Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Dec 30, 06   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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from Madame Figaro / by Christian Gonzalez

C’est l’événement de cette nouvelle année. L’actrice ressuscite Edith Piaf dans La Môme, d’Olivier Dahan, qui sort le 14 février. Un rôle en or qu’elle évoque aujourd’hui. En attendant, on la retrouve avec Russell Crowe dans Une grande année, de Ridley Scott.

La métamorphose est tout simplement bluffante. Le visage, l’allure, la démarche, la voix, à l’écran, il ne reste rien de Marion Cotillard. À part son talent, justement. Bluffant aussi. Pour La Môme, le superbe film incontestablement événement d’Olivier Dahan qui évoque la vie de l’interprète de l’Hymne à l’amour, elle a littéralement investi Édith Piaf. À moins que ce ne soit le contraire. Plongée en apnée. Osmose. Il y a des dates clés dans tout parcours de comédienne, des rencontres décisives, des films qui catapultent ailleurs. Elle en est consciente, Marion, même si, en attendant la sortie du film, elle se fait un brin de mouron, ce qui est bien normal quand, comme elle, on a pris tous les risques. Cela étant, elle affronte son angoisse en s’efforçant de la désamorcer d’un sourire. Elle est légère même si parfois elle aimerait l’être plus, elle est sérieuse et souvent elle souhaiterait l’être moins, elle est amicale et avance en toute chose et sur tous les fronts, crâne et anxieuse à la fois. Cette lumineuse au regard bleu d’abîme n’en finit pas d’apprendre à gérer sa part d’ombre puisque, se plantant devant un miroir, elle ne cesse de gommer ici et de rectifier là, à la façon d’un peintre qui, partant du flou d’une esquisse, finit par aboutir au portrait achevé. Si bien qu’à trente et un ans depuis le 30 septembre dernier, elle commence maintenant à apercevoir un lever de sérénité sur l’horizon de sa jeune existence.

Édith Piaf est morte en 1963 à l’âge de quarante-sept ans, en laissant derrière elle la légende d’une voix et d’une vie exceptionnelles. Que saviez-vous d’elle avant qu’Olivier Dahan vous propose de l’incarner dans La Môme?
Marion Cotillard :
Je connaissais quelques-unes de ses chansons parce que, à une époque, et je devais avoir une vingtaine d’années, je me suis prise de passion pour la chanson réaliste. J’adorais Fréhel, Yvette Guilbert, Édith Piaf. De sa vie, je ne savais pas grand-chose. Simplement, son évocation me renvoyait à ma grand-mère qui avait exactement la même taille qu’elle – et cela m’a servi de repère dans le film –, mesurant un mètre quarante- sept, et je l’entends encore dire, sans que je sache si elle plaisantait ou non: «Moi, j’aurais voulu être chanteuse, mais il y avait déjà la môme Piaf!»

Je crois qu’Olivier Dahan a très vite pensé à vous, et l’on peut s’étonner qu’un metteur en scène se tourne vers une comédienne aussi jolie que vous pour incarner une femme dont la beauté n’aura pas été précisément le premier atout…
M. C.:
Je ne sais pas ce qui l’a décidé quand il a pensé à moi pour ce rôle. Ce que je sais, par contre, c’est que, et je l’ai appris très tôt par mon agent, il m’avait déjà en tête avant d’avoir écrit le scénario.

Et vous aviez réagi comment alors?
M.C.:
Je n’avais pas vraiment réagi. D’une façon générale, je ne crois aux choses que lorsqu’elles sont faites. A fortiori donc quand il s’agit d’un projet de film qui n’est pas encore écrit. Et puis, quand on m’annonce qu’un réalisateur pense à moi, je n’y crois jamais, comme ça je ne risque pas d’être déçue.

Mais vous finissez par rencontrer Olivier Dahan, réalisateur précédemment de Déjà mort, du Petit Poucet et des Rivières pourpres 2
M.C.:
Et tout de même, à ce moment-là, emportée par la curiosité, j’ai déjà ouvert quelques bouquins de photos, même si je n’en sais toujours pas beaucoup plus sur Édith Piaf. Mais si Olivier pense à moi, je n’ignore pas que ce n’est pas exactement le cas du producteur, qui a dressé une liste de comédiennes possibles où mon nom ne paraît pas parce que je ne suis pas assez…

Bankable?
M.C.:
Voilà. Le film est cher et il n’est pas certain de pouvoir le monter sur mon nom.

Finalement, pourtant, c’est vous qui êtes engagée. Est-ce que vous mesurez alors vraiment les difficultés qui vous attendent: incarner une femme dont beaucoup gardent un souvenir vivace, le maquillage pour vous faire son visage, modifier votre phrasé, et sans oublier que vous l’incarnez de l’âge de vingt ans à celui de quarante-sept, donc jusqu’à sa mort, ce qui suppose une palette de sentiments très contrastée?
M.C.:
J’ai lu le scénario, mais je ne me suis pas rendu compte des difficultés que j’allais rencontrer. Ce n’est que sur le tournage, alors que je me retrouvais complètement épuisée après certaines scènes, que j’en ai pris la mesure. Le plus dur a été de trouver comment incarner Piaf au plus juste en restant à la limite du trop qui risquait de l’entraîner vers la caricature et du trop peu où pouvait se diluer sa personnalité et donc sa vérité. Tous les jours, je marchais sur un fil d’équilibriste. Mais, en même temps, je prenais un tel plaisir! Pendant tout le tournage, il y a eu une sorte de magie! Et puis, je m’étais bien préparée avant.

De quelle manière?
M.C.:
J’ai vu quelques-uns de la petite dizaine de films dans lesquels elle a joué, notamment Étoile sans lumière_et _les Amants de demain, le dernier qu’elle a tourné en 1959. J’ai décortiqué ses interviews télévisées. Je me suis mis son phrasé dans l’oreille, sa façon notamment de prononcer certaines voyelles.

Qu’est-ce qui vous a touchée, intéressée, dans la vie de Piaf?
M.C.:
Elle entre dans le schéma des stars de la musique quand elles se fracassent contre une réalité trop dure. Il y a la gloire, quelques bonheurs, beaucoup de drames, la drogue, la déchéance. C’est l’histoire de Ray Charles, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Johnny Cash. Elle, elle a connu cette même spirale. Mais Olivier est parti de la mémoire, de la façon dont on se souvient des choses, il ne raconte pas une chronologie à proprement parler mais celle que restitue la mémoire émotionnelle, et c’est ce qui est magnifique… Au départ, j’ai beaucoup d’admiration pour cette femme et puis, en connaissant mieux sa vie, je me suis aperçue qu’il y avait des choses d’elle que je n’acceptais pas. Sa tyrannie, par exemple, je me disais que ce n’est pas croyable d’entretenir ce type de rapports avec les gens. Et puis, le jour où j’ai compris que la solitude pour elle était au-delà de l’insupportable, j’ai mieux compris pourquoi elle tyrannisait facilement ses proches, pourquoi elle acceptait que certaines personnes, pas obligatoirement des plus bienveillantes, entrent dans son cercle. Et là, j’ai éprouvé beaucoup de tendresse pour elle.

Le tournage a été long…
M.C.:
Il a débuté en janvier dernier et il a duré quatre mois et demi, mais on avait commencé à préparer le film dès septembre…

Et depuis, vous que l’on a connue tout de même plutôt stakhanoviste, vous n’avez rien tourné. Pourquoi?
M.C.:
À la fin du tournage, j’ai eu un énorme retour de bâton. Je me suis aperçue que ça n’allait pas être si simple de… Comment dire?… De quitter Édith Piaf et de me retrouver dans ma vie à moi. Qui plus est, cela faisait trois ans que je tournais quasiment sans discontinuer presque tous les jours, et ainsi je suis sortie d’ Une grande année de Ridley Scott, et j’ai enchaîné La Môme tout de suite derrière. Et La Môme m’a vraiment embarquée ailleurs en me donnant un plaisir immense. Le tournage s’est achevé, je me suis réinstallée chez moi, j’ai recommencé à mener une vie normale, et puis je me suis rendu compte que ça n’allait pas, que Piaf ne partait pas, que je croisais sans cesse des signes qui me renvoyaient à elle. Quelque chose ne se détachait pas. Alors que je ne suis pas dupe, que je n’ai jamais été dupe: je suis une comédienne, je sais que je joue la comédie, que c’est un travail et que, quand le metteur en scène dit «Coupez!», on réintègre la réalité. Donc, je culpabilisais en me disant: «Mais c’est quoi ce trip de comédienne «habitée» par son personnage au point d’être incapable de s’en débarrasser?» Je me trouvais faible, ridicule. Des fois, en m’adressant aux gens, j’avais ses réactions à elle, je reprenais ses intonations tout en pensant: «Tu ne peux quand même pas prendre le pli de quelqu’un en quatre mois, alors que ça fait trente ans que tu existes!» Petit à petit, j’ai réintégré mon cerveau, mon corps, je n’ai plus eu de débordements incontrôlés de «piaferie». Mais aujourd’hui, je sais que je n’aborderai plus les rôles de la même façon.

Vous avez toujours été une fervente de l’écologie, sujet désormais à la mode en cette fin 2006 et qui va l’être encore plus l’année prochaine…
M.C.:
Déjà, je suis contente de cette vogue récente parce qu’on va arrêter de me prendre pour une folle quand je parle des problèmes qui s’étalent désormais à la une des journaux et que je crie au feu! Vu que je suis une écologiste alarmiste. Les choses ne vont pas bien et je préfère miser sur la carte du catastrophisme. Pourquoi essayer de rassurer alors que le pire pourrait bien arriver?… L’écologie est à la mode? C’est parfait. Elle a trop longtemps été confidentielle, façon secte d’utopistes un brin attardés.

Et concrètement, que faites-vous?
M.C.:
Depuis toujours, dans mon quotidien, je m’efforce de ne pas gâcher, de ne pas gaspiller, j’achète avec vigilance et je consomme avec circonspection.

Que vous souhaitez-vous pour 2007?
M.C.:
Je voudrais trouver un beau film, j’aimerais faire du théâtre, expérimenter la comédie où j’ai beaucoup à apprendre, j’ai envie de me poser un peu, d’avoir une maison à la campagne, de vivre ma vie plus légèrement. Pendant des années, j’ai été absorbée par le travail et je me suis nourrie de la vie des autres pour me rendre compte, au bout d’un moment, que mon existence à moi me manquait vraiment et qu’elle ne méritait pas d’être vécue entre parenthèses. Et puis, je travaille sur moi pour arriver un jour à accepter tout ce que je n’aime pas chez moi. Je suis partie de loin, quand même, d’une haine profonde, d’un rejet. Du coup, je suis émerveillée de constater que, en comprenant de plus en plus de choses qui me concernent, je m’accepte de mieux en mieux.






 

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