Welcome to Magnifique Marion Cotillard! Marion's best known for her award winning performance in La Vie en Rose, but you might also recognise her from movies such as Inception, Midnight in Paris, The Dark Knight Rises and The French Rust and Bone. Collecting nominations for her latest film Two Days, One Night and starring in the upcoming adaptation of Shakespeare's Macbeth, Marion Cotillard is finally making a comeback to leading roles. Not stopping at movies, Marion Cotillard is also exploring her musical talents, having toured with French rock band Yodelice and recorded a song and video with British band Metronomy. She's also taken over the fashion industry as the face of Lady Dior. All the while, she is never too busy for her family and to lend her time and name to causes she believes in. Enjoy your time here and keep checking back for all the latest news!
Oct 24, 05   Mia   0 Comment French Press

on 1 Jan, 1970

Tweet about this on Twitter0Share on TumblrPin on Pinterest0Share on Facebook0

from Madame Figaro

Cette comédienne est une “tombeuse” de réalisateurs. Richard Berry et Stephan Guérin-Tillié viennent de succomber en lui offrant deux thrillers. Outre-Atlantique, ses victimes se nomment Tim Burton, Abel Ferrara, Ridley Scott.

À son sujet, ses réalisateurs ne tarissent pas d’éloges, se répandent en compliments, friseraient volontiers les superlatifs. À commencer par Richard Berry, qui a dirigé Marion dans “ la Boîte noire ”, au côté de José Garcia, sur les écrans le 2 novembre : “ Marion Cotillard est un cadeau. C’est une actrice que j’adore. Elle est passionnante, belle, humaine. ” Et encore Stéphan Guérin-Tillié qui l’a dirigée, lui, dans “ Edy ”, aux côtés de François Berléand et de Philippe Noiret, qui sort également le 2 novembre : “ Marion est rare comme Romy Schneider pouvait l’être. Elles ont en commun cette même faille, ces moments d’abandon total.

Après avoir joliment embrayé avec “ Taxi ” – et “ Taxi 2 ” et “ Taxi 3 ” bien sûr – , l’oiseau rare a incontestablement réussi son envol grâce à Jean-Pierre Jeunet dont “ Un long dimanche de fiançailles ” a valu à cette très gracieuse jeune femme un césar du Meilleur Second Rôle et des films en cascade qu’elle enchaîne avec un plaisir et une gourmandise avoués. Pour autant, vulnérable comme on la devine, elle semble toujours un peu troublée de focaliser ainsi l’intérêt et l’enthousiasme, de se retrouver exposée de la sorte. Mais, bien sûr, elle assume. Avec une gentillesse qui ne désarme pas.

CÉSAR

“Quand j’ai obtenu mon césar, un ami qui fait du vin m’a offert des caisses de champagne pour me féliciter. J’ai rempli mon réfrigérateur de bouteilles et j’ai glissé mon césar au milieu… Et il n’a jamais bougé de là… Il ne s’oxyde pas et il ne prend pas la poussière. Pour moi, ce n’est pas la récompense elle-même qui a été le plus important, mais le rôle magnifique que Jean-Pierre m’a offert. Ce qui m’importait, c’était d’être à la hauteur de la confiance qu’il me faisait, d’être à la hauteur de ce personnage qui est une sorte d’ange de la vengeance exterminant tous ceux qui ont été responsables de la mort de son homme, de la générosité d’Audrey (Audrey Tautou donc, l’héroïne du film), qui est un rêve de partenaire. Le césar m’a tout de même permis de savoir que le regard que les gens de la profession portaient sur moi était en train de changer. Ils n’avaient pas forcément vu mes films précédents, ils en étaient restés à mon rôle de Lily dans “Taxi”, c’était un peu limité. Le changement s’est opéré dès la sortie du film et les scénarios sont arrivés. ”

LILY

“ La petite Lily de “Taxi”… On s’est dit au revoir très gentiment. Il est vrai qu’elle m’a apporté beaucoup de choses même si elle ne m’a pas forcément fait progresser dans mon travail de comédienne. Si elle m’a fait avancer, c’est, indéniablement, en termes de notoriété. Revers de la médaille : elle a provoqué des rejets de la part de certains réalisateurs qui n’ont vu de moi que cette apparence aguicheuse et pétillante. Je n’en ai pas été blessée, j’étais persuadée que d’autres cinéastes seraient plus curieux de ce que je pouvais leur apporter, qu’ils ne s’arrêteraient pas à cette apparence. ”

RICHARD BERRY

“ Je l’avais croisé il y a longtemps et je n’avais pas d’a priori particulier sur lui. Et puis, quand j’ai lu le scénario de “la Boîte noire”, j’ai été très intriguée par son envie d’aborder un pareil sujet : c’est donc l’histoire d’un homme, Arthur Seligman (José Garcia), qui, victime d’un accident de voiture, perd une partie de sa mémoire. Isabelle, une infirmière, que je joue, l’a veillé et a noté dans un carnet tout ce qu’il a dit durant la phase d’éveil qui a suivi son coma. Il reste à Arthur à reconstituer un puzzle aux perspectives de plus en plus inquiétantes au fur et à mesure que les pièces se mettent en place… J’ai été fascinée par cette plongée dans l’inconscient d’un individu, j’ai rencontré Richard, il m’a parlé de cette aventure avec une telle ardeur et un tel enthousiasme que j’ai été aussitôt emballée. Pour moi, pour entrer dans l’aventure d’un film, il m’est essentiel de ressentir que le réalisateur est littéralement habité par son histoire. ”

“EDY”

“ Je n’ai qu’une participation dans ce film qui mêle polar et humour noir. Je connais Stéphan Guérin-Tillié depuis très longtemps et, quand j’ai lu son scénario, j’ai été bluffée par l’originalité de l’histoire, par les dialogues, qui sont dignes d’un Michel Audiard. En plus, Stéphan a un univers visuel extrêmement personnel. Du coup, son film a une vraie personnalité, ce n’est pas si fréquent. ”

LA TRENTAINE

“ Même si je garde une tête de bébé, j’ai eu trente ans le 30 septembre dernier, sans avoir d’ailleurs l’occasion de m’attarder sur cet anniversaire qui, normalement, est un cap. Tout de même, j’ai pensé que, il n’y avait pas si longtemps, la trentaine ne faisait que me guetter et que c’était une échéance qui me paraissait en somme hypothétique. Tout à coup, elle est là. Et elle me met au pied du mur de certaines réalités qu’il va bien falloir que je prenne en compte : je ne suis pas mariée, je n’ai pas d’enfants. Mais j’avais besoin de mettre mon pied dans la porte de ce métier, je n’aurais pas été capable de m’investir dans une vie de famille sans avoir accompli mes rêves, je n’aurais pas su gérer cette frustration, ç’aurait été trop douloureux, tant pour moi que pour mon entourage.

Désormais, je me pose de plus en plus de questions à propos de la vie de famille et de l’âge de mes cellules. Pendant longtemps, je me suis complu dans une posture post-ado rebelle par rapport à la planète : je ne voulais pas offrir une poubelle à mes enfants. Et puis, j’ai rencontré les gens de Greenpeace qui m’ont expliqué que voir les choses de cette façon était une erreur, qu’il fallait au contraire que les gens ayant la conscience et le respect de la nature et des êtres qui nous entourent se mobilisent et s’activent. Donc, je me dis maintenant que je pourrais bien offrir des petits guerriers pour protéger cette planète. ”

ÉCOLOGIE

“ Écolo, c’est un mot qui vous range dans une catégorie, alors que j’ai surtout l’impression d’être normale quand je dis qu’il faut s’efforcer de préserver l’endroit qui nous accueille et dont nos enfants hériteront. Tout ce qu’on achète, tout ce qu’on consomme a une répercussion sur le sort de la planète et les gens l’ignorent trop souvent. Il faut prendre conscience, par exemple, qu’on ne peut pas se servir indéfiniment en Afrique, aller piquer aux Africains leurs ressources minières et autres richesses et, ensuite, les laisser dans la misère, les guerres civiles, la famine, comme si ça n’avait aucune importance. Quand j’achète quelque chose, je m’efforce d’en connaître l’origine, de savoir comment ça a été produit, comment ça a été fabriqué. Bien sûr, comme je ne suis pas parfaite, je laisse parfois mon envie museler ma conscience et j’achète les yeux fermés. Mais se boucher les yeux constamment, c’est devenir la victime volontaire d’un système qui essaie de nous rendre irresponsables. J’essaie d’être manipulée le moins possible. ”

L’AMÉRIQUE

“ Je n’avais pas de rêve hollywoodien en commençant ce métier, d’autant que l’Amérique ne m’a jamais fascinée, et je n’en ai toujours pas. J’ai tourné “Big Fish”, de Tim Burton, mais c’était parce que Tim Burton est une de mes idoles, que l’histoire était sublime et que j’avais un très joli rôle, non pas parce que j’avais des arrière-pensées de carrière américaine. J’ai tourné “Mary”, d’Abel Ferrara, avec Forest Whitaker et Juliette Binoche, qui a été présenté au dernier Festival de Deauville, mais c’était d’abord une formidable rencontre. En ce moment, je tourne “A Good Year” sous la direction de Ridley Scott, avec Russell Crowe, et c’est une super jolie histoire, mais je ne pars toujours pas à la conquête de l’Ouest. Je ne me suis jamais dit que ce métier avait des frontières que je devais franchir. Ça fait simplement partie de mon parcours et tant mieux s’il emprunte des chemins de toutes les couleurs et dans toutes les langues. ”

LA CÉLÉBRITÉ

“ La célébrité n’est un remède à rien. La célébrité ne me sert qu’à recevoir des scénarios formidables et à faire de beaux films. De façon anecdotique, la célébrité peut me permettre d’obtenir une place dans un restaurant bondé, ce dont je me fiche malgré tout, elle fait aussi que les gens sont gentils quand ils me croisent, quand je vais acheter une baguette de pain. Surtout, grâce à elle, je peux pousser des portes à la rencontre de belles personnes, des personnes intéressantes avec qui j’ai envie de faire un bout de route pour raconter des histoires. Mais ce n’est en aucun cas la clé du bonheur. ”

MOI ET LES GENS

“ Pendant longtemps, je ne me suis pas aimée, je ne me supportais pas. J’ai communiqué assez tard avec les gens, je ne savais pas comment m’y prendre, je ne suis pas sûre de le savoir aujourd’hui. Bon, quand même, une certaine détente s’est installée depuis que je me sens désirée par ce métier. Se sentir désirée est évidemment très agréable, très épanouissant. Une confiance arrive : je sais que je suis capable de faire des choses même si je m’affirme que je suis incapable de les faire. Je me rends bien compte que c’est contradictoire, que je ne suis pas loin d’une légère schizophrénie.

Je crois que, petit à petit, je me réconcilie avec moi-même. Il y a encore de vieux relents d’autodénigrement. Il me reste quand même le sentiment que la première impression que les gens doivent avoir de moi, c’est que je ne suis pas méchante mais que je ne suis pas non plus hyperintéressante, qu’il y a un truc qui cloche. Je ne sais pas comment expliquer ça. La notoriété n’y change rien parce que c’est trop ancré en moi. Alors ça se traduit, au choix, par un mutisme très difficile à casser ou bien par un flot de paroles qui peut vite devenir insupportable. Alors, c’est mon prochain gros dossier : moi et les gens, les gens et moi. ”

LE BONHEUR

“ À un moment donné, je me suis rendu compte que je m’interdisais d’être heureuse. Que, à cha-que fois où j’ai eu des occasions d’être heureuse, je m’arrangeais pour que les choses capotent. J’ai cherché à comprendre, j’en ai parlé autour de moi et je me suis aperçue que je partageais ce penchant avec pas mal de personnes. J’ai envie d’être heureuse et, en même temps, j’existe plus facilement dans le mal-être. Peut-être parce que le malheur, tu ne redoutes jamais que ça s’arrête, au contraire du bonheur ! Si bien que, d’une façon tordue, le malheur est plus confortable que le bonheur. Être mal, d’une certaine façon, ça m’évite d’avoir peur de souffrir.

Cela étant, quand j’envisage le bonheur, ce n’est pas dans une perspective personnelle. Je suis heureuse quand je consulte la presse le matin et que je lis qu’il y a 40 % de déforestation en moins en Amazonie. Ça me rend très heureuse, bien sûr, de faire des films et d’être avec des gens que j’aime, et si quelque chose ne va pas, je sais que j’ai la possibilité d’essayer d’y remédier. Si bien que le vrai bonheur, pour moi, porterait en priorité sur les choses sur lesquelles je ne peux pas peser, sur lesquelles je n’ai pas de pouvoir. Et on en revient à l’écologie : l’espérance que ce monde soit, à mes yeux en tout cas, moins flippant que ce qu’il est maintenant. ”






 

Comment Form