Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Feb 09, 06   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

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de Libération / par Pascale Nivelle

Marion Cotillard, 30 ans, comédienne. A su garder la tête froide après un succès précoce dans «Taxi». Elle joue depuis l’âge de 5 ans et va bientôt incarner la môme Piaf.

Il y a longtemps qu’elle se pose la question : «C’est quoi ce putain d’égocentrisme ? C’est nul d’avoir besoin d’être regardée à ce point-là !» Là, on lève les yeux du carnet où il est déjà noté que Marion Cotillard tricote, s’intéresse à la nature et aux éventails anciens, et dit toujours, à 30 ans, «grandir» plutôt que «vieillir». Tout d’un coup, sans prévenir, elle a baissé son masque d’actrice, minaudant et charmant. Le regard un peu humide, un peu rageur, elle dit : «Je voudrais être quelqu’un de simple, d’ordinaire. Et en même temps, j’ai besoin d’être dans la lumière.»

Contradictions de l’acteur, tourments et angoisses. Chez Marion, qui a un côté brindille Kate Moss, ça ne passe pas à coups de chocolat et de régimes rédempteurs. Elle prend des cuites et des avions. «Un jour, ça n’allait pas fort, je n’étais pas au mieux de ma forme, si l’on veut. A 18 heures, je suis entrée dans une agence de voyages acheter un billet pour Bombay. Je suis passée chez moi à 5 heures du mat’ faire un sac à dos et je suis partie à l’aéroport complètement bourrée. Tout ce que je savais, c’est que j’allais à Goa.» Elle était comédienne de cinéma déjà, presque célèbre pour ses rôles dans les trois Taxi de Luc Besson. Et n’allait pas bien à cause de cela, justement, la peur du système qui happe, tord et jette, la hantise de n’être jamais soi et de ne pas savoir donner. Elle avait l’impression d’avoir été enfermée dans la mauvaise enveloppe, celle des actrices poupées, et voulait tout arrêter. «J’étais en guerre contre moi-même, mal à l’aise par rapport à mon image.» A Bombay, un Indien lui a dit : «Tu ne seras pas débarrassée de ton égocentrisme tant que tu ne l’auras pas vécu jusqu’au bout. Tant que tu ne seras pas une star de cinéma, tu seras frustrée.» En rentrant à Paris, elle avait décidé de continuer. C’est là que Tim Burton l’a appelée pour un petit rôle dans Big Fish. «Même dans mes rêves, c’était impossible !» Thierry Chèze, son ami journaliste à Studio, estime qu’à cet instant, sa carrière a commencé à décoller.

Ensuite, on a vu Marion Cotillard un peu partout, beaucoup de premiers films d’auteur et quelques autres. Elle voulait avancer seule. Aujourd’hui, elle est certaine de ne pas rester toujours comédienne, de passer un jour de l’autre côté de l’objectif. «J’ai envie de devenir la patronne. J’espère qu’à 40 ans, je n’aurai plus besoin du regard de l’autre. Les vieilles actrices, c’est pathétique. Le besoin de séduction, c’est un truc de jeunes, non ?»

Le tricot, c’est vrai. Point de jersey, point mousse, point de blé. Elle a appris avec sa maman, s’est perfectionnée sur Internet, bien avant que les aiguilles soient «super hype» à Hollywood. Marion Cotillard adore bricoler des bijoux, des tissus, des marionnettes. Chez elle, à Paris, elle possède une armoire de trésors bouts de ficelle accumulés depuis l’enfance. Entre deux tournages, quand les vaches étaient trop maigres, elle fabriquait et vendait des figurines en pâte à modeler. «Je n’aurais jamais pu être serveuse ou vendeuse, j’ai toujours essayé de me débrouiller toute seule, vivre de ce que je fais.» Elle adore aussi sa mère, son père et ses petits frères jumeaux Quentin et Guillaume. Monique Theillaud, la maman rebaptisée Niseema par un maître en recherches spirituelles, lui a légué un jour une phrase qu’elle trimballe comme une médaille : «Dans la vie, tout est un cadeau. Le problème, c’est que parfois, il est mal emballé.»

Longtemps, les cinq Cotillard ont formé une petite troupe pas comme les autres, qui baladait ses rêves et ses petits talents sans voir la noirceur du monde. Jean-Claude, mime, et Monique, tragédienne, avaient fondé un théâtre itinérant pour enfants. Ils racontaient des contes dont leurs enfants étaient les héros. Marion a joué pour la première fois à 5 ans dans un téléfilm, et a toujours voulu être comédienne. Ces années-là, Aznavour chantait la Bohème et le président de la République jouait de l’accordéon. Les Cotillard habitaient Alfortville, dans la banlieue sud de Paris, tout en haut d’une tour, tout au milieu d’une cité que Marion trouvait merveilleuse : «Il y avait le monde entier dans mon immeuble.» Et aussi de la came et des loubards, qui plombaient la vie. Quand l’aînée a eu 10 ans, la famille Cotillard est partie vivre dans la campagne d’Orléans. Là, tout le monde était blanc, sauf la seule amie de Marion, qui était marocaine. «Un jour, des types de l’école m’ont coincée sous un escalier et m’ont arrosée d’eau de Cologne pour me nettoyer. J’ai appris ce que c’était, le racisme.» Entre 10 et 15 ans, elle ne se souvient pas de grand-chose, sinon d’une différence lourde à porter : «Je me sentais insipide et sans caractère. J’avais envie d’être n’importe qui sauf moi-même, n’importe où sauf à ma place. Je voulais disparaître, de peur qu’on me traite de crâneuse.»

Tout est allé mieux quand elle est entrée au conservatoire d’Orléans, où travaillait son père. Des nouvelles de la famille, sur le site www.cotillard.net, mis en image par Quentin et Guillaume, artistes en informatique : Jean-Claude a connu un succès parisien à la rentrée en montant la pièce Moi aussi je suis Catherine Deneuve. Quentin peint, Guillaume écrit. Niseema vit à la campagne et anime un atelier de théâtre. Le 8 mars 2005, Marion a reçu un césar pour son second rôle dans Un long dimanche de fiançailles. «Cela lui a donné confiance en elle», dit l’ami Thierry Chèze.

Depuis janvier, Marion tourne la Môme à Prague, avec Olivier Dahan. Piaf est un de ses premiers rôles-titres après beaucoup de seconds. Dont un passage éclair dans Mary, d’Abel Ferrara. Avec Sauf le respect que je vous dois (sortie le 15 février), elle est plus proche de ce qu’elle est vraiment. Gouailleuse, sans concessions ni maquillage-camouflage. «Simple et vive», dit Fabienne Godet, dont c’est le premier film. Elle a choisi Cotillard car elle la voyait «d’un bloc». Et elle aime sa voix à la Jeanne Moreau : «Un peu garçonne, un peu liée à l’enfance.» Edith Piaf tricotait. Elle avait des histoires d’amour compliquées, «comme tout le monde», dit Marion. Il y a quinze jours, elle fréquentait encore le chanteur Sinclair, vu en sa compagnie dans la presse people de l’été. Vrai ? «Silence radio, coupe-t-elle, je ne mets pas le petit doigt là-dedans.» Elle enchaîne sur son amour de la nature, son engagement à Greenpeace et un projet de voyage en Polynésie, «dès que possible».

Les sourcils comme des fils, une couronne de cheveux rasés tout autour du front, la voix joliment rauque, elle est dans la peau de Piaf. Dans le petit loft loué pour elle sous les toits de Prague traînent disques et biographies de la Môme. Elle aime lire, et c’est une angoissée : «Tant que je n’ai pas tout fait trois fois, je me sens mal.» La veille, elle s’est endormie avec le refrain de Frou-frou qu’elle devait apprendre par coeur. «Impossible. J’ai vraiment une drôle de mémoire. Trop d’alcool et de pétards dans ma vie…»

En 2006, peu d’actrices parlent encore de ces choses. Béatrice Dalle s’est rangée, Kate Moss soigne ses frasques en jouant les mères de famille. Marion Cotillard s’en fiche. La guerre, c’est à l’intérieur que ça se joue.

photo Ludovic CAREME

Marion Cotillard en 7 dates

30 septembre 1975: Naissance à Paris.

Début des années 80: Joue dans Y a des nounours dans le placard, pièce de Jean-Claude Cotillard.

1994: Conservatoire d’Orléans.

1998: Taxi I.

2001: Jeux d’enfants.

2004: César pour Un long dimanche de fiançailles.

Printemps 2006: Toi et moi, comédie.






 

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