excitation de l’aventure me rendait nerveuse, le moment du maquillage était très important pour moi. Je m’y détendais. Mais, à la fin du tournage, j’étais une pauvre chose. Il m’a fallu du temps pour me remettre. Elle est prenante, cette femme!

Les questions des journalistes sont-elles différentes selon les pays où vous présentez le film?
Non. Elles portent systématiquement sur la préparation du rôle, puis sur la façon dont j’en suis sortie – ce que je comprends, car cela a été effectivement long.

Huit mois, paraît-il.
C’est ce qu’a écrit un journal, mais c’est n’importe quoi. Je ne peux pas calculer exactement. J’ai un peu honte, car je pense à une déclaration d’Isabelle Huppert, que j’admire énormément: «Le rôle s’arrête, tu en sors, point. C’est un métier.» Moi, au début, je ne me suis rendu compte de rien. Quand j’ai arrêté le film, tout allait bien. Et puis, un mois après, j’ai pris un gros coup de blues. Je sentais que je n’étais pas totalement moi-même. On me faisait remarquer que je ne me tenais pas droite, que j’avais un accent parigot inhabituel… Ça me rendait dingue! En même temps, La Môme, c’est ma première composition digne de ce nom. Or si on vous ordonne, là, maintenant, juste pour jouer, de marcher en canard pendant quatre mois, je vous mets au défi de remarcher droit au début du cinquième. J’y ai réfléchi, notamment en lisant un entretien de Thierry Frémont qui expliquait à quel point il avait eu du mal, lui aussi, à se dégager du rôle de Francis Heaulme. Et j’ai commencé à accepter ces conséquences temporaires, puisque, durant quatre mois, j’avais voué ma vie à être Edith Piaf. Du coup, quand ça s’est arrêté, je me suis sentie seule, à l’intérieur de moi-même. Mais c’est la chose magnifique de ce métier: comment on se retrouve, comment on refait le trajet à l’envers, en s’aimant un peu plus parce que, en ayant été quelqu’un d’autre, on se découvre des zones inconnues.

Vous aviez également déclaré que jouer révélait «des choses désagréables à visiter en soi».
C’est vrai. Mais je n’avais pas encore eu un rôle comme celui de La Môme. Je ne pouvais imaginer un tel bouleversement personnel. Ma quête d’authenticité en a été décuplée. Et puis cela a provoqué des changements intimes que je n’ai ni la capacité ni l’envie d’expliquer ici.

En revanche, on peut parler des changements professionnels. Vous êtes désormais une actrice de premier plan, et pourtant vous n’avez rien tourné depuis un an et demi. Pourquoi?
Parce que, avant La Môme, j’ai bossé trois ans sans interruption. Juste avant de travailler à devenir Piaf, j’ai pris trois mois de cours de violoncelle pour Toi et moi [de Julie Lopes-Curval], j’ai enchaîné avec des cours de rappel et d’apnée pour Fair Play [de Lionel Bailliu], puis avec Dikkenek [d’Olivier Van Hoofstadt], enfin avec Une grande année [de Ridley Scott]… Un an avant, j’avais fait Ma vie en l’air, de Rémi Bezançon, La Boîte noire, de Richard Berry, Sauf le respect que je vous dois, de Fabienne Godet… J’étais dans une espèce de boulimie. Et au bout d’un moment, à force de raconter les histoires des autres, on ne sait plus qui on est. Il fallait que je revienne à ma vie. Ce qui, après La Môme, n’a donc pas été simple.

Mais, après un an et demi loin des plateaux, le cinéma ne vous manque pas?
Ah si! Maintenant, je n’en peux plus. Je veux retravailler. Cela dit, en réalité, si j’ai arrêté de jouer, je n’ai pas arrêté de travailler. Depuis un an et demi, je ne cesse de prendre des avions, d’aller d’hôtel en hôtel, pour raconter toujours la même chose à des interlocuteurs qui ne parlent pas ma langue. Je ne m’en plains pas: c’était prévu.

Vous devez avoir des piles de scénarios à lire. Comment négocier l’après-Môme?
Je ne pense pas du tout en ces termes. Si je commence à me mettre la pression d’un plan de carrière, je deviens folle. J’ai lu un scénario extraordinaire, qui devrait se tourner en 2008. Mais ce n’est pas encore signé. Je me demande juste ce que j’ai envie de faire. A savoir, plein de choses! J’ai toujours fonctionné ainsi. Selon mes désirs.

Lesquels, à un moment de votre carrière, ne semblaient pas assouvis. Car, avant que Tim Burton ne vous appelle pour Big Fish, vous aviez l’intention d’arrêter ce métier.
Oui. C’était une décision honnête, pas un appel au secours. Je ne voulais pas que mon rêve soit gâché par l’aigreur. Alors, plutôt que rester dans l’attente ou tomber dans l’insatisfaction, je préférais me lancer dans autre chose.

Comme vous engager au sein de Greenpeace, que vous aviez approché en 2002.
Oui, enfin… L’action de Greenpeace ne me passionne pas plus que cela. Je ne suis pas fascinée par l’écologie, mais par le monde, l’humain, la nature. Le combat écologique me soûle, mais je me sens obligée de le mener parce qu’on ne peut pas laisser les choses telles qu’elles sont. De là à passer ma vie à me battre et à être en colère… Certes, j’avais approché les gens de Greenpeace, parce que j’avais plein d’énergie à donner – mais je n’avais pas l’intention de m’y engager à vie. En fait, j’ai besoin d’un travail créatif, sinon je dépéris. Cela dit, en ce qui concerne l’écologie, je suis heureuse de ne plus passer pour une folle. Les gens ont pris conscience du problème, et je n’ai plus besoin de gueuler. L’étincelle a peut-être pris, ce n’est pas gagné pour autant. Là, je viens de lire un livre qui a changé ma vie: Le Serpent cosmique, de Jeremy Narby [éd. Georg]. Ce livre m’a parlé, il m’a permis d’avancer et de faire évoluer ma perception du monde et de l’humain. Par exemple, l’idée selon laquelle la nature et l’homme sont génétiquement connectés: ce n’est plus vrai, on est en train de se couper de cette vérité! On bétonne, on regarde la télé, on bouffe du gras et du sucre, on s’encroûte, comme pour ne pas voir la réalité. Moi, j’ai besoin de voir.

A l’époque de Taxi, vous disiez être terrorisée par le succès. Ce n’est plus le cas?
Je me suis détendue. Taxi, c’était mes débuts. Je ne comprenais rien, j’avais l’impression d’être perçue comme une bagnole! Quand les gens venaient vers moi, je partais en courant et je fondais en larmes. Aujourd’hui, c’est différent: je suis ravie de parler avec les personnes qui viennent vers moi. Car je travaille beaucoup, je ne suis pas un charlatan, et j’ai maintenant le sentiment d’être à la hauteur de ce partage.

Votre cachet ne doit plus être abordable par toutes les productions…
Sincèrement, je n’en sais rien. J’adorerais être passionnée par l’argent, pouvoir mettre mon nez là-dedans, mais j’en suis incapable. Je ne comprends pas comment ça fonctionne. Je ne sais même pas combien j’ai gagné avec La Môme.

Vous voyez bien les virements qui apparaissent sur votre compte…
Oui, mais je ne sais pas à quoi ils correspondent. Je sais que j’ai de l’argent, largement de quoi vivre, mais c’est tout. J’ai honte par rapport à ceux qui sont obligés de compter, mais je peux m’offrir le luxe de ne pas surveiller mes finances. D’autant que je consomme sans excès.

En revanche, vous ne prenez pas le luxe de passer des vacances dignes de ce nom.
Oui, c’est un de mes paradoxes. Enfin, n’exagérons rien, je m’octroie des plages de repos. Je viens de partir une semaine en vacances… mais sans couper mon portable. Du coup, j’ai passé mon temps au téléphone! C’est bête, mais je ne peux pas résister. J’ai envie de travailler, et d’être réactive si un projet intéressant se présente.

Comment garder la tête froide après un succès pareil?
En ayant conscience de ce qu’on a accompli. Je n’ai pas sauvé des gens, ni changé la face du monde. Je n’ai fait qu’interpréter un rôle. Péter un plomb, c’est se protéger derrière une fausse image, et ne plus porter le même regard sur les gens. Or je n’ai aucune intention de me cacher, et j’aime profondément les gens. Je n’ai de cesse que je ne les découvre et que je ne les comprenne en visitant des personnages différents. En aucun cas je ne veux me couper du monde.






 

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